Littinéraires viniques » POÈMES EXACERBÉS …

SEULEMENT …

A l’abricot fondant,

Qui sur sa table,

Pantelant, écartelé,

Suinte,

et se morfond,

Je croque,

En pensée.

Seulement.

 

Sa liqueur d’amour,

Grasse mes lèvres,

Brûle ma langue,

Qui s’affaire,

En pensée.

Seulement.

 

Dans la vallée,

Humide,

Qui le fend,

Un autre

Se régale,

De ces jus

De piment.

J’y aspire.

Seulement.

 

Et je meurs,

Fol amant.

A L’EXTASE, PEUT-ÊTRE …

Très noires sont les eaux,

Quand il s’y glisse,

Et les fend.
Parfait, ligne pure
A la proue effilée,
Il navigue, silencieux,
Au-delà des profondeurs.
Une lame, la pointe,
D’une lance,
Au profond qu’il pénètre.

 —-

 L’émeraude,
s’est faite lapis,
Puis cobalt,
Puis encre insondable,
La lumière a fondu,
Sous les flots épais.
Trace ta route,
Tout sonar éveillé.
Dans tes flancs évasés,
Tu caches la mort
Aiguë, glacée
Inhumaine,
Adorée.

 —–

 Sous marin de la haine
Qui rôde en silence,
Sous les strates empilées
Des vies, depuis l’aube
Des temps effroyables,
Quand la vie balbutiait,
Au sein des étoiles,
Expansées,
Énergies brutes,
Puissantes,
Mortelles.

 —–

 Chairs éparpillées,
En instance de souffle,
Qui gonflaient,
Au silence,
Des espaces sidérants.
Nul n’était.
Les vents terribles soufflaient.
L’avenir à venir,
Lui même ne savait pas,
Ce qu’il serait.
Je, tu ,il,
Imaginés, possibles,
Ni qui, ni quoi,
Pas même rien,
Qu’un silence,
A rompre les tympans.

—– 

 Les tempêtes extrêmes,
Des matières pulsées,
Par le souffle fantastique,
De quelque volonté ?
Le hasard des éléments,
Propulsés dans ce vide,
Si long à se combler.
Les failles, les crêtes,
Les jets coruscants,
Aveuglants, terribles,
Les éclairs surpuissants,
Des folies,
A venir.

—– 

 Pas même Zemon,
En ces temps.

D’avant le temps,
N’aurait pu imaginer,
Tant il n’était pas même,
L’espoir d’une palpitation.

L’atome d’un trognon,
L’ébauche d’un projet,
Encore moins une idée,
Qu’un jour,
Dans sa coque noire,
Parfaitement huilée,
Il me ravagerait.

 —–

 Quartz rose,
Améthyste mauve,
Brillez,
De tous vos feux
A l’extase
Crue,
Échappés.

L’OBSIDIENNE S’EST BRISÉE …

Sans titre 2

 Noires coquilles,

Que la marée écarte,

Au flux,

Comme au reflux.

Entre vos lèvres

De jais,

S’entrouvrent,

Satinées,

D’autres chairs,

Agglutinées.

—–

Au soleil couchant,

Rouge des chaleurs,

irradiées,

Le flot suinte,

Et ses eaux sucrées,

Que le poivre exhausse,

S’en vient baigner,

Les pétales tendres

Et roses,

Qui palpitent

Et bégaient,

Espérant

L’eau salée.

—–

La moule extasiée,

Les soirs de pleine lune,

N’est jamais rassasiée.

Le passant aveugle,

Accroché,

Aux mirages,

De l’ego boursouflé,

Ne la voit pas pleurer.

—–

L’obsidienne

S’est brisée.

—–

L’onyx

A balbutié

Le chant funèbre

Des espoirs

Désagrégés.

—–

Un cri

Dans la nuit,

Rauque,

Sauvage

Et doux,

Fulgore.

—–

La lune a roussi,

Quand il a retenti.

—–

Aux flots opulents

Qui larmoient

Au couchant,

Des pleurs

Se sont mêlés ….

EXSANGUE …

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Oleg Dou.

 

Nuit de chine,

De ravine,

Sur ma nine,

Emmanchée,

A chanter …

Nuit si blanche,

Ça balance,

C’est ta danse,

De pervenche

Affolée…

— 

Dans le noir,

Mon braquemart,

Comme un dard,

Broie ton fard

De soie …

Nuit de lapis,

Quand tu glisses,

L’ oiseau pleure,

Mirage

Blessé …

Nuit de râles,

D’opale,

Translucide,

Et turbide,

Je penche …

Aube blanche,

Coeur qui flanche,

Lèvre franche,

Sur ta hanche

Si pâle …

Aux balançoires,

Des sens,

La rime,

Terrible,

S’est pendue …

Coeur de jais,

Nuit soupente,

Souffles ténus,

La moelle

Brûlante …

Ombre portée,

Purée de fruits,

Crus …

Exsangue

La mangue.

A pleuré …

LE BLANC SILENCE …

Murée dans le blanc silence,

Que le plaisir ardent balance,

Quand enfin vous dites,

Votre plaisir cru.

Que des mots de violence,

Se bousculent à vos lèvres,

Toutes muettes,

Ouvertes, pourtant.

Qu’entre vos cuisses,

Votre doigt presse,

Le bouton turgescent,

Que la rosée inonde.

Je me repais,

De vous voir,

Chanter,

Pour moi,

La complainte,

Qui redresse la vie,

Fouaille mes reins

Et me met le cœur

Entre les dents …

SOUFFREZ QUE …

Souffrez que je vous baise,

Vous baise

Et vous re baise,

Que sur la peau fragile,

De votre aine qui palpite,

Je dépose la goutte,

Qui perle,

Sur mon gland.

CRISSE LA LAME …

Schiele. Jeune femme.

Schiele. Jeune femme.

Elle déjeune,

Se douche,

Dors encore,

Elle … ?

N’est pas là.

Il tire la langue.

Elle n’est pas là.

Intouchable,

Injoignable,

Sous la vitre

Transparente.

La menthe.

 Crisse la lame.

Comme un âne,

Il braie,

Pas gai,

Gris,

Broyé,

Inclassable.

Friable.

Il croit,

Que croire,

Que dire,

Que faire,

S’enterre.

Suaire.

Quand l’enfant

S’écroule,

Explose

Comme une fleur

Au vent ?

Ersatz.

Quartz.

Se taire,

Fuir ?

Se nourrir.

Amertume

Qui fume.

Charbon.

Pierre

Qui fond.

Boue

Qui suinte,

Putride,

Et le souille.

Gargouille.

Tête de veau,

Sauce gribiche,

Pâle, livide,

Langue rose,

Regard déchu.

Opale.

Bien le bonjour

Madame Michu.

Sangsue.

 

RAGE DE VELOURS …

S Mémo_22La nuit rouge.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

Loin comme toujours,

Intouchable velours,

Mon amour ….

Mirage au désert,

Mon coeur se serre …

Alors j’enrage,

Quand m’échappe l’outrage.

Je suis à l’orage …

D’UN REGARD ÉTRANGE …

10686487_10202671239607646_1075923554_oL’oeil sous l’oeil  de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

 D’un regard étrange.

Un sourire aussi,

De carnassier aux dents aiguës.

Dans son cou de tourterelle,

J’irai planter mes dents,

De sa bouche entrouverte,

Je frôlerai la langue.

Mes mains écrasées,

Sur ses seins fous.

Entre ses cuisses bavardes,

J’irai me réfugier,

Après que mon souffle,

A déplissé ses pétales ….