Littinéraires viniques

NOUS LAVERONS NOS VIES …

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Les folies de La De.

—–

Pauvre de nous, de nos malédictions,

Comme deux malades en perdition

Nous nous soignerons,

Nous nous laisserons voler,

Comme des ballons en paix,

Nous ne nous interdirons rien,

Inventerons du soir au matin,

Même le midi, rôtis au fond du lit.

Pas besoin de gamines, d’héroïne,

De crack, d’amphétamines,

De partenaires, foireux et tronches louches,

De corps fatigués aux trop grandes cartouches,

De voyeurs cachés derrière le tain,

De tarifées vannées aux yeux de braise,

Ajoutés à nos cimaises,

Pour que nous prenions le train.

Celui de l’amour, force féroce qui gagne

L’avant, l’arrière, même les wagons,

Pendue à mon cocagne,

Moi allumé à ton con.

Ma Grisette tu seras, je serai Scaramouche,

Nous n’aurons plus qu’une seule bouche,

Laissons tout ça, mœurs tarées, aux niais,

Le vent, tempête entre leurs oreilles,

Tu es la fleur, opale sale, je suis l’abeille

A deux nous serons des merveilles.

Les yeux dévoilés, écarquillés,

Leurs larmes blanches en gelée,

Qui coulent, fragiles en buées,

Et ta bouche, ma mouche, sur mes mains,

Les miennes, collées, à l’orbe de tes seins

Tes doigts, griffes rouges, me pétriront

Vorace, je mangerai, soie de ta peau,

Comme un mort d’avoir eu très faim,

Et nous irons fondre sous l’eau,

Mollir nos ongles, racler nos peaux

Fripées, beignets salés oubliés,

Nous laverons nos vies vomies,

Oublierons nos passés

Et referons surface,

Hors de nos carapaces,

Profanes et baptisés,

Lavés, adieu vieilles cuirasses …

JE T’ÉCRIRAI UN LIVRE …

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La lectrice de La De.

—–

Je t’écrirai un livre sur des pétales de roses ardentes,

Avec l’encre volée au cœur des dieux sanglants,

Je couvrirai de lettres violettes les grands lagons de tes yeux bleus,

Sur la soie pâle de tes épaules, je poserai un drap de feu,

Pour que la nuit quand tu grelottes, tu sentes mon cœur furieux,

Il frappe, innocent, à ta porte, ouverte pour nous deux.

–—

Alors les bateaux qui pleurent sur les flots calmes de ta peau,

Croiseront les Barbares, chargés de pierres et de joyaux,

Au fond des mers, les eaux profondes de tes désirs inavoués,

Me diront de leurs voix blanches que les temps sont enfin arrivés,

Toi, te taisant, silence lourd, moi te dirai, à toi mon âme,

Arrête toi, regarde nous, là devant nous, les anges se pâment.

–—

Je t’écrirai, je serai ivre, l’histoire folle des deux amants,

Ils déchiraient aux temps anciens, comme des chiens,

Leurs chairs, leurs flancs, ronflants comme des hyènes,

Le ciel grondait, la mer hurlait, roulait ses flots bruyants,

L’orage tonnait, iris salés, les yeux poudrés des chants païens,

Pauvre fous, ignorant le jour, les velours, ivres de haine.

–—

Je t’écrirai, ma vouivre, le temps présent, la valse lente …

LAS, MON GOURMAND BISTOURI.

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D’après Tristan Corbière. A ma jument souris.

—–

Pas de téton ni de belle vache

Paisse là, traîtresse à moelle marrie …

Con à brouter une salace

Pas une bite pourrie.

–—

Tas de porcs sur ta torve couche :

Ce poème, et ma rime en bouche.

Pas de pelle, pas de pipe niée :

Sale garce, du goût de ta motte,

Ma latte sucée, frein qui frotte.

Ha : Tu me fuis lasse folle à lier …

–—

- A ras ! Sur le bout ta guêpière !

Met la bête dans ta tanière

Tes deux gras tous ronds embrassés.

- A ras ! C’est bien doux ce pourpier !

–—

A ras ! Pet de poux par derrière !

- Le buis empalé : oui ça vient -

- A ras ! … et le figuier arrière …

Hé, ma sale pute ! M’aime, viens !!

ENFIN, ENSANGLANTÉ…

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Quand La De pique …

—–

Oser vivre le plaisir fatal

Qui emmène au-delà de soi,

Entrer dans le plaisir total

Qui fond les âmes et les croix,

Couler dans le plaisir létal

De la seringue si lisse sous les doigts.

———-

Vienne le temps des hors la loi.

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Arracher aux cieux en bataille,

Les yeux de ceux qui ne voient pas,

Contre tous, les accordailles,

Des voix, des chairs et des hautbois,

Quand les démons, les épouvantails,

Grincent au fond, tristes trépas.

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Meure le temps des martingales.

