Littinéraires viniques » POÈMES EXACERBÉS …

SEULES SONT LES NEIGES …

1488747_10201066772096961_228963239_nIllustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

La folie de La De.

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L’amour n’est pas Noël,

Non, vraiment pas,

Les amours sont plurielles,

Brille le soleil de ta prunelle,

Toi, l’ombre de mon glas

Regarde au loin les Dardanelles,

Noir, l’oiseau plane au delta,

Dans le jardin, la balancelle,

A oublié jusqu’à tes bras.

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Non, pas d’amour toujours,

Et crèvent les bulles,

La mer sous la tempête,

Passent les nuits, sombre velours,

Sur les eaux folles, la tourterelle,

Zigzague, ivre d’airelles,

Oeil crevé, triste aquarelle ,

Elle flagelle, tourne et virgule,

Nul ne sait, où elle se posera.

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 Qui ne voit pas le goéland,

Déployé, face au vent,

Plumes vibrantes, bec acéré,

Attend, sans même pleurer,

Corps effilé et cœur charmant,

Qui chatoie comme un diamant,

Fragile oiselle, à l’instant s’est posée,

Ailes moirées, regard brisé,

Et la vie meurt, cahin-caha.

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 Pimprenelle

Surréelle,

Jouvencelle,

Abigaël,

Tendre tourterelle,

Fragiles ailes,

Immatérielles,

Plumes de libellules,

Tu vibres, si belle.

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 J’irai peler le soleil,

Quand au couchant les abeilles,

Dans les champs, sur les treilles,

Bourdonneront à mes oreilles.

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 Seules sont les neiges, éternelles …

UN ALBATROS S’EST POSÉ …

1426572_10200973691370001_1493919463_nCe que La De a lu.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Un grand soleil de haut fourneau,

Coulis de chorizo,

Lave sanglante, lent staccato,

Est tombé, tout rouge sur les îles,

Jus d’orange, de fruit de la passion,

Dents de requin, chapelet de crocs à l’horizon,

Noires, aiguës, plantées, immobiles,

Rien ne les touche, vieilles et nubiles,

Quand le soleil, l’astre se lève,

Et du ciel flamboyant fend la plèvre,

Sur la baie d’Ajaccio …

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Brumes mouvantes, rampantes,délitées,

Sous la brise montante, le vent léger,

Lentement, tendrement, plumes de cygnes,

S’évaporent en gémissant sur les vignes,

Feuilles rouges, tremblantes, mourantes,

La peste s’en va, à mourir, radiante,

Automne aux rouilles aphrodisiaques,

Émotions rouges comme un zodiaque,

Et disparaissent, tristes arnaques,

Dans le ciel bleu cobalt de Cognac …

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Quand la tempête, la folie, ont rugi,

Flux déchaînés, comme par magie,

Le ciel, percé, dompté, s’est fait violet,

Les arbres noirs, vaincus, se sont couchés,

Le tonnerre, menace voilée, a grondé,

Tuiles envolées, volets claquants,

Regards baissés sous le boucan,

Les îles, si loin, gisent, impavides,

La mer, blanche de bulles, livide,

Il pleut du vent, des cris, du sang,

Le ciel ardent est sur les dents,

C’est une pluie de viragos,

Et tombent les fleurs, les trombes d’eau,

Sur la baie d’Ajaccio …

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Sur le velours des vignes étales,

Elle est là, la ronde femme fatale,

La lune aveugle, ce soir est pleine,

Comme l’œil mort d’un poisson,

Dans les rues noires, ville vilaine,

Passe l’ombre claire d’un moribond,

Le jour n’est plus, la nuit l’a prit,

Opale lune blême, tu te débats,

Et je gis, allongé sur mon bât,

Vénéneuse, elle s’accroche aux ombres,

Fluide, dans le ciel vide de Cognac …

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Sous la scansion de mes mots,

Je sens son dos si doux trembler,

Sur sa cambrure, sa chair, ses os,

Mes mains sans forces se sont posées.

