Littinéraires viniques

CE BOIS DONT ON FAIT DES MERVEILLES…

  Juste avant le Bal des Debs…

 

 Ah «Le petit bois derrière chez moi», la jolie comptine…

 

«Derriere chez moi
Savez vous quoi qu’y n’y a
Derriere chez moi
Savez vous quoi qu’y n’y a
Ya un bois
Le plus joli des bois
Petit bois derriere chez moi
et tralonlalonlere tralonlalonla et tralonlalonlere tralonla
Et dans ce bois
Savez vous quoi qu’y n’y a
Et dans ce bois
Savez vous quoi qu’y n’y a
Ya une godasse
La plus jolie des godasses
La godasse dans le bois
Petit bois derriere chez moi
et tralonlalonlere tralonlalonla et tralonlalonlere tralonla
Dans cette godasse
Savez vous quoi qu’y n’y a
Dans cette godasse
Savez vous quoi qu’y n’y a
Ya un peneu
Le plus joli des peneus(x)
Le peneu dans la godasse
La godasse dans le bois
Petit bois derriere chez moi
et tralonlalonlere tralonlalonla et tralonlalonlere tralonla
Dans ce peneu
Savez vous quoi qu’y n’y a
Dans ce peneu
Savez vous quoi qu’y n’y a
Ya un almanach
Le plus joli des n’almanach
n’almanach dans le peneu
Le peneu dans la godasse
La godasse dans le bois
Petit bois derriere chez moi
et tralonlalonlere tralonlalonla et tralonlalonlere tralonla
(parlé) Ya tout ça derriere chez moi?
(parlé) c’est pas possible
Dans le n’almanach
Savez vous quoi qu’y n’y a
Dans le n’almanach
Savez vous quoi qu’y n’y a
Ya un sparadrap
Le plus joli des sparadraps
Sparadrap dans le n’almanach
n’almanach dans le peneu
Le peneu dans la godasse
La godasse dans le bois
Petit bois derriere chez moi
et tralonlalonlere tralonlalonla et tralonlalonlere tralonla
Dans le sparadrap
Savez vous quoi qu’y n’y a
Dans le sparadrap
Savez vous quoi qu’y n’y a
Ya un sac à main
Le plus joli des sacs à main
Sac à main dans le sparadrap
Sparadrap dans le n’almanach
n’almanach dans le peneu
Le peneu dans la godasse
La godasse dans le bois
Petit bois derriere chez moi
C’est un dépot d’ordures qu’il y a derriere chez toi
C’est vraiment trop dur dur restons pas là
C’est un dépot d’ordures qu’il y a derriere chez toi
C’est vraiment trop dur dur restons pas là
Un kilometre à pieds, ça use, ça use…»

 

Gérard Rinadi/ Luis Rego Les Charlots 1970.

 

Franchement, c’est de la bombe inaltérable, d’la vieille certes, mais d’la bombe quand même, indémodable, dans la plus pure Tradition Française : Léger et puissant à la fois. Lisez et relisez, y’a du sens et des tiroirs en pagaille!!!

C’est vrai que le bois en a inspiré plus d’un, voire d’une. La preuve…

En voilà une qui réveille les vieux scouts endormis sous leurs cravates de cadres compassés et à venir non??? Et puis par ces temps écologiques, c’est dans la bonne vaillebracheune.

Pour en finir avec le Bois, ne pas oublier le Vieux Charles! Qui boit du vrai Muscadet…

Trousse chemise.

 

«Dans le petit bois de Trousse chemise
Quand la mer est grise et qu’on l’est un peu
Dans le petit bois de Trousse chemise
On fait des bêtises souviens-toi nous deux
On était partis pour Trousse chemise
Guettés par les vieill’s derrièr’ leurs volets
On était partis la fleur à l’oreille
Avec deux bouteill’s de vrai muscadet
On s’était baignés à Trousse chemise
La plage déserte était à nous deux
On s’était baignés à la découverte
La mer était verte, tu l’étais un peu
On a dans les bois de Trousse chemise
Déjeuné sur l’herbe, mais voilà soudain
Que là, j’ai voulu d’un élan superbe
Conjuguer le verbe aimer son prochain.
Et j’ai renversé à Trousse chemise
Malgré tes prières à corps défendant
Et j’ai renversé le vin de nos verres
Ta robe légère et tes dix sept ans
Quand on est rentrés de Trousse chemise
La mer était grise, tu ne l’étais plus
Quand on est rentré la vie t’a reprise
T’as fait ta valise t’es jamais r’venue.
On coupe le bois à Trousse chemise
Il pleut sur la plage des mortes saisons
On coupe le bois, le bois de la cage
Où mon cœur trop sage était en prison.»
 