———-

Croire aux abysses, leurs eaux lustrales,

Elles glissent et caressent les peaux,

Doigts emmêles, aiguilles pâles,

Jambes croisées, quel beau tableau.

Hurlent les rois, pleurent les opales

Au vent coulis des cœurs si chauds.

———-

Tes seins oblongs, nos yeux farauds.

———-

Nous n’iront plus sourire au bois,

Ne crieront plus, cloués aux croix

Nous perdre seuls, briser nos voix,

Le longs des vies, corps de guingois,

En attendant que tu me voies,

Toi pauvre fille, petit chihuahua.

———-

Enfin, ensanglanté, tout près de toi.

EMMA BOVAROVA …

Oda Jaune. Once in a Blue Moon.

Emma était née misérable. Profondément. Dans un village perdu, loin des yeux de Dieu et des hommes. Au fin fond des plaines Bulgares. Dans une masure insalubre, nichée au milieu d’un conglomérat de bicoques bancales, auxquelles nulle route ne menait. Elle aurait survécu aux plus terribles cataclysmes « modernes », habituée qu’elle était à végéter de racines amères, d’eau croupie, dans le froid humide ou la chaleur écrasante qui lui serraient les os, depuis toujours. Les heures à venir, qu’il lui fallait traverser, pour espérer passer les prochaines, la clouaient au présent. Trouver sa pitance et se protéger de la rigueur des saisons l’occupait tout entière, l’obsédait. « NoFuture » était sa vie.

Un jour d’août qu’elle sommeillait, abrutie, crasseuse et nue, dans l’ombre de sa cahute, un bruit assourdissant de planches explosées, la mit en terreur. Dans le soleil, à contre-jour, une silhouette épaisse et menaçante, mangée par le soleil mourant, occupait presque toute la largeur de la porte délabrée.

Nikifor la regardait…

Il était arrivé dans un Hammer noir, rouge de boue séchée et de débris divers, par un de ces hasards étranges qui guident les prédateurs. Emma avait quinze ans. Grande, déliée, gracieuse, la misère et la saleté n’arrivaient pas à ternir sa beauté native. Ses yeux d’émeraude illuminaient son épaisse chevelure noire et ses lèvres charneuses. Sous les penailles, son corps était sinusoïde, ferme, ductile, au prorata. Elle était – pure grâce -, d’une beauté émouvante, comme un coquelicot sur un tas d’immondices. Nikifor la jaugea d’un regard de maquignon, puis il sourit de toutes ses dents serties d’or. Il sut à l’instant, qu’elle vivait de rêves et de rhizomes, qu’il la subjuguerait sans peine ni violence, lui qui n’hésitait pas à cogner. Il avait la beauté sauvage d’un loup traqueur. Grand, athlétique et souple, le catogan de cheveux noirs qui tombait bas dans son dos, dégageait un visage aux angles découpés à larges coups de yatagan affilé. Ses yeux verts irradiaient une sauvagerie contenue, le goût de dominer, de séduire, ou d’avilir par la force. Comme deux puits ardents qui contrastaient avec la beauté anguleuse et brutale de sa semblance. Seules deux fines rides profondes qui encadraient une lippe à croquer les oiseaux crus, pouvaient laisser penser, à qui savait les lire, qu’il aimait à prendre lentement les vies qui osaient lui résister.

Emma ne vit rien de cela. Elle souriait comme une enfant confiante. Le княз (Prince) était là ! Elle ouvrait grand son regard d’eau claire aux reflets gris, pâle comme cou de tourterelle, qui palpitait de la joie crédule de celles qui n’ont pas vécu. Elle sut d’instinct qu’elle était en partance. Une onde froide la traversa, qu’elle rejeta d’un cœur naïf. Elle crut qu’elle avait une faim soudaine…

L’ombre, aux jambes écartées gaînées de basane noire, ne bougeait pas. Nikifor, souriait, son visage s’adoucissait tandis que ses paupières écrasaient ses yeux, ne laissant passer qu’un mince listel verdâtre, acide comme une pomme crue. Puis il les rouvrit, claire eau de source, et sourit comme un enfant candide. Derrière son masque rassurant, il calculait à toute allure. Ne pas lui faire peur, l’apprivoiser, murmurer des mots de miel, la caresser de la voix et l’emmener en douceur, loin d’ici. Oui, comme ça, avec des chatteries, des brassées de loukoums. A coup sûr, le vent tiède des morbidesses la renverserait…