Un seul être, une seule âme me manque,

Et mes doigts décharnés se sont brisés.

Sur les eaux calmes et cristallines,

Du bassin incurvé de ses hanches,

Mon cœur, pauvre moineau, s’affole et flanche,

Ma voix, faiblit, se tait, moi pauvre manche,

Je n’y peux mais, sur la pervenche,

Bec crochu, griffes serrées, qui attendait,

Le bel Albatros noir s’est posé …

ET JE TREMBLE POUR TOI …

Illustration de La Folle De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Ces femmes qui ne que sont des filles,

Affublées, provocantes, légères mantilles,

Me laissent sans voix et sans désir,

Mais la fille, jolie, qui est juste zéphyr,

Et fille aussi, lascive et fière,

Me met le cœur et l’âme, hors bière,

Aux fêtes rares des amours confits,

Elle, oui, frémit et me convie,

A me perdre, je veux, aux confins de ses yeux

Qu’elle a grands, limpides et si bleus …

——

Douceur lycanthropique, lave exsudée,

Organsin fragile, orages déversés,

Gestes gracieux, incontrôlés, énamourés,

Qui me tendent les bras, et toutes leurs vallées,

Profondes, brumeuses, goûteuses, inexplorées,

J’y tombe, m’y perds, m’y glisse, et m’y évade

Quand, pauvre hère, perdu, honteux, en rade,

J’allais, âme partante, voler vers d’autres mondes,

Bien au-delà des fins, des mappemondes,

Loin de tes fruits, tes orbes, tes courbes rondes …

——

Tu me regardes comme une enfant perdue,

Me prends, me donne, comme ta main tendue,

Me caresse, ta voix gratte à ma porte,

Qui claque, béante, sous le vent qui te porte,

J’exulte, interdit, me perds, m’oublie,

Quand, innocente, tu me retrouves, ma louve,

Me dis que depuis que les mondes ont jaillit

Des profondeurs, des magmas et des lits,

Des visages, des corps qui ont comblé ton lit,

Enfin tu sais, ce que veut dire aimer.

——

Alors je jette au vent mes oripeaux blanchis,

Me dépouille de la rouille, de mes amours rôties,

Je hurle à la lune combien j’étais meurtri,

Fracassé, désolé, aride et foutre de pie,

A toi, si rouge sous ta pâleur, je crie,

Qu’à l’heure où sonne le déclin de ma vie,

J’emmerde les catins, les animaux aux poils drus,

Les boues figées, les eaux sales et les dards pointus,

Les extases, les glus et les dondons dodues,

Tu es là, tu trembles, et je tremble pour toi …

——

Mon quartz, ma lumière, l’obsidienne,

S’est muée, j’aime ta lune pleine …

A LA QUEUE LEU-LEU …

1422366_10200853595567681_1239502541_nEt la finesse de La de.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

 

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Jacotte, petite marmotte,

Elle tricote, la frisée, elle tricote,

Croque menue, pointue, sa biscotte,

Du bout gourmand de ses quenottes,

Droite dans ses vieilles bottes,

C’est une madrée, une rigolote,

Qui dévide, coquine, sa pelote

Tombée, toute douce, de sa hotte

Elle sent bien bon la bergamote

La lavande, la myrrhe et la cancoillotte …

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Et voici le bel, le grand Edgar,

C’est un foutu bourru gaillard,

Barbe fleurie, lèvres sans fard

Grande gueule et gros braillard,

Cannes de serin, ventre de boyard

Torse velu, sacré braquemart,

Bouffeur de sanglier gras au lard,

Qui suce, goulu, cailles au caviar,

Se gave de salmigondis de canard,

Un peu vantard mais pas trouillard …

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La coquette Alphonsine,

Ôte son jupon de mousseline,

Son fin corset de feutrine,

Yeux de nougatine,

Bouche de praline,

Masse sa jolie poitrine,

Aux nuances opalines,

Avec force margarine,

Elle la soupline,

Et sa tête de dodeline…

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Frère Odilon

Se gratte frénétiquement les melons,

Se tâte énergiquement le pilon,

Est-ce un frelon ?

