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	<title>Littinéraires viniques</title>
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	<description>Les mirettes au fond du verre ou ... l&#039;itinéraire hasardeux d&#039;un buveur halluciné</description>
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		<title>MA PREMIÈRE LIPPÉE …</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Feb 2012 22:09:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian Bétourné</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vins]]></category>

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		<description><![CDATA[La première biture d&#8217;Achille&#8230; Web Music 1.2 Il paraît que ça hurle à la première bouffée d&#8217;air … Toujours. Du moins les vivants. Les morts-nés ont perdu courage bien avant. Ou alors ils sont moins cons, et savent déjà que ce sera l&#8217;enfer. Faut vous dire que pour débarquer dans ce monde de merde, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div align="left" style="float: none; clear:right; padding: 0px 5px 5px 0px;"><a name="fb_share" type="box_count" share_url="http://littinerairesviniques.fr/ma-premiere-lippee-%e2%80%a6/"></a></div><p style="text-align: center;"><a href="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2012/02/La-première-biture-dAchille....jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2244" title="La première biture d'Achille..." src="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2012/02/La-première-biture-dAchille....jpg" alt="" width="580" height="435" /></a></p>
<h5 style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">La première biture d&#8217;Achille&#8230;</span></h5>
<p><span style="color: #000000;"><br />
</span></p>
<p style="text-align: center;"><div align="center"><object width="220" height="55"><param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=11114822&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0"></param><embed src="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=11114822&colorBackground=0x525252&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0" type="application/x-shockwave-flash" width="220" height="55"></embed></object><br><sup><a href='http://www.minyatur.com.ar/web-music/'>Web Music 1.2</a></sup></div></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Il paraît que ça hurle à la première bouffée d&#8217;air …</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Toujours. Du moins les vivants. Les morts-nés ont perdu courage bien avant. Ou alors ils sont moins cons, et savent déjà que ce sera l&#8217;enfer. Faut vous dire que pour débarquer dans ce monde de merde, il en faut de l&#8217;innocence. Mais les cons, eux, ils n&#8217;en savent rien, on les tire par la tête, les pieds parfois, alors ils glissent dans le tunnel noir et braillent en sortant. Quand ça se déplisse dans la poitrine, quand les bronches font des petits ballons roses qui ne montent pas encore au ciel. Ça fait mal, mais on ne s&#8217;en souvient pas. En tout cas, les types en blouses blanches, le clament, l&#8217;écrivent. Ça fait de la thune facile à gagner. Les grosses dondons, pleines comme des cargos Chinois, adoooorent que les ceusses qui savent les dés-angoissent. C&#8217;est que pour pondre ce truc mou, c&#8217;est un boulot. Un statut même ! Une sinécure, une rente de neuf mois pour star intermittente. Avec caprices assouvis illico, mauvaises humeurs imprévisibles bien naturelles, souffrances obligatoires, spleen pré et post natal, pris très au sérieux par la société toujours inquiète, comme par l&#8217;inséminateur qui n&#8217;a pas su se retenir&#8230;</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Faut l&#8217;assumer ta giclette mon gars !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">A l&#8217;autre bout de la galère, on dit que le tunnel est blanc, lumineux, apaisant, qu&#8217;un <strong>Amour</strong> extraordinaire vous prend au cœur, un Amour comme vous n&#8217;en avez jamais connu, et n&#8217;en pourrez jamais connaître, dans la gadoue, sur terre. On dit ça … Enfin, y&#8217;en a qui disent ça. D&#8217;autres, des intelligents, prétendent qu&#8217;on arrive par hasard, et qu&#8217;après y&#8217;a plus rien. Le néant qu&#8217;ils disent. Entre les deux, des nombreux ceux-là, affirment &#8211; meurent et tuent pour ça &#8211; qu&#8217;après, on monte au ciel (pas celui qu&#8217;on voit, gris ou bleu, non l&#8217;autre, encore plus haut), ça c&#8217;est pour les gentils, ou alors on est un salaud, et on tombe en enfer ! Bien fait les salauds. Bon c&#8217;est qui les gentils ? Ben c&#8217;est ceux qui écrasent pas les vieux et les pauvres, en gros. Et les salauds, qui qu&#8217;est-ce ? Alors là, y&#8217;a du monde. En très gros, c&#8217;est ceux qui s&#8217;en foutent, tant que le fric tombe. Y veulent rien savoir, y sont pas responsables. Eux, y sont courageux, y bossent, c&#8217;est pas leur faute. En clair : Ils s&#8217;en branlent, des deux pattes comme eux. Et pas que des jaunes (enfin pour les jaunes, y commencent à réfléchir), des Arabes retors, aussi (sauf ceux qui puent le pétrole), et des Blacks fainéants (tous).</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Ben oui, c&#8217;est moi qui vous parle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Viens d&#8217;arriver. Tout fripé. J&#8217;y connais encore rien à la vie, alors ce que je viens de vous en dire du monde, vaut pas grand chose, pour sûr. Va falloir que je fasse les écoles, que je me prenne des gadins, des râteaux et autres claques, avant de parler sérieux, comme vous tous qui me lisez, vous qui savez de quoi vous causez …</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Oinnnnnnnnnnn, j&#8217;ai froid, j&#8217;ai faim !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Des mains de pro, fermes et précises, me prennent, me frottent, à grands coups de serviettes éponge, me nettoient des miasmes gluants, du sang encore frais qui me poisse. Après quoi, elles me collent contre la peau humide, douce et qui sent bon, d&#8217;une femme épuisée. Je regarde, ébahi, ses yeux noirs meurtris, striés de veines, éclatées par l&#8217;effort fourni pour m&#8217;expulser de son ventre, pour me mettre au monde. Elle ne saura jamais combien je me suis arc-bouté, combien j&#8217;ai résisté, pour rester bien au chaud, peinard, dans mon cocon aqueux. Elle roucoule, en me serrant contre elle, d&#8217;une voix de tourterelle flapie, « Viens mon petit poussin (sic) » et me colle contre un ballon de chair ferme, surmonté d&#8217;un gros bout couleur chocolat au lait. Sans trop savoir pourquoi, j&#8217;ouvre le bec et enfourne la valve claire. Ma langue s&#8217;incurve spontanément autour de cette reine de toutes les tétines, et je me mets à aspirer comme un goulu. Et que j&#8217;te suce comme un mort de faim ! Elle a du bol, j&#8217;ai pas de dents ! Pas évidente la première tétée ; faut s&#8217;accrocher, surmonter la fatigue, et cet air nouveau, qui entre, qui sort de ma bouche, et qui me fait tourner la tête. Je m&#8217;étouffe un peu, peine à coordonner, respiration, et aspiration furieuse. A grand coups de front, têtu comme un chevreau imberbe, j&#8217;insiste et tire sur le pis muet. Tant et tant, qu&#8217;à la fin il cède. Un liquide tiède, léger, parfumé et sucré, gicle dans ma bouche grande ouverte. Le jet est trop puissant pour le minuscule que je suis, et je m&#8217;étouffe un instant.  Aspirer, respirer, avaler en même temps, c&#8217;est pas de la tarte ! Une main, douce comme une soie humide, me guide, éponge les fuites qui me bouchent le nez, et m&#8217;encourage d&#8217;une voix tendre. « C&#8217;est bien mon chéri, allez, doucement, encore, encore&#8230; ». Faut croire qu&#8217;elle m&#8217;a pas trop loupé ma mère, parce que je pige vite. Mes deux neurones actifs ont analysé et maîtrisé la situation en deux battements de cils ; je m&#8217;active comme un vieux briscard de la sucette, et déglutis à larges coups de glotte experts. Punaise, c&#8217;est bon, ça me dévale l’œsophage comme un torrent bienfaisant, c&#8217;est chaud et frais à la fois. Ça me touche à peine l&#8217;estomac que c&#8217;est déjà dans l&#8217;intestin qui se tortille, pompe, et me distille le nectar dans tout le corps. La chaleur me gagne, mes cellules s&#8217;activent comme des abeilles au printemps, je me sens pousser comme un perce neige. Mes yeux se ferment, la langueur me prend. Ma tête tourne un peu, tandis qu&#8217;un linge frais essuie la sueur qui perle au dessus de ma lèvre supérieure, finement ourlée. Bouche entrouverte, comme une rose miniature, je m&#8217;endors, béat. Avant de sombrer, je me dis que j&#8217;ai bien pris vingt grammes et grandi de deux millimètres.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Ma première érection est gustative …</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Bon, ben la vie, si ça continue comme ça !</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Au fait, Mamamm m&#8217;appelle <strong>Achille</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Compte</strong></span><span style="text-decoration: underline;"> </span><span style="text-decoration: underline;"><strong>rendu</strong></span><span style="text-decoration: underline;"> </span><span style="text-decoration: underline;"><strong>de</strong></span><span style="text-decoration: underline;"> </span><span style="text-decoration: underline;"><strong>dégustation</strong></span><strong> </strong>: La robe de ce lait est d&#8217;Alba pâle, brillante, translucide. Le nez dégage des arômes lactés, de champignon frais et d&#8217;amour inconditionnel. En bouche, l&#8217;attaque est finement sucrée, la matière de demi corps, enfle progressivement, libère une flopée de crème grasse et onctueuse qui tapisse la bouche, et laisse au palais, bien après que le rôt est venu, le goût entêtant du revenez-y.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>NB</strong></span><strong> </strong>: Merci de faire preuve d&#8217;indulgence, ce n&#8217;est que ma toute première biture …</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><br />
</span></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;"><strong><span style="color: #ff0000;">ETÉMOTITINECONE.</span></strong></span></strong></h2>
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		<title>Al-JAMÎL, L&#8217;AFGHAN BLOND &#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Feb 2012 00:02:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian Bétourné</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vins]]></category>
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		<description><![CDATA[Alexandra Boulat. Afghane brûlée sous voile. Web Music 1.2 Comme la musique, les mœurs, le rire adoucit les émotions&#8230; l&#8217;Oud, acide, égrène ses notes de citronnelle en arabesques complexes, souvent ensoleillées, gronde et roucoule, s&#8217;enfuit et revient, caresse et égratigne la palmeraie échevelée des pensées emmêlées. Les doigts longs du musicien volent sur le manche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div align="left" style="float: none; clear:right; padding: 0px 5px 5px 0px;"><a name="fb_share" type="box_count" share_url="http://littinerairesviniques.fr/al-jamil-lafghan-blond/"></a></div><p style="text-align: center;"><a href="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2012/02/Alexandra-Boulat.-Afghane-brûlée..jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2230" title="Alexandra Boulat. Afghane brûlée." src="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2012/02/Alexandra-Boulat.-Afghane-brûlée..jpg" alt="" width="342" height="512" /></a></p>
<h5 style="text-align: center;"><span style="font-size: xx-small;"><strong>Alexandra Boulat. Afghane brûlée sous voile.</strong></span></h5>
<p style="text-align: center;"><div align="center"><object width="220" height="55"><param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=9017674&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0"></param><embed src="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=9017674&colorBackground=0x525252&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0" type="application/x-shockwave-flash" width="220" height="55"></embed></object><br><sup><a href='http://www.minyatur.com.ar/web-music/'>Web Music 1.2</a></sup></div></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Comme la musique, les mœurs, le rire adoucit les émotions&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;">l&#8217;Oud, acide, égrène ses notes de citronnelle en arabesques complexes,  souvent ensoleillées, gronde et roucoule, s&#8217;enfuit et revient, caresse et égratigne la palmeraie échevelée des pensées emmêlées. Les doigts longs du musicien volent sur le manche étroit, sa voix grave psalmodie à l&#8217;unisson. La mélopée sourde, au-delà des mots, comme une eau lustrale, dénoue, apaise et lave les tourments ordinaires de l&#8217;âme repliée. Dans ses plis rigidifiés, les modulations ondoient et se lamentent, coulent et glissent, tièdes et légères, alâchissent nœuds et spasmes douloureux, détendent les certitudes et déraidissent le trismus des mâchoires serrées. Insensiblement les mains se détendent, les yeux se ferment, la demi conscience s&#8217;installe, qui aime tant à voyager.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> </span>Sur le visage, dolcissimo, naît un sourire …</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Al-Jamîl</strong> s&#8217;est enroulé dans les laines brutes. Leurs odeurs de suint gras ne suffisent pas à masquer les volutes d&#8217;encens de bois d&#8217;Agar, de labdanum, de myrrhe et de benjoin, qui embaument la tente jusqu&#8217;au cœur des fibres des tapis épais. Le vent coulis qui rafraîchit l&#8217;air brûlant du jour échu, agite à peine les toiles épaisses du campement perdu dans les sables. La nuit est claire, le ciel de jais est piqueté d&#8217;étoiles brillantes, qui pulsent comme les yeux des fennecs sous les grands feux de bois secs. Très haute, la lune opaline blanchit les sables, et habille de velours gris, les reliefs des dunes en vagues. Les brûlements du feu de camp ont faibli, les flammes bleues ne lèchent plus qu&#8217;à-peine les troncs  quasi calcinés, que le vent, par instant, rougit encore. Quelques craquements accompagnent les flammèches jaunes, qui jaillissent en chuintant, par instant, du dessous des bûches. Seul un tapis de braises mourantes, au travers des cendres grises qui le gagnent, bat encore, lentement, comme un cœur à l&#8217;agonie.</p>
