Littinéraires viniques

LES LOUPS AUX YEUX FARDÉS.

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La De fait sa louve.

—–

Le long du pelage des loups aux yeux fardés,

Le vent court qui glace le sang noir des humains.

J’irai lécher leurs dents, caresser leur pelage,

J’irai les embrasser longtemps à plein museau,

J’irai baver ma bile sur leurs proies exsangues,

Ils me regarderont, leurs regards seront fous,

Nous écouterons ensemble mugir les tempêtes,

Le noroît gémira à éclater les troncs.

Nous gémirons de peur, j’arracherai mes doigts

Nous gratteront nos dos aux arbres hérissés,

Les grand lacs gèleront, les cygnes en mourront.

Ils me diront sais-tu, je ne répondrai pas,

Et quand nous aurons faim, nous saignerons la lune,

Nous serons bien, ailleurs, perdus dans le grand nord,

A déchiffrer le temps au lichen des arbres.

Mais quand les ours noirs affûteront leurs griffes,

Ivres, en grommelant ils chargeront en bande,

Alors les loups et moi nous ne ferons plus qu’un,

Nous les dépècerons, nos crocs seront si longs,

Si rouges de leurs vies que nous boiront leurs âmes.

Nous ferons des enfants et ils auront leurs gemmes,

Et les pierres précieuses qu’ils sèment sous leurs pas,

Ils seront tous si beaux que tu en pleureras,

Ils apprendront à lire aux racines des bois,

Ils mangeront leurs pères, et maudiront leurs mères,

Dans le lit des rivières ils pêcheront leurs rêves,

Hurleront des cantiques sauvages et pleins d’effroi.

Regarde les courir ces pauvres innocents,

Avec leurs mains si pleines, la folie verte au ventre,

Leurs cils bruns plus longs que quatre cent éons,

Un cerf à la lisière mort de les avoir vus,

A bramé bien plus fort que tous les soirs de rut.

—–

Ô toi qui sais, toi qui vis, toi qui pries, si fort,

Dis moi encore, oui, avant que ma vie ne défaille

Qu’au long des steppes folles, je connaîtrai les loups.

MOREY-COFFINET. CHASSAGNE MONTRACHET « LES PUCELLES » 2010.

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Père et fils au travail …

—–

A La Rochelle, que de courants !

Qui vous entraînent, vous jettent, à droite ou à droite, c’est selon. Vous avez beau ramer, impossible de lutter, puis ils vous reprennent, vous entortillent les palmes, et vous voilà proche des récifs, à l’occident de la baie. Sur la gauche, la plage est déserte, impossible de s’y diriger tant la mer, houleuse, vous aspire, plus encore que la dernière des goules affamées. Alors vous fermez les yeux, vous vous réfugiez au coeur de vos souvenirs … Ceci dit, j’aime la réalité des baleiniers qui bravent les tempêtes quotidiennes, des entrepreneurs, des Pmistes, des volontaires, des créatifs, des petits, des sans grades, ceux qui tirent l’URSSAF par la queue sans pour autant appartenir au monde grandissant des entubés. Les vignerons aussi, ceux qui subliment les jus, rouges ou blancs, des vignes du Seigneur. Loin des winemakers. Dans la pénombre des lounges sans âmes, la finance des actionnaires replets ricane et l’Europe immobile se mire dans les eaux glauques de l’austérité.

 Sur la plage de La Rochelle, c’est la valse à un temps.

Dans les barriques de Chassagne Montrachet, les jus de Thibault, au calme dans la pénombre des caves tutélaires que ne troublent pas les agitations du monde, travaillent en silence.

Or donc, me suis réfugié sous le goulot défloré la veille d’un des ces flacons fragiles qui dissolvent la morosité, et redonnent au ciel brouillé du temps présent, un peu de cette lumière qui caresse l’âme et rassérène les esprits peau de chagrin. Un PULIGNY MONTRACHET « Les Pucelles » 2010, à la robe de bal ensoleillée, tissée d’or et de quelques reflets verts. Besoin de virginité et de fraîcheur par ces temps miasmatiques. La Rochelle cède place au petit matin calme, à la plénitude odorante d’un verger au réveil. La grâce, l’élégance de Puligny graissent à peine les parois du verre. L’amande verte, les fruits blancs – la pêche surtout – enchantent les narines. Ne pas rouvrir les yeux, il ne me faudrait pas manque cette touche d’abricot qui s’invite à la valse. La valse à mille fragrances, au tempo affirmé, tendu comme il le faut.