Alors il s’agenouilla devant elle et lui parla longtemps. Sa voix coulait comme un ruisselet frais, il susurrait, roucoulait des paroles douces en mode « amabile », des chants de sirènes, fluides, lénifiants, qui la bercèrent longtemps, jusqu’à presque l’endormir. Emma était sa принцеса (princesse), son ангел (ange), sa прещип (fée). Ses angoisses fondaient, comme pastèque sous langue aux durs jours brûlants des étés continentaux, quand au bout de ses errances, Dieu lui offrait cette grosse coque verte, oubliée dans un champ. Puis sa main se perdit dans la sienne, quand céda son cœur d’argile. Lovée dans les larges cuirs du gros tank noir, la tête appuyée contre l’épaule de son Prince, elle s’endormait. Ses chairs tendres, tremblantes aux cahots des pistes poudroyantes, auguraient des jours blafards…

La ville l’éblouit…

Les lumières crues de Sofia mangeaient la nuit et lui mordaient les yeux. Des gens, partout, qui riaient ou marchaient à pas pressés, frileux, le cou dans les épaules. Cette première nuit éclairée de sa vie, l’affriolait et l’affolait tout autant. Elle se pelotonna contre son beau seigneur comme un animal craintif, et lui serra le bras. Sa tempe sonna douloureuse et son épaule tuméfiée l’anesthésia, le souffle coupé, après que Nikifor l’eut violemment repoussée, d’un coup de coude assassin, sans même tourner la tête. La peur lui mangea le ventre, brutalement, l’aveuglant. Une sensation pire que la soif, la faim, le froid, lui broya la tête, la privant de penser. Elle venait de rencontrer la terreur, la vraie, la noire, celle qui sidère à jamais…

Plus un mot désormais, mais les horreurs à venir. Du fond de son corps meurtri, elle hurla en silence. Le cercueil noir freina des quatre disques et crissa dans le gravier. Une main, qu’elle ne vit pas, l’empoigna par la nuque et la jeta dans un cul de basse fosse, au fond d’une cave enténébrée. Elle s’écroula sur un bat-flanc, contre un mur aveugle. Un soupirail, mal fermé par des planches disjointes, laissait filtrer la lumière grise d’une aube livide. Chaque jour que durerait son crucifiement, on lui jetterait un pécharma froid et un verre de yaourt aigre. Il ne fallait pas qu’elle perde ses rondeurs, ni son teint de safran. Le temps fut aboli. Emma ne vivait plus qu’un présent de pierre lourde, attendant, recroquevillée, que le prochain fauve malodorant lui perce le ventre ou lui brise les reins. Elle subissait, hagarde, les assauts vulgaires répétés, ne sachant plus distinguer ce qui aurait pu être plaisir, de ce qui lui déchirait les tripes. Elle aurait voulu s’arracher la peau, se bourrer le ventre de cailloux, se coudre les lèvres à vif et se remplir la bouche de goudron chaud, pour échapper aux avilissements répétés. Cela dura plusieurs éternités. Elle se lavait à l’eau croupie, caressant d’une main mécanique le minuscule orvet qui s’était glissé sous sa couche crasseuse. L’animal, à sang froid, la réchauffait pourtant.

Longtemps après que le désespoir l’eut quittée, quand les glaces des douleurs réitérées l’eurent dénervée, deux molosses vinrent la chercher et la trainèrent au rez-de-chaussée. La lumière de l’hiver finissant lui perça les yeux de ses aiguilles acérées. Le silence régnait dans la pièce aveuglante. Des femmes la lavèrent, l’apprêtèrent, la recouvrirent de bijoux éclatants, de crèmes précieuses, de soies vivantes et de brocards anciens. La douceur de leurs mains lui parut étrange, quand elle vit la dureté de leurs regards et l’âpreté de leurs traits. Mais son corps, bleui par les coups, creusé des petits volcans éteints des mégots écrasés, piqueté de divers confetti andrinoples, se délectait de ces doigts qui voletaient sur lui comme oiseaux de paradis. Un plaisir sensuel et doux la comblait, sa conscience faiblissait. Elle flottait. Apaisée, elle ouvrit les yeux sur deux pointes noires vernissées. Les femmes avaient disparu. Emma, lentement remonta les bottes glacées, le cuir lisse d’un pantalon, le gilet court ouvert sur la tâche bleu-nuit d’un satin brillant, pour s’arrêter sur l’or d’une grosse bague ciselée. Le conditionnement repris le contrôle de ses sens, elle n’osa aller plus avant et s’immobilisa, pubis collé au sol, corps à demi levé, bras tremblants et tête basse. Une main légère glissa sous son menton, lui relevant lentement la tête. Les deux yeux verts de Nikifor la fixèrent de leurs ondes aimantes qui l’hypnotisèrent à la seconde. Sa bouche fondit sous la sienne qui lui croqua les lèvres. Le plaisir monta lentement sous les caresses lentes, les promesses et les fausses hésitations. Emma quémanda, Nikifor sourit, la prit au ralenti pour la coller au mur d’un coup de rein bestial. Il lui sembla des heures, qui ne furent que minutes. L’orgasme cinglant la brûla jusqu’à l’âme. Collée au corps de son maître, elle s’endormit un peu…

