Littinéraires viniques

LASCIA CH’IO PIANGA …

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Ciel polaire si clair froid coupant si blanc

Oeil de nymphe sang de lymphe flanc battant

Dragon noir dents d’ivoire pupilles broutilles

Dans la nuit ours gris du vent dans les trilles

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Au pays dégourdi mains glacées pieds plantés

Elle m’a dit la houri sous tes reins j’ai pleuré

A dormir soupir désir travertin de ton sein

Odorant hérisson ta pupille charmille

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Montaigu l’âme nue Capulet œil crevé

Odalisque je te bisque ta cuisse triste

Enchanteur le merlin a tué le bélier

Vole ma folle farandole amour trop loin

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Point n’en faut trop c’est trop à cheval au galop

S’en est allé sur les galets la Diva ho !

Tranche la faux huile à la mort sinistre corps

Voix de tête cœur qui tète dans tes ors mi amor

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Lascia Ch’io pianga, mon âme chante Haendel

Fou d’elle ma mirabelle tes ailes tes dentelles

BIGAME, ELLE FLATTE.

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Elle pleurait avec sa blatte,

Et c’était si bon de boire

La liqueur franche à la blanche jatte

D’albâtre dans le creux du peignoir.

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Elle criait – la petite rate ! -

Sous la laine de son encensoir

Son beurrier, ondes pirates,

Brûlant, et chairs comme un bavoir.

—–

L’autre farcie voulait sa purée

Et ouvrait sa grotte perlée,

Mais le pendable n’y laissait rien …

Et dans le tiroir où, sa flore,

Coulait à frire comme de rien,

Brillait la seule pointe que j’adore.

SOUS LA LANGUE, PERFIDE …

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Ce que La De voit dans les mots …

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L’agneau aux yeux de soufre a bêlé,

Plus fort qu’il ne le fera plus jamais,

Il a tant aimé être ainsi crucifié, foutré

Que les cloches de Pâques se sont fêlées.

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Entre les cheminées aux braise ardentes,

Comme un corps extasié sous la langue sifflante,

Il a connu plus qu’il ne connaîtra jamais,

Pantelant, soumis, ravi, emporté, ravagé.

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Sous la bouche pointue d’une goule puissante

Ses chairs, sa peau, son ventre, toutes ses fentes,

Coulantes, brûlantes, et navrées tout autant,

Quand son cœur est nié, sa volonté brisée.

—–

Quand le temps infect des turpitudes infligées,

Acceptées aussi, désirées, adorées à crever,

A passé. Quand le vent si fort, si pur, à en mourir,

S’est engouffré sous ses voilures de porphyre.

—–

Alors ses grands yeux de larmes refoulées,

Comme des tempêtes aux douceurs ignorées,

Se sont ouverts, un soir qu’il n’attendait plus,

Le vent s’est calmé, la brise a tiédi quand il a paru.

—–

Succubes, incubes, démons des temps passés,

Sur vos crânes lustrés je chie comme un damné,

Je suis la douceur, la tendresse, la main qui caresse la soie,

Celui qui lui sourit, je ne suis pas sa loi.

—–

Je suis l’amour, à jamais espéré.

ELSA M’A DIT …

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Quand La De prend la mouche.

Une nuit, Elsa m’a dit,

Crapaudine, christophine,

Endorphine, dopamine,

Toi qui ne m’as pas connue,

Non, je n’ai jamais aimé Aragon.

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Puis un jour je t’ai reçue

Mon œil aveugle t’a reconnue,

Alors je me suis souvenu

De toi, et de ton torse nu.

Non, je n’ai jamais connu Aragon.

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Éclairs dorés, pain croustillant,

Plasticine, amphétamine,

Au carrousel de mes amours,

Tu es le seul qui soit velours,

Je te le dis, je te le crie.

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Oui, j’ai tant aimé Aragon.
Elsa, ce jour, est revenue …

MON GLAIVE REVIGORÉ.

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Je bois souvent cette eau d’ange et de sang

D’une source incongrue, et de laine, et qui m’assène,

Et qui n’est, chaque fois, ni pur diadème

Ni tout à fait carême, et me saigne et me détend.

 

Car elle m’est océan, et mon coeur mellifluent

Pour sa meule, hélas! N’est pas un pâle requiem

Elle qui feule, et les ardeurs de ma bouche l’aiment,

Elle seule les sait faire gémir, en bavant.

 

Est-elle lune, ronde ou brousse? Je l’adore.

Son balcon? Je le retiens, qu’il est lourd à bâbord,

Comme ceux des damnées que la vie baptisa.

 

Coeur blafard, salsepareille au mitard des sangsues,

Et, pour sa loi, ma reine, inflexible, et lasse, elle va

La malédiction, la sorcière qui règne et me tue.

AU CHAR DRU …

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Doux supplice fou du purpurin,

Au creux, oasis de tes reins,

Tes nattes servent de freins,

Au char dru, onctueux de ton fût,

Que je conduis enfin d’une main …

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Au soleil cuisant, l’opale de tes orbes,

Dépecées, rougies, en désordre,

Flattées, fessées, mordues, pétries,

Font de l’ombre à la mort quand tu cries

A mourir. Tu défailles sur mon sein …

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Courent les risées, les lourdes nuées,

Dans l’eau de tes yeux, azurs ravis,

Fondent tes lapis, tanguent tes cheveux,

Au soleil de bronze du couchant de ma vie,

Suis moulu, perdu, rincé, cœur qui bée …

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Les rasoirs coupants de tes dents,

Griffent ma peau et rougissent mes flancs,

Tes ongles ont percé jusqu’au sang,

L’épaisse obscurité des iris du temps,

Et je gis comme un grand requin blanc …

 

Les feuilles rousses des grands arbres nus,

Sur ton corps alangui, à demi étendu,

Comme des soies rouges, ma sorcière,

Recouvrent d’organsin ta gorge qui palpite,

Quand l’absolue folie nous habite …

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Alors l’espace implose,

Et te couvre de roses,

Les âmes aux paupières closes,

Se foutent de ma prose,

Elle rient, je suis, tu es ma chose …

SON ÂME POUR TOUJOURS …

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La Fresque de La De.

