Littinéraires viniques » POÈMES EXACERBÉS …

LACIS …

 

Lacis de veines,

Et de ravines

Serrées,

Sur dentelles rouges,

De sang contenu,

Qui ne demande

Qu’à pulser,

Bouillonner ,

Donner à boire,

Ses bijoux,

D’or fin,

De peau diaphane,

De musc

Délicat,

De nougat

Sucré.

Poivré,

Aussi.

A s’étouffer …

 

 

 

A croire

Que le bonheur

Existe,

Qu’il est là,

Sous la main,

Qu’il palpite,

Comme un oiseau,

Aux plumes tièdes,

Inespéré.

Croquer,

A pleines dents,

Ses chairs

Goûteuses,

Son jus.

Verjus

D’amour.

Suave.

Goyaves

Mûres

Soleil,

Nié …

 

 

 

A percer

L’ombre

Touffue

Des lointains

Inatteignables.

A vivre

De pleines nuits

De plaisirs

Partagés.

A se gaver

Encore,

Encore,

Tant et plus,

De liqueurs

Précieuses,

De regards fous

Et de baisers

Charnus.

A se gorger

De viande

crue,

Lourdes,

A me ravir,

Fines,

A me désaltérer,

Me graisser,

Les babines,

Retroussées …

 

 

Soupirs,

Discrets,

Fleurs

Écrasées.

Souffles

Mêlés,

Embrasés,

Brûlants.

Secrets

Chuchotés,

Désirs

Cinglants,

Culs

Démontés,

Mains

Enlacées.

Verres brisés,

Souffle

Coupé.

Braises

Enflammées.

Opales

Fondantes …

 

 

 

Nuits

Interminables,

Peaux

Abrasées,

Cuisses

Râpées

A force

D’être frottées.

Coeurs

Exsangues,

Voix

Blanches

Des crèmes

Accueillies.

Corps

Épuisés,

Touffes

Écrasées

Sous le boutoir.

La Loire coule,

Maboule,

Sur les

Draps blancs.

Membres

brisés,

Mains enlacées

Regards

Hagards …

 

 

 

 

Échines

Ployées,

A se damner.

Mon velours.

Amour.

 

MOURIR DANS …

Amour de velours,

Entre tes mains jointes,

Tu tiens la sonde,

Qui cherche au monde,

Qui rode et gronde,

A la ronde

Que tu t’apprêtes,

A danser.

Écervelée,

Déjantée,

Déhanchée,

Tu roules,

Boule de feu,

Ta houle,

Et tes creux,

Ma poule,

M’hypnotisent,

Et me brisent,

Heureux

Comme un chien…

La loutre

De ton cri,

Qui arrache,

A ta gorge,

Ton sucre d’orge,

Au goût de sang

Pulsé,

Résonne,

Sonne

La charge,

Largue les ris,

Au vent hurlé.

Coupé,

Comme l’orge,

Sous la faux,

Qui tranche,

Tes hanches,

En rondelles

De sang

Séché …

Tu murmures

A l’envi,

L’infini

De ton plaisir

Qui veut,

Que le temps,

Hoquette,

S’arrête,

Comme cette langue

Sous ta dent.

Ravi,

Le Navire,

Qui fend

L’estuaire

Charnu

Qui mène

A l’absolu,

Sous le suaire

Dévolu,

A recueillir le fruit.

Crucifix profane

Qui tombe

Au pied

De ta croix …

Hasta la vista,

Mucho te gusta

Chiquita,

Esmerada,

Fine fleur

De mon tabac,

Que je fume

Sous la pleine lune,

Quand le loup

Blanc

De neige,

Hurle

Comme un fou,

A se casser

Les dents,

Se briser les flancs.

Te guette,

Étiquette

Collée,

Sur mon cœur

Navré …

Mourir
Dans les yeux
De ta nuit.

COMME UN JUNKIE …

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La De a vu.

—–

Camé à ma douce,

Comme un pamplemousse

Sans sa pelure

Dure.

Un anchois

Sans sa saumure,

Un bateau

Sans sa voilure,

Une plaie

Sans sa croûte.

Rousse.

Camé à sa mousse,

Comme une aiguille

A sa piqûre,

Une fève

A sa gousse,

Un doigt

A sa bouche,

Une nonne

A ses dentelles,

Une borne

Sous étincelles.