Puis le tilleul, les épices et la craie participent à l’équilibre olfactif. Un bois noble aussi pour un élevage subtil et de qualité. Je vous fiche mon billet que sous les ceps, la terre fine recouvre la roche dure. Et ce nez charmant ne fait que poindre. Dans le monde du vin, l’âge ne ride pas les jus, il les magnifie.

Le jus attaque tout en fraîcheur, et la papille salive. Comme un jeune chat joueur, le vin fait la boule et roule sur les muqueuses. L’animal, quoique jeune, est tout en promesses de muscles, sa puissance est patente, 2010 est là, déjà. Puis le chaton s’étire de tout son long, reins tendus, fourrure douce. C’est le temps des caresses fruitées qui confirment le nez. S’y joint, qui perce le jus, le minéral affirmé de la craie, saline à souhait. Elle tend, allonge la perception et signe de la pointe du sabre la terre de Puligny. L’avalée, je ne puis l’empêcher, qui me réchauffe le ventre et le coeur. Au ciel, les nuages se délitent et je rouvre les yeux, le vin a disparu, s’est noyé dans les abîmes d’après glotte, pourtant, longtemps, longtemps, il berce de sa réglisse légère le berceau de mon palais. Le Thibault, patte fine comme a son habitude, aurait pu faire un bretteur redoutable !

Sur les côtes de La Rochelle le salmigondis médiatico-politicard continue …

 

RAPPEL A L’ORDRE…

The plumber by Krishnamurti (Antropus) Costa.

 

Je tombe – le «hasard» est souvent maître – sur un texte, aussi délirant que navrant, commis par un illuminé mystico-hystérique, qui voit des tags austères sur les bouteilles des excellents Alsace de Monsieur Ostertag!

Non seulement le mot est facile, mais je trouve l’entreprise farfelue, et les commentaires plus réducteurs, que la pire des piquettes lavassées, qu’il m’ait été donné d’avaler!

Que ce monsieur, qui se pique de donner un avis, sombrant très vite dans le désolant, relise un peu modestement, nombre de textes humbles, descriptifs, modérés, pesés, argumentés et réfléchis, qui pullulent sur le Web!!!

Non mais!!!

Il est urgent de mettre de la mesure dans ce bordj virtuel! Il est temps que la caravane puisse suivre la piste, sans essuyer les crachats purulents des mécréants, de toutes obédiences, partis, ou sectes.

Voilà Monsieur Chris-machin, je vous le dis, en «direct-live» (suis quand même top-branché-télé pour un vieux, non?… Suis à la mode, ce que le sucre est aux fraises.). Assez de vos délires incontrôlés. Foin de vos élucubrations ésotéri-coco-grinçantes. De grâce, por favor, ti prego, revenez parmi nous, essuyez vos narines enfarinées par l’extrait sec de coca pilé, et conformez vous aux règles, que suivent et respectent les contributeurs sérieux, qui enrichissent de leurs commentaires pointus, de leur reportages fouillés, de leurs états d’âmes maîtrisés, cette interface dédiée au vin. Cette boisson divine que tous ici, révérons, encensons, vénérons.

A vous lire, nous sommes unanimement vénères!!!

Ceci étant dit, je vous conserve et mes camarades de libations, aussi et néanmoins, une considération toute minérale, qu’il ne tient qu’à vous de consolider. Rejoignez-nous donc, enfin. Que votre plume s’assagisse, que votre âge s’apaise, que votre morgue s’épuise, que vos commentaires rejoignent le cortège éclairé des respectueux, des énamourés du rouquin, de la bibine, du mazout, du piccolo, du pinard, du reginglard, du rouge comme du blanc.

Ce n’est pas que je sois un adepte du politiquement correct – le PDR lui-même, tantôt, a su parler vrai aux besogneux de base. Mais… de là à sombrer dans l’obscurantisme, tant lexical que syntaxique, il y a moyen de faire, moins par pitié, mais mieux… voire de défaire!!!

Sur le bord de mon bureau, exempt de toutes fantaisies inutiles, vibre, sous l’effet de mon indignation sus-exprimée, l’or pâle – dans le verre qu’illumine la lumière chaude d’une lampe basse consommation (soin de la planète oblige) – de L’HEISSENBERG 2007 DU DOMAINE OSTERTAG.

Alors là, c’est du sérieux!!!