 Bon allez, j’arrête de vous bassiner façon nostalgie du mois de Novembre pour vous dire en manière de conclusion que le «Golf de Trousse Chemise», neufs trous – avec l’âge on s’essoufle – de l’Île de Ré, est un lieu à la Bobo de toute beauté… Évitez quand même les pique-niques au pâté arrosés au Bojolpif sur le green, c’est pas trop bien vu par les rombières en survêts Chanel qui s’y promènent derrière leurs bouches d’ornithorynques avides, leurs chutes d’organes, plus que de reins, leurs touffes oxygénées et leurs impossibles implants mammaires. A moins que vous n’exhibiez vos Marcels en coton mercerisé, détendus et souriants, au volant d’un Q7 discret…Tant que ma Rolex, pardon… mon solex est en réparation, j’y vais franco. Et puis merde, j’ai plus de cinquante ans!!!

Accroche-toi mon frère, la grâce est au pouvoir.

Profite donc bien de ces temps bénis où la solidarité n’est pas ta soeur pour écraser le chien de tes voisins, pour sourire à l’ange qui ne te le rendra pas, pour bouffer du Turc cru, pour enculer les mouches sans préservatif, pour te demander ce que tu pourrais bien tirer de ce cadeau de merde qui t’es tombé dessus pour ton dernier anniversaire, pour écraser la vieille au Viager joli qui te fait mariner depuis six mois, pour t’acheter le dernier portable en forme de canard à usage mixte, pour t’inscrire sur MythiquedelaFraternité, sur Livredetronches, pour te fendre le groin, sur Tateub avec les humoristes qui pètent sur des briquets, pour boire, dans la pénombre sans âme des Lounges branchés d’improbables liquides au monolithisme rassurant, pour t’anaboliser la tête et le corps, pour dévoiler tes chagrins ordinaires en direct, pour communier dans les stades avec les furieux qui tournent le dos aux fulgurances ailées des Catalans inspirés, pour dévorer la vie à pleines dents, blanches comme la chemise du littérateur éclectique, pour te faire lippo-sucer tous les trois mois, botoxé tous les quinze jours, remonter, gommer, lifter, épiler, allonger, gonfler, retendre, Barbiaiser, Jacksoniser à donf et accéder enfin à la grande famille des enfants de l’inutile, bien au chaud, collé comme la vérole du bas clergé pédophile au sein hypertrophié de la grande vacuité…

Ça doit être cet Australien ce Cloudy Bay blanc que j’ai trop bu, qui m’a dévasté. J’ai mal à mon neurone qu’avait enflé sous les pétards. Le jus de planches en plus…Le réveil n’a rien d’une résurrection, c’est plutôt bad trip now. Pfffffffff…Merde, j’en étais où? Ah oui, le Vieux Charles, Trousse chemise, le Petit Bois, les Vieux Charlots.

Ouais ok. Mais j’allais où là, je ne sais plus trop. Allez regrimpe en haut de la page. Un petit clic sur la bonne touche et te revoici au titre. Bon c’était une histoire de bois et de merveilles. Pour le supplice de la planche nuageuse, j’ai donné, c’est fait…

Ben mon gars, t’as écrit Merveilles, t’assumes, tu te demerdes, t’y vas. Bon pour le bois, avec Cloudy Bay et ses délires, c’est fait. Merveilles, merveille…j’ai même pas une DRC sous le coude, alors le trip au pays du Manège En Chantier, c’est pas gagné!!! Qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur raconter à tous ces «bois-sans-soif» pour m’en tirer élégamment? Non là laisse tomber, c’est foutu. Les flics sont pas loin. T’es bon pour l’HP, au mieux. T’as plus qu’une solution, tu persistes et tu signes et vogue la galère. Inch’Allah!!!

