Littinéraires viniques » Christian Bétourné

LES NASEAUX FRÉMISSANTS.

L’énigmatique Hécate de La De.

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Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Sombre nuit que ce jour, la terre est à la peine.

Le soleil fleur de ciel aux pétales blessés

Caresse les collines aux rondeurs dévastées

Les arbres dénudés par des torrents de haine

Gémissant et hurlant à la face du monde

La vie aux yeux crevés, la pauvre vagabonde

A perdu ses couleurs et son rire se meurt.

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A la fontaine bleue les eaux devenues tristes

Ont perdu leur éclat, leur chant pâle et sinistre

Effraie la salamandre, la mésange nonette

Et même le renard aux grands yeux de poète

Blotti sous les taillis se meurt de peste noire

Sa langue rouge sang aux écailles d’ivoire

Sur l’ambre de ses yeux se reflète l’horreur.

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Les fleurs se sont fanées, les plaines sont désertes

Les chevaux se souviennent quand les herbes étaient vertes

Quand à perte de vue toute crinière au vent

Ils galopaient joyeux sur leurs sabots d’argent

Les naseaux frémissants des étalons joueurs

Respiraient les parfums des juments en sueur.

Dans le ciel d’outremer planaient de beaux flâneurs.

COMME CE PAYS EST BEAU.

Les chats chats de Brigitte de Lanfranchi.

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©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

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Solitaire et heureux comme un moine en extase

Moustache de crin tendu, quand rien ne bouge.

L’immaculé meurtri allongé sur le flanc

D’un rêve aux antennes brisées désabusées

A regardé le chat de ses yeux de soie lasse

Sur le tapis laineux des neiges inaltérées.

Comme une odeur de paix étrangère à la terre

En ce lieu secret la lune luit sur l’océan

La tempête est tombée les arbres se reposent

Le ciel noir s’est vidé, les yeux bordés de cernes

Ont souri à nouveau comme deux éclats de verre.

Rien même ne tressaille dans le creux du divan

Le temps est arrêté les vers font de la prose

Les cœurs sont endormis au fond des lits en berne

Et le silence est doux le soir au bord de l’eau.

LE MOZART NOIR.

La madone aux cerises de Brigitte de Lanfranchi.

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©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

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J’aime le Mozart noir, l’enfant de l’inconnu.

A l’ombre des théâtres les ombres dissolues

Les accords étourdis et le nuage sombre

Chargé des lourdes pluies noyées dans la pénombre

Sous les brocarts fanés les rancœurs éclatantes

De l’enfance niée. Les diligences mortes

Sous les galops furieux des palais effrayants

Les clavecins aigus derrière les dissonances

Les perruques poudrées des reines aux yeux dormants.

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J’aime le commandeur aux blanches mains de mort

Agrippées aux murailles et sa voix de stentor

Qui pourfend de sa lame l’insolence des mots.

Les trilles agaçantes des violons rendus fous

Le dies ire qui tonne et le ciel noir qui pleure

La poudre de riz vole et Salieri se meurt.

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Et les cerise rouges craquent sous sa dent.

 

A L’EXTASE, PEUT-ÊTRE …

Sous le regard ombré d’une sirène, par La De.

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©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

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Très noires sont les eaux quand il s’y glisse et les fend.
Parfait, ligne pure
A la proue effilée,
Il navigue, silencieux,
Au-delà des profondeurs.
Une lame, la pointe,
D’une lance,
Au profond qu’il pénètre.

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 L’émeraude,
s’est faite lapis,
Puis cobalt,
Puis encre insondable,
La lumière a fondu,
Sous les flots épais.
Trace ta route,
Tout sonar éveillé.
Dans tes flancs évasés,
Tu caches la mort
Aiguë, glacée
Inhumaine,
Adorée.

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 Sous marin de la haine
Qui rôde en silence,
Sous les strates empilées
Des vies, depuis l’aube
Des temps effroyables,
Quand la vie balbutiait,
Au sein des étoiles,
Expansées,
Énergies brutes,
Puissantes,
Mortelles.

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 Chairs éparpillées,
En instance de souffle,
Qui gonflaient,
Au silence,
Des espaces sidérants.
Nul n’était.
Les vents terribles soufflaient.
L’avenir à venir,
Lui même ne savait pas,
Ce qu’il serait.
Je, tu ,il,
Imaginés, possibles,
Ni qui, ni quoi,
Pas même rien,
Qu’un silence,
A rompre les tympans.

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 Les tempêtes extrêmes,
Des matières pulsées,
Par le souffle fantastique,
De quelque volonté ?
Le hasard des éléments,
Propulsés dans ce vide,
Si long à se combler.
Les failles, les crêtes,
Les jets coruscants,
Aveuglants, terribles,
Les éclairs surpuissants,
Des folies,
A venir.

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 Pas même Zemon,
En ces temps.

D’avant le temps,
N’aurait pu imaginer,
Tant il n’était pas même,
L’espoir d’une palpitation.

L’atome d’un trognon,
L’ébauche d’un projet,
Encore moins une idée,
Qu’un jour,
Dans sa coque noire,
Parfaitement huilée,
Il me ravagerait.

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 Quartz rose,
Améthyste mauve,
Brillez,
De tous vos feux
A l’extase
Crue,
Échappés.

L’ORCHIDÉE DISSOLUE.

 

Le bijou d’azur et d’or de La De.

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©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

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Dans les nuages pleine nuit, elle est une île

En cape de palmes bercées. Sous la brise,

L’éventail déployé ondoie, scintille, rutile,

Longues tiges souples, feuilles frémissantes,

De beaux fruits rouges aux coques fragiles luisent

Et se balancent, indolents, charnus, innocents.

 

Dans le jour qui se lève, la mangrove s’agite,

La lagune aux émeraudes pilées palpite,

Sous le flot lumineux le bénitier en chaire

S’entrouvre et se referme, au gré de la marée,

Si faible que la lune en extase rechigne

A se cacher sous les sables d’ivoire fin.

 

Une île de beauté aux parfums enivrants,

Sur le rivage pâle de sa peau, en bouquets

Les gousses parfumées des vanilles bien mûres,

Le santal, la réglisse, le citron et le miel,

Au bord du ruisseau qui sourd entre les roches,

Curcuma, hibiscus, bouton de poivre rouge.

 

Je me suis allongé dans un hamac de chanvre,

Au levant le soleil pure bulle rose fraîche

Caresse l’île belle de ses langues oranges

Et ses parfums marins sous ses cheveux étals,

Et ça sent l’hippocampe au galop sous les eaux

Et les algues dansantes et l’huître ruisselante.

 

Dans ses lagons paisibles bleus en gueules d’or,

Aux volcans de ses seins, les aréoles s’étalent,

Au creux de ses aisselles, des fumèches d’encens,

A l’ombre des vallées, j’entends sonner la corne,

Au pied des orangers pleure le cacao,

Je passerais dix vies à enjôler son dos.

 

Mais la pluie a frappé ma fenêtre embuée,

Le vétiver est mort, la coriandre est fanée,

Sous ma joue écrasée, l’orchidée dissolue,

Dans les plis de mes draps le songe a disparu,

L’île, la belle ronde, comme un dauphin perdu.

VAGUES VAGUES.

Les regards vagues de La De.

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©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

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Vagues vagues, trop lentes, poussées par la tempête, les vents soufflent violents,

Les fleurs en émoi pleurent le regret des printemps éternels.

Dans les creux éprouvants, bateaux en désarroi, écume dispersée,

Aux ailes arrachées des papillons blessés les soies opalescentes

Tremblent les sourires éteints.

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Les vagues sont mugissantes, sur les sables torturés, elles s’allongent,

s’étirent comme des chattes lunes,

pantelantes,

essoufflées, harassées.

Le vent est à la hune.

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Chevaux légers des vertes mers hennissantes.

Friselis collants sur les terres déployées.

Au ciel lourd et chargé les nuages s’affaissent, s’ouvrent comme des boutres

et déversent leurs

Eaux.

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Et le sel des mers folles enrage sous les rides.

Mais le vent a séché les eaux fades fétides

Et la mer a gardé sa vigueur et son rire.

La tempête a faibli et le soleil respire.

À TROP DÉCAPITER

La trilogie de La De.

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©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

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C’est un gentil bourreau et sa jolie bourrelle,

Bras dessus, bras dessous, tendrement enlacés,

Qui se promènent sous un ciel rouge de sang.

Le bourreau, amoureux de la belle jouvencelle,

En oublie de couper la tête des parents.

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Au bord de la rivière un pêcheur endormi,

Ecroulé sur son banc, ronfle comme un sonneur,

Sa canne sonne, sonne, mais il ne l’entend pas.

Il rêve de bourrelle, le poisson se débat

C’est qu’il se meurt sans elle, mais la belle ne veut pas

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Debout sur l’échafaud, le bourreau est perplexe,

Il se gratte le dos à se casser les ongles,

Puis il saisit sa hache et dura lex sed lex,

À la rivière calme, il trouve le grison,

Et d’un grand tour de bras il l’envoie ad patres.

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Les chiens ont accouru, toutes langues dehors,

L’odeur de sang tout frais les incite à hurler,

La bourrelle est en pleurs, penchée sur le pêcheur

Elle serre entre ses bras sa tête décollée,

Le bourreau effondré est blanc comme un tout mort.

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Sous le soleil ardent, le tranchant de la hache,

Taché de sang séché, éventre la bourrelle.