Je ne partirai pas, Messieurs, dans une série de digressions absconsantes, ronflantes, grandiloquentes, déclamatoires, boursouflées, creuses, emphatiques, voire ampoulées. Non, j’irai droit au verre. Je m’attacherai, tel un maître de recherche du CNRS, à l’étude, précise, exhaustive et froide de l’objet-vin.

Ah Putain Martin, pourtant…

Quand tu fourres le blair dans le cristal, ça fouette, dur et bon. Exotiques les fruits, l’ananas mûr, surtout. C’est du chaud qui sucre le nez. Quelques notes, que dis-je, quelques soupçons sous-homéopathiques, d’un pétrole, si fin, que les générations futures en auront depuis longtemps oublié l’odeur subtile, quand l’un de nos très arrières petits enfants, ouvrant la bouteille nue, dénichée sous un tas d’Ipad éventrés, dans l’ancienne cave où vous entreposiez amoureusement, la nuque humide et le souffle court, vos précieux flacons, deux cents ans auparavant, re-découvrira, interloqué, cette fragrance, plus ancienne que les parfums suaves des roses disparues. De la pierraille aussi, les fleurs blanches odorantes du printemps à venir, les vergers d’Israël et leur pamplemousses juteux également, dans ce jus frais, dont les parfums vibrent, comme l’eau d’un lac d’altitude sous une brise d’été.

Tu peux pas t’empêcher d’y mettre la bouche. Impossible, tant le nez t’a envoûté, et fait de toi un esclave définitivement docile. T’arrive pas non plus à sortir le nez du verre. Alors, pour toi, dont la trompe est moyennent subtile, pour toi qui ne pourra jamais déclamer la célèbre tirade, c’est une séance de contrôle conjugué des appendices qui commence. Tu continues à respirer lentement, tout en happant, au risque de te froisser la luette, une gorgée de liquide. Là tu te dis que t’as bien fait, parce que du nez à la bouche, tu ne t’es pas rendu compte du passage, tant les étages du vin sont équilibrés et harmonieux. La réglisse douce n’a pas fini de t’enchanter le reniflard, que déjà les fruits, aussi mûrs que jaunes, t’emplissent le gueuloir. Une pointe de miel, fugace, une once de gras, puis la lame sort du fourreau et te tranche tout ça, menu, menu… Les épices font cause commune, pour tenir en respect les quelques tentatives susucrées qu’osent les fruits. Poivre blanc et piment enrobent un bois de réglisse douce, qui s’efface sous l’action sans concession, d’un suc de granit concassé, qui te laisse la dent blanche et la langue rose. Un petit voile salin sur les lèvres, aussi, que tu lèches avec gourmandise.

Sans doute le plus extraverti des vins de la gamme. Né des grès roses et des sables rouges Vosgiens, il est aussi solaire que «Fronholz» est aigu.

Tu vois Chris-crucifié, pondre un compte rendu de dégustation qui se tient, c’est quand même pas l’Alsace à boire…

 

EMORTHOTIDOXECONE.

QUAND ILOUÉ …

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Sous la patte de La De.
—–

Ma Lou,

Je louche,

Quand pointe

Le bout rose

De la fleur

Au jardin.

—–

Ma Lou

Je pleure

Quand tes yeux

Si tristes

Plongent dans

Les miens.

—–

Ma Li,

Je ris, quand

Tu te peins,

De couleurs

Radieuses,

Amour coquin.

—–

Ma Li,

Là-bas au loin,

Mirage lointain,

Grenade mûre

Et hanches rondes,

Lancinent et grondent.

—–

Ma La,

Ma note,

Ma bergamote,

Tu glisses,

Réglisse,

Tu n’es pas là.

—–

Ma La,

La fourrure des chats

Allongés

A tes pieds,

Et leurs yeux jaunes

Qui palpitent tout bas.

—–

Ma Lé

Ton absence

En creux

Me brûle les yeux,

Vapeurs d’encens,

Mon cœur baveux.

—–

Ma lé,

Si fatiguée,

Aux yeux cernés

De myosotis,

De papier lisse,

Je t’ai bercée.

—–

Ma Lu,

Petit biscuit

Craquant,

Les courbes

De ton cul,

Me rongent les dents.

—–

Ma Lu

Turlututu,

Chapeau pointu,

Tête têtue,

Boule de glu,

Je suis perdu.

—–

Mon triste lot,

Roule sur les flots,

Comme un lourdaud,

Un vrai pourceau,

Vide tes yeux,

Et sombre le bateau …

FORADORI. TEROLDEGO ROTALIANO 2004.