Alors que je me débats dans ma purée de mots, y’a Outlook qui clignote à mort. Histoire de respirer, je jette un oeil furtif. Waouwww, c’est un Forum qui flambe. Ça se bouffe le bouchon de tous les côtés, y’a les pavés qui volent. Tiens pour ta gueule…. J’encule – minéralement – ta race. Je t’enfonce un gros cep, de pied mais pas très Franc, dans ton gros cul de connard à lunettes. Je te bourre la tronche dans la «Combe d’Orveau», mais poliment. «Combier» Cooombieeeeer, rue de Poliveau… Ça y va, ça darde, ça crache, que des tanins pas très mûrs. Y’a pas à dire, y’a d’la vie, des hormones bronzées au lance-flammes!!! Ok, c’est vrai, je brode et j’avance pas. Mais c’est toi mon gars, lecteur incertain qui me varie. Si tu recules quand j’avance, on est pas prêt d’entrer en gare…Allez, encore un petit zieutage dans le fond de la Combe. Seigneur, y’en a un qui entrechoque deux silex!!! Ouille, fais gaffe à tes…doigts!!! Du côté «Rieslings de granits», ça pulse pas mal aussi. Et l’autre grand buveur d’Alsace qui attaque les littéraires. J’m’en vais te lui foutre une piquouze de Pic Saint Loup dans la choucroute, çui-là, ça va le poser un moment!!!

Je sens le regard curieux du lecteur ( le seul qui reste encore…) qui me mate, guoguenard, par dessus les Alpes. Y va s’en tirer comment le vieux?? Il rigole dans ses moustaches le mistigri. Dans le Couloir Doré, le Boss du forum est inquiet. Il se dit qu’il a un modérateur qu’a du mal avec sa malo et qu’il va lui falloir le remplacer fissa. P…n oui mais par qui??? Le Nucléaire du Pacifique qui casse de la bouteille prépubère??? Ah le vieux de Charente, il me prend le chou…. Ou alors le vieux sage de Saujon??? Non merde c’est déjà fait. Pas de panique, un petit coup de «Charmes» 92 et j’vais trouver. Ben oui Le Caïn de Provence peut-être… Un nerveux lui aussi qui va me foutre le souk chez l’hébergeur en moins de temps qu’il ne faut pour écluser un Bandol… Ou alors l’ami Américain??? Il a de la distance, il cause le Texan, ça peut aider… Le Fred confortable??? Y va me bordeauliser le site. Le roi d’la Pignole??? P’t’être un peu trop hermite dans sa chapelle…Y s’bouffe les ongles le Dab. Quand il va soufrer son blanc, ça va piquer!!! L’Oliv de Pantin, il va nous «Fichet» au «Bricard»??? Le Paulo d’la Croix Rousse. Non, non, va me foutre la Mafia au cul le tripoteur de vertèbres!!! Enfer et acidification, j’vais quand même pas mettre le Père en stage intensif pour qu’il arrête de me coller la souris au plafond!!! Y va pas supporter de plus pouvoir se balader avec son sécateur, y va m’faire la déprime du vigneron. Et la mère va s’fââcher et… Vérole et tartriquage!!!

Pendant ce temps là, le Pape du Pic ricane dans ses poils. Y’s’dit que le viok l’est complétement barré. Va jamais oser afficher ça. Non y va pas l’faire, y va se reprendre, c’est sûr…

 Alors là, tu t’mets l’doigt sous l’catenaire Pépère… ***

Merveille, mère veille, vieille mère, vermeil, Veermer, mer verte… Allez bouge toi les synapses vieux gars.

Encore un coup d’Alzy * qui me crame doucement le disque dur. Y’avait une bouteille sur la table, avant que ça dérape. J’m’en souviens, une ventrue à verre épais et à gros cul. Oui c’est ça, j’ai goûté et je l’ai mise de côté, qu’elle prenne l’air. C’est l’étiquette qui m’avait accroché l’oeil. Ça y est, j’y suis! Le Bois des Merveilles 2004 de J.B Sénat qui promettait le Mont du même métal… Le lendemain elle était toujours belle à voir la grosse, bien posée sur son cul dodu de Vénus Hottentote, obscure et mystérieuse. Le séjour au frais de la cave l’avait délicatement voilée de fines perles fraîches de buée.