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A trop décapiter, on devient meurtrier.

DANS LE RIRE DES FEMMES.

Les ongles des femmes de La De.

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©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

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Dans le rire des femmes se cachent leurs yeux blancs,

Dans les yeux noirs des femmes perlent des rires lents.

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Les cheveux longs des femmes comme de fiers pur-sang,

A l’amble des allées se promènent en allant

Voir au lac de mercure les grands cygnes dolents,

Sous leurs ailes repliées le regard de Satan,

Et dans ses yeux de braise rôtissent  en gémissant,

Des hordes de corps nus alanguis et pleurant,

Dont les os calcinés nourrissent les tyrans.

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Dans les grands yeux des flammes les femmes tournoyant,

Sur le bûcher dressé se tordent en hurlant,

Et le feu les consume en mordant dans leurs flancs.

Entre les bras des femmes se terrent les amants

Aux yeux remplis de larmes en manteaux d’astrakan,

Enfouis dans les soies, les brocarts enivrants,

Ils attendent que reviennent les amours d’antan.

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Entre les seins des femmes un ciboire de sang

Inonde leurs ventres ronds effleurés par le vent.

Sous les ongles des femmes rêvent des korrigans

Dans leurs fourreaux de cuir au soleil d’or couchant

Leurs écailles durcies brisent tous les élans.

Sous les cheveux des femmes des secrets éclatants

Murmurent des parfums fous aux effluves troublants.

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Dans le regard des femmes scintillent des rires blancs,

Des violences lascives, des désirs enlaçant.

LES FORÊTS SOMBRES.

Les gnomes hallucinés de La De.

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©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

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Le manteau cru des forêts sombres s’étale sur les courbes opulentes

des terres de partout,

comme le poil dru sur les bras épais des bûcherons en sueur.

On n’y voit pas le jour filtrer, tant sont denses les mensonges des feuilles caduques

sur les tapis d’aiguilles parfumées des érables paisibles

au côté des sapins orgueilleux.

Ils se dressent, obélisques tendues, à vouloir piquer le ciel, et faire, la nuit,

jouir les étoiles, accueillantes femelles aux branche hallucinées,

qui rêvent de sève de pin dégoulinant en fontaines de joie odorantes

sur leurs branches

luminescentes.

Dans les ténèbres les forêts grondent

elles craquent de plaisir et sèment la terreur

dans les esprits humains obsédés par la mort.

Les gnomes priapiques s’ébattent entre les troncs, plus rugueux

que les lourdes armures aiguës

des Tatous caparaçonnés d’écailles d’acier brut.

On entend le bruit sourd de leurs chibres épais qui taraudent

les flancs laiteux des fées énamourées.

Les rires fusent sur la mousse.

Et leurs cris aigus déchirent la nuit noire.

Le Grand Duc, statue de plumes lissées, tourne la tête

d’un air inquiet, comme une toupie folle.

Les souris tressaillent.

Que de meurtres consentis dans la totale impunité des encres étalées.

Le plaisir coule à flot.

Les hommes effrayés n’osent pas s’y risquer.

Dans leurs mornes cabanes ils attendent le jour.

A L’AUTRE BOUT DU MONDE.

A l’autre bout du coeur par La De.

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©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

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Ciel de torture, plafond bas, lourd, noir, oppressant

Enclume d’azur mort, dissoute par les eaux

Averses froides pleurées sur les sols sidérés

Mottes dures figées dans les champs désolés

Dans les herbes glacées quelques oiseaux gelés.

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Mais de l’autre côté sous le soleil violent

Les terres craquelées des espaces assoiffés

Entre les plaques gercées des savanes brulées

Les sols de boue durcie ouvrent leurs gueules crispées

Dans les herbes roussies quelques oiseaux séchés

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Le soleil blanc se mire au miroir des pôles

S’amuse et minaude sur la glace polie

Transparente et si dure quand est tombée la nuit

La lumière est si forte que les ours en sourient

Sur les collines chauves quelques manchots bandits.

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A l’autre bout du monde sur les récifs en flammes

Des gorgones maudites balancent lentement

Les clowns se faufilent entre les bras vivants

Des anémones molles aux longs bras flamboyants

Sur les îles turquoise quelques oiseaux bruyants.

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Les fauves sont tombés, leurs âmes desséchées

Pendent aux murs chaulés, improbables trophées

Et l’ivoire de leurs dents aux arêtes brisées

Ne mord que l’air ardent des regrets oubliés

Leurs yeux de porcelaine aux regards inviolés

Et la vie a quitté leurs pupilles de jais.

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A l’autre bout du monde, les terres disparues

Sous les neiges mortelles. Les corps décortiqués

Des momies enfouies au profond des glaciers

Immobiles et sereines, leurs âmes apaisées

Parlent aux oiseaux au dessus des nuées.