Adossé aux coussins épais, il la regardait, satisfait de son investissement. Cette idée le fit sourire. Il tenait à la main un verre précieux, taillé vulgairement, comme un diamant de pacotille, à demi plein d’un jus rubis. Le Domaine Boyar 1990, un pur Gamza, son vin préféré, rutilait dans le dernier rayon du soleil mourant. Il le huma d’un nez distrait, le regard absorbé par le corps gracieux au déhanchement enfantin, allongé et confiant. Les fragrances de fruits rouges oxydés, relevés d’une touche sauvage, l’excitaient pourtant. Il avala d’un trait le vin translucide qui lui laissa furtivement en bouche le goût des dernières framboises. Les tannins épais et rustiques lui encrassèrent le palais. Il aimait ce vin râpeux et grossier. Sa main courte et trapue, aux ongles bréneux, excoria légèrement la peau fragile, qui frissonna en se crispant un peu. Emma geignit mais ne bougea pas. Nikifor sourit, satisfait du dressage.

Elle était prête !

L’enfant, qui sortait à peine des brumes du plaisir, sut que le pire, longuement, restait à venir…

Au petit matin d’un de ces petits jours glacés qui gèle les os des rares passants en vadrouille, quelques années plus tard, on ramassa un corps mutilé au visage grimaçant. Autour du corps nu exposé aux regards, les légistes qui l’examinèrent, sortirent, blafards, tour à tour de la salle blanche. Même les plus aguerris eurent du mal à s’en remettre.

Démantibulée, brisée comme une poupée désaimée, Emma ne souffre plus…

EMOBLÈTIMECONE.

FÈVE BÉATIQUE.

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D’après S. Mallarmé. Rêve Antique.

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Elle sait ce qu’il lui donne, l’oblongue au bain marie

Doux sanglot déversé durement éprouvée

Comme la folle au nid criant toute inondée

Le baveux sur ses reins pleure bon, elle rit.

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Dans son berceau, vit barbu, feule, l’emplâtre,

La boire, glisser au fond de la vasque éplorée ?

Elle mord le gland vain et se gorge du bellâtre,

Comme la prune, bouillante, du salaud miel craché.

–—

Son bois qui tel un phasme se posait sur la chose

Comme une turne brûlante, un cilice en l’air :

Te rends, ô lune pâmée ! Berce de ton sein, ose

Ta main qui sait qu’un leurre accule, à tout leurre pervers.

–—

Elle sait ce qu’il lui donne, l’oblongue au bain marie

Doux sanglot déversé durement éprouvée :

Comme la parque au sang, liane à jamais rêvée,

Se méprend son soudard sous ses beaux flancs rosis.

MAÎCRESSE ET TURLUPIN …

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Mis en scène par La De.

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Dans le boudoir si rose qu’il en paraît morose,

Turlupin, petit rat, string rose, court son chemin,

Il piétine, turlupine, badine en sourdine,

C’est une ficelle entre deux fesses de sardine.

Deux qui le tiennent bien, trois qui le butinent.

—–

Maîcresse, drôlesse, taille épaisse, grosses fesses,

Le mène, malmène, folle farandole,

La bourrache sait bien manier sa fiole,

Et le pur lupin court comme un petit lapin

Toujours prêt à prêter, à donner de son burin.

—–

C’est un couple charmant qui joue de la bombarde,

A longueur de journée on les entend crier,

Hurler, minauder, se fâcher et se réconcilier,

Et ça chauffe, et ça cloque et ça clique et ça barde,

Turlupin et Maîcresse aiment tant la bouffarde.

—–

Il était page dans un gai manoir parisien,

Elle en fut la première éblouissante catin,

Ces deux là étaient faits pour se prendre la main,

Lui, petit, gentil, drôle, que rien n’effarouche,

Elle grosse loche, poigne à mater le manouche.

—–

« Turlupin, cesse ! » dégosille t-elle à tout va,

Dès que le furet rose ose le bout du roi,

« Et viens t-en beau te coucher, là tout entre moi !

L’heure est tombée, Toupin, occupe toi de moi »,

C’est qu’elle est tendre quand brûle le bout d’un doigt.

—–

Ils vécurent heureux mais n’eurent pas d’enfants

Elle lui fit endurer les bien pires tourments,

A te le manier, à lui saigner le gland,

Turlupin adorait qu’elle lui fouette les flancs,

Elle aimait quand il lui défonçait le turban.

——

Tout allait pour le mieux entre ces deux charmants,

Mais un jour alors qu’il la battait durement,

Maîcresse dans un spasme à se péter les dents,

Senti son cœur bondir quand sa rose éclatant,

Le dard de Turlupin lui défonça les flancs.

—–

C’est ainsi que périt Maîcresse, un soir tombant

Depuis lors Turlupin dort comme un chien hurlant …

J’IRAI TE FAIRE CRIER …

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La De fait sa musique.