Rebelle.

Camé à ses reins,

Comme un marteau

A son burin,

Un pompon

A son marin,

Un voleur

A ses trousses,

Volent les requins,

Planent les marlous,

Fadas

De ses appâts.

Sa bague

A mon doigt.

En chaire.

Camé à ses seins,

Comme un lichen

A son granit,

Une mèche

A sa dynamite,

Un chaton

A son pompon,

Un coeur

A sa sereine,

Le sang

De mes veines.

Psychopompe.

Camé à ses poires,

Comme Houellebecq

A ses territoires,

Comme ma bouche

A son haleine,

Son cul

A mes reins,

La France

A son histoire,

La Corse

A sa beauté.

Brisée.

Sur les eaux cristallines

Du bassin de ses hanches,

L’Albatros a plané.

Comme un junkie

Sans sa tueuse.

NAPALM …

T’es où, Lou ?

Lou te descend,

Pendue à la corde

A noeud,

Qu’elle pétrit,

Pleines mains,

Et ses seins

Qui roulent,

Sur ta bosse,

Dure,

Haleine chaude.

La maraude,

Tout du long

De mon tronc

Souple liane,

Toi ma came,

Je m’enflamme.

Sous la mangue,

Sarabangue,

Mon cœur tangue,

Écarlate.

Manganate

Dis moi Lou,

Sous ta jupe,

Légère,

Espère,

Qu’en lisière,

La mer,

Bat tes flancs,

Blancs.

Calcaire

Qui croque,

Sous la dent.

 Lou, y es-tu ?

accroché,

A ton cul,

Ça tangue,

Comme à Danang,

Et ça brûle,

La peau

De mon coeur,

Comme napalm,

Dingo.

 Ventricule,

Ta virgule

Glisse,

Sur ma peau,

Elle s’écrase.

Ventouse,

Engloutis,

Moi,

Qui suit beau,

Dans ton rêve,

Bercé.

Sur la grève,

Le vent

Se lève,

La soie

Grège

De ta robe

M’enrobe.

Je gémis,

Dans mon lit.

Pauvre gros

Cachalot.

Je m’enlise

Ta salive

Colle

Ma peau.

De chagrin,

Le chafouin,

Baisse la tête,

Et vomit

Sur ta peau

L’espoir.

Mon exquise …

Je tuerai,

Qui m’empêche,

De plonger,

Dans tes eaux …

Intense,

Constance,

Arrache mes yeux,

Bleus

De rouille.

Napalm,

Tu m’enflammes,

Tue moi …

COMME UN PUITS …

Mon bout de sucre,

Candi,

A fondu,

Sous ma langue.

 

 Il m’a graissé

Les reins,

Comme une offrande,

De miel.

 

 Et de seins,

Gonflés,

Tendus,

Pointés.

 

 A se rompre.

 

 Je m’y suis,

Noyé,

Sans jamais,

Fermer les yeux.

 

 Puis il m’a pris,

Happé,

Tué,

Désossé.

 

 Englouti,

Comme un puits,

Qui gémit …

SEULEMENT …

A l’abricot fondant,

Qui sur sa table,

Pantelant, écartelé,

Suinte,

et se morfond,

Je croque,

En pensée.

Seulement.

 

Sa liqueur d’amour,

Grasse mes lèvres,

Brûle ma langue,

Qui s’affaire,

En pensée.

Seulement.

 

Dans la vallée,

Humide,

Qui le fend,

Un autre

Se régale,

De ces jus

De piment.

J’y aspire.

Seulement.

 

Et je meurs,

Fol amant.

A L’EXTASE, PEUT-ÊTRE …

Très noires sont les eaux,

Quand il s’y glisse,

Et les fend.
Parfait, ligne pure
A la proue effilée,
Il navigue, silencieux,
Au-delà des profondeurs.
Une lame, la pointe,
D’une lance,
Au profond qu’il pénètre.

 —-

 L’émeraude,
s’est faite lapis,
Puis cobalt,
Puis encre insondable,
La lumière a fondu,
Sous les flots épais.
Trace ta route,
Tout sonar éveillé.
Dans tes flancs évasés,
Tu caches la mort
Aiguë, glacée
Inhumaine,
Adorée.