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Dans les fumées glauques des tripots flamboyants,

Dans les verts laiteux brumeux des absinthes absoutes,

Les janissaires, sous les yeux jaunes des proxénètes ondoyants,

Les hétaïres affalées, sous les graisses tremblantes des pâles puritains,

Entassés comme des veaux dans les salons noirs des abattages,

Plus glorieux que les éléphants aux portes de Carthage,

Où les navires si beaux, vomissant les rats quittant les soutes,

Quand les marins s’enfuient, ivres comme des capitaines,

De frégates en rafiots, de boutres en bars à foutre,

Jusqu’à Valparaiso la belle, en passant par la triste Beyrouth,

Les derviches flottants dansent, en toupies or not, sur les fils de l’extase,

Enfin à tous ceux, vivants ou morts, qui encombrent ma route,

Je dis qu’il est si bon de boire, à plus soif, au fleuve Amour,

Quand le soleil se meurt, ses eaux sont pur velours …

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A égorger des loutres molles, à violer les cœur des putains,

Barbares et Cathares, aventuriers, illuminés ou très saints,

Dans le capharnaüm, au cœur du maelstrom des mondes en perdition,

Des chacals aux loups, efflanqués et sanglants, sans négliger les chiens,

Dans les algues vertes des mers trop profondes, sous les glaces sans tain,

Au pays disparu, Alice, si drôle, qui rit, pleure, et dépèce son lapin,

Sous les vieilles terres grasses, trop noires, au pays des momies,

Ô mes frères, fantômes errants, de géhennes en ignominies,

Mes sœurs dissolues, exaltées, aux âmes blanches distendues,

Dans les bouges infects, les gouges, de Brest à Macao,

Sur les monceaux d’or fin, dans vos culs, enfoncés en lingots,

Sous les rafales sifflantes, les complaintes, les insultes crachées,

Je dis qu’il est si bon de boire à mourir, au fleuve Amour,

Quand le soleil se lève, le ventre de son âme, pour toujours …

MA DÉGAINE.

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Je m’en gavais, les seins sur mes balloches gonflées ;

Mon ciseau aussi devenait un pal ;

J’allais sous le miel, Fuse ! et j’étais ton béal ;

Oh ! là ! là ! Que de velours turgides j’ai léchés !

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Ma punique salope avait un large cou.

- Gentil-Gousset baveur, je tirais de ma bourse

Des limes. Ma flamberge était à la rebrousse.

- Mon gasoil à l’oriel faisait un doux glou-glou

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Et je les dévorais, rassis au bord des loutres,

Ces bons loirs, de mon membre où je sentais le foutre

Emperlé à ton con, comme un vin de liqueur ;

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Où, limant à cœur, sombre l’antre fatidique,

Comme un satyre, je tirais les frénétiques

De ta mouillée lesté, le nez près de mes peurs !

RONDE COMME UNE BLANCHE …

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La De’s Feelings.

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Je nage dans la crème

Qui coule de tes yeux,

Dans le fond du froid

De mon lit où nagent

Les mystères,

Je suis ce que tu dis

Que je suis.

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Au profond d’un lac

De Sibérie, elle dort,

Elle attend que la vouivre

La lâche, et la vie

Lui revienne.

Lac de Côme,

Terre de Sienne.

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Mille fois mieux

Que mes aspérités,

Sous le feu ronflant

De mon âme d’enfant,

Elle a lâché la bride,

Belle, comme ma reine blanche,

Qui balance sur mon archet.

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Sous l’arche de nos morts,

Mille fois vécues,

Dans le fond de nos yeux

Malgré les temps de misère,

De souffrance, de lie,

Comme deux têtes tranchées

Qui se sont réunies.

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Qu’importent les laves exhaussées,

Les venins, les parfums endurés,

Tant que la mort sera proche de la vie,

A l’aube, comme après que les loups,

Ont déchiré les chiens,

Tout au fond de la surface des êtres,

Elle me sauve, la mort me guette.

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Non je ne sais pas, je la laisse savoir

J’écris sans doute ce qu’elle sait.

Elle me fouette, me propulse et je jette,

Aux étoiles, aux ténèbres, au zombis,

Poudre de riz, artifices et mépris,

Ce que nos cœurs et nos fleurs enlacés,

Comme les folies répandues à nos pieds,

Et cet amour retrouvé à jamais.

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Et les silex en mille étincelles

A trancher les yeux des hirondelles,

Elle m’a dit qu’elle se fera belle.

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Tu voles, je plane et nous pleurons.

 

GÉDÉON ET SON CLAIRON …

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Quand La De fait son espiègle.

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Les araignées noires courent au plafond,

Sous le toit rouge de la maison,

Elles se cachent en procession sous le balcon,

Et se gavent, les gloutonnes, de macarons.

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Aux réverbères balancent, comme aux néons,

Sous les melons, leurs toiles, et les lampions,

Comme tout au au fond profond de mon caleçon,

Les araignées des chambres sont au balcon.

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Et c’est alors, pipette, tirliponpon,

Qu’est arrivé, ronflant, très con, le Gédéon,

Avec ses bottes, ses notes et son clairon,

Les araignées serrées sous le plafond.

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L’Ego qui araignée craint l’oubli …