—–

J’irai te faire

Tourner, virer,

Sur ma queue,

Comme une toupie folle

Sur une barcarolle,

Je t’appellerai Carole

Pour la rime,

Et Céline

Pour ma pine,

Tu seras double,

Et tes eaux troubles

Couleront à jamais …

—–

Accroché à ton cul,

Je te dirai, ma grue,

Arrache moi les larmes

Du fond de mes reins,

Allez ma fée,

Rend donc les armes,

Et avale mon frein

Tu me dirais salace,

Défonce ma connasse,

Tout au fond de mon cul

Tu seras bien reçu,

Fouette cocher …!

—–

Quand je ne peux

Rêver, baver

Sur la peau

De mon destin,

Moi pauvre gueux

Te caresser,

T’aimer, dressé,

La peau lavée,

Regard crevé,

Âme qui bée,

Mon lapereau

Tout chaud …

—–

Alors soupire

Et ta lyre,

En délire,

Qui pleure

Sous tes draps,

Ta peau,

De taffetas,

Ton œil

Qui vole

Et se recueille,

Et ton rire

Sur mon bras …

—–

Dans le cocon

Où tu reposes

Comme une alose,

Pâle et ronchonne,

Ta conque sonne.

Ma lionne,

Je n’irai pas,

Bougre de con,

Sur tes melons,

Entre tes bras,

Oui toi mon rat,

Mourir de joie …

—–

Escarbille morte,

Comme une offrande

Aux cieux pervers,

Moi qui demande

L’absolution,

Oui sans façon,

Je force la porte

De bois bandé,

Par moi gravée,

Qui mène à

L’offertoire

De mes déboires …

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La tête basse,

L’âme si lasse,

Le ventre mou,

Caoutchouc doux,

La queue blessée

A marée haute

Je tombe et roule,

Et je roucoule

A tes genoux,

Écureuil roux,

Coeur fracassé,

Jambes brisées …

—–

Affreuse bile

Qui griffe mes joues,

Je vomis le temps,

Hais le ciel bleu,

Crache le sable,

Et tout le feu

Qui brûle si loin,

Funestes Dieux.

Souffle le vent

Dans tes cheveux

Parfums froissés,

Sous tes baisers …

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Sonne le glas,

Plissent les draps,

Chantent les anges,

Tout se mélange.

Pleurent les démons

Aux yeux vairons,

Qui sont cachés,

Sous tes draps,

Triste mésange,

Coup de fouet,

Gifles cinglées

Sur ton con …

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Un pèse dix,

Dix pèse cent,

Cent pèse mille,

Secondes,

La ronde,

Des minutes

La flûte,

Heures

Si lourdes

Palourdes,

Le temps

Me tue …

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Ainsi va l’attelage,

Que tirent et ménagent

Deux chevaux fous

De toi, pauvre Lilou.

SOUS LA QUILLE, NEPTUNE…

Saintes. La Chamade. Août 2010.

Jawad se sent à vif comme une épine d’acacia.

Le vent le fouette, le soleil le cogne et lui croque la couenne, les embruns le giflent et lui boucanent la viande. Ça ronronne sous la coque du bateau qui fend l’eau comme un scalpel la peau. Vertige qui noue la tripe, et vide l’advertance des remontées rouges du cœur à La chamade. Comme Sagan la Françoise, la fleur de peau souffrante, légère mais profonde, au volant de ses chariots de feu funestes. Rien de mieux qu’ Un peu de soleil dans l’eau froide pour soigner Les bleus à l’âme. Je me suis regardé dans Le miroir égaré. Je n’y ai vu qu’ Un profil perdu, Un chien couchant près d’ Un lit défait, Un chagrin de passage, La femme fardée par la surface de sa vie, crémée de Faux fuyants. Mais je la laisse, Bonjour tristesse. Sous Les merveilleux nuages, Un orage immobile explose comme Un sang d’aquarelle qu’ Un certain sourire déclenche… Dans un mois, dans un an, Le garde du cœur n’aimera plus Brahms. Le chagrin de passage ne sera plus qu’ Un cheval évanoui. Dans Les fougères bleues, Le rendez vous manqué des Yeux de soie ne sera que Le régal des chacals. Sera venu le temps d’aller Au marbre avec Mon meilleur souvenir, Toxique