Mais non ! Des morpions !

Vite pour le soignon,

Apposer lamelles de jambon,

Verser jus de citron,

Frotter peau d’oignon,

Un syphon,

Fon fon…

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Au cul la vieille Marguerite,

Voici venu le temps des vapeurs et des frites,

Des glands charnus et des prurits,

Il est l’heure aimée dans ta sombre guérite,

De boire sans soif l’eau bénite,

Qui bout au creux de ta marmite,

Sous tes jupons bouffés aux mites,

Tu plais même aux tristes Barnabites,

Aux gros bedeaux, aux très beaux Alaouites,

Qui se régalent à se vautrer dans tes pituites.

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Dans les yeux verts de Victor,

Brille, jaunâtre, un œil d’alligator,

Sa bille tordue, chenue, à l’air retors,

Semble échappée à l’apophthore,

Faut dire que ce vieux brontosaure,

Est bien plus fort qu’un bucentaure,

Plus tordu qu’un grand constrictor,

Et qu’il braille plus qu’un stentor,

Jusqu’au fin fond d’Oulan-Bator,

A faire péter tympans et transistors …

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Cette vieille chienne

Acariâtre de Lucienne

Cachée derrière ses persiennes

Moustaches de prussienne

Faux-airs de chrétienne

Baptisée à Sienne

Par  une mousmée martienne

Adore Dskaa, déesse arienne

La Lumière iranienne

Vénération païenne

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Adepte du Grand tourment

Docte impatient, Christian

Parle avec Boris Vian

De parfums d’Ispahan

Des amours de Manoukian

Il va, empoignant

Les esprits fainéants

Fulminant, trépignant

Tout le temps, tout le temps

Tel un chat-huant.

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Quand, dolente, la belle Brigitte,

Suce force tendres pommes cuites,

Il n’est pas rare qu’en zettabits

Pulsent, et dégoulinent foule de tweets,

Les hussards, les banlieusards, les Moabites,

Tous les gandins, même les truites,

Rêvent, à un près, de soixante-huit,

De coït, à défaut, de chat-bite,

Et sortent leurs tristes gigabits,

Au risque de faire très grave faillite …

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Y’a bien longtemps mon bon Gaston,

Qu’y plus un pet , plus d’téléphon qui son,

La-bas, enterré dans ton vieux bastion,

Plus d’apéro, plus de gigolette, plus de piston,

Que d’la branlette, du hareng saur, des rogatons,

Tu végètes, plus d’crampette, ni d’gros tétons,

Que d’la sniffette, de l’ammoniaque et du chichon,

Des côtelettes, du gras d’boeuf et des chicons,

Tu t’grattes la couenne, les couilles pauvre cochon,

Mais non mon vieux, mon pote, t’as pas l’air d’un vrai con …

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Gavée de frangipane

Farcie de banane

La gloutonne Suzanne

Livide, diaphane,

Est prête à rendre l’âne.

Panse de Gargantuane

Langue de cellophane

Infuser de la badiane

Siroter sa tisane

Lisant les lettres persanes

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Ce goret de Marcel

A sifflé ta coupelle

Vidé ton écuelle

Bouffé les quenelles

Gobé les mirabelles

Salit la nappe en dentelle

De tata Annabelle

Qui hurle au Ciel

Pousse les décibels

A secouer l’archange Gabriel !

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A la retraite, la belette, la Jacqueminette,

Fatiguée, et ce prénom, qui sent la bleuette,

Le citron frais, l’angélique, pas la braguette,

Toute ta vie, rêvé d’une bonne baguette,

Fleurant bon la levure, le pain frais, la quéquette

Mais tes boutons, ton haleine, t’as beau être gentillette,

C’est pas demain qu’un charmant, l’oeil castagnette,

Cheveu gommeux, moustache frisée et douces couillettes,

Bout suant discret, mi fesses mi rillettes

Va te brasser, te limer, bouffer la cramounette …

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Six mois au désert

Desséché est Norbert !

Croûtes de camembert

Morves de Saint-Nectaire.

Rôti comme sorti des enfers !

Vite une savante infirmière

Pour lui passer du baume capillaire

Un verre de Marie-brise-air

Pour revigorer ses chairs

Réhydrater ses viscères !

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Toutes ces bavardes, tous ces baveux,

Collés, mélangés, harassés, embrasés,

Se caressent, bout de plume, œil de lune,

Ils aiment, trépignent, se bouffent le nez,

Enlacés, extasiés, allongés sur la dune,

Ils se regardent, sourient, béats, illuminés,

Comme des phares, à la pointe de Camaret

A la queue leu-leu …

A DEUX VOIES …

1383968_10200833507745498_1074252084_nEt l’oeil de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

Émus, ils se funiculèrent,

Un printemps plein de mystère,

Dans le bruissant téléféérique,

En l’air, se sont donnés la nique.

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Monsieur la funicule,

Tendre, lui dévaste la fibule,

Ce salaud d’homoncule,

Et madame gesticule.

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Cuniculi Cunicucul

Comme un pendule,

Elle crie, ça hurle,

Lui griffe les testicules.

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La Dame funiculore

Tout est multicolore,

Extasiée elle fulgore,

Et il l’adore.

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Monsieur funiculise,

Tout comme à Pise,

Ça rentre, ça grise,

A mesure qu’il s’enlise.

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A fort cuniguler,

Il se mirent, affolés,

Affamés, éberlués,

A se dévadorer.

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Elle funiculage,

Suprême outrage,

Et lâche l’orage,

Sur son beau visage.

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Le Sieur funiculouche,

Entre les babines de la Sainte-Nitouche,

Ruades, cascades de manouche,

Un vrai bain-douche.

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Bon gros cuniguleur,

A bouffer monsieur se meurt,

Et le bel artilleur,

Fait son boustifailleur.

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Funiculi Funicula,

Lève la queue,

Crache son gras,

Et puis s’en va.

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En chemin, funiculant,

Elle lui croque le gland,

Ils s’enfilent et se pâment,

En plein Paname.

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Cuniculi, Cuniculons,

Au lit, nous irons,

Brouter les cons,

Comme des cochons.

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Il dit, vous funiculer,

Jusqu’au tréfonds,

Je veux Madame,

Et vous damner le fion.

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Dans le funiculaire,

A cette heure-ci désert,

Comme des dromadaires,

Ils stridulent, fantasia berbère.

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Cunigulou, cunigulé,

M’en vais t’avaler,

Te croquer, te lécher,

Et tu prendras ton pied.

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Madame Funiculette,

Fait sa coquette,

Et gobe la coquillette,

Qui jaillit de sa braguette.

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Monsieur funiculisse,

La douce pelisse,

Humide et lisse,

Ouh… ça glisse !

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A deux ils cunigulent,

Au ras du vestibule,

Et dru ça pullule,

Et moussent les bulles.

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Madame refuniculage,

Ointe, visqueuse, laiteux cirage,

Elle défait son corsage,

Se frotte et enrage.

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Monsieur la funicule,

A bouffer ses cuticules,

Leste, agile funambule,

Sa queue, jolie virgule,

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Quand ça cunigulore,

Quand jusqu’à Bangalore,

Le soleil dore,

La sueur et les corps.

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Madame Funicouille,

Et son bulbe de fenouil,

Agile comme une grenouille,

Elle lui graisse la quenouille.

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Monsieur funiculise,

A défait sa chemise,

Savamment la défrise,

A mesure qu’il s’enlise.

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Mais ces cunigulâches,

Toussent et crachent,

Les humeurs salaces,

Qui les encrassent.

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Seigneur! Le Roi et sa Reine,

Vilainement se déchaînent,

A perdre foi, âme, haleine,

Furieusement ils funiculainent.

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Monsieur funiculonne,

Râle et marmonne,

Furieusement pistonne,

La fleur de la mignonne.

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Madame funiculache,

Joue de la cravache,

Et belle bravache,

Secoue ses pistaches.

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A deux ils cunigulèrent,

Jusqu’à se foutre en l’air,

Et de Rhodes à Madère,

La peau ils s’arrachèrent.

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Ils funiculongent,

Leurs freins ils rongent,

Rincés comme des éponges,

Puis goulûment replongent.

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Monsieur funiculance,

Se tortille et balance,

Longuement, avec patience,

Il retient sa semence.

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Leurs flancs cunigurouges,

Saignent comme des courges,

Ça attire les bourges,

Autant que les peaux-rouges.

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Madame funiculase,

Chevauche crûment Pégase,

Salope de hase,

Elle le mène à l’extase

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Monsieur funiculouche,

A bouffer ses babouches,

Décharge ses cartouches,

Dans la petite bouche.

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Un vrai cuniguloire,

A manger et à boire,

C’est une putain de foire,

A briser l’encensoir.

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Il funiculoire,

Refuse de croire,

Qu’à son ciboire,

Madame veut tout boire.

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Ainsi ils funiculeurent,

Dans les rires et les pleurs,

Jusqu’à pas d’heure,

Au fond du Sacré-Cœur.

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Belle cuniloutre,

Et sac à foutre,

Au creux de la yourte,

Ont bouffé de la poutre.

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Funiculi,

Funicula,

Cuniguli,

Cunigula,

Lève la queue,

Et puis s’en va …

DÉVADORE MOI …

1391567_10200814954001666_1026927008_nAvec le regard de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Dévadore moi, toi,

Moi qui te dévodare

Tant doucement,

Tant amoureusement

Tant ardemment,

Tant supllicieusement,

Qu’à la fin je me dissous

Comme le sucre dans le lait

De ton âme explosée.

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Sur le sable de douleur

De cette couche froissée,

Nous nous sommes laissés

Emporter à nous briser,

A déchirer la surface

Comme la peau de scarface,

A nous goinfrer d’amour,

A nous sentir si lourds,

Et nos âmes éclatées.

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Viens me dévadorer, dis,

Viens t-en urgemment,

Avant que n’éclate le grand vent

Des discordes, des miséricordes,

Les chants de misère, et la horde

Harassée, brisée, puante,

Des regrets, des cris, des souffrances,

Le cours des fleurs fanées et gluantes,

Et l’idée que le beurre est rance,

Avant que je me balance

Le nœud au bout d’une corde .

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Me sens grave comme un batave

Perdu au sommet des montagnes,

Comme un cancer inquiet

Allongé, caché, aux pieds,

Des catastrophes annoncées,

Comme le film torride

De tes anciennes vies,

De tes plaisirs, languide

Tu as été, bien avant que mon gland,

Timide, ému, ignorant,

Du bout, rêve de caresser tes dents.

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Les temps passés me terrorisent

Et je me vide à ces pensées horribles,

Autant que je le peux, j’évite,

Les morsures sanglantes de la bise,

Qui souffle à bout de souffle,

Glacée, salée, et me dise

Toutes oreilles clouées, closes,

Combien je ne suis qu’une chose,

Fadasse, incolore et sans goût,

Au regard terrifiant des cuirassiers,

Destroyers, avisos et autres seigneurs,

Aux matures brûlantes, aux proues effilées,

Qui ont longé, griffé,

Cloué, caressé, rongé tes flancs,

De baleine agile échouée sur le banc,

De leurs dards ardents.

Et c’est pourquoi je pleure,

Moi pauvre leurre.

Tant.

Alors dans l’épaisse pénombre

D’une chambre inventée,

J’entends, je vois passer les ombres,

Gigantesques et dorées,

De tes anciens amants.

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Dévadore moi,

Avant que s’évapore,

Que ne quitte mes pores,

La vie qu’il me reste à t’aimer.

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Quartz aigus

Que n’ai-je pas vécu.

COMME LA VIE …

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Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

 

Comme la glace

Aux rayons ardents,

Qui fond

Sous tes pieds fourchus.

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Comme le chien

Chassieux de misère,

Qui jappe,

Pleure et supplie.

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Comme la crème

Acide et tiède,

Qui crame

La peau de tes petits matins.

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Comme le rai

De lumière noire,

Qui crève

Tes volets blancs.

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Comme la main

Précise à pleurer,

Qui s’égare

Sur tes sables.

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Comme le caviar salé

Des nuits éclectiques,

Qui craque

Sous les chicots cariés.

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Comme le croco péteux

Enfoui dans la vase,

Qui finit

Dans ton sac merdeux.

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Comme les putes

Aux longues jambes,

Que baisent

De gros bouseux.

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Comme les asticots velus

Tout au fond de ton cul,

Qui vomissent

Ta vie de chienne farcie.

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Comme la haine rouillée

A genoux à tes pieds,

Qui rugit

Et maudit ta vie.

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Comme la baleine bleue

Découpée sur la dune,

Qui chante

Et pleure à la lune.

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Comme le pal dressé

Au cul de Torquemada,

Qui attend

De cracher son foie.

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Comme un cœur déchiré

Par une vie sinistre,

Qui prend

Ton ventre pour une église.

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Comme un abbé obèse

A lécher les poêles,

Qui s’encule

Une nonne jusqu’à la moelle.

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Comme un crucifix accroché

Au flanc de la salope,

Qui s’accroche

Et rit au vit de la vie.

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Comme un chat dépiauté

Par un aveugle châtré,

Qui pend

Mou comme un gland mort.

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Comme la vie morbide

Figée, puante,

Qui t’éclate

La tronche à longueur de karma.

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Allez, va te faire mettre

Cette prothèse de hanche,

Qui te traîne

A la mort, pauvre tanche.

———-

Que le cul de ta mère

Soit à jamais maudit,

Et que ce con d’Apollinaire

Te conserve dans l’alcool

De ses foutreries inutiles …

 

COMME DES LOUPS …

1385913_10200733539046343_1223730120_nSous le regard de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

On va se coucher?

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Tu me parleras à l’oreille,

Je me tairai,

Énamouré,

Muet comme un boa,

A la langue arrachée,

Caresserai ton bras,

Tu me regarderas dans le noir,

Nous mangerons l’espoir,

Te rapprocheras, jusqu’à

Toucher mes lèvres,

Du bout des tiennes,

Gorgées, tendres et pleines,

Je sentirai ton souffle tiède,

Le vent dans la pinède,

Les fragrances rosées des oueds,

Entourés de palmiers,

Où blatèrent les chamelles

Aux grands yeux fatigués,

Ivres de dattes sucrées,

D’épices, de délices,

De cannelle et de fruits

Aux grains rouges et juteux,

Le parfum de ta peau,

Pâle comme lune d’opale,

Ta langue humide

Effleurera ma bouche,

S’insinuera doucement, amoureuse,

Je ne bougerai pas, te laisserai jouer

Sur mon visage,

Dans l’ombre chaude du lit

Tes mains courront sur mon torse,

Tes doigts frôleront, pinceront,

Doucement, pétriront,

Ferons ce qu’elles voudront,

Qu’aussi je voudrai,

Et moi, silencieux jouerai,

A te voir ainsi jouer,

Dans le noir absolu

De cette nuit épique,

Belle nuit d’amour vivant,

Et tu te hisseras

Sur moi, m’envelopperas

De tes chairs chaudes,

Tes yeux au ras des miens,

Mystérieuse, tu ne souriras pas,

Tu auras l’air grave

Des amours si longtemps attendues ….

———-

Je me délecterai à être ta chose,

Confiant et doux

A ta merci,

Charmante torture, d’avoir à me taire

Sous ta bouche goulue

Aux dents de louve folle,

Tu onduleras

Comme une fleur au vent,

Me diras à l’oreille des choses ignobles

A coups de grands mots doux,

Rauques et fous,

Tu m’engloutiras

Dans tes abîmes étroits,

Seul j’y nagerai

La danse de la joie,

Tes hanches s’épanouiront

Comme des marshmallows,

Tu fondras, serreras

Entre tes cuisses fermes,

Mes hanches, les miennes

Seront les tiennes,

Tes mains se crisperont

Sur mes fesses durcies,

Saisies, pétries.

———-

Comme jamais, j’aurai senti

Ta force, ta faim, ta vie,

Comme jamais plus j’aurai joui.

———-

Tu seras ma maîtresse,

Et celle du jeu tendre

De nos corps, exaltés

D’avoir dû tant prétendre,

Tu aspireras

A me dire ta joie, quand

Sous tes seins épanouis,

Tu sentiras mon corps

Se tendre, et faire l’arc-en-ciel,

A te soulever,

Et je m’enfouirai jusqu’à la garde,

Cracherai au visage de la camarde,

Et tu m’avaleras à ne plus me lâcher,

Tu voudras me manger, me mâcher,

Enfin, nous jouirons comme des loups

Affamés par tant de disettes,

Et nous nous parlerons aussi,

A voix de velours sablé,

A voix tendre, un peu cassée,

Un peu brisée, un peu salée,

Tu me diras : Enfin l’amour j’ai fait,,

Je t’ai absorbé, digéré, exsudé,

Comme une goule drôle,

Mes reins s’en souviendront

Jusqu’à la fin des temps,

Je suis à toi, et tu es mon amant,

L’amant de mon âme,

Et je suis l’âme de la femme de l’amant.

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Nous jouirons comme des loups,

Nous nous illuminerons comme à Noël,

A exploser le cul du Père,

A en perdre nos repères,

Nous jouirons comme des cratères,

A faire pleurer la terre,

Nous jouirons comme des loups,

Jouirons comme des loups,

Comme des loups,

DES LOUPS,

Hurlerons comme des fous,

A la mort de la souffrance,

Ivres de nos fragrances,

Arracherons le bleu du ciel,

Étoufferons les hirondelles,

Éventrerons la peur,

Étrangleront la mort,

Entre nos cuisses jointes,

Et nos corps soudés,

Aspirerons à ne plus nous quitter,

Crierons à nous briser,

Desquamerons nos peaux,

Pleurerons de plaisir

Rugirons comme des lyres

Déchirées par la tempête

Des amours électriques

Qui piquent.

———-

Et le désir intense

Consumera nos os …

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Et je hurle à mon sort

Dans le noir de ma nuit,

Seul,

Comme un homme, un fantôme

Maudit,

Je dors avec la mort …

ET RON, ET RON …

 

 

1380004_10200730257844315_973619571_nIllustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

 

Il pleut, il pleut bergère,

Et ron et ron,

Pauvre petit con,

Il pleut, il pleut bergère

Jusque sur tes nichons

Tout ronds,

Jusque sur tes pompons

Grognons, Lison …

 ———

Sur la grève allongée,

Ma fée, ma fée,

Toute chamboulée,

Tu planes toute éveillée, veillée,

Entre tes jambes entrebâillées,

Te voilà toute mouillée,

Tralala, tralalère

Il pleut, il pleut Bergère …

———-

Alors tu te relèves,

Quand ta lune se lève, lève,

Le vent sur la grève,

Voilà qu’il a soufflé, soufflé,

En rafales frissonantes,

Douces, fraîches, elles filent,

Entre tes lèvres l’alguazil

N’a pas pu se cacher, Armante …

———-

Au loin, trop loin,

Et tsoin et tsoin,

Il court, il court, le furet,

Le furet du bois rasé,

Il est parti dans son lit, son lit,

Se coucher, pauvre abruti, meurtri,

Sa pelisse toute lisse,

Et tes yeux d’améthyste, tristes, Clarisse …

———-

Ainsi va la bayadère,

Lalère, lalère,

Ronde comme un gruyère,

Et ses pompons renflés,

Pleurent de tout leur lait,

De tout cet amour gâché,

Olé, olé,

Sur le sable abandonné, Circé …

———-

De Nantes à Montaigu,

La digue, la digue,

Poires, melons et figues,

Font la ronde, en chantant,

Tout autour tirecul, tirecul,

Le pèlerin au dard aigu,

Trace la route, seul et nu,

Ah ! Ta coquille fessue, Lulu ..

 ———-

A ta claire fontaine,

Ma reine, ma reine,

A se désaltérer,

Tête basse et poings serrés,

Il ne peut que hurler, rêver,

Alors il tourne et vire,

Elvire, Elvire,

Comme un raton rôti, Lili …

———-

Il pleut, il pleure bergère,

De lourdes larmes amères,

Qui roulent sur tes flancs,

Jusqu’à mon cœur si blanc,

Ô ma lyre, tralalire,

J’ai vécu le martyre,

Un mirage, un respir,

Au revoir les soupirs, Elvire …

———-

La morale de cette histoire,

La poire, lanloire,

C’est que le temps perdu,

Glandu, glandu,

Des amours illusoires,

Ainsi font, font, font,

Pommes, pêches, citrons,

Est tombé dans la glu, Ciguë …

 

PAUVRE LAPIN FOOL …

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Un câlin cool

Avec un lapin fool

Qui rit en silence,

Te pousse et se lance

Entre tes reins,

S’en va et s’en vient,

Fleurit son romarin,

Sur le jasmin

De tes seins …

———-

Et ta bouche de houri

Se pose sur ma main

Griffe, gratte

Et grogne, rogne

Sous le bout de ma gratte,

Voluptueuse ratte,

Et voilà que ma pogne

Caresse la souris

Sans attendre demain …

———-

Tu roules et tangues,

Sur ma langue

Tu t’ébroues,

Te rebiffes

Et me secoues

A grands coups,

Quand j’ose

Pousser la chose

Jusqu’au bout …

———-

Sur tes seins ronds

Qui baillent à la lune,

Accrochés à ma hune,

Deux pompons roses

Clignent des yeux,

Quand je crie et houspille,

Je frémis et tressaille

Tout au fond de tes entrailles

Moi, la dernière des racailles …

———-

A fendre ta broussaille

Je m’évertue, dans ma glu

Scintillent les étoiles,

Dans tes yeux qui se dévoilent,

Sale gueuse dépoitraillée,

Et les melons tressautent,

Mûrs, au jardin des rocailles,

Alors, je te regarde au fond,

Et ripaille pour de bon …

———-

 Tes pompons tout énervés

Se mettent à gonfler,

Fragiles, et tout enflés

Comme deux baudruches

Ballantes au ciel d’été.

Tu es mon autruche

Aux plumes tremblantes,

Ma belle énamourée,

Et ta peau de perler,

Fille de peu, ma fée …

 ———-

Je t’aime à en crever …

 ———-

Sur la grève déserte,

Je me suis réveillé,

Mon cœur à marée basse,

Sinistre connasse,

S’est arrêté,

Le sable l’a grippé,

Et ton corps d’organsin,

Tes hanches de bonasse,

Et tes reins, ton cœur, tes seins,

Se sont envolés …

———-

Et roule la houle,

Pauvre lapin fool.