<p style="text-align: justify;">Six mois qu&#8217;il a changé de peau déjà, à endurer l&#8217;entrainement âpre, les privations de sommeil, les départs impromptus, les nuits écarquillées, les yeux sableux et rougis, qui grattent et pleurent malgré lui. La barbe blonde et drue,  en longues boucles lui mange le visage sur lequel il enfonce son pakoul de laine épaisse jusqu&#8217;aux sourcils, cherchant à masquer le plus possible, son regard azurin aux yeux de ses compagnons  de Jihâd&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le choc de l&#8217;obus, qui s&#8217;est écrasé dans un geyser de flammes et de poussière ocre, quelques dizaines de mètres devant lui, l&#8217;a brutalement isolé des staccatis déchirants, qui scandaient le petit jour laiteux au dessus des montagnes alentours. Seules les flammes oranges, petits soleils fugaces, qui fusent des kalachnikovs fumantes comme autant de crachats mortels, le maintiennent au contact du réel. Les hommes en terreur se terrent, aspirent à se fondre à la terre sèche, et se recroquevillent dans les moindres plis du terrain. Les roches éclatent en étincelles coruscantes, le sang jaillit des ventres cisaillés, des gorges arrachées et des corps démembrés. La panique gagne les esprits, la charogne ricanante fauche à tout va. Al-Jamîl, sous l&#8217;assaut des brûlures d&#8217;angoisse qui lui broient le cœur et lui révulsent l&#8217;estomac, vomit de la bile grasse, à flots continus, à même la terre qui lui entre dans la bouche qu&#8217;il tient collée au sol, comme s&#8217;il voulait se dissoudre dans les entrailles protectrices de Gaïa la primordiale. Une barre de plomb fondu lui enserre la tête, la terreur le submerge, sa conscience vacille, puis s&#8217;éteint comme bougie peureuse au vent. Cordes vocales distendues, il croit hurler, mais on ne l&#8217;entend pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors qu&#8217;il flotte entre deux états, une balle de laiton, marquée d&#8217;une croix grossièrement taillée au couteau, lui perce le nombril en son parfait milieu, éclate dans ses tripes dont elle fait de la bouillie putride, puis lui fracasse l&#8217;iliaque avant de se ficher en terre. Du trou béant qui lui dévore le dos, un liquide épais, de sang, de merde verte et d&#8217;os broyés, s&#8217;écoule en flots grumeleux. Al-Jamîl, insensibilisé par la violence du choc, hoquète, et balbutie des mots sans suite apparente. Puis la douleur peu à peu irradie. Elle gagne cellule après cellule. Comme un rat affamé, elle grignote les bords déchiquetés de son ventre béant, court le long de ses nerfs déchirés, plonge dans ses entrailles de chairs broyées, remonte jusqu&#8217;au bout de ses doigts, et descend en même temps le long de ses jambes flasques, lui enserre la gorge et lui sort les yeux des orbites. Après l&#8217;avoir tout entier infesté, elle gagne en intensité, déploie ses tentacules de feu, se mue en torche incandescente qui l&#8217;embrase de l&#8217;intérieur. Il lui semble que son cerveau bouillonne comme une eau grasse au coin du feu, qu&#8217;il va se désintégrer, comme un fruit trop mûr  lâche sa pulpe épaisse sous la dent. Al-Jamîl est inerte. Seuls ses doigts se recroquevillent, et grattent spasmodiquement la roche friable, comme les griffes d&#8217;un beau rapace fauché par le tir d&#8217;un chasseur détraqué. La bataille continue de faire rage, mais il ne l&#8217;entend plus, sa conscience s&#8217;obscurcit, ses souffrances décroissent, seule la chaleur du sang qui bat faiblement dans son hypogastre liquéfié, s&#8217;écoule et recouvre la terre ocre, sous son dos, d&#8217;un fin réseau de fils rougeâtres, comme la résille affriolante, fine et ornementée, d&#8217;un bas de femme fatale.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> </span>Puis la lumière s&#8217;éteint lentement …</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la conscience clignotante du moribond, les souvenirs affluent à la vitesse ou la vie le quitte. Une main douce caresse le front d&#8217;un enfant paisible, que captivent les rayons de lumière crue diffractées par les gros cabochons accrochés aux  bagues scintillantes des doigts de soie tiède posés sur sa poitrine. Dans les grands lacs bleus du bambin, le regard est doux, et sa  bouche minuscule, comme une rose aux lèvres fines, babille mots et bulles. Le vélo rouge aux pneus pleins dérape dans la pente abrupte, le jeune champion aux boucles blondes chute sur le bitume rapeux qui lui couronne les genoux d&#8217;étoiles sanglantes. Sur un bat flanc crasseux, au fond d&#8217;une cave malodorante, un jeune mâle à la peau pâle éperonne férocement une adolescente maigre, que deux mains sales empêchent de hurler. Ses jeunes seins, à peine pointés, comme deux yeux aveugles, subissent les attouchements brutaux d&#8217;un troisième agresseur hilare, tandis qu&#8217;à l&#8217;arrière plan, dans l&#8217;obscurité, brillent les regards salaces de ceux, jeans au chevilles, qui attendent leur tour. Al-Jamîl, – Kevin en ce temps-là – , dont les yeux blanchissent peu à peu, vomit une bile épaisse. Une toux rauque et effrayante le saisit, tandis que Kevin, à la pointe du couteau, descelle une pierre derrière laquelle s&#8217;entasse des petits paquets immaculés. Dans les douches carrelées de blanc sale d&#8217;une prison vétuste, il subit maintenant les assauts d&#8217;un monstre aux épais muscles tatoués, plaqué sous l&#8217;eau brûlante qui lui cloque le cou. Ses dents se brisent en crissant sous le poing qui s&#8217;abat. Un fin croissant bleu, comme le dernier quartier d&#8217;une lune descendante, dépasse à peine des paupières d&#8217;Al-Jamîl, dont les orbites, maintenant quasi remplies par les billes d&#8217;albe veinées de rouge de ses sclérotiques, lui font des yeux de poisson asphyxié. Dans le gymnase reconverti en mosquée improbable, Al-Jamîl le nouveau né, récite mécaniquement les sourates du Coran, puis, puis&#8230; il peine à suivre le fil des souvenirs qui défilent à l&#8217;accéléré. Des tâches de couleurs, à une vitesse folle, se succèdent, qui deviennent un flot translucide, à hautes fréquences  éblouissantes, qui l&#8217;entraînent, toujours plus vite, au long d&#8217;un large tunnel immaculé …</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> </span>Soudainement tout s&#8217;arrête …</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Al-Kevin</strong> survole la scène. Le corps torturé de celui qu&#8217;il fut baigne dans une mare de sang noirâtre, à demi coagulé. De grosses mouches vertes bourdonnent sur les lèvres crispées du supplicié, qui tressaille encore par instants. Autour de lui, d&#8217;autres cadavres mutilés parsèment le sol excavé par les obus qui l&#8217;ont déchiré. Des roches rouillées encadrent, au hasard de leur chute, les corps désarticulés des combattants, comme des tâches fauves tombées du pinceau délirant d&#8217;un <strong>Van</strong> <strong>Gogh</strong> pervers. La nuit, comme un seau d&#8217;encre jeté au ruisseau, s&#8217;abat d&#8217;un coup. «<strong> Dieu-Allah-Yavhé </strong>», ne supporte plus la stupidité barbare des hommes qui massacrent en son nom ! Épouvanté, <strong>Il</strong> a déserté les cieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Autour de la table, la famille se recueille, et regarde l&#8217;homme qui déflore d&#8217;un geste aussi sec que précis, une lourde bouteille opaque. Devant lui, la corolle d&#8217;un verre, au buvant resserré sur de larges flancs évasés, posé sur un long pied délicat, attend d&#8217;être honoré par le vin à venir. Le rituel dominical commence. Le flot gras du vin roule le long de la paroi de cristal fin, et monte, prenant son temps, jusqu&#8217;au tiers de la hauteur. D&#8217;un geste mille fois répété, l&#8217;homme penche le verre vers la nappe blanche. Le liquide roule sous le mouvement souple du poignet, et le vin, à la robe d&#8217;or franc moirée de vert olive, ondoie comme un derviche. A mots précis qui ne souffrent aucun commentaire, l&#8217;homme décrit le vin, et la famille, silencieuse, écoute. Les petites,  bouclées de paille dorée, baillent déjà, Kevin mobilise toute sa volonté pour ne pas entendre, mais n&#8217;y parvient pas. Les petites et courtes mains de la mère, couvertes de pierres étincelantes lancent au plafond de furtives et changeantes étincelles de lumière vive, qui distraient les filles, mais agacent instantanément le maître des agapes. Comme deux oiseaux vifs, les mains disparaissent sous le corporal de lin blanc, brodé aux initiales de la famille, et dédié au cérémonial vinique hebdomadaire. Sous sa tignasse blonde, Kevin rougit de rage, et couve sa mère d&#8217;un oeil humide. « Nous sommes en <strong><span style="color: #0000ff;">2002</span></strong>, poursuit le père, sur le <span style="color: #0000ff;"><strong>Kastelberg</strong> </span>du <strong><span style="color: #0000ff;">Domaine </span><span style="color: #0000ff;">André </span><span style="color: #0000ff;">et </span><span style="color: #0000ff;">Rémy </span><span style="color: #0000ff;">Gresser</span></strong>, qui cultivent leurs lambrusques en biodynamie, depuis déjà bien avant que les spécialistes ne s&#8217;y intéressent, et que les citadins, amis des chapelles étroites, en parlent, comme de la Sainte Onction !», poursuit le père en ricanant. Sous le crâne de Kevin, des bâtons de dynamite pas bio, explosent dans les oreilles du pater. Puis la messe profane se poursuit, quand le nez plongé dans le verre, yeux clos, l&#8217;officiant poursuit. « De belles odeurs de naphte brut, goudronnées donc, à peine fumées et épicées, au coeur desquelles surgissent &#8211; bonheur de fraîcheur bienvenue ! &#8211; de fines et gourmandes fragrances d&#8217;agrumes juteux, nous signalent que les ceps puisent la spécificité de leurs jus, au profond des <span style="color: #000000;"><strong>schistes</strong> </span>de <strong>steige</strong> du <strong>Silurien</strong>, de couleur bleu/noir à reflet violacé, en ce magnifique terroir  ».Malgrè la lumière vive qui inonde la pièce, le silence s&#8217;épaissit. « Il est en forme ce vieux con », marmonne Kevin, sous une acné qui lui fait faciès de homard mal cuit. Enfin le « <strong>Dab </strong>», comme le nomme Kevin en secret, lève le hanap sacré à ses lèvres pointées, et laisse glisser une gorgée d&#8217;élixir d&#8217;<strong>Andlau</strong>,<strong> </strong>jusqu&#8217;entre ses muqueuses en attente. Il fait rouler le liquide longuement d&#8217;une joue à l&#8217;autre, comme un hamster gourmand, l&#8217;agite et le brusque tant plus, puis, transformant son visage émacié en cul de poule plissé, rétro-olfacte si longuement et bruyamment, qu&#8217;une des petites filles en col claudine, réprime à grand peine un sanglot rond, qui remonte jusqu&#8217;à ses yeux, pour glisser, silencieux, le long de l&#8217;orbe de sa joue. « Fichtre » s&#8217;écrie l&#8217;homme, tête levée et voix forte, « La matière est belle, grasse ce qu&#8217;il faut, onctueuse à point, tendre comme la combe potelée d&#8217;une houri alanguie ! Zestes d&#8217;agrumes, et légers fruits exotiques l&#8217;arrondissent bellement ! ». Au bout de sa messe, le maître ferme les yeux, avale le jus désaltérant et s&#8217;exclame, « Et voici que parle la fraîcheur du schiste d&#8217;Andlau, qui laisse palais propre, papilles vibrantes, et gorge enchantée par une subtile touche de miel. Dieu que c&#8217;est long ! ». Il se rassied enfin, la tablée muette soupire, bouches closes …</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> </span>Ite Missa Est …</p>
<p>Sous la table, tête basse, épaules nouées, Kevin, de la pointe du couteau se perce la cuisse.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> </span>Quelque part,</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> </span>Perdu sous le soleil ardent,</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> </span>D&#8217;un col Afghan,</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> </span>Al-Jamîl expire&#8230;</p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">ESIMODÉTIRÉECONE.</span></strong></h2>
<p style="text-align: center;">
]]></content:encoded>
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		<title>LA DERNIÈRE GORGÉE DE VOSNE APRÈS MA MORT&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 22:08:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian Bétourné</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vins]]></category>
		<category><![CDATA[1996]]></category>
		<category><![CDATA[Anouar Brahem]]></category>
		<category><![CDATA[Jan Garbarek]]></category>
		<category><![CDATA[Machard deGramont]]></category>
		<category><![CDATA[Munch]]></category>
		<category><![CDATA[Vosne Romanée]]></category>

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		<description><![CDATA[Edvard Munch. Autoportrait à la cigarette. Web Music 1.2 M&#8217;enfin &#8230; Le printemps, ce temps des énergies fleuries de la terre en joie, n&#8217;est pas pour demain. Et le ciel grisouillant, qui laisse sourdre régulièrement ce crachin glacial de ses nuées létales, l&#8217;atteste. La nuit, à moitié blanche, a passé. Saloperie de crève qui s&#8217;en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div align="left" style="float: none; clear:right; padding: 0px 5px 5px 0px;"><a name="fb_share" type="box_count" share_url="http://littinerairesviniques.fr/la-derniere-gorgee-de-vosne-apres-ma-mort/"></a></div><p style="text-align: center;"><a href="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2012/01/munch.burning-cigarette.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2222" title="munch.burning-cigarette" src="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2012/01/munch.burning-cigarette.jpg" alt="" width="580" height="757" /></a></p>
<h5 style="text-align: center;"><span style="font-size: x-small;"><strong>Edvard Munch. Autoportrait à la cigarette.</strong></span></h5>
<p style="text-align: center;"><div align="center"><object width="220" height="55"><param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=1153158&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0"></param><embed src="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=1153158&colorBackground=0x525252&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0" type="application/x-shockwave-flash" width="220" height="55"></embed></object><br><sup><a href='http://www.minyatur.com.ar/web-music/'>Web Music 1.2</a></sup></div></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">M&#8217;enfin &#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;">Le printemps, ce temps des énergies fleuries de la terre en joie, n&#8217;est pas pour demain. Et le ciel grisouillant, qui laisse sourdre régulièrement ce crachin glacial de ses nuées létales, l&#8217;atteste. La nuit, à moitié blanche, a passé. Saloperie de crève qui s&#8217;en va et qui revient, faite de petits riens et de quintes cuivrées, pas floches du tout … A contrario, dans l&#8217;azur limpide des valeurs rétamées, étalées, <span style="color: #000000;"><strong>Shakira</strong></span>, nous dit-on, sera bientôt faite <strong><span style="color: #000000;">Chevalier des Arts et Lettres</span></strong>. Des Arts Siliconés et des Lettres Botoxées. Chevalière des enflures en quelque sorte ! Après la lourde <strong>Stone </strong>et le piquant <strong>Charden</strong>, mis à l&#8217;<strong>Honneur</strong>, récemment, par la <strong>Légion</strong>, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles aux cimes des vanités conquérantes. Sur la côte Italienne, le lourd paquebot des <strong>Croisières</strong> (dés)organisées, à trop vouloir s&#8217;exhiber aux yeux des peuples des rivages protégés, s&#8217;éventre, comme une bedaine gonflée de victuailles accumulées, sous le scalpel des rochers affleurants. Fidèle aux mœurs courageuses du temps, le capitaine a quitté le navire bien avant ses passagers. Que lui reprocher, quand la <strong>Finance </strong>impavide, au nom du veau d&#8217;or, étend sa toile sur le monde, assassine les peuples, tient les politiques à la gorge, place ses hommes de paille à la tête des états, et bâillonne les Nations …</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">D</span>ans le jardin, les étourneaux avides, chassent les mésanges bleues, épouvantent les chardonnerets gracieux et se bourrent la panse de lombrics aveugles, qui pointent le bout de leur prostomium entre les herbes gorgées d&#8217;eau, anciennement lustrales. Pigeons et tourterelles, eux mêmes, n&#8217;osent approcher. Les fauvettes affamées, branchées alentours, frissonnent sous leurs plumages hérissés. Aux branches tordues, comme pendus agonisants, du pommier noir et nu, des boules de graisses lanternent, qui leur sont destinées. Du pain sec égrugé, des graines pilées aussi. Tout est sous contrôle des rapaces aux ailes tachetées, pas un accès qui ne soit interdit aux moineaux fébriles. Ça délocalise à mort et ça se gave à tout va …</p>
<p style="text-align: center;">Fractales.</p>