Purée de titres qui font sens…

L’ancre plonge droit au fond sur les sables blonds, et s’accroche à la chevelure alguée d’une sirène effarée. Le ciel est l’âme d’outre-azur de son père. Les reflets diffractés de la chaîne d’acier se diluent dans les eaux qui tremblotent comme verre de Chardonnay dans la main d’un parkinsonien hébété. Ils piquent la mer mouvante de leurs aiguilles vives et incandescentes. Quelques rus sinueux de sang purpurin comme pinot en Bourgogne, glissent le long de la joue de l’homme tout le temps de sa nage. Comme un prurigo dérisoire que lyse l’onde matrice saphir de toute vie, tandis qu’il perd lentement la sienne. Il se dit que puisque naître c’est quitter la douce fusion maternelle, il lui serait bon de mourir doucement ainsi, en toute déliquescence. La dissolution n’est-elle pas ultime fusion? Il nage les yeux ouverts, et calque son rythme sur le souffle tiède des ondines. Sous ses yeux béants à l’agonie, défilent la palette du peintre et les ombres de l’enfer dans la main de Dieu. Neptune boude dans sa grotte et astique deux-trois sirènes pour se détendre. Cette vision incongrue lui traverse l’esprit et le met au rire, il étouffe à moitié. L’épreuve est difficile mais il la surmonte. Ce qui le fait pouffer à nouveau. Seul, loin en mer sous l’emprise d’un fou rire! Folie… L’eurythmie harmonieuse des mondes le sauve. Cœur, bronchioles, forces liquides, telluriques et solaires sont à l’amble. Seul Neptune fait la gueule. Alors, riant à nouveau, il coupe son effort et se laisse flotter comme un bouchon de champagne dans la cuvette méditerranéenne des chiottes du monde. S’il était peinard et bien à l’abri dans le col gracieux d’une bouteille, il serait un peu plus haut, hors de l’eau, et pourrait à sa guise contempler le monde aqueux qui l’entoure. Mais il ne verrait pas Poséidon qui pourrait lui mordre le c… Wouaffff! Mourir de rire, ce ne serait pas mal non plus. Mieux que la morsure aussi soudaine que glacée, d’un requin pâle… Suer de trouille brutalement, en un demi souffle, sous totale rigolbochade en pleine mer, fragile comme une merguez qui perd son jus carminé, c’est possible aussi.

Le bateau n’est plus qu’un point blanc sur les eaux, comme un comédon frais sur le nez grumeleux de Neptune. Revenir, rebrousser chemin, retrouver le rythme, se fondre à nouveau aux éléments, se dissoudre, ne faire qu’un, dépasser la douleur, accéder à la conscience élargie… Choc soudain, sang glacé, terreur sidérante. Le corps s’affole, bafouille, gargouille, agitations ridicules et sporadiques, comme un nouveau né dans sa baignoire. La grosse bouteille, perdue comme un chancre dans une eau pure, lui a éclaté l’arcade gauche. Un peu. Suffisamment pour rosir le lapis environnant. Elle est fermée d’un long bouchon et son col gracieux dodeline sur les flots. Il a pu s’accrocher à l’échelle, clown écarlate, et se hisser à bord. Sur le fond aveuglant du bateau, taches rouges, macules grenats, bavures noirâtres et tavelures incarnates dessinent un Pollock suicidé. Recroquevillé au fond de la nef souillée, enroulé dans une serviette bleu cobalt épaisse et chaude, il regarde le lourd flacon. Il se reprend à rire nerveusement, par saccades courtes et rauques qui lui liment la gorge. La grosse bouteille sur le flanc a laissé de sa grâce, elle gît et sèche, perdant sa fragile brillance humide. Ses flancs abrasés par l’âge se voilent. C’est vrai qu’elle a l’air rompu de celles que le temps a usées. Son verre corrodé par le sable et le sel, est d’un blanc opaque qui masque son secret. Le souvenir de la Veuve Clicquot 1780 remontée magnifiée des mers froides, lui traverse l’esprit. Sa jumelle, sa cousine ??? Un jéroboam flottant, massif, aveugle, dérivant au fil des courants espiègles… Et lui qui le regarde de ses yeux muets. Comme une poule, devant un dronte dodelinant du chef. Le verre poli cède sous la hachette de sa rage. C’est un magnum au regard d’opale hermétiquement clôt, mystérieusement érodé par le sel lui aussi, qui apparaît. Ces étranges rouilles gigognes usées par le temps et les incessantes talmouses salées, lui parlent de sa propre lassitude, de son désarroi profond, de son sang qui fuit et fuse par moments en bouquets de roses fanées. Du bout d’un de ses doigts flétris comme cornichons russes, il caresse le flacon. Perplexité. Rire à nouveau, désorienté et mouillé de tristesse. Baaam, la troisième quille apparaît, plus petite, limée, adoucie, vieillie, châtiée plus encore. Le kil, l’ordinaire du jaja des familles, le rouquin d’avant que les guerres… Quelques éclats verts, intacts mais sombres à bloquer les regards curieux, dessinent un chemin hasardeux et inexplicable sur les parois de la fiole flétrie.