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Là haut dans la montagne, là haut, tout là haut, dans la vallée froide de Rotaliano et depuis plus de vingt ans, Elisabetta Foradori, du domaine éponyme, remet au goût du jour, un cépage, plus qu’obscur hors les terroirs du Mezzolombardo, le Teroldego, qui fut célèbre au… Moyen-Âge. Trente cinq hectares de cette curiosité ampélographique subsistent, du fait de la pugnacité de cette montagnarde dont le caractère et le charisme ne sont pas sans rappeler les roches escarpées des Dolomites. Son visage, sans apprêts, est pur oval, et son regard franc a la fraîcheur de la torrentueuse Adige, qualités que l’on retrouve dans ses vins…

TrentinHaut AdigeDolomites, altitude, vallée froide, on s’attend – les associations d’idées sont souvent trompeuses – à des vins plutôt raides, sans doute rugueux, issus d’un cépage rustique, capable de résister et croître sous un climat contrasté !

Que nenni ! Car à caractère fort, main douce. Conviction, patte légère et savoir faire font des miracles. Et dans la plaine aux galets roulés, seuls les flancs des Dolomites sont rugueux comme pierres coupantes. Adepte de la biodynamie – qui ne veut que respecter la terre et soigner, le plus naturellement possible la vigne en respectant les grands équilibres naturels – Elisabetta a hissé le Teroldego, élevé et vinifié par ses soins, au rang des plus grands.

Le Teroldego Rotaliano 2004 est sombre et intense comme un soleil prisonnier d’un coeur de pigeon. Dans le cristal fragile largement ouvert, la cerise toujours, s’étale et s’aleste de belles fragrances de fruit mur, de noyau, de bois humide, de graphite et de goudron. Odeur de pierre fumée aussi, comme celle que les carriers ont laissé dans les entrailles du vin, souvenirs des étincelles qui jaillirent de la roche sous leurs burins… Le vin ravit aussi la bouche, lisse, frais et fluide, comme les eaux des torrents marquées par la roche. Croquant comme la peau sucrée des cerises, qu’épice la réglisse, et que tend le caillou, dont la poudre austère, tout au bout de l’avalée, laisse sa trace pimentée… Quelques roses parfument encore, longtemps après que le vin a disparu, le verre vide.

La robe obscure du Granato «Vignete del Dolomiti» 2004 semble engloutir le verre. Seul un liseré rose violacé éclaire la périphérie du disque vineux. Il faudra prendre temps et patience avant que la lumière puisse l’éclairer. Du fond de sa pulpe de jais, montent le printemps du fruit, rouge comme le cassis et la framboise. Vagues successives qui vous chatouillent doucettement l’hypothalamus. Des notes fumées et réglissées s’y adjoignent, l’odeur de la terre humide aussi. Un beau nez pur, de race, à la Rostand.

Le baiser du vin de la dame est fraîcheur tendre, comme celui supposé, de Roxane. La matière enfle le jus et le plaisir de boire. La chair, pulpe lissée de tanins murs, étire la densité souple du vin.

 Comme l’union aérienne du velours

Et de la grâce dans un bas de soie…

MAIS T’ES OÙ MA LOU …

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La De fait sa Chagalleuse.

—–

Mais t’es où ma Lou

Chaude, ma relou ?

Ma môme,

Mon fantôme,

Toi qui enchantes

Mes nuits blêmes ?

Ma croqueuse,

Langue de diamant,

Crocs d’étincelles ?

Mon berlingot,

Mon cacao,

Fine poudre

Sur tes lèvres humides,

Qui m’enroulent.

Ma tranche de cake,

Ma brioche, ma génoise,

Aux cuisses de turquoises,

Comme un boa autour

De mon cou.

Mon nougat très chaud,

Tu coules sur mon dos,

Jusqu’entre mes,

Tout au fond de mon,

Mon ruisseau

Ma lave,

Ma slave,

Ma salope extasiée

Mais où fourres-tu

Ton nez

Gelé …?

—–

Ma fontaine lumineuse,

Mon éblouie,

Ma suceuse galactique,

Mon velours,

Ma soie,

En moi,

Perdue,

Fondue,

Rendue.

Ma dévoreuse,

Ma berceuse,

Mon enjôleuse,

Mon éberluée,

Jamais rassasiée.