 —–

 Sous marin de la haine
Qui rôde en silence,
Sous les strates empilées
Des vies, depuis l’aube
Des temps effroyables,
Quand la vie balbutiait,
Au sein des étoiles,
Expansées,
Énergies brutes,
Puissantes,
Mortelles.

 —–

 Chairs éparpillées,
En instance de souffle,
Qui gonflaient,
Au silence,
Des espaces sidérants.
Nul n’était.
Les vents terribles soufflaient.
L’avenir à venir,
Lui même ne savait pas,
Ce qu’il serait.
Je, tu ,il,
Imaginés, possibles,
Ni qui, ni quoi,
Pas même rien,
Qu’un silence,
A rompre les tympans.

—– 

 Les tempêtes extrêmes,
Des matières pulsées,
Par le souffle fantastique,
De quelque volonté ?
Le hasard des éléments,
Propulsés dans ce vide,
Si long à se combler.
Les failles, les crêtes,
Les jets coruscants,
Aveuglants, terribles,
Les éclairs surpuissants,
Des folies,
A venir.

—– 

 Pas même Zemon,
En ces temps.

D’avant le temps,
N’aurait pu imaginer,
Tant il n’était pas même,
L’espoir d’une palpitation.

L’atome d’un trognon,
L’ébauche d’un projet,
Encore moins une idée,
Qu’un jour,
Dans sa coque noire,
Parfaitement huilée,
Il me ravagerait.

 —–

 Quartz rose,
Améthyste mauve,
Brillez,
De tous vos feux
A l’extase
Crue,
Échappés.

L’OBSIDIENNE S’EST BRISÉE …

Sans titre 2

 Noires coquilles,

Que la marée écarte,

Au flux,

Comme au reflux.

Entre vos lèvres

De jais,

S’entrouvrent,

Satinées,

D’autres chairs,

Agglutinées.

—–

Au soleil couchant,

Rouge des chaleurs,

irradiées,

Le flot suinte,

Et ses eaux sucrées,

Que le poivre exhausse,

S’en vient baigner,

Les pétales tendres

Et roses,

Qui palpitent

Et bégaient,

Espérant

L’eau salée.

—–

La moule extasiée,

Les soirs de pleine lune,

N’est jamais rassasiée.

Le passant aveugle,

Accroché,

Aux mirages,

De l’ego boursouflé,

Ne la voit pas pleurer.

—–

L’obsidienne

S’est brisée.

—–

L’onyx

A balbutié

Le chant funèbre

Des espoirs

Désagrégés.

—–

Un cri

Dans la nuit,

Rauque,

Sauvage

Et doux,

Fulgore.

—–

La lune a roussi,

Quand il a retenti.

—–

Aux flots opulents

Qui larmoient

Au couchant,

Des pleurs

Se sont mêlés ….

EXSANGUE …

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Oleg Dou.

 

Nuit de chine,

De ravine,

Sur ma nine,

Emmanchée,

A chanter …

Nuit si blanche,

Ça balance,

C’est ta danse,

De pervenche

Affolée…

— 

Dans le noir,

Mon braquemart,

Comme un dard,

Broie ton fard

De soie …

Nuit de lapis,

Quand tu glisses,

L’ oiseau pleure,

Mirage

Blessé …

Nuit de râles,

D’opale,

Translucide,

Et turbide,

Je penche …

Aube blanche,

Coeur qui flanche,

Lèvre franche,

Sur ta hanche

Si pâle …

Aux balançoires,

Des sens,

La rime,

Terrible,

S’est pendue …

Coeur de jais,

Nuit soupente,

Souffles ténus,

La moelle

Brûlante …

Ombre portée,

Purée de fruits,

Crus …

Exsangue

La mangue.

A pleuré …

LE BLANC SILENCE …

Murée dans le blanc silence,

Que le plaisir ardent balance,

Quand enfin vous dites,

Votre plaisir cru.

Que des mots de violence,

Se bousculent à vos lèvres,

Toutes muettes,

Ouvertes, pourtant.

Qu’entre vos cuisses,

Votre doigt presse,

Le bouton turgescent,

Que la rosée inonde.

Je me repais,

De vous voir,

Chanter,

Pour moi,

La complainte,

Qui redresse la vie,

Fouaille mes reins

Et me met le cœur

Entre les dents …