Médusé (en pleine mer, c’est bien le moins!), inquiet, déboussolé (en pleine mer c’est embêtant!). Sous ses iris de jade, et ses pupilles rétrécies façon minou timide, les fragments du jéro et du magnum se délitent, ramollissent et fondent inexplicablement comme neige au Néguev. La petite dernière apparue flotte presque dans une eau étrange, luminescente, irréelle. La lumière dorée qui sourd de cette pisse de fonte, exacerbe les hanches stéatopyges de la luronne. La rescapée évoque plus les convexités d’une nonne dépenaillée, que les épaules étroites d’un Pasteur cénobitique. Large de croupe, bâtie pour traverser les épreuves de la vie et les défonces de l’amour, l’équilibre serein de ses lignes impressionne. Mais tout se bouscule, se mélange soudain dans la tête et le corps de Jawad. Tout tremble, vacille, se transforme, se hausse. Des os aux boyaux en passant par la viande et les neurones, son corps fait des bruits poisseux de succion molle et de graisse flasque remuée. La vie en lui danse comme Jacob, dès qu’il a conquis le dernier barreau de l’échelle. Il est aveugle, sourd muet, puis voyant, extra lucide, prophète, économiste! Dans ses veines distendues, le sang bout au creuset sans fond des sorcières hystériques, puis gicle de ses oreilles et sourd de sa peau. C’est comme une expérience métempirique, un combat contre les forces primordiales, une mort promesse de vie. Au bout de lui même, il sabre le flacon sur le bord du bateau et porte le verre coupant à ses lèvres. Un parfum venu des extrêmes confins d’une galaxie inconnue, l’enivre et le ravit, comme si les corps de tous les Saints s’étaient unis pour exsuder cet ineffable élixir. Il se croit mort puis ressuscité, transporté via le grand trou noir – délivré enfin de l’espace temps – sur les rives tremblantes d’un astre tout juste gazeux. De son trident, Poséidon lui pique les globules, qui éclatent comme de petits crachats vermillons.

Bruit de pétards, fin de kermesse…

Un peu de liquide pâteux, verdâtre, épais, aux reflets roux, coule du col brisé et se fige sur son index sanguinolent. Sa peau, en un clin d’œil de Dieu, retrouve son herméticité. Il porte alors le goulot cassé à ses lèvres, qui se fendent comme grenades en septembre. La coupure est profonde mais se referme aussitôt. La soupe est salée, iodée, forte comme un nuoc-mâm oublié. A peine en bouche, elle infiltre ses muqueuses sans même attendre la gorge. Comme un onguent qui se marie instantanément aux chairs à vif, les graisse et les régénère. Une onde chaude le traverse et l’enveloppe dans une aura d’un céladon éblouissant. Son esprit, comme une eau d’émeraude, se fluidifie et quitte les contrées pesantes des souffrances ordinaires. Tel un papillon translucide, il flotte entre les mondes. Le temps suspendu ne connaît plus les espaces étriqués qui le limitaient et l’écrasaient – limace tragique – a la glu lourde de la matière pesante. Rien ne le surprend plus car il se sent somme et partie à la fois. Vertigineux voyage sur les terres subtiles de l’avant, de l’ailleurs et de l’après. Il – qui ne l’est plus – se fond dans l’indicible et communie avec la Vie.

Alors commence l’expérience qui n’a pas de nom.

De l’au-delà des cieux embrasés, à l’en-deça des funèbres barathres, des étoiles au magma, de l’est à l’ouest, du sud au nord, de l’en-dehors à l’en-dedans, du noir au blanc, dans le kaléidoscope tournoyant du fin fond des éternités étoilées, dans les abysses ondoyantes des prémisses de tout qui a été, est et sera, il est galaxie ignescente, quark tripolaire, grande turbulence solaire magnéto-hydrodynamique, Sirius au cœur d’Alfa Canis Majoris, Galilée inquisitorié, Star du X mellifluente, ectoplasme limbique, lombric extasié, apostat délirant, orgasme de loutre, éjaculation païenne, hérésie fulgurante. Ses cellules lui parlent, il chante avec les chœurs célestes, tutoie la mort et rit avec la hyène, égorge le nouveau né et pleure avec sa mère… Il bruisse avec les feuilles de cannabis dans les montagnes Afghanes. Dans le tourbillon de la conscience universelle, les naïades l’enlacent, Ægir l’adoube, Ruahatu lui sourit, Océane l’entraîne dans l’en-deça du Verbe…

Bouillie de chairs bouleversées, hurlements glacés du sang coagulé, crépitements acides de la lymphe en fusion, implosion douloureuse des os dans la roue du diable, éternels balancements entre les contraires, il ahane, éructe, pleure et rit à la fois, assoiffé de vie et de mort, anéanti, sublimé, transporté et meurtri….

Puis le silence pleure sous le marteau de Vulcain.

Dans le blanc translucide de sa sclère, les vaisseaux éclatés dessinent comme une fractale des crues du Gange à son delta. Le soleil lui rogne l’iris jusqu’à la cornée. Ses paupières clignent convulsivement. Ses mains étreignent la bouteille vide comme des serres moribondes. Lentement il retombe sur mer, exsangue, las et confus. Adossé au bastingage, la mer le berce. Au fond de sa tête, l’aigle lancéolé glatit toujours. Une goutte de sang séché pointe d’une de ses narines.

Sous les eaux de pierre turquoise, Amphitrite, silencieuse, sourit.

Jawad sait qu’il va mourir à la vie et qu’il sera le maître à nouveau….

Sa respiration sifflante s’apaise et ses humeurs corporelles marquent l’étiage. Imperceptiblement il retombe en pesanteur. Le puzzle de son corps douloureux se réajuste pour retrouver son unité. A nouveau Jawad est ego, affalé au fond de la barcasse comme une morue flasque dans un casier. Tout cela lui paraît cauchemars et rêves mêlés, au sortir d’une nuit glauque, enfiévrée, à yeux ouverts. A plein gaz il file vers la côte, sous le vent cinglant et le sel mouillé qui le cravachent, lui corroient la peau. Sur le clapot court, le bateau secoue et le remet au réel. C’est comme un soulagement, qui vide ses bronches brûlantes des eaux ingurgitées. Une toux rêche lui secoue la tête et l’ancre à nouveau dans l’espace. La mer grossit, l’embarcation s’envole à la crête des vagues et plonge rudement dans les creux d’où le rivage disparaît.

Désespérément lucide, Jawad pense au sang frais que le vent emporte.

Le soleil fou de cette étrange journée rase l’horizon de son disque de verre fondu. La mer est noire sous la lumière brasillante qui tranche le jais liquide de sa lame chaude de tourmenteur marmoréen. A contre-jour, la bouteille embuée est sombre comme un sang carbonisé. Il verse lentement le vin grenat dans le verre, éteignant le soleil qui s’y croyait chez lui. A bout de bras, sur le cobalt de ce ciel finissant, le vin tournoie au rythme de son poignet. Entre les rondes, l’hélianthe royal l’aveugle, l’ensanglantant au passage. Le rubis intense de ce ciel finissant se marie aux roseurs encore discrètes qui transparaissent déjà au bord du disque. Le maelström miniature tournoie encore, alors qu’il ferme les yeux et hume le vin frais. Les arômes de pinot, sur ces rivages Africains, l’apaisent. Pulpe de cerise, touches fugaces de cassis, fragrances de cuir gras et de musc, fraîcheur des fruits rouges. L’automne aussi marque le vin de ses touches de feuilles mortes, de champignons, et de mousse. Le fumet, sauvage comme la trace du cerf que le temps du brame appelle, «pommardise» le jus et lui donne un peu plus de prégnance olfactive. L’élégance Bourguignonne de ce Pommard «Les Arvelets» 2006 du Domaine Cyrot-Buthiau répond subtilement aux velours de chênes-liège qui cascadent vers la mer, comme autant de vagues vertes figées sous le soleil rasant.

Le vin se donne en bouche pleinement, roule un fruit mûr qui se déploie puissamment, et gorge ses calicules consentantes, de sucs subtils qu’une pointe sucrée adoucit. Un beau sang de vin, riche et racé, lui remet le cœur en place et pulse jusqu’à l’infime de ses globules martyrisées. La paix le gagne. Le chant rauque du Muezzin envahit les cieux tandis que la mer dévore à belles eaux le Phoebus vaincu. Le liquide charnu glisse soyeusement dans sa gorge, et libère longuement réglisse pure, et tanins lisses comme palais en ramadan….

Le temps s’arrête, l’espace du dernier soupir…

EFINIMOSSANTITECONE.

JE SUIS UN NABAB AUX AMERIQUES

L'ogre

 

Adieu fiers Empereurs Moghols

Esprits des steppes, Génies du Temps,

Aigles des neiges, flèches de vent,

Je suis désormais le Seigneur des Fols.

 

Oubliés palais de dentelle écorchant les falaises

Mausolées d’ivoire, temples fous, dieux de glaise.

Je trône au sommet des tours me moquant des Cieux,

Je suis de ceux promis aux avenirs radieux.

 

J’investis, je thésaurise, Capitalise,

A pleines poignées je dispense et dépense,

Confiant, prodigue, je fanfaronne,

Ivre, sourd, aveugle, je m’abandonne …

 

Holding, Dumping, Lobying,

Je suis le Roi, c’est moi le King !

 

Les avides vampires de Pennsylvanie,

Les rusés vautours de Californie,

De l’arrogant Rutilant se sont moqués,

L’amadouant pour mieux le spolier…

 

Enjôlé, cerné

Mordu

Leurré, plumé

Tondu

Berné, joué

Perdu.

 

Miroitante Opulence Fantomatique

Magnificente Outrecuidance Famélique

Mirobolante Omniscience Frénétique.

 

J’étais comme un Nabab aux Amériques …