Mon amour de toujours,

Tu viens de loin,

D’avant que chantent

Les oiseaux à ma fenêtre,

Ma perdue retrouvée,

Mon âme en partition,

Ma philippine,

Mon avaleuse,

Si fine,

Que le soleil

se couche

Entre tes yeux.

Mon coeur explosé,

Comme un pêche trop mûre

Sous une dent sans amour,

Je te tuerai …

—–

Je te tiens par la gargoulette,

Et dans ta chambrette,

Compte bien me noyer.

Te serrer contre moi

Comme une rustine en chambre,

Te coller au poteau

De mes exécutions lentes,

Te faire pis que pan,

Jusque entre tes dents,

Te faire souffrir

Jusqu’au sourire,

T’empaler au profond

De ton ventre, ton con.

Te démembrer à coups de caresses,

Manger ton cul

Comme une soupe fraîche,

Et cracher tes noyaux dans le vent,

Qui souffle en tempête

Entre tes fesses ouvertes,

Comme un port salvateur,

Au rafiot que je suis,

Qui crabote, ahanant

Derrière son gland.

Mon amour crissante,

Mon crapaud,

Ma princesse

Je suis au chaud entre,

Et je t’aime,

Très à peu plus

Que le veau d’or …

—–

Que le monde dévore.

LA PIE ROUGE …

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La Pie Rouge de La De.

—–

La pie rouge

A chanté,

Son aria

—–

Musquée.

La gouge

Fromagère

De ta croupe

Musclée

S’est affaissée.

Désossée …

—–

Au vent traître

Qui s’est levé,

Tu offres

Ton corps

Languide

Qui pèse

Sur ma vie

De suie.

La pluie,

Qui ne pleut pas,

Enrage.

Outrage …

—–

Le sang

Gicle,

Sur les terres

Désolées

De ton giron

D’albâtre.

Craquelé.

Souffle

La tempête

Sur ma peau

Ridée.

Giclée,

Olé …

—–

La fumée

Crachée

Par ta bouche

Menteuse,

M’enveloppe

Et me perd.

Je suffoque,

Comme un chat

Étranglé.

Je mêle

Mon poil

Absent

Aux mots

Rugueux

Que je crache

Au vent.

Strident …

—–

Ouvre tes yeux,

Si bleus

Qu’ils me

Désespèrent,

Cythère.

Jamais tes rives

Lascives,

Tes ogives

Furibondes,

La blonde,

N’enchanteront

Mes mains.

Rageur,

Je pleure.

Ces heures.

Furieuses …

—–

Dans les ondes

Sèches

De tes amours

Partagées,

La ronde,

Tu m’as

Déglingué.

Pimbêche,

Ogresse

De soie,

Taffetas

Pâle,

Ta peau,

Sucée,

Me glace.

Pétasse …

—–

Kriss,

Tu tues,

Tu saignes

La musaraigne.

Son ventre

Percé

Perd ses

Humeurs

Dorées,

Son miel

Gras,

Qui ne coule pas

Sur mes doigts.

Désarroi …

—–

Reste au loin,

C’est bien.

Crachin,

Venin,

Espoir

Tremblant …

DOMAINE OSTERTAG, HEISSENBERG 2011.

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J’ai pour habitude de me foutre comme de l’an 14 (festivités obligent) des étiquettes des vins. Je veux parler de ces modes qui disent que sont ringardes les étiquettes d’il y a 15 jours, mais qui resurgiront, encensées, dans trois semaines.

Exception faite des tags austères (surtout en 2007) qui ornent les bouteilles de ce Domaine Alsacien. Elles sont l’oeuvre de la dame du logis, qui, ceci dit sans aucune flagornerie, possède un joli pinceau. Doux et agile, du poil de martre sans doute ? Une sensibilité que j’aime, de celles qui donnent dans la finesse, l’élégance mais qui ne manque pas de puissance expressive pour autant.

Je ne sais ce que vous en pensez mais moi, cette oeuvre-étiquette …

Or donc, revenons au vin. Ah oui, un Riesling du lieu-dit HEISSENBERG, la « Montagne chaude » (grès rose et gneiss) qui renvoie à l’étiquette. Inutile de vous faire un dessin ? Quoique …

Dans sa robe jaune qui tourne joliment dans le verre, le jus gras (ça ne veut pas dire que c’est de l’huile de palme ! Je dis ça parce que d’aucuns … nous sommes lus parfois sur face book) s’accroche au cristal (oui on ne boit pas un pareil nectar dans un gobelet en plastoc). Sensuelles au possible ces jambes ! Des fruits jaunes dans un bain d’épices qui me disent que je risque d’avoir Phoebus en bouche.

Hé oui braves gens, c’est un vin qui s’enroule et fait sa sphère en bouche, et qui, mieux même, RAYONNE carrément, avant de libérer une masse grasse et fluide à la fois de fruits jaunes mûrs. Une formidable impression de puissance, comme si le soleil tirait à la roche qui porte ces raisins là, tout son « minéral ». Puis les épices s’y mettent et renforcent l’impression d’avoir le soleil au zénith du palais. Et le vin se retend et file droit, épicé et frais néanmoins. Il me laisse sur les lèvres une salinité délicate.

Regardez à nouveau ce soleil enraciné ! Tout ce qu’est ce vin, son étiquette vous le suggère … Un jus comme rarement bu, de l’énergie liquide !

PS : un domaine, bio, en biodynamie … et tutti quanti, qui n’a pas besoin de surfer sur la vague paresseuse des vins « propres, naturels, vivants » etc. Non, André Ostertag fait comme ça depuis plus loin qu’avant hier, sans en rajouter des tonnes dans les médias, sans chercher à séduire les jeunesses citadines non plus. C’est un convaincu, lucide, discret, qui n’a pas pris le train en marche. Une locomotive plutôt.

P! Me suis régalé grave.

RESPIRATION

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La De en patchwork partiel.

—–

Rien de définitif, de solennel, ni texte ni poème, aucune de ces fulgurances à révolutionner la poétique ou la prose. Non vraiment, peu. Le Nobel n’est pas pour demain. Nonobstant, néanmoins, cependant, les petites choses, les petits bijoux ciselés avec  un grand talent par La De, talent qu’il me plaît de souligner, tant il serait « juste » qu’il fût enfin reconnu, tout comme les mots empaquetés de soie rose, de peau de boudin, de verre pilé, ou d’autres douceurs tendres ou acides, qu’il me plaît d’agencer à ma manière, oui tout cela demande du travail. Nous ne sommes pas, La De en pinceaux, et moi-même à la plume, de ceux qui crachent leur gourme empesée, ni relue, ni même parfois à peine écrite, aux vents collants  et insipides de la toile.

Aussi très chers rares lecteurs, vous comprendrez qu’il nous faille respirer un peu, d’autant que nos quelques passants se sont égayés sous diverses latitudes.

Alors sans pour autant nous joindre aux troupes transhumantes qui polluent le Mont-Blanc, ou qui étalent leur crèmes grasses sur les rivages autrefois purs des mers et océans alentours, nous nous retirons au-dedans de nous mêmes, chacun à notre façon …

Nous vous reverrons peut-être, qui sait, après que les hystéries estivales se seront apaisées.

ODE A MA COCHONNE.

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Quand La De se lâche …

—–

C’est une sacré luronne

Qui hurle quand on lui donne,

Le con lui saucissonne,

Le cul lui badigeonne.

–—

Elle aime qu’on l’éperonne,

Allez, on me bouchonne !

Bouscule ta daronne,

Remplis lui la bonbonne.

–—

A fond dans la bouffonne,

Explosent les neurones,

Voltige ma dragonne,

Et danse la chaconne.

–—

Quel beau cul cette bretonne,

Qui crie qu’on la crayonne,

Lui touille, cette gloutonne,

La prendre comme une bonne.

––

Va-z-y, qu’elle me bougonne

Je serai ta championne,

Remplis moi, suis ta conne,

Plus haut que la couronne.

–—

Elle est folle comme personne,

Elle fait sa belle espionne,

Et même elle fanfaronne,

Et y’a jamais maldonne.

–—

Foutredieu, la polissonne

S’accroche, pleure et tonne,

Tous les jours elle m’étonne,

Elle en voudrait des tonnes.

–—

Non ce n’est pas une madone,

Elle veut qu’on la pouponne,

Parfois oui, elle ronchonne,

Allez, tu m’éperonnes !

––

Souvent son fût moutonne

Quand elle fait sa couillonne,

Elle aime qu’on la pistonne,

Une sauvage chaperonne !

––

Pourtant quand je me plie,

Épuisé, vanné, ravi,

Alors elle me sourit

En suçotant mon vit.

–—

Ma cochonne, ma chérie,

Tu vaux plus qu’un rubis,

Tes yeux sont lazuli,

Ton cœur, petite souris.