<p style="text-align: justify;">Au bout de sa galerie, dans un petit bruit mou, <strong>Fion </strong>le lombric, aspirateur aveugle, bute sur une paroi de bois dur. Dans le parallélépipède de chêne clos, le choc résonne lugubrement. Le corps sans vie, bordé de soie grège ourlée de dentelles kitsch, ne frémit pas. Dans les chairs putréfiées, les asticots au turbin qui gigotaient à tout va, se figent un instant, hilares. Encore un végétarien de passage, se disent-ils, en rigolant de leurs voix aiguës, crachant de ci de là quelques purulences goûteuses, gorgées d&#8217;humeurs putrides. Fion le purificateur ne rétorque pas, le temps, son allié, mangera le bois, lui ouvrira le chemin, bien après que les vers insolents et leur charogne auront disparu. De l&#8217;autre côté de la boite, <strong>Glibou </strong>la taupe, lancée à toute allure qui creuse sa galerie à grands coups de griffes, s&#8217;écrase, comme une balle molle, sur le flanc de bois dur. La bougresse, grossière comme un convers chaste, lance un chapelet de jurons gras,  terrifiant les gueulins qui se figent une seconde dans les graisses coulantes. Tiens, v&#8217;là la grosse qui s&#8217;écrase la tronche de l&#8217;autre côté des planches, hurlent-ils en bavant. Enfer et putréfaction, puisse t-elle s&#8217;exploser le pif et se casser les arpions la bouffie pelue, braillent-ils en chœur ! On ne le sait guère, mais les petits équarrisseurs ne manquent ni d&#8217;humour pesant, ni de mordant, ils ont la répartie facile et le verbe cruel. Dans l&#8217;obscurité humide des sols tendres, les nettoyeurs opalescents, minuscules et fragiles, ne craignent personne, et leur faconde dévastatrice en éloigne plus d&#8217;un. Pourtant, au bout de leur ouvrage, ils finissent par éclater sous la dent d&#8217;une musaraigne de passage, ou empalés, pantelants, à l&#8217;hameçon d&#8217;un pêcheur.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> </span>Ainsi va la vie de l&#8217;asticot vorace,</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> </span>Croquera bien qui sera croqué …</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le panka noir hivernal, la lune, pleine et blanche comme un œil à moitié dévoré, mange le ciel, et porte les ombres des cyprès sur les tombes muettes du camposanto. Leurs croix de pierre, rongées par un lichen verdâtre, implorent les cieux, sans espoir, comme des mains blessées. Au secret des regards humains, dans les basses vibrations, succubes et incubes, boufres et furies, tournent et errent, à la recherches des âmes perdues, accrochées à leurs sépulcres de pierre, comme des huîtres à marée basse. Quelque milliers de hertz plus haut, en compagnie d&#8217;ectoplasmes de même classe, l&#8217;âme d&#8217;<strong>Alceste</strong> plane, insensible aux miasmes inférieurs en maraude, et peine à poursuivre son ascension. C&#8217;est que la transition est une dure épreuve. Le détachement est lent, progressif, douloureux. Alceste, de son regard privé de vue, scrute le cercueil qui renferme sa dépouille incarnadine dévastée, ce véhicule fidèle qui l&#8217;a servi,  supporté ses faiblesses, ses écarts, tout au long de sa vie sarcoplasmique. Et le voici maintenant, atone, gisant, flasque, dégorgeant ses humeurs faisandées, aux ventres avides des esches frétillantes.  La carogne le tient toujours à cœur, il peine à la quitter. Il a beau savoir qu&#8217;il lui faut s&#8217;en défaire pour mieux la retrouver une prochaine vie, il la regrette et se lamente encore. En silence. Les vortex lumineux ont beau le frôler, le traverser, l&#8217;illuminer, leurs motets sublimes psalmodiés, le ravir et le nourrir de pures images apothéotiques, misérable, tout encore habité de sentiments humains, il résiste. Des brassées d&#8217;images le traversent, l&#8217;inondent, le bouleversent.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> </span>Alors, une dernière fois il s&#8217;accroche à un souvenir et retourne en pensée tout en bas …</p>
<p style="text-align: justify;">Tremblante et partiellement délitée, l&#8217;évocation de cet écrin de verre opaque, plein de ce sang vermeil qu&#8217;il aimait tant à boire, peine à se matérialiser une fois encore, à ses yeux disparus … C&#8217;était un triste soir d&#8217;hiver, sinistre, venteux, glacial. Sur le cuir patiné de son bureau de vieux bois usé, trônait un verre à long pied surmonté d&#8217;un large cul de cristal fragile, aux formes pures et élégantes. Le rayon étroit de la lampe posée à ses côtés, se diluait en d&#8217;infimes subtilités, concentrées dans l&#8217;épaisseur du verre, jusqu&#8217;à l&#8217;éblouir. Prémices aveuglantes du plaisir à venir. Lentement, le jus roula en lacis gras, épousa la courbe du verre, qu&#8217;il remplit à moitié. Le bas du coteau de <strong><span style="color: #0000ff;">Vosne Romanée</span></strong> lui souriait en ce printemps <strong><span style="color: #0000ff;">1996</span></strong>, images fugaces de quelques jours heureux. Sous les feuilles des vignes riches des sucs épais de la terre, au paroxysme de la sève montante qui lui agaçait aussi les reins, les gros raisins verts et durs n&#8217;étaient pas loin d&#8217;entrer en véraison. « <strong><span style="color: #0000ff;">Aux Réas</span></strong> », climat du <span style="color: #0000ff;"><strong>Domaine Bertrand Machart de Gramont</strong></span>, au terme des quinze années échues, se reflète, ce soir d&#8217;avant, sur le lac incarnat, transparent et brillant, qui étale sa surface ronde au centre du verre. Immobile, sous la lumière coruscante, il joue comme un peintre, des nuances franches du grenat lumineux, et des ondes rosées frangées d&#8217;orange foncé, qui roulent dans ses plis. Alceste tressaille, quand au premier nez, le fumet puissant du gibier corrompu le renvoie à sa dépouille. Mais cela ne dure pas. La rose fanée déplie ses pétales labiles, le cassis frais la suit, puis le cuir gras d&#8217;une vieille selle se mêle aux fragrances légères d&#8217;un sous bois humide. L&#8217;âme retombée, vacille et se pâme comme au temps anciens de ses plaisirs profanes, sa voix à jamais perdue, murmure les mots des amours oubliées. La fraîcheur du jus tendre surprend Alceste, comme si tous les vins de sa vie de viande morte se rappelaient à lui ; le vin délicat lui remplit la mémoire de sa bouche absente, puis se met à enfler. La modeste gorgée devient rivière de fruits rouges, qui roule au palais, et lui caresse la langue des épices douces qui sourdent de son centre. Lentement le vin roule dans sa gorge. Sa dernière avalée, si longue, à ne jamais la quitter, s&#8217;éternise (sic). Mais sa mémoire s&#8217;épuise. Les puissances du haut l&#8217;aspirent violemment. Il s&#8217;accroche encore un instant, le temps que se dissipe la réglisse  et que viennent lui dire adieu les tannins, fins comme capeline, qui lui parlent à la coda, des calcaires sous marnes argileuses …</p>
<p style="text-align: center;">Qu&#8217;il a tant aimés …</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> </span>Dans un imperceptible bruissement, il a disparu.</p>
<p style="text-align: center;">En bas, sous la dalle, les asticots redoublent de voracité !</p>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong><span style="color: #ff0000;">EMORATIMOLIECONE.</span></strong></span></h2>
<p style="text-align: center;">
]]></content:encoded>
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		<title>QUAND MALDOROR CHANTE EN BOUTEILLE …</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Jan 2012 22:01:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian Bétourné</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vins]]></category>
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		<category><![CDATA[Château Fougas]]></category>
		<category><![CDATA[Maldoror]]></category>
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		<description><![CDATA[William Turner. Le matin après le déluge. Web Music 1.2 « J&#8217;ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions: la gloire ». Lautréamont. Les chants [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div align="left" style="float: none; clear:right; padding: 0px 5px 5px 0px;"><a name="fb_share" type="box_count" share_url="http://littinerairesviniques.fr/quand-maldoror-chante-en-bouteille-%e2%80%a6/"></a></div><p style="text-align: center;"><a href="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2012/01/William-Turner.-Le-matin-après-le-déluge..jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2186" title="William Turner. Le matin après le déluge." src="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2012/01/William-Turner.-Le-matin-après-le-déluge..jpg" alt="" width="580" height="578" /></a></p>
<h5 style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong>William Turner. Le matin après le déluge.</strong></span></h5>
<p style="text-align: center;"><div align="center"><object width="220" height="55"><param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=3378721&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0"></param><embed src="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=3378721&colorBackground=0x525252&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0" type="application/x-shockwave-flash" width="220" height="55"></embed></object><br><sup><a href='http://www.minyatur.com.ar/web-music/'>Web Music 1.2</a></sup></div></p>
<p style="text-align: center;">
<h5><strong><span style="color: #ff0000;">« J&#8217;ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions: la gloire ». Lautréamont. Les chants de Maldoror. Chant I.</span></strong></h5>
<p><strong><span style="color: #ff0000;"><br />
</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Simone</strong>, petite <strong>G</strong>rande <strong>P</strong>ersonne <strong>S</strong>oigneuse à la voix virtuelle, me guide dans le petit matin voilé. Tout de blanc impalpable vêtus, les bras tourmentés des vignes taillées courtes, surgissent parfois sous le pinceau étroit de mes phares écarquillés, comme des cris noirs et muets, dans le mur étouffant du brouillard ouaté. C&#8217;est mon ami, le <strong>Cardinal</strong> <strong>Flamboyant</strong>, arpenteur infatigable de la Rive dite « Droite » &#8211; et pourtant ô combien tortueuse &#8211; de la <strong>Garonne</strong> <strong>Bordelaise</strong>, que je m&#8217;en vais rejoindre, à <strong>Saint André de Cubzac</strong>, non loin de l&#8217;embouchure de l&#8217;estuaire Girondin, que creusent sans cesse, les élégantes ragondines et  les facétieux ragondins, trop souvent improbables, qui se répandent doctement autour du vin … Ce matin, point de glossateurs alentour. A l&#8217;abri, bien au chaud des rédactions, ou bien au confort de leurs officines indépendantes, ils ne risqueront pas leurs plumes frileuses au frimas. « <strong>God is on our side</strong> », ce faisant.</p>
<p style="text-align: justify;">Or donc, Simone m&#8217;a mené à bon port. <strong>L’Ecclésiaste</strong>, en prières, chemine encore, quand je parque mon carrosse au flanc de la gare de Saint André de C. Les frimas de ce Janvier, tant attendu par les vignes, me mord les joues, tandis que je baguenaude, en fumant un de ces «<strong> Harengs </strong>», dits «<strong> de la Baltique </strong>», par mon complice «<strong> es </strong>» promenades viniques … Temps d&#8217;hiver, atmosphère particulière, les gens transis ont une démarche hésitante, et tous les bâtiments sont des châteaux hantés … Dans un état proche de la période glaciaire, j&#8217;erre, tourne autour de la station, en fouille les moindres recoins, zoom à la main, la démarche prudente et l’œil passé au « papier de verre » (<strong>Cartier-Bresson</strong> dixit). Bien m&#8217;en prend, je clichetronne à tout va.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, le <strong>Prélat</strong> se présente. Magnifique, la démarche chaloupée, chaussé d&#8217;un galure digne des plus beaux aventuriers des vignes, le sourire aux lèvres, et l&#8217;amitié en bandoulière. Foutre de moine syphilitique (!!!), petit grand bonheur, qui dissipe la brumaille et nous mène à discuter devant un café chaud. Il est des moments, comme ça, qui valent toutes les <strong>Rolex</strong> et les <strong>Fouquet&#8217;s</strong> &#8211; il faudra qu&#8217;on m&#8217;explique le pourquoi de la tournure Anglaise ? &#8211; du monde, quand au comptoir d&#8217;un bistrot perdu, on se sent bien, paisiblement, chaleureusement. En vérité. Un putain de <strong>AAA+</strong> que nul « <strong>Norme et pauvres</strong> » (Standard and Poor&#8217;s) ne pourra jamais dégrader.</p>
<p style="text-align: center;">L&#8217;humanité serait-elle l&#8217;avenir possible de l&#8217;homme ?</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l&#8217;heure on s&#8217;en tape, trop occupés que nous sommes à chercher autour de <strong>Bourg</strong>, le <strong><span style="color: #0000ff;">Château Fougas</span></strong>, au ventre duquel nous espérons faire belles découvertes. Marche avant, marche arrière et demi-tours aidants, nous voici dès onze heures, rendus au pied des lambrusques cachées dans la brouillasse. <strong>Jean-Yves Béchet</strong>, père des vins de ces vignes en appellation «<span style="color: #0000ff;"><strong> Côtes</strong> <strong>de</strong> </span><strong><span style="color: #0000ff;">Bourg</span> </strong>», nous accueille, sans façons, sans Bordeauniaiseries suffisantes. L&#8217;homme est discret, peu disert, préfère répondre que débiter le salmigondis habituel des choses convenues du vin. Grand, solidement charpenté, pieds bien ancrés au sol, le cheveu blanc, d&#8217;âge affirmé, le visage marqué par les années passées entre les rangs, battoirs puissants et voix douce, cet homme est le parfait contraire du «<strong> winemaker </strong>» discrètement élégant que les salons s&#8217;arrachent ou exècrent, selon qu&#8217;ils règnent ou aspirent à régner. Nous conversons à trois voix, questionnons en stéréophonie, prenant notre temps et notre plaisir, paisiblement. Le <strong>Cardinal</strong> <strong>Rutilant</strong>, ex géologue à l&#8217;esprit scientifique (les informations sérieuses sont chez <a href="http://rivedroite.canalblog.com/archives/2012/01/16/index.html"><strong><span style="color: #ff0000;">LUI</span></strong></a>), à qui on ne la raconte pas, s&#8217;informe. J&#8217;écoute un peu et m&#8217;imprègne beaucoup, comme une vieille éponge sèche, de l&#8217;atmosphère des lieux et des « vibrations » de l&#8217;homme ; tourne et vire, observe, respire et photographie.</p>
<p style="text-align: justify;">La cuvée «<strong> Maldoror </strong>» qui tourne bon an, mal an, autour des 35 hectolitres à l&#8217;hectare, vient du sirop des plus vieilles lambrusques, choisies sur les meilleures parcelles des 17 hectares du château. Jean-Yves Béchet, qui ausculte et soigne ses vignes depuis 1976, affirme que l&#8217;homme et la terre, intimement unis, font et sont ensemble le «<strong> Terroir </strong>», et que dans une appellation dite mineure, on peut aussi faire de bons, voire d&#8217;excellents vins. Des évidences, certes, mais qui méritent d&#8217;être ressassées. Et il n&#8217;est pas non plus surprenant que ce vin de Maldoror, précurseur des Côtes de Bourg de qualité, porte le nom de la plus célèbre des œuvres polyphoniques d&#8217;<strong>Isidore Ducasse</strong> qui fut, de la bouche même d&#8217;<strong>André Breton</strong>, un surréaliste avant l&#8217;heure. A ce titre, monsieur Béchet est un « surréaliste des vignes », qui s&#8217;est rebellé en douceur contre l&#8217;image rustique des vins du cru, et qui a su interpréter la nature, en respectant puis en soignant sa terre, pour en tirer le meilleur et la purger des traitements « ordinaires ». C&#8217;est ainsi que certifié « Bio », il est en conversion à la  Biodynamie, en marche donc, vers la « sur-réalité » (sic), par opposition à la réalité de la production traditionnelle de l’appellation. Petite confidence au passage, sa femme <strong>Michèle</strong> est une admiratrice de longue date du « rastaquouère sublime », grand désosseur de syntaxe, selon l&#8217;expression de <strong>Léon</strong> <strong>Bloy</strong>. Tout ceci, donc, explique cela … Les chemins du vin sont parfois impénétrables.</p>