L’adversaire proposé à la grosse était de taille. Poulet de ferme rôti, découpé et retravaillé au carry. Pour épauler la bête déjà pourtant passablement relevée, un riz, pas sotto mais presque, musclé avec de ces épices Maldiviennes qui vous mettent à genou une blennoragie, rien qu’à les regarder. Quelques petits légumes de printemps cuits à la vapeur, pour que ça croque un peu sous la dent. Grand âge oblige, j’avais largement rehaussé mon assiette de quelques tours de moulin à poivre. Et je précise, du Jamaïcain cassé gros, pas du poivre pour asthmatique. Face à l’Armada, j’étais inquiet pour le vin…

Dans le verre, c’est plus du noir que du rouge, c’est net, opaque et ça brille façon Germinal. Rien qu’à l’oeil, faut s’méfier. J’ai bien vu que le poulet cherchait à se cacher sous le demi zotto et à faire joli avec quelque petits pois au dessus. Mais bon, qu’un poulot qu’à pas vu la poule fasse son timide, c’est pas la première fois. Je me suis fait une petite fourchettée de riz et volaille pour me faire l’accueilloir. Ah, pour le faire, ça l’a fait, j’étais pas loin du 18!!! L’affaire de quelques minutes et deux kleenex après, j’étais bien. Chaud et humide de partout. Un peu comme Marie Esméralda, la femme de Jean-Théobald **. Ben oui, souvenez vous, la généreuse, celle qui te pète les verres quand elle rit, celle qui te masse les triceps et les dorsaux quand elle te dit bonjour en te collant une ventouse à la commissure des lèvres, que t’en as le régular (Jean brut, non lavé) qui craque.

Oui mais bon, y’a le Minervois qui attend.

Hiératique, impavide, sacerdotale, inébranlable, imprenable, trapue, genre première ligne Catalane, une bouteille de troisième mitan, pour les durs, les inoxydables, les ceusses qu’ont des os en titane. J’te dis pas, Marie Esméralda en plus là-dedans!!! Elle te les boufferait. Les urgences débordées c’est sûr!!!

C’est tout de suite et en direct.

Ça monte au nez et c’est pas du Claudel. Des fruits noirs y’en a en pagaille et des sucrés même, bien mélangés. C’est la première couche, épaisse. Tu la traverses pas comme ça, c’est pas le style rosière fragile-mutine. T’es comme dans un cumulo-nimbus plein à craquer. Alors tu prends le temps, t’attends que ça passe, que ça te traverse le nez, voire tous les trous, comme une rétro à l’envers. Pas facile. T’as quand même un peu de morve dans la bouche mais t’avales. Puis t’as le droit à la forêt débitée en douelles, montées, chauffées et assemblées, en direct. Bien sur ça fronce un peu la narine, mais les épices du zotto que t’as croquées avant, elles t’aident bien. Histoire de faire dans la logique olfactive, le poivre noir suit. Là t’es content, t’es rassuré. T’es un bon, un intuitif, t’as senti le coup. Avec le Jamaïcain va y’avoir pugilat!!!

C’est l’heure du combat. Tu attaques dur la poulaille et le zotto. La grosse bouchée. Oublie pas de fermer les mirettes pour pas mouiller ta serviette. Mâche bien, qu’y ait pas un coin de muqueuse qui brûle pas. Là je me sens prêt, j’en mets une bonne lampée sur l’incendie qui décuple. J’ai les lunettes qui fondent!!! La merveille du Minervois a fait son oeuvre. Le curry des Maldives devient Sri-lankais, c’est alerte à Malibu force douze. Viens m’éteindre, vite Pamela. La prière ça aide dans ces cas là. J’ai pas lésiné. Zeus, Bouddha, Jésus, Mahomet, Zoroastre, Osiris, Parker, je les ai tous implorés. Une brigade pareille y z’ont pas ça, même sur Thé et Faim. La vie, les papilles, les muqueuses, même les cils qui fumaient déjà, je les leur dois. Rebelotte. Faut pas faiblir dans l’adversité comme on dit à l’Élysée!!! A la troisième tentative, les épices ont capitulé. Ouiii, oui, promis, juré, pas craché. Le vin a tout emporté sur son passage. Certes poulet et riz l’ont encadré, mais jamais il n’a plié le moindre merrain. Une matière, couillue sans être grossière, qui t’inonde le gosier, qui s’installe sