BRET BROTHERS MÂCON-CRUZILLE 2015.

Label-High-Res-Bret-MCruzille

 

Le troisième larron de la trilogie Villages, le Cruzille de chez Macôn.
A noter au passage qu’à une consonne près, ce vin aurait pu faire le bonheur des banquets électoraux du banquier repenti. Voire même régaler ses pires adversaires qui ne crachent jamais sur ce, qu’au passage, ils peuvent prendre.
Or donc comme j’aime à dire, une robe de cuirasse de centurion, or laquée de bronze, d’une parfaite brillance, au coeur de laquelle palpite un coin de ce ciel gris second tour des présidentielles que je vois de ma fenêtre.
Pour les hardeurs ordinaires du vin, des chais et des éprouvettes, tout ce qui précède n’est que baratin inutile, élucubrations d’allumé du hanap, ce que je confesse volontiers.
Ceci humblement confessé, les yeux fermés, je hume le jus de l’enfant de la grume, un jus de vieille (entre 50 et 80 balais), pas tout à fait un demi hectare de vieilles lambrusques sur argilo-calcaires. Un jus qui lâche du fruit, puis du fruit, puis encore du fruit. J’en salive immédiatement un peu comme quand …
Dire aussi que la pêche mûre se pare d’épices qui lui font cortège odorant et l’exalte, et d’ailleurs rien ne vaut, en d’autres circonstances aussi, une belle pêche exaltée à souhait ….
Ceci dit bis, la pêche est jeunette et ne se donne qu’avec une retenue de bon aloi, comme il se doit pour une presque pucelle de bonne famille. Je gage qu’apès un an ou deux, ayant acquis quelque expérience, elle sera d’olfaction plus intense.
Mais quid du gosier ? Ce vin de jeunesse m’attaque franchement la papille et son acidité mûre me la met derechef (si j’ose dire) en érection. Une matière conséquente me remplit le gosier qui ne demande que ça. A rouler sur la langue, elle enfle et déverse à terme une pêche légèrement agrumée au zeste de citron, puis la pelure du pamplemousse se joint à l’orgueil de Menton, et juste ce qu’il faut d’amertume, gage d’un veillissement nécessaire, me reste au palais après que le vin gourmand a passé la glotte. Lui succèdent enfin, et bien après car la jeunette est longue à faiblir, un peu du sel de la terre et l’idée que le calcaire serait monté jusqu’à ma bouche.
Ceci dit ter, c’est déjà foutrement très bon !

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