<p style="text-align: justify;">Chemin faisant, donc, conversant, bavardant et jabotant parfois autour de l&#8217;importance du choix des verres dans la dégustation, nous voici face aux bouteilles. <strong><span style="color: #0000ff;">Maldoror</span></strong>, que nous espérons chantant, coule généreusement dans les verres. Dans sa robe pourpre aux franges roses que gagne l&#8217;orangé, le millésime <span style="color: #0000ff;"><strong>2001</strong> </span>fait franchement sa truffe sous nos nez attentifs. Le <strong>tuber</strong> <strong>melanosporum</strong> laisse ensuite affleurer des fragrances de cerise mûre, de fraise en purée mêlées aux épices douces. Au bout de l&#8217;olfaction, quelques notes de café et de cacao apparaissent. En bouche la matière est conséquente, sans trop, l&#8217;élevage a poli les tannins, les fruits s&#8217;expriment en finesse accompagnés par des épices fondues et douces. La finale est longue, fraîche, délicieuse.</p>
<p style="text-align: justify;">Le deuxième chant du vin est dédié à l&#8217;année <strong><span style="color: #0000ff;">2005</span></strong>. C&#8217;est un jus sombre, au cœur noir comme un lac volcanique, qui déroule ses jambes grasses aux flancs du verre. Seul un fin liseré, sang de bœuf, laisse à peine passer la lumière pâle du jour.  Du disque de jais montent en vagues successives, des parfums de fruits mûrs que la cerise domine. La mûre douce, qu&#8217;exaltent épices et réglisse en bâton, pointe le bout de sa fragrance discrète. Quelques notes élégantes d&#8217;un élevage bien conduit, aussi. Tout cela reste en demi puissance olfactive, le vin ne se donne pas encore complètement, « loin s&#8217;en faut » comme disent nos orateurs ordinaires, friands de locutions adverbiables ronflantes. Le millésime parle, la matière est pleine et remplit en rondeur la bouche d&#8217;un bout à l&#8217;autre; sa puissance est patente et la charpente constitutive du vin parle déjà des temps à venir. Bien qu&#8217;à l&#8217;aube de son âge, le jus ample, de purs fruits mûrs, laisse augurer, à terme, grand plaisir et race certaine. A l&#8217;avalée, la persistance est impressionnante, la fraîcheur finale retend l&#8217;animal, et laisse aux lèvres de fines notes salines. Une superbe bouteille, à laisser reposer en paix quelques années.</p>
<p style="text-align: justify;">Le troisième Aria de Maldoror est encore dans l&#8217;enfance. Mais le millésime <span style="color: #0000ff;"><strong>2009</strong> </span>a ceci de gracieux, que pour l&#8217;heure, il s&#8217;offre comme l&#8217;ingénue au premier sourire du galant. Des tréfonds enténébrés de sa robe opaque, qu&#8217;égaient quelques reflets de sang vermeil au juste bord du cercle parfait, le juvénile disperse alentour ses poignées de cerises et de cassis frais, juste après que la violette a poussé furtivement le bord de sa corolle sous mon appendice recueilli. Les épices, aussi, sont de la fête olfactive, qui exhaussent les fruits. La pointe de vanille qui se joint au cortège, élégante et mesurée, me rappelle que bel élevage ne nuit pas au vin. En bouche, le cru, plantureux comme une odalisque épanouie, fait sa houri et déclenche « in petto » des hourra silencieux. Le nectar est sensuel, plein, charnu comme belle combe de femme ronde. On sent que la belle sera à la hauteur des promesses esquissées. Les fruits roulent en bouche, gourmands et mûrs, la bouche est à l&#8217;extase. Sous mes paupières closes, je sens mes yeux rouler comme aux plus beaux moments des plaisirs intimes. Puis l&#8217;élixir puissant caresse l&#8217;œsophage, sans faiblir pour autant. Longuement, il persiste et rechigne à s&#8217;éteindre; ses tannins, frais, aux reliefs crayeux, ont encore à se fondre, qui laissent la réglisse au palais, longtemps après que la belle s&#8217;est envolée …</p>
<p style="text-align: center;">Que dire, sinon que le vin, en ces lieux, honore Maldoror!</p>
<p style="text-align: justify;">Petite graine copieuse, cassée à Saint André «<strong> Chez</strong> <strong>Tonton </strong>», au débotté. Grand moment de bonheur à l&#8217;ancienne ! Petit bistrot qu&#8217;aurait bien plu au <strong>Bruno</strong> de <strong>Perret</strong>. La patronne est accorte, elle a le balcon plus à Noël qu&#8217;en janvier, l&#8217;œil triste et rieur des femmes de <strong>Reggiani</strong>, qui ont vécu bien plus que la moyenne &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le retour, Simone fait des siennes. Perdu dans mon souvenir tout frais, sous le charme du concerto pour piano N°2 de <strong>Rachmaninov</strong>, je me perds dans les chemins vicinaux, puis pédestres, de la Charente profonde. A moitié embourbé, je m&#8217;ébroue, reprogramme ma guide facétieuse et retrouve mon chemin de misère.</p>
<p style="text-align: center;">A ne pas vouloir, vraiment, m&#8217;en aller, perdu je me suis!</p>
<p style="text-align: center;">Les chemins des retours sont souvent, eux aussi, impénétrables &#8230;</p>
<h5><span style="color: #000000;"><span style="font-weight: normal;">Spéciale dédicace, expressément mal écrite, à </span><strong>Hervé Lalau</strong><span style="font-weight: normal;">, journaliste et célèbre père des «</span><span style="color: #993366;"> </span><strong><span style="color: #800080;"><a href="http://hlalau.skynetblogs.be/archive/2012/01/10/j-ai-essaye-littineraires-viniques.html">Chroniques Vineuses</a> </span></strong><span style="font-weight: normal;">», Empereur des lettres, qui n&#8217;aime pas, non pas qu&#8217;il y ait trop de notes dans la musique de Mozart, ainsi que l&#8217;affirmait </span><strong>Frédéric II</strong><span style="font-weight: normal;">, mais que trop de mots indisposent &#8230;</span></span></h5>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><span style="color: #ff0000;">EPAUMOTIMEECON<span style="color: #ff0000;">E</span></span><span style="color: #ff0000;">.</span></span></h2>
<p><span style="color: #000000;"> </span></p>
<p style="text-align: center;">
]]></content:encoded>
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		<title>AVIVA, MICKAEL, LA LUNE ET LE DRAGON …</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jan 2012 03:56:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian Bétourné</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vins]]></category>
		<category><![CDATA[2007]]></category>
		<category><![CDATA[Brueghel]]></category>
		<category><![CDATA[Buisson-Battault]]></category>
		<category><![CDATA[Goutt d'or]]></category>
		<category><![CDATA[Jun Miyake]]></category>

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		<description><![CDATA[Brueghel. Griet la folle. Web Music 1.2 Éclaircie dans le ciel obscur d&#8217;une nuit épaisse … Le ciel de pulpe, humide des pluies du jour, s&#8217;entrouvre un instant sur la lune d&#8217;hiver, pâlotte à achever un mourant. La lumière blême de l&#8217;astre, redonne relief, épaisseur, semblant de vie à cette nuit étale, linéaire et humide. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div align="left" style="float: none; clear:right; padding: 0px 5px 5px 0px;"><a name="fb_share" type="box_count" share_url="http://littinerairesviniques.fr/aviva-mickael-la-lune-et-le-dragon-%e2%80%a6/"></a></div><p style="text-align: center;"><a href="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2012/01/Brueghel.-Griet-la-folle..jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2166" title="Brueghel. Griet la folle." src="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2012/01/Brueghel.-Griet-la-folle..jpg" alt="" width="580" height="420" /></a></p>
<h5 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Brueghel. Griet la folle.</strong></span></h5>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong> </strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><div align="center"><object width="220" height="55"><param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=4050541&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0"></param><embed src="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=4050541&colorBackground=0x525252&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0" type="application/x-shockwave-flash" width="220" height="55"></embed></object><br><sup><a href='http://www.minyatur.com.ar/web-music/'>Web Music 1.2</a></sup></div></p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-align: justify;">Éclaircie dans le ciel obscur d&#8217;une nuit épaisse …</span></p>
<p style="text-align: justify;">Le ciel de pulpe, humide des pluies du jour, s&#8217;entrouvre un instant sur la lune d&#8217;hiver, pâlotte à achever un mourant. La lumière blême de l&#8217;astre, redonne relief, épaisseur, semblant de vie à cette nuit étale, linéaire et humide. Un œil, au ciel s&#8217;est ouvert … Le <strong>Dragon</strong> veille. Silencieux. Le coton gris des nuées de passage, voile, par instant, son regard cru. Le feu méphitique de la terre, prisonnier des ténèbres, s&#8217;est envolé, et plane dans la nuit brune, invisible au grand jour de nos yeux aveugles. Fidèle à son étymologie,  <strong>δέρκομαι</strong> surveille, et observe de son regard perçant, les aveugles immodestes qui courent et s&#8217;agitent, bavardent et butinent, sur le sol ravagé des continents incontinents, insouciants et bravaches  …</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> Sur les pavés luisants, <strong>Aviva</strong> claudique …</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Elle chemine péniblement, sa jambe meurtrie est douloureuse, et l’orbite lunaire du Dragon l&#8217;effraie. La route est longue, elle n&#8217;en voit pas le bout. Les nuages, déchirés par le vent, n&#8217;en finissent pas de jouer avec la lune. L’œil se voile, elle s&#8217;apaise; dès qu&#8217;il réapparaît, elle le sent, aigu, qui la perce, comme l&#8217;aiguille la chair. Alors elle prie l&#8217;<strong>Archange</strong> invisible, encore et encore. Spasmodiquement, ses lèvres balbutient ses craintes, et supplient le ciel muet de la protéger de ce globe maléfique qui l&#8217;obsède. Ces changements de rythme l&#8217;essoufflent, la font haleter. Ses poumons que le tabac ronge, chuintent comme soufflet de forge. Seule sa cheville brûlante lui rappelle qu&#8217;il lui faut malgré tout se hâter. Elle ignore ce qu&#8217;elle cherche, elle ne sait où elle va, mais tête basse et cœur battant, elle fonce dans cette nuit de charbon.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le silence est de ouate moite autour d&#8217;elle. Il ne pleut pas, mais l&#8217;air saturé,  détord ses boucles brunes, lâche ses eaux froides au contact de son cou, qui peine à les réchauffer. Là haut, tout là-haut, la <strong>Tarasque</strong> continue de feuler sa lave incandescente, que seule Aviva perçoit &#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Elle ne sait pas que la Bête se contrefout d&#8217;elle, comme des larves absurdes calfeutrées dans leurs cocons ridicules, ces homoncules égotiques, qui regardent le ciel du haut de leur pathétique vanité, qui s&#8217;entre-déchirent pour de médiocres avantages, qui laissent crever leur frères, et banquètent comme des gorets. Au contraire, le Dragon aime ça, et insidieusement, l&#8217;encourage même ! C&#8217;est ainsi, en faveur des dissensions ordinaires et constantes, qu&#8217;il s&#8217;est coulé hors des entrailles de la terre pour gagner les cieux du pouvoir, attendant patiemment, pour étendre ses ailes sur le monde, contraindre ces êtres méprisables à s&#8217;agenouiller devant lui, sans même qu&#8217;ils le sachent. Les consumer du feu de l&#8217;avidité, leur tordre les tripes des aigreurs de la rapacité, pour mieux les dépouiller. Le temps de l&#8217;hallali est proche. Bien au secret des nuages, il apparaît la nuit, dans l&#8217;ombre des nébuleuses, au fil des vents déchirants.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Assis, le cul serré sur son tas d&#8217;or grossissant, en perpétuel orgasme.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Au même endroit, mais dans une indicible vibration, l&#8217;<strong>Archange</strong> ne dit mot, ne bronche pas, immobile. Certes, <strong>Mickaël</strong> se jouerait, d&#8217;un seul regard flamboyant, de la bestiole sur-gonflée de fatuité, mais il préfère laisser les hommes se dépêtrer, et brader leur liberté pour quelques chimères. Le temps, pour lui, n&#8217;existe pas. Les prières d&#8217;Aviva, les plaintes des affamés, des suppliciés, et tous les bruits des désordres du monde, l&#8217;habitent. Du vacarme assourdissant, il ne retient pour l&#8217;heure, que les prières de la femmelette. Il connaît le grand poids du <strong>Karma</strong> qui l&#8217;écrase, et mesure parfaitement son courage, sa hargne, et ses limites. Comme tant d&#8217;autres, il l&#8217;a suivie, épaulée, depuis les origines, quand elle n&#8217;était encore qu&#8217;une parcelle fragile tirée du grand <strong>TOUT</strong>, et lancée, au sein d&#8217;un essaim de ses sœurs, dans l&#8217;aventure des vies successives. Elle a, depuis, fait du chemin sur le chemin, tombant et se relevant mille fois. Sombrant dans la lie, chevauchant la grâce, traversant les plaines grises des vies sans goût, elle est proche du but, de la délivrance ultime, de la sortie du <strong>Samsāra</strong>. Comme toutes les âmes de haute spiritualité atteinte, elle a surchargé ses dernières vies pour épuiser son <strong>Karma</strong>. Le dragon la guette, attend qu&#8217;elle s&#8217;épuise, fléchisse, pour mieux l&#8217;achever, la dévorer, et débarrasser la terre d&#8217;un grain de sa lumière.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alors l&#8217;Archange des Équilibres, Mickaël, s&#8217;est à peine penché. Du bout de son aile vive, multicolore, et invisible aux regards voilés par la dictature de l&#8217;avoir, il l&#8217;a frôlée. Au très bas des mondes vibratoires, dans la matière si lourde à porter, Aviva a senti ses forces revenir, son esprit s&#8217;ébrouer, son corps se raffermir, sa cheville se redresser. Elle a prié, et plus, portée par sa foi simple. Du fond de sa conscience émoussée, à l&#8217;insu de son ego, son âme s&#8217;est illuminée. Elle s&#8217;est mise à briller, à briller plus encore, à irradier, jusqu&#8217;au confins des terres alentours, la lumière invisible qui gouverne les mondes, soulageant au passage des millions de douleurs … pour un temps. L’œil du démon s&#8217;est agrandit, la lune s&#8217;est faite gibbeuse, les brumes se sont délitées comme sucre dans l&#8217;eau, les étoiles pures ont jailli, pour habiller les cieux de diamants palpitants, la terre a vibré comme peau sous caresse aimante. De derrière l&#8217;horizon, comme une balle, de l&#8217;eau noire de la nuit, le soleil a giclé. Ses rayons, oiseaux de bonheur, ont fondu sur la terre. Les pinceaux d&#8217;un impressionniste prodigieux ont rallumé les couleurs. Vert, bleu, jaune, rouge, pastels et nuances, ont écaillé les paysages de leurs touches de vie. Mangé par le jour, ainsi que paille par le feu, le Démon s&#8217;est fondu dans les limbes. Pour un temps. Continuant son œuvre lente, au secret. </span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">L&#8217;égrégore puissant, poursuit lentement son expansion sur le monde.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aviva a refermé sa porte, s&#8217;est dépouillée de ses vêtements trempés. L&#8217;aube laisse place au soleil opalescent de cet hiver étrangement tiède, qui voit pourtant les glaces de l&#8217;effroi sidérer les Nations, agenouillées devant les puissances envahissantes de la <strong>Phynance</strong> implacable. Aviva frissonne, ses dents de porcelaine claquent, à peine plus blanches que son visage ivoirin, exsangue autour de ses narines pincées. Enroulée dans une boule de laine, après un verre de lait chaud, elle s&#8217;endort. L’Archange la contemple et sourit. Jamais, même aux temps les plus reculés, on a vu Archange triste … Chaque sourire sur un visage humain est ainsi, irruption furtive de la félicité aux royaumes des hommes. Les heures filent au cadran de l&#8217;horloge, tandis qu&#8217;au fond du cocon rose de son alanguissement, Aviva repose. La faim et la soif la réveillent, quand la nuit de sépia est installée, et que pointe le jais brillant des ténèbres. Par la fenêtre close, derrière les rideaux de lin translucide, la pleine lune écarquille son œil cyclopéen ourlé de nuages amers, filants comme cavales sauvages sous noroît mauvais. Devant elle, un grand verre, hanap fragile, brille sous les attaques lumineuses et concentriques d&#8217;une lampe de bureau. Ça diffracte sévère au travers des rondeurs épanouies du cristal, pour finir en un point éclatant, albescence plus aveuglante que galaxie naissante.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jesper</strong> <span style="color: #000000;">a posé sur les épaules d&#8217;Aviva, une chaude couverture de laine brute. Le vieil homme tendre, au visage marqué par les douceurs besaigres de la vie, la couve de ses vibrations douces et rassurantes. Elle n&#8217;a pas eu besoin de lui dire sa peur, sa course erratique sous l’œil menaçant, ni même l&#8217;effleurement rassurant de l&#8217;Ange. Il a su d&#8217;emblée. Sans même qu&#8217;elle lui dise, il a perçu les affres traversées. D&#8217;une voix de basse sourde, il l&#8217;enveloppe et l&#8217;apaise. Lui susurre, que le vin, qu&#8217;il verse dans le verre, est un don des Dieux depuis l&#8217;aube des temps, que le liquide clair, qui déroule ses ondes glissantes le long des parois de ce cristal fragile, est élixir de vie, porteur de la lumière éthérée de la terre, et des cieux réunis. A demi éclairée, la bouteille repose maintenant sur son large cul de verre épais, comme une image de la stabilité qui traverse parfois, brièvement, l&#8217;histoire des civilisations, des peuples, et des créatures fragiles. Aviva se réchauffe, corps et âme; elle pose sa main fine sur le flanc épais, sarcophage sombre, de ce </span><span style="color: #0000ff;"><strong>Meursault</strong> </span>«<strong> <span style="color: #0000ff;">Goutte d&#8217;Or</span></strong> » <span style="color: #0000ff;"><strong>2007</strong> </span>du <span style="color: #0000ff;"><strong>Domaine</strong> <strong>Buisson-Battault</strong></span>,<span style="color: #000000;"> qu&#8217;elle découvre de la pulpe des doigts, lentement. La surface transparente, lisse comme peau d&#8217;enfant la rassérène. Son regard se penche sur le disque d&#8217;or, pâle comme soleil d&#8217;hiver sur lac gelé, que moirent à peine de subtils reflets verts tendres. Elle ferme les yeux, pour mieux s&#8217;ouvrir aux parfums printaniers qui montent vers elle. Sous ses paupières closes, chèvrefeuilles en fleurs, et jasmins en boutons, s&#8217;échappent du jardin, en volutes odorantes, qu&#8217;elle reçoit à bout de nez. Plus avant dans l&#8217;inspiration, lui parviennent les fragrances fraîches et mêlées, des citrons jaunes mariés aux pamplemousses, juteux et mûrs. Dans les branches de son jardin imaginaire, mésanges et chardonnerets, pépient à tout va … en paix. Lèvres à peine entrouvertes, elle recueille une gorgée de vin pur. L&#8217;attaque en bouche est franche, immédiatement marquée par la fraîcheur, millésime oblige; puis le vin fait sa boule, enfle et se déploie au palais, lâchant sa pulpe d&#8217;agrumes, et la chair onctueuse d&#8217;une belle pêche blanche. Les fruits, en purée fine, tapissent langue et palais de leur matière de demi corps, qu&#8217;enroule un gras léger. Aviva, jusqu&#8217;au cœur de ses os, qu&#8217;envahit la chaleur du vin, se retrouve, légère, ravie et requinquée. A regret, elle avale les fruits et goûte le nectar, jusqu&#8217;au bout de son poivre blanc, qu&#8217;agrémente la perception de notes crayeuses, subtiles, salines, et finement réglissées.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><div align="center"><object width="220" height="55"><param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=4050543&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0"></param><embed src="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=4050543&colorBackground=0x525252&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0" type="application/x-shockwave-flash" width="220" height="55"></embed></object><br><sup><a href='http://www.minyatur.com.ar/web-music/'>Web Music 1.2</a></sup></div></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Les terres calcaires du coteau Murisaltien,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Se rappellent à ses souvenirs anciens …</span></p>
<p style="text-align: center;">Dans l&#8217;oeil de Jesper, l&#8217;Archange disparaît &#8230;</p>
<p style="text-align: center;">
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;">EMEMONATIÇANTCONE.</span></h2>
]]></content:encoded>
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		<title>RÊVERIES ENBULBÉES &#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Jan 2012 06:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian Bétourné</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vins]]></category>
		<category><![CDATA[2002]]></category>
		<category><![CDATA[Drouhin]]></category>
		<category><![CDATA[Nuits Saint Geoges]]></category>
		<category><![CDATA[Procès]]></category>
		<category><![CDATA[Trio Joubran]]></category>

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		<description><![CDATA[Simon. Rêverie érotique. Web Music 1.2 Dans le secret des terres gorgées des eaux d&#8217;hiver, le bulbe se terre. Sous ses écailles rudes, il entretient le feu des printemps passés, des soleils fulgurants, des sèves échues, des élixirs à venir. Patient, il fait la boule sur son centre fragile qui brûle de tous les espoirs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div align="left" style="float: none; clear:right; padding: 0px 5px 5px 0px;"><a name="fb_share" type="box_count" share_url="http://littinerairesviniques.fr/reveries-enbulbees/"></a></div><p style="text-align: center;"><a href="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2011/12/Simon.-Nu..jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2155" title="Simon. Nu." src="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2011/12/Simon.-Nu..jpg" alt="" width="580" height="562" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Simon. Rêverie érotique.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><div align="center"><object width="220" height="55"><param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=288435&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0"></param><embed src="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=288435&colorBackground=0x525252&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0" type="application/x-shockwave-flash" width="220" height="55"></embed></object><br><sup><a href='http://www.minyatur.com.ar/web-music/'>Web Music 1.2</a></sup></div></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans le secret des terres gorgées des eaux d&#8217;hiver, le bulbe se terre. Sous ses écailles rudes, il entretient le feu des printemps passés, des soleils fulgurants, des sèves échues, des élixirs à venir. Patient, il fait la boule sur son centre fragile qui brûle de tous les espoirs du monde. Dans son petit cœur liquide, tous les possibles, tous les avenirs, attendent que le ciel décide …</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sur les bulbes de tes seins, si doux que le cœur défaille et fait trembler la main, je poursuis le voyage aveugle, sous mes paupières closes. J&#8217;y dessine la source de la vie, je traverse les déserts arides et les palmeraies liquides. La pulpe de mes doigts, qui t&#8217;arrache un soupir, frémit, quand, entrouvrant les yeux, tu souris. Je suis le pèlerin qui chemine, maladroit et grelottant, sur leurs orbes émouvants. Dans la pénombre complice, je tâtonne, m&#8217;égare et me reprends, gravis la pente forte de ton téton saillant. Nul ne sait où il va, quand il lâche la bride du cheval fou qui se cabre. Galope, bel étalon vers la vie qui se donne quand tu ne l&#8217;attends plus. Chevauche par delà les steppes de l&#8217;Asie Centrale, glisse toi toi par les canyons étroits qui mènent à Zanzibar. Dans les méandres accueillants des fleuves qui s&#8217;étalent, demande à <strong>Arthur</strong> de te tenir la main. Va, ose, intrépide et suicidaire, frôle la mort comme un oiseau sanglant, pique, vire et fonce, vers les abris tentants qui t&#8217;appellent et t&#8217;effraient. Sur ma tête planent les ombres porteuses de <strong>Charles</strong> au goéland, de <strong>Stéphane</strong> si las, de <strong>Marcel</strong> à Deauville et de <strong>Bashung</strong> si grand, au ciel des éternels disparus …</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Plus profonde est la nuit, plus mon ombre s&#8217;étale, plus clair est le jour, plus je m&#8217;embrase aux feux de tes paysages de grège. Le rai de pur chrysocale qui sourd des persiennes, comme une flèche parfaite, dessine sur ton corps d&#8217;élégantes arabesques, sculpte, creuse et souligne tes courbes serpentines, encense tes reliefs, toi qui n&#8217;existe pas. Au profond de tes ourlets, la lueur accède, et je pleure comme un enfant ivre. Ces visions, qui prennent forme, habitent mon lit, mieux que les femmes mortes qui l&#8217;ont sali.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Sous le pinceau de mes doigts, je te dessine à l&#8217;envi.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sur les bulbes de ta pleine lune je poursuis mon doux périple, monte et dégringole, gravis, doigts et langue, jusqu&#8217;au creux de tes reins. Dans la rigole tendre qui souligne les rondeurs symétriques de ta croupe tendue, nichent des oiseaux aux couleurs chatoyantes, qui picorent, à becs légers, la combe ombrée qui l&#8217;orne. En glissant tout du long, je tombe face sud jusqu&#8217;au lac allongé où je me désaltère et me plonge en eaux tropicales. Je flotte sur la  mer morte de ma couche à l&#8217;extase. Sur l&#8217;herbe spumeuse qui borde la source de joie, je me roule et m&#8217;ébroue. Mon doigt dessine la carte de mon cœur entre les boucles rases qui  balancent au souffle de ma voix, les lisse, encore et plus, sans effet. Toujours elles se rétractent en vrilles serrées, et s&#8217;emmêlent, se lient, se mélangent et me perdent dans leur dédale, courtes, mais touffues comme jungle Birmane. Les épices chaudes, qu&#8217;exhale la toison de jais, balaient mes narines. Cannelle, et poivre noir sur baie rose, gibier, sous bois, citronnelle et cardajoliemome, t&#8217;es toute nue sous ton pull, ferment la ronde pimentée qui me retourne les sens. Interdit, je suis, sidéré, subjugué, conquis enfin, sans lutte aucune.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Sous mon dos brûlant, le drap colle …</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sur l&#8217;oblong de ton giron, me pose enfin. Gâteau crémeux, mat et ductile, couronne des rois, saupoudrée des gouttes d&#8217;or d&#8217;un soleil diffracté. Au centre de la vasque de chair satinée, l’œil aveugle de l&#8217;ombilic me regarde, dépression joyeuse, comme la bille d&#8217;un cyclope à demi endormi. En cercles concentriques je m&#8217;en rapproche lentement, bateau fou que le maelström attire un peu plus à chaque tour, comme un aimant puissant qui m&#8217;envoûte et m&#8217;entraine. Vers le centre, je bascule mes lèvres qui se posent, duvet léger, sur sa cible moelleuse. Ma langue pointe à peine et s&#8217;agite, déclenche le spasme infime qui marque le début subtil du plaisir naissant. Sous ma main au repos, les infimes picots de ta peau qui répond, me parlent et me disent oui. Sur ta sitar hémisphérique qui chante et roucoule en vibrant, mon oreille se pose. Ta musique me berce, ma main glisse à l&#8217;envers de tes cuisses.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Le monde est calme, l&#8217;air est doux …</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Puis ensemble nous bûmes au même cristal, le vin fort, le vin de</span> <span style="color: #0000ff;"><strong>Nuits</strong> </span><span style="color: #000000;">de </span><strong><span style="color: #0000ff;">Côtes</span></strong>,<span style="color: #000000;"> ce vin puissant des belles terres Bourguignonnes de la maison</span> <span style="color: #0000ff;"><strong>Drouhin</strong> </span><span style="color: #000000;">venu, par le climat des «<strong><span style="color: #0000ff;"> Procès </span></strong>» en l&#8217;année <strong><span style="color: #0000ff;">2002</span></strong>. Dans le rayon d&#8217;or en fusion qui traverse la chambre, le rubis éclatant brille du soleil orange et fuchsia qui peu à peu l&#8217;embrase. Les fragrances giboyeuses de l&#8217;élixir de nos nuits chaudes se mêlent aux odeurs de sellerie d&#8217;un haras sauvage. Dans les sous bois alentours, les champignons spongieux s&#8217;écrasent sous nos pas. Aux arbres du verger, pendent les fruits rouges du printemps humide. Puis le jardin s&#8217;étale, et ses roses sucrées, épanouies dans les draps froissés, déversent leurs pétales poivrés. Enfin d&#8217;une bouche à l&#8217;autre, le vin voyage, roule ses flots fruités à gorges offertes. Sur ta peau, les gouttes échappées de nos bouches rieuses, roulent le long de ton sein, jusqu&#8217;à la cime, qui tend à mes lèvres sa perle purpurine. Tendrement je la cueille. La roule, qui m&#8217;inonde le palais de son café noir, de ses tannins poudreux, imperceptibles et tendres qui éclatent en fusées réglissées, longtemps après que le jour est levé …</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">L&#8217;amour est bleu,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">L&#8217;air est feu qui couve,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Ta peau m&#8217;est organsin,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Tu chantonnes à voix basse,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">La paix est sur nous.</span></p>
<p style="text-align: center;">
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"> EMOCOMTIBLÉECONE.</span></h2>
]]></content:encoded>
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		<title>CES JOURS SI BEAUX À BEAUSÉJOUR &#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Dec 2011 22:43:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian Bétourné</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeurs, coups de coeur, chaleurs…]]></category>
		<category><![CDATA[2009]]></category>
		<category><![CDATA[2011]]></category>
		<category><![CDATA[Beethoven]]></category>
		<category><![CDATA[Château Beauséjour]]></category>
		<category><![CDATA[Symphonie N°7]]></category>

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		<description><![CDATA[Les rêves du Grand Sachem&#8230; Web Music 1.2 Septembre, l&#8217;arrivée des Indiens et de l&#8217;été éponyme &#8230; Hé oui, pour la plupart, frères et sœurs, beaux et belles du même métal, sont à pied d’œuvre, déjà. Ami(e)s aussi qui, ont posé leurs wigwams à roulettes et auvents dans la cour et alentours … Derrière les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div align="left" style="float: none; clear:right; padding: 0px 5px 5px 0px;"><a name="fb_share" type="box_count" share_url="http://littinerairesviniques.fr/ces-jours-si-beaux-a-beausejour/"></a></div><p style="text-align: center;"><a href="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2011/12/Les-rêves-de-lIndien....jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2105" title="Les rêves de l'Indien..." src="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2011/12/Les-rêves-de-lIndien....jpg" alt="" width="580" height="456" /></a></p>
<h5 style="text-align: center;"><span style="font-size: x-small;"><strong>Les rêves du Grand Sachem&#8230;</strong></span></h5>
<p style="text-align: center;"><div align="center"><object width="220" height="55"><param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=831684&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0"></param><embed src="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=831684&colorBackground=0x525252&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0" type="application/x-shockwave-flash" width="220" height="55"></embed></object><br><sup><a href='http://www.minyatur.com.ar/web-music/'>Web Music 1.2</a></sup></div></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"><strong>Septembre</strong>, l&#8217;arrivée des Indiens et de l&#8217;été éponyme &#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Hé oui, pour la plupart, frères et sœurs, beaux et belles du même métal, sont à pied d’œuvre, déjà. Ami(e)s aussi qui, ont posé leurs wigwams  à roulettes et auvents dans la cour et alentours … Derrière les sourires affichés du Grand Sachem et de sa Pocahontas, « <strong>Sean White Beard »</strong> et « <strong>Squirrel the Little »</strong>, sourd l&#8217;inquiétude qui précède la saison de la grande cueillette des baies juteuses.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Toute une année à chérir la lambrusque, à la tailler, la protéger, l&#8217;écouter, la chérir, pour qu&#8217;elle donne à l&#8217;automne, enfin, le meilleur de ses grains rouges, gonflés des eaux d&#8217;hiver et du soleil en sucre de l&#8217;été finissant, à lui caresser les feuilles, à  parler à l&#8217;oreille des bourgeons, à sentir sa fleur odorante et subtile exhaler ses parfums aux beaux jours de juin, dans les entre-rangs, sans cesse arpentés à petits pas précautionneux, mains douces et sécateur judicieux. Toutes ces soirées aux ciels roses, au vents coulis, à murmurer des mots d&#8217;amour et de crainte mêlés, aux grappes vertes et dures que gagnent les rougeurs hésitantes, timides d&#8217;abord, puis qui tendent à craquer les peaux, pour enfin s&#8217;installer et gagner les vieux ceps patients. La houle verte de la mer feuillue, sous les rayons du couchant, clignote de tous les yeux noirs des grappes ventripotentes. En vagues lentes, les folioles qui dansent la valse joyeuse des maturités atteintes, brassent l&#8217;air doux à l&#8217;unisson. <a href="http://littinerairesviniques.fr/lhomme-qui-parle-a-la-queue-des-lombrics/"><strong><span style="color: #ff0000;">Seul au sommet de sa montagne</span></strong></a>, le Sachem aux mains rudes, communie. Dans l&#8217;air et sous ses pieds, la nature, paisible et symphonique, lui parle le langage secret des amours partagés. La nuit tombe, le ciel vire au cobalt, le temps de la gésine est proche …</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Ce soir, il dormira serein.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Allongé sous la couette, je regarde au plafond. Chaque soir, je promènerai, les yeux lourds des fatigues du jour échu, mon regard, au fil des paysages abstraits que dessine le plâtre craquelé du plafond. Cette chambre en chantier, au confort spartiate, qui se meurt, me plaît. Murs en suspens, lattes apparentes, vivent les derniers instants de leur ancienne vie de </span><a href="http://chateau-beausejour.com/fr/index.html"><span style="color: #ff0000;"><strong>château</strong></span></a>. <span style="color: #000000;">Dès après les vendanges, la pièce fera murs neufs. Enduits humides, appareillages modernes, plomberie, goulottes, bois neufs et peintures fraîches, recouvriront la pièce, figeant à jamais les vibrations mystérieuses des vies qui l&#8217;ont habitée, naguère, et même jadis. Pour l&#8217;heure, je m&#8217;en délecte, je perçois les effluves mourantes des parfums anciens, l&#8217;air que pulse à peine, les volants des robes lourdes, les soies vivantes des atours légers des femmes, qui churent au pied du lit, les soirs de fêtes et de noces arrosés, les cris des pudeurs dépassées, de celles que prirent les désirs enflammés des amours ancestrales. Les vies qui passent laissent traces infimes que d&#8217;aucuns peuvent capter, s&#8217;ils laissent volonté s&#8217;envoler et cœur s&#8217;ouvrir …</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Très vite, la conscience me lâche et je m&#8217;enfonce, comme plomb en plumes, dans ma première nuit de vendangeur, fourbu à l&#8217;idée même d&#8217;avoir à me pencher …</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le ciel est bleu, très pâle, comme un regard pur et délavé. Le soleil naissant peine encore à dissoudre les blancheurs de l&#8217;aube. La pomme croquante crisse sous mes dents. «<strong> Squirrel the Little </strong>» est sur les crocs, inquiète, et tient, en mains crispées sur le ventre, la liste des coupeurs attendus. Son regard vif, va et vient, de la route montante à la feuille déjà froissée. Elle s&#8217;apaise, un peu, les premières voitures arrivent, par paquets. Les portières claquent, les habitués s&#8217;interpellent, enfilent leurs godasses, se glissent sous les tissus passés qui connaissent les vignes. Ça tire à bouffées convulsives sur les clopes surchauffées, ça vanne déjà tous azimuts, les cheftaines de meute prennent leurs marques et encadrent leurs clans. Sourires enfantins, museaux crispés, voix aiguës, Les silencieux parlent avec leurs yeux. Plus bas, dans la cour, les inox rutilent sous le soleil montant, l&#8217;équipe du chai s&#8217;apprête à recevoir les cagettes, pleines à ras bords, de raisins bleus. Les vignes encore endormies se préparent à pleurer leurs enfants. Les hommes se rient des petits meurtres à venir …</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sept jours durant, les cisailles rouges, aux gueules de crocodiles nains, mordront à pleines mâchoires, sous les feuilles larges qui les protègent sans espoir, les petits doigts ligneux des grappes accrochées à leurs mères. Jarrets douloureux et fesses diverses, fines, mafflues, accortes, écroulées, tendues à craquer, sous une quinzaine de dos humains, prendront peu à peu les couleurs de l&#8217;automne en suspens.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un temps beau, puis radieux encore, et toujours chaud, à perdre la notion des saisons. Les vignes énamourées se pâment sous les ardeurs de Phoebus, à ne pas vouloir roussir, à oublier les mains agiles qui leur volent leurs enfants. Il se dit que Dieu a mit sept jours à créer le monde ? Mimétisme involontaire, il faudra la semaine à la troupe multicolore des coupeurs industrieux, pour alléger les lambrusques de leurs diamants noirs. Chaque matin différent est le même, seules quelques raideurs, accumulées au fil des jours, me disent que le temps passe. L&#8217;escadrille des étourneaux sans ailes vole d&#8217;une vigne à l&#8217;autre, parfois d&#8217;une parcelle d&#8217;une vigne, à la parcelle d&#8217;une autre, en fonction des maturités et des nécessités, sous la baguette du maître de chai. Sept jours de ballets, de voltes, grands écarts et entrechats entre «<strong> Paradis </strong>» et «<strong> Caillou </strong>», «<strong> Moulins </strong>» puis «<strong> Clos</strong> <strong>1901 </strong>», ou « <strong>Clos de l’Église</strong> ». Il me souvient de la lumière pure d&#8217;un matin, sur le haut du haut de Montagne, aux pieds des <strong>Moulins</strong>. Le soleil était doux, l&#8217;air cristallin, on voyait sans peine au loin Saint Emilion, et Pomerol plus à droite, noyés dans le velours ondulant des jonchées de vignes. Toutes les nuances du vert, de céladon à pistache en passant par malachite, émeraude et chartreuse, se mêlaient aux ors fanés, aux rouges noircissants et au rousseurs ternes et basanées des lianes foudroyées par les machines à vendanger. Par delà la concentration qui me menait de grappe en grappe, malgré la sueur salée qui roulait jusqu&#8217;aux coins de mes lèvres, dans un coin de mon vieil i-pod à neurones, la <strong>Symphonie</strong> <strong>N°7</strong> de <strong>Beethoven</strong>, m&#8217;apaisait, dissolvait les douleurs qui m&#8217;assaillaient les reins, roulait dans mes muscles gourds, pour m&#8217;élever hors de l&#8217;espace-temps. Au dessus de la vigne, je plane, me regarde oeuvrer, couper et vider mes seaux dans les caissettes des hotteurs. Alentours, les tâches multicolores de mes compagnons, courbés au hasard de leurs avancées, piquètent la scène, à la manière des nymphéas sous le pont Japonais de <strong>Monet</strong>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Au soleil en zénith, autour de la tablée familiale, <strong>Madi</strong> me sourit, ailleurs et présente à la fois. C&#8217;est qu&#8217;elle est belle la dame. Ses cheveux immaculés bouclent encore autour de son visage d&#8217;ivoire patiné, qu&#8217;illuminent deux yeux clairs. J&#8217;aime à l&#8217;embrasser et à poser mon nez sur ses joues douces, nervurées en creux par un fin réseau de rides élégantes. A côté d&#8217;elle, <strong>Octave</strong>, règne en patriarche souriant, jamais à court d&#8217;anecdotes, puisées au souvenir des temps anciens, par là-bas, outre-méditerranée, dans les vignes, les champs et les cours des écoles. Les autres, qui ne sont à ses yeux que grands enfants plus ou moins sages, se pressent sur leur assiettes, car le temps est compté. J&#8217;aime ces moments brefs mais intenses, le sourire des femmes, leurs mains agiles, le rayon de lumière qui passe la porte, pour donner à la scène quelque chose de la <strong>Cène</strong>, du partage du pain.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L&#8217;après midi n&#8217;en finit pas, les corps souffrent, les vignes sont de plus en plus basses, les gestes mécaniques. C&#8217;est l&#8217;heure où les crocos à queues rouges saignent les bouts des doigts de ceux que les rêves emportent, que la fumette  anesthésie, ou que la distraction gagne. L&#8217;eau coule à flots frais dans les gorges en carton, sur les nuques raidies, entre les doigts collants. Tout à la fin, il est temps que cesse le temps. La troupe revient en vrac au Château, ça traine, ça tire la patte, la fumette redouble. Dans les vignes, au soleil bas qui les vieillit à l&#8217;or, et les culotte au bronze, ça embaume les herbes qui ne sont pas de Provence … Sous la douche, l&#8217;eau froide assomme, puis le corps durci se détend, les muscles, à la glace, pompent le sang qui les nettoie. Le sucre, la sueur, la crasse, coulent en rigoles brunes, c&#8217;est Jouvence. Au sortir, la chaleur extérieure rassérène. Assis sur un banc, je savoure une bière froide. Elle m&#8217;étourdit un peu. Plus bas, le chai a rentré toutes les baies. Égrappées, les boules violettes ont vibré sur le tapis de tri. Propres, intactes, saines, elles ont gagné les cuves, à l&#8217;abri de l&#8217;air corrupteur.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">C&#8217;est maintenant l&#8217;heure des lavures, des eaux lustrales qui jaillissent des tuyaux, du grand nettoyage du soir. Le karscher décape les inox rougis, les caisses entartrées, les serpents jaunes et bleus des jets &#8211; qui évacuent rafles brisées, insectes égarés et quelques rares grappes marquées par la pourriture grise &#8211; dessinent au sol d&#8217;étranges arabesques changeantes. Au contact de l&#8217;eau, les hommes sourient, les visages des femmes, aux grands yeux de koalas fatigués, se détendent, quelques giclées s&#8217;égarent parfois, les rires fusent&#8230; C&#8217;est Versailles, les Grandes Eaux au Château, l&#8217;été … Penchée, la tête sous le plateau, «<strong> Small Squirrel </strong>» récure la table de tri, l&#8217;eau gicle, éclabousse, rebondit sur le métal brillant. «<strong> Singing in the rain </strong>» chante dans ma tête. Dos au soleil, le mercure aveuglant des eaux irisées, comme une auréole d&#8217;argent, souligne les courbes tendues de son corps mince. <strong>Catherine</strong> a des temps, d&#8217;arrêt, les grands puits de ses yeux de cobalt mangent son visage marqué par la fatigue. <strong>Jacques</strong>, <strong>Claude</strong> et <strong>René</strong>, mitraillent les cagettes souillées par la terre et les jus. La puissance des jets qui résonnent, mats et sourds, sur les plastiques durs et les tôles rigides, battent le rythme liquide des tambours de <strong>Beauséjour</strong>. Par instant, les serpents albinos aux écailles liquides, s&#8217;égarent et les hommes sourient&#8230; L&#8217;enfant n&#8217;est jamais loin, à tout âge ! A l&#8217;écart, les larges pieds nus bagués de sparadraps roses du grand <strong>Yves</strong> au sourire immuable, pataugent dans les flaques rougies qu&#8217;il repousse méticuleusement. Pendant sept jours la haute silhouette silencieuse de cet homme doux, et dur au mal, m&#8217;a servi de repère, qui dépassait  le haut des vignes, caisses lourdes au dos, discret, amical et constant. Au flanc d&#8217;une benne rouge et or, le visage fin du « <strong>Fennec from Man&#8217;ttan</strong> » scrute le fond, débusque les moindres scories, qu&#8217;elle chasse à grandes rafales précises. Cette <strong>New</strong> <strong>Yorkaise</strong> bon teint,  importatrice sérieuse, passera six semaines de son temps aux travaux du chai, souriante, accompagnant, pas à pas, infatigable et précieuse, l&#8217;élaboration de son «<strong> Penimento </strong>» special one, et des autres cuvées du Château.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le soir tombe, le soleil est à l&#8217;agonie. Grosse boule dorée en chute lente, il bronze, peu à peu, vire à l&#8217;orange, au rouge sanglant, puis au bleu violacé dès que son bord tangente l&#8217;horizon. A l&#8217;arrière du Château, je vaque à mes occupations domestiques, lave, rince et étend mes frusques, aère tout ce qui peut l&#8217;être. D&#8217;un œil, j&#8217;admire «<strong> Juppé </strong>». La lumière vermeille du jour mourant entoure sa silhouette noire et musclée d&#8217;un halo flavescent. Les derniers rayons liquides du jour roulent sur la toison courte du petit cheval noir, dont elle souligne les ondes qui frémissent sous sa peau. Il broute sans se lasser les herbes du parc. Sa longue queue touffue chasse les mouches d&#8217;un mouvement élégant et régulier. Par moments, il relève la tête et me fixe en mastiquant de longues herbes. Ses grands yeux, ourlés de longs cils noirs, lui font regard profond de femme émouvante. Je lui dis que je l&#8217;aime. La pomme que je lui jette craque sous ses dents, puis il secoue tête et crinière, silencieux …</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">C&#8217;est l&#8217;heure de la tablée du soir. <strong>« Sean white beard »</strong> le châtelain sourit, le ciel est avec lui, les grappes sont belles et les jus odorants. What else ! Autour de la grande table, les fumets du repas retroussent les babines. Les sourires se font rictus. Le temps du ballet des mandibules claquantes est arrivé. Le silence se fait sur la troupe. <strong>Colette</strong> et <strong>Michèle</strong> ont veillé aux fourneaux. Soupe chaude, poisson, viandes, fromages, gâteaux et fruits, disparaissent dans l&#8217;ombre inquiétante des gosiers affamés. Les soupirs d&#8217;aise, les petits cris de plaisir des estomacs comblés, parlent à l&#8217;oreille de qui sait entendre. Sous la table, les doigts de pieds des convives repus, délestés des lourdes chaussures du jour, font éventails. Je regarde mon verre qui luit du pourpre chaud d&#8217;un «<strong> Charme </strong>» <strong>2009</strong>, ce soir. Au hasard des repas, il verra passer, de mémoire, </span>«<strong> <span style="color: #0000ff;">Kirwan </span></strong>» <strong><span style="color: #0000ff;">1986</span></strong>, «<span style="color: #0000ff;"><strong>Coteau</strong> </span><span style="color: #0000ff;"><strong>de</strong> </span><strong><span style="color: #0000ff;">Noiré </span></strong>» <strong><span style="color: #0000ff;">2003</span></strong>, «<strong> <span style="color: #0000ff;">1901 </span></strong>» <span style="color: #0000ff;"><strong>2008</strong> </span>et <strong><span style="color: #0000ff;">2009</span></strong>, «<strong> <span style="color: #0000ff;">Saint</span></strong><span style="color: #0000ff;"> </span><strong><span style="color: #0000ff;">Romain </span></strong>» <strong><span style="color: #0000ff;">2008</span></strong>, <span style="color: #000000;">et d&#8217;autres encore … Comme un faon au sein de la harde, <strong>Chloé</strong>, petit bout de presque femme, tient la dragée finaude aux adultes conquis. Papa et tonton sont à ses pieds. Ses billes bleues maya pétillent au dessus d&#8217;un sourire à la malice experte. Fraîche comme la finale d&#8217;un vin sur argilo-calcaire ! Elle tient bien son rang au milieux des barbons, sous l&#8217;aile de maman … Les rires fusent encore un moment &#8211; flûtes à becs des femmes et contrebasses masculines en harmonie &#8211; quand <strong>David</strong> tient l&#8217;auditoire hilare, au récit des travers et misères de l&#8217;<strong>Assemblée</strong> <strong>Nationale </strong>…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Par la fenêtre aux vitres fendues de ma cellule monacale, je regarde la nuit de jais. Dans le ciel, les lueurs aiguës des étoiles dessinent les mondes lointains, la lune blanchit les vignes, la fatigue me prend les reins, mes yeux sont boules de plomb fondu. Dans mes veines coulent des ruisselets paisibles. Les petits bonheurs engrangés de ces jours, passés aux combes et aux coteaux, m&#8217;ont  caressé l&#8217;âme et la peau. Au centre de la toile, à l&#8217;angle de la fenêtre, l&#8217;araignée au ventre jaune, compagne fidèle de mes jours de vraie vie, s&#8217;est endormie …</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Le sommeil me prend comme femme amoureuse,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Je plane aux cieux profonds,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Où croisent la lune gibbeuse,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Le Grand Sachem et son chariot, en assomption …</span></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">EMOEXTIHAUSCOTEDNE.</span></strong></h2>
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		<title>LA FAILLE DU TRENTE DEUX DÉCEMBRE &#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Dec 2011 23:01:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian Bétourné</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vins]]></category>
		<category><![CDATA[1998]]></category>
		<category><![CDATA[Groffier]]></category>
		<category><![CDATA[Les Amoureuses]]></category>
		<category><![CDATA[Odilon Redon]]></category>

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		<description><![CDATA[Odilon Redon. Le coquillage. Web Music 1.2 Elle vit le jour, de nuit, un trente deux Décembre&#8230; Entre deux mois et deux années, donc. Dans le creux des mondes, de l&#8217;espace et du temps. Sans âge elle était, tous les âges elle avait. Consensuelle et inadaptée. Frigide et torride, froide mais volcanique. Toute chose et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div align="left" style="float: none; clear:right; padding: 0px 5px 5px 0px;"><a name="fb_share" type="box_count" share_url="http://littinerairesviniques.fr/la-faille-du-trente-deux-decembre/"></a></div><p style="text-align: center;"><a href="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2011/12/Odilon-Redon-Le-coquillage-_-1912.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2072" title="Odilon Redon - Le coquillage _ 1912" src="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2011/12/Odilon-Redon-Le-coquillage-_-1912.jpg" alt="" width="580" height="485" /></a></p>
<h6 style="text-align: center;"><span style="font-size: x-small;"><strong>Odilon Redon. Le coquillage.</strong></span></h6>
<p style="text-align: center;"><div align="center"><object width="220" height="55"><param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=13881747&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0"></param><embed src="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=13881747&colorBackground=0x525252&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0" type="application/x-shockwave-flash" width="220" height="55"></embed></object><br><sup><a href='http://www.minyatur.com.ar/web-music/'>Web Music 1.2</a></sup></div></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Elle vit le jour, de nuit, un trente deux Décembre&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Entre deux mois et deux années, donc. Dans le creux des mondes, de l&#8217;espace et du temps. Sans âge elle était, tous les âges elle avait. Consensuelle et inadaptée. Frigide et torride, froide mais volcanique. Toute chose et son presque contraire. On l’appela <strong>Maryam</strong>, comme la mère d&#8217;<strong>Îsâ</strong>. Elle naquit brune comme olive du Néguev, vive comme un cristal taillé, dure comme la pointe d&#8217;un kriss, tendre comme un secret murmuré, piquetée de petites graines de chocolat au lait, comme un cœur griffé. D&#8217;une beauté à la frontière des codes, selon que la lumière voulait, elle paraissait ange ou sorcière. Intense ou fuyante, vibrante ou glaciale, entière et dissociée. Condamnée, par son entièreté et ses balancements, à la solitude altière des hautes cimes battues par les vents sidérants. Elle s&#8217;accrocha à l&#8217;enfance comme l&#8217;arapède à son rocher, ne voulant pas quitter l&#8217;abri paisible des rives maternelles. Mais la vie, plus forte que ses désirs d&#8217;innocence à jamais, en fit la liane épanouie que les hommes regardent. Sabra furieuse, elle les déchiqueta, les piétina, les mordit au cœur sans jamais pouvoir s&#8217;en débarrasser, obstinés qu&#8217;ils étaient à vouloir l&#8217;aimer. Plus d&#8217;un y laissèrent leurs armures, leurs rutilances, leurs opiniâtretés&#8230;. Dans ses veines coulait le sang de l&#8217;exception et des rivages d&#8217;outre méditerranée, mêlés, qui faisait d&#8217;elle une amante brûlante sous ses griffes aciculaires&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Elle portait à la hanche, dans l&#8217;ombre de sa taille, le signe maudit de sa naissance étrange, une étoile minuscule, pentagramme délicat, bleu, battant comme un sang de veine à la gorge d&#8217;une mésange mourante. Une étoile filante, à la queue historiée, qui courait sur la courbe joufflue de sa fesse ronde, à la façon d&#8217;une traînée ardente. Solitaire elle serait, hautaine, riche du désespoir des âmes intransigeantes, et des élans étranges de celles que l&#8217;on ne peut comprendre. Elle s&#8217;en repaissait à la nausée, ruminant à jamais les bromes acides de son étrangeté, et survolait sa vie, voletant rarement, préférant planer, au hasard des rencontres, dans les contre-allées, au pied du mur de ses impasses cultivées.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Le sang de la vigne, l&#8217;eau divine qui ruine les êtres boursouflés de peu, la prit un soir étrange, une nuit de langueur, de mélancolie profonde, accablée qu&#8217;elle était par les douleurs de sa vie, par les bouillonnements indicibles de ses contradictions urticantes. Les jus subtils des vignes nobles, l&#8217;apaisèrent, lui entrouvrant les portes d&#8217;une rédemption possible. Ils lui apprirent sa différence, lui enseignant les leurs, lui murmurant au palais les délices probables, les finesses infinies des terres de bon, les forces telluriques et les énergies invisibles des astres. Comme elle, ces vins de belle compagnie étaient doublement nés, agis, nourris, et ne devenaient « un », qu&#8217;aux palais bénis des êtres modestes de haut lignage, cachés sous les guenilles ordinaires des humains de ces temps &#8230; Intuitivement elle comprit qu&#8217;elle tenait là boisson à sa mesure. Les élixirs d&#8217;entre deux, liens liquides entre ciel et terre, comme elle, pures émanations de l&#8217;union des mondes, ennoblirent sa vie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un soir de maraude, en des lieux qui ne sont qu&#8217;évanescences, toiles improbables et sans reliefs, elle croisa une vieille âme rompue de vies anciennes, au cœur et au cuir couturés, boucanés par les sels des tempêtes violentes et des amours déçues. La nuit était profonde, seuls les écrans aux yeux livides et morts trouaient le silence térébrant de leurs lueurs glauques et clignotantes. <strong>Absalon </strong>perçut à l&#8217;immédiat le frôlement de leurs âmes, communiant dans la reconnaissance de leurs souvenirs communs. Au même instant, il sut que rien n&#8217;était possible, tant ils se ressemblaient, comme issus d&#8217;un même aimant dont les deux pôles se repoussent. Maryam se déchaîna très vite, s&#8217;acharnant, allumelles brandies, à le déchirer, le crucifier tant et plus, jouant de tout, arguant de rien, esquivant, repoussant, revenant … Il lui fallait tuer ce double qui savait tout d&#8217;elle, sans jamais l&#8217;avoir vue. Elle distilla ses plus subtils poisons, darda ses flèches les plus acérées, à chaque volée décochée, elle en recevait qui lui revenaient en miroir. Elle trouva refuge, au bout de ses attaques, dans un silence hautain, qu&#8217;elle rompait de loin en loin, ne sachant finir, car elle était elle même sans fin. Elle voulait à tout prix rester la seule, et supprimer l&#8217;unique atma capable de la percer ainsi. Son besson. Mais chaque coup qu&#8217;elle lui portait l&#8217;affaiblissait elle même ! C&#8217;était un jeu étrange et dérisoire que ces deux êtres semblables, si subtils, que leurs joutes grossières, les rendaient pitoyables.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Du bout du troisième œil, Absalon la visitait. Elle sentait sa chaleur sous sa peau, et les picotement tendres de ses baisers inévitables. Elle avait beau se secouer, comme chienne sous morsures de puces, elle n&#8217;en pouvait mais. Ses secrets il perçait, comme un goujat goulu que la faim dévore, à l&#8217;intime il s&#8217;abreuvait, sous sa douche il était l&#8217;eau qui la régénérait, après qu&#8217;elle ait abusé de plaisirs vains, qui la laissaient plus morose que pantelante. Elle payait le prix de son orgueil. Sa rage ne le décourageait point, sa lame aigüe n&#8217;entamait pas l&#8217;inclination qui le portait vers elle. Que pouvait-il perdre, lui qui n&#8217;avait rien à gagner, que la reconnaissance de l&#8217;avoir débusquée, cette entêtée, à l&#8217;autre bout des fibres &#8230; qui le niait ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Une nuit qu&#8217;il voguait au soleil aveuglant d&#8217;entre les mondes, hors du corps qui l&#8217;abritait de jour, insensible aux aléas, en vacance des contingences de l&#8217;incarnation, les anges lui firent don d&#8217;un tapis, plus léger encore que duvet de colibri, de cachemire et de soie sauvage, tissé par leurs doigts de lumière. De la couleur des vins qu&#8217;il aimait tant. Le vent des douceurs l&#8217;emporta vers Maryam, qui le crossa de ses poings mauvais, pour en faire une loque à essuyer les boues qui tachaient ses chausses. Elle ne manquait pas d&#8217;y cracher chaque jour son mépris, et les plus infâmes glaires de ses humeurs méphitiques&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Un soir, une nuit qu&#8217;il n&#8217;en pouvait plus d&#8217;entendre son autre l&#8217;humilier, Absalon, au bout de sa constance, plia genoux. Il comprit enfin que les cieux ne voulaient pas. Qu&#8217;il lui fallait accepter, se convaincre qu&#8217;elle ne l&#8217;aimât point &#8230;</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Il suait à grosses gouttes à son réveil …</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">De son cauchemar, il émergeait,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Livide, exténué.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Oeil hagard,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Et bouche buvard …</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ne lui restait en mémoire que l&#8217;image tremblante d&#8217;un coquillage fragile, de nacre douce et de chairs roses enfouies, qui battait comme fièvre quarte, à ses tempes douloureuses. Il lui fallait bannir ce moment, il fallait que se dissolvent dans les lumières électriques du réel nocturne, ces moments de stupeur qui le laissaient exsangue, meurtri, tremblotant et muet.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Sur le cuir, vieilli par les nuits de veille, de son vieux bureau, son lit d&#8217;infortune, compagnon de ses égarements crépusculaires, luisait l&#8217;incarnat sombre d&#8217;un l&#8217;élixir odorant, qu&#8217;il ne se souvenait plus d&#8217;avoir versé dans ce hanap de cristal éblouissant, qui appelait sa main. Le liquide, crème de délices, palpitait et portait à l&#8217;entour, les fragrances odorantes des pivoines épanouies. Le vin était profond, comme lac de montagne rougi par un soleil expirant. Au centre du vortex, que son poignet creusait en agitant le verre, il vit le trou noir funeste qui l&#8217;avait aspiré au cœur des impossibles. Au bord du disque mouvant, le cercle violet d&#8217;un espoir l&#8217;apaisa. Le temps ferait son œuvre, comme il le fait aux jus sombres des vieilles vignes. Absalon ferma les paupières sur le bleu veiné de rouge de ses yeux fatigués.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Et se mit à voler parmi les champs de mûres, les bosquets de framboises, le cœur des fraises, les buissons de cassis, et les fragrances grasses des meilleurs cuirs. Les épices aussi. Le sang fruité du raisin mûr déplissa le carton  pâteux de sa bouche, à la première onde qu&#8217;il accueillit entre ses lèvres sèches, inondant ses papilles de sa douceur fraîche. L&#8217;équilibre parfait du breuvage le remit d&#8217;aplomb, il se laissa emporter par la vie qui revenait. Les lambrusques bruissaient au zéphyr de <strong><span style="color: #0000ff;">Bourgogne</span></strong>, en cet automne <strong><span style="color: #0000ff;">1998</span></strong>, alors que l&#8217;intuition l&#8217;envahissait, et qu&#8217;il riait à l&#8217;humour du sort qui n&#8217;en manque jamais. Il avala le baiser des « <strong><span style="color: #0000ff;">Amoureuses </span></strong>», comme il avait poussé son premier cri, naguère ! Sur les vignes de <strong><span style="color: #0000ff;">Chambolle</span></strong>, il planait, comme le <strong>Grand Duc</strong>, son autre, au cœur des ténèbres. Par ciel interposé, il remercia <strong><span style="color: #0000ff;">Robert </span></strong><strong><span style="color: #0000ff;">Groffier </span></strong>qu&#8217;il ne connaissait pas, pour ce vin de paradis, plus soyeux qu&#8217;ailes d&#8217;Anges, qui bruissait dans sa chair, exaltant jusqu&#8217;à la dernière de ses cellules, chantant en chœur, avec son âme retrouvée, et l&#8217;humilité des hommes qui enfantent ces vins de résurrection …</span></p>
<p style="text-align: center;">A l&#8217;autre bout du lien, Maryam frissonna&#8230;</p>
<p style="text-align: center;">Avec le temps, va, rien ne s&#8217;en va&#8230;</p>
<p style="text-align: center;">
<h2 style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">EMOTIMORTECONE.</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
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		<title>BIEN AVENT QUE JE T&#8217;AIME …</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Dec 2011 22:01:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian Bétourné</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vins]]></category>
		<category><![CDATA[2009]]></category>
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		<description><![CDATA[Suzanne Valaldon. Femme avent la tétée. Web Music 1.2 Elle a glissé son bras sous l&#8217;oreiller … Il s&#8217;étire en chicotant&#8230; Lui a la main qui caresse en mémoire la hanche, doucement, du long corps blanc allongé sous le drap de soie froissée. Elle soupire au jour gris qui perce à peine les rideaux. Sous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div align="left" style="float: none; clear:right; padding: 0px 5px 5px 0px;"><a name="fb_share" type="box_count" share_url="http://littinerairesviniques.fr/bien-avent-que-je-taime-%e2%80%a6/"></a></div><p style="text-align: center;"><a href="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2011/12/Suzanne-Valaldon.-Femme-aux-seins-nus..jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2092" title="Suzanne Valaldon. Femme aux seins nus." src="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2011/12/Suzanne-Valaldon.-Femme-aux-seins-nus..jpg" alt="" width="500" height="638" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Suzanne Valaldon. Femme avent la tétée.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><div align="center"><object width="220" height="55"><param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=3050921&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0"></param><embed src="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=3050921&colorBackground=0x525252&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0" type="application/x-shockwave-flash" width="220" height="55"></embed></object><br><sup><a href='http://www.minyatur.com.ar/web-music/'>Web Music 1.2</a></sup></div></p>
<p style="text-align: center;">Elle a glissé son bras sous l&#8217;oreiller …</p>
<p style="text-align: center;">Il s&#8217;étire en chicotant&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Lui a la main qui caresse en mémoire la hanche, doucement, du long corps blanc allongé sous le drap de soie froissée. Elle soupire au jour gris qui perce à peine les rideaux. Sous ses yeux clos, il la voit ronde et ferme, qui l&#8217;attend. Un jeans, un tee-shirt, se dit-elle, suffiront ce matin à se traîner jusqu&#8217;à demain, démaquillée et désœuvrée. Le linceul lilial chante comme une âme froissée, sous le doigt, qui lentement le relève. Il soupire de désir. Zut, se dit-elle, rien à lire, rien à foutre, triste jour à attendre ce foutu lundi, redouté et espéré à la fois ! Comme un chat repu, il fait la boule, genoux à la poitrine, ronronne en dedans, et serre entre ses jambes la belle qu&#8217;il désire. Elle est ronde et ferme, fraîche, la peau fine qui recouvre ses adducteurs charnus, frémit à ce contact. Il a beau la serrer, elle ne faiblit pas.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Bof ! Elle téléphonera à sa mère, longuement, elle a tout le temps, <strong>avent</strong> que la journée finisse. <strong>Avent</strong> de la connaître, la humer, la rouler sous sa langue avide, il la regardera, encore, intacte, vierge, hiératique, immobile, impavide, mais offerte. Mais que ce temps d&#8217;attente est bon, qui décuple son désir. Ah oui, ne pas oublier de dire à maman d&#8217;aller chercher le môme à l&#8217;école demain. Et lui, ce veau de mer, qui ne bouge pas, ne la touche pas ! Elle se retourne et contemple, l&#8217;oeil critique, pour la première fois, ce visage, arrondi par les années, qui sourit béatement à ses rêves. A vaincre sans péril, on finit par s&#8217;oublier, se dit-elle, coeur lourd et seins pendants. Elle le revoit comme naguére &#8211; devenu jadis, hélas &#8211; qui le regardait, l&#8217;oeil brillant. Sa peau vibre au souvenir des caresses anciennes, des jeux stupides qu&#8217;elle affectionnait, qui la faisaient fondre, comme la boule de sorbet goûteuse qu&#8217;elle était alors. Mais il ne bronche plus, il ronfle comme un vieux diesel, bouche béante et luette tremblotante, sous le souffle putride de ses excès. A vins répétés, il s&#8217;en est jeté de ces saloperies de jus rouges, blancs et rosés, de ces bulles hors de prix, aussi, qui lui ont cramé la langue et noircit les dents. Une larme, limpide comme un cristal triste, roule sur sa joue defraîchie, lui sale les lèvres, et tombe sur sa main fripée par le manque de soins. Pas nets ces ongles écaillés se dit-elle, plutôt sèche cette peau abimée, cette taille déformée …</span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Anne-Sophie</strong> déprime.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Dans le coton brumeux de son demi sommeil, il vole au delà du temps présent. Debout, jambes écartées, reins bandés mais bedaine relâchée, bien campé sur ses cannes de serin anémique, il se gave déjà d&#8217;avoir d&#8217;abord à l&#8217;ouvrir à la vie. Le sommelier d&#8217;acier, lame au repos, luit sous la lampe, qui pend au plafond, comme un vieux chapeau poussiéreux, au ras de son crâne, à moitié déserté par les souples boucles blondes du temps de sa splendeur. Il attend, se retient, et recule l&#8217;instant, où la lame courte et dentelée attaquera l&#8217;opercule ductile, oxydé par l&#8217;âge et l&#8217;humidité. Sous l&#8217;étain tendre, il trouvera le bouchon, intact comme l&#8217;hymen d&#8217;une vierge, gonflé par la poussée du vin impatient de se donner à lui. L&#8217;émotion fait trembler sa main fébrile, qui déplie la vrille étincelante, polie par l&#8217;expérience, habile à extirper les plus improbables scellés. La pointe fine, pique le centre du bouchon, entre les deux zéros de <strong><span style="color: #0000ff;">2009</span></strong>, et lentement s&#8217;insinue entre les fibres molles, puis tourne au ralenti, attentive à ne pas blesser les chairs fragiles. Le liège geint doucement, se tait, puis couine de plus en plus sourdement, la vrille touche au fond. L&#8217;instant de la délivrance est proche. <strong>Paul</strong> <strong>Marie</strong> savoure ce temps storoboscopique de l&#8217;<strong>avent</strong> plaisir, s&#8217;en délecte, se pourlèche, se penche et coince le flacon de verre entre ses genoux cagneux, creuse le dos, crispe sa main maigre, et tente de dégainer lentement le cylindre humide. Mais le jeunot résiste, enfle, écarte ses écailles comme un mérou apeuré. Surpris par ce refus inattendu, <strong>Paul</strong> <strong>Marie</strong> se cabre, s&#8217;arc-boute, les muscles de ses bras chétifs tremblent sous l&#8217;effort inhabituel, habitués qu&#8217;ils sont à ne lever qu&#8217;un coude. Il sent l&#8217;afflux sanguin sous ses tempes battantes, son souffle se raccourcit, une brume de sueur marque son front, sa respiration s&#8217;affole. Malgré le voile gris qui le gagne, il s&#8217;accroche, trépigne, vacille et tremble comme un mât sous tempête. Le barrage cède d&#8217;un coup et le projette en arrière, il perd l&#8217;équilibre, tombe sur les fesses. La douleur fulgurante lui arrache un bref cri aigu, mais la bouteille est sauve. Il sourit. Les tâches rougeâtres qui maculent son pyjama crème, recouvrent de leurs fragrances naissantes, les remugles aigres qui sourdent de ses aisselles inondées par le combat. Péniblement il se relève,  coccyx endolori, heureux d&#8217;avoir vaincu. L&#8217;image d&#8217;un gladiateur casqué lui traverse l&#8217;esprit. Celle d&#8217;une vertèbre éraflée, aussi. C&#8217;est tenant la bouteille à deux mains qu&#8217;il verse, arrosant à l&#8217;entour, le jus violet dans un grand verre. Le reître vainqueur aura droit à sa couronne de fruits mûrs, cassis, framboises, groseilles en guirlande, à sa bolée de jus frais, rond, qui ne veut pas quitter la bouche, qui joue avec la langue, qui enfle au palais, pour y laisser après l&#8217;avalée, l&#8217;envie d&#8217;y replonger les lèvres … Paul Marie sourit aux anges. Au « <strong><span style="color: #0000ff;">Côte de Brouilly</span></strong> » « <strong><span style="color: #0000ff;">Cuvée Mélanie</span></strong> » de <strong><span style="color: #0000ff;">Daniel Bouland</span></strong> qu&#8217;illumine l&#8217;ampoule blafarde, il jette un regard ému …</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Putain, <strong>Paul Marie</strong>,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Sors toi le cul du lit …</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">&#8230; Il est onze heures !</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Affolé, il se redresse d&#8217;un coup, les fesses endolories.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Les deux poings sur les hanches, fulminante,</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Et débraillée,</span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Anne-Sophie</strong> <span style="color: #000000;">le regarde.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">C&#8217;est la énième année de</span> l&#8217;<strong><span style="color: #ff0000;">Après</span></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 style="text-align: center;"><strong><span style="color: #ff0000;">EAVEMONANTITECONE.</span></strong></h2>
]]></content:encoded>
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		<title>J&#8217;FAIS MA PAUSE&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Dec 2011 22:02:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian Bétourné</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeurs, coups de coeur, chaleurs…]]></category>
		<category><![CDATA[1901]]></category>
		<category><![CDATA[Château Beauséjour]]></category>
		<category><![CDATA[Dante]]></category>
		<category><![CDATA[Miles Davis]]></category>
		<category><![CDATA[Virgile]]></category>

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		<description><![CDATA[Delacroix. Dante et Virgile en Enfer. Web Music 1.2 Ben oui, j&#8217;ose, j&#8217;fais ma pause&#8230; Avant que les gnous se posent, comme vol d&#8217;étourneaux avides, sur les étals qui croulent de victuailles et de gadgets submergés. Me retire, me rétracte, comme un bigorneau sous la houle glacée des jours de bombances obligées. Je repose mes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div align="left" style="float: none; clear:right; padding: 0px 5px 5px 0px;"><a name="fb_share" type="box_count" share_url="http://littinerairesviniques.fr/jfais-ma-pause/"></a></div><p style="text-align: center;"><a href="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2011/12/Delacroix_dante_virgile_enfer-copie-1-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2032" title="Delacroix_dante_virgile_enfer-copie-1 (1)" src="http://littinerairesviniques.fr/wp-content/uploads/2011/12/Delacroix_dante_virgile_enfer-copie-1-1.jpg" alt="" width="580" height="434" /></a></p>
<h6 style="text-align: center;"><strong>Delacroix. Dante et Virgile en Enfer.</strong></h6>
<p style="text-align: center;"><div align="center"><object width="220" height="55"><param name="movie" value="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=13500283&colorBackground=0x555552&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0"></param><embed src="http://www.deezer.com/embedded/small-widget-v2.swf?idSong=13500283&colorBackground=0x525252&textColor1=0xFFFFFF&colorVolume=0x39D1FD&autoplay=0" type="application/x-shockwave-flash" width="220" height="55"></embed></object><br><sup><a href='http://www.minyatur.com.ar/web-music/'>Web Music 1.2</a></sup></div></p>
<p style="text-align: center;">Ben oui, j&#8217;ose, j&#8217;fais ma pause&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Avant que les gnous se posent, comme vol d&#8217;étourneaux avides, sur les étals qui croulent de victuailles et de gadgets submergés. Me retire, me rétracte, comme un bigorneau sous la houle glacée des jours de bombances obligées. Je repose mes yeux vairs, et m&#8217;éloigne des vitrines coruscantes qui me brûlent la rétine, me replie dans les ombres apaisantes des souvenirs qui n&#8217;ont jamais vécu. Au grand vent des éthers, je me balance. A la force des poignets, je me hisse en haut du mât. A l&#8217;abri de la vigie, <strong><span style="color: #000000;">Dante </span></strong>et <span style="color: #000000;"><strong>Virgile</strong></span>, hilares, scrutent l&#8217;horizon des civilisations en délire, mais s&#8217;effraient des folies qu&#8217;ils découvrent &#8230; De l&#8217;âpreté des hommes, que l&#8217;humain a quitté, de la naïveté des adorateurs momifiés du Veau d&#8217;Or.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">A leurs pieds, je reste coi et me tais.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les coulis graisseux dévalent le long des pentes de la consommation reine, dans les boutiques fardées comme courtisanes lascives, les hommes &laquo;&nbsp;dans leurs chemises&nbsp;&raquo;, festoient et se bouchent les yeux. Foutre d&#8217;Archevêque, ça gicle de tous côtés, ça gagne et ça domine, ça s&#8217;empiffre à glottes rabattues, ça engouffre, ça baigne dans l&#8217;opulence. Mangeons avant d&#8217;être mangés ! Dévorons avant d&#8217;être rigorisés ! Avalons avant d&#8217;être avalés par la machine folle, broyés, atomisés, osmosés, dépouillés jusqu&#8217;à l&#8217;os du coeur &#8230; <span style="color: #ff0000;"><span style="color: #000000;">L</span><span style="color: #000000;">&#8216;</span><strong>Ambroisie </strong></span>qui nourrissait les Dieux est devenue piquette aigre, qui roule en fleuves épais le long des oesophages de carton.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Alors je fête en loucedé, dans le secret de l&#8217;alcôve déserte, les femmes que je n&#8217;ai pas aimées, celles que j&#8217;ai croisées. Dans le dédale qu&#8217;<span style="color: #ff0000;"><strong>Ariane</strong></span> déserte, j&#8217;ouvre le flacon de vin qui me ramène, au temps d&#8217;avant que les vignes ne connaissent les foudres du phylloxera.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">&laquo;&nbsp;<span style="color: #0000ff;"><strong>1901</strong></span>&nbsp;&raquo; est son nom, <span style="color: #0000ff;"><strong>2009 </strong></span>est son jus &#8230;</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">De &laquo;&nbsp;<strong><span style="color: #0000ff;">Château </span><span style="color: #0000ff;">Beauséjour</span></strong>&laquo;&nbsp;, il est issu &#8230;</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">C&#8217;est mon grand Noel à moi&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Et en hommage à mon <a href="http://rivedroite.canalblog.com/"><strong>compère </strong></a>qui inquiète le Pape, le &laquo;&nbsp;<strong><span style="color: #000000;">Cardinal</span></strong> <strong><span style="color: #000000;">des </span><span style="color: #000000;">Astéries</span></strong>&laquo;&nbsp;<strong>, </strong>&laquo;&nbsp;<strong><span style="color: #000000;">Compagnon </span>de la Baltique</strong>&laquo;&nbsp;, que bercent langoureusement les bras de sa &laquo;&nbsp;<strong>Nonne</strong>&laquo;&nbsp;, j&#8217;ose emprunter ces mots&#8230;</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Je ne saurais mieux écrire&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&laquo;&nbsp;La robe est profonde, de teinte violine à sanguine, l’olfaction est nette et intense, avec des arômes de violettes, de cerises noires, de mûres sauvages, d’épices douces, l’élevage est en retrait. La bouche est riche, avec des tannins mûrs, habillés par une chair serrée, le vin s’installe avec autorité dans un milieu de bouche plein, dense, profond, rehaussé des fruits gourmands. La finale est très persistante, avec des tannins un rien plus fermes mais élégants, d’une belle puissance aromatique (fruits et épices), avec des notes salines et crayeuses en ultime sensation. ..&nbsp;&raquo;</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;">Allez, ferme les yeux, déguste mon gars et&#8230;</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000000;"> Tais toi !</span></p>
<p style="text-align: center;">
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #ff0000;"><strong>EBLÈMOTIMECONE.</strong></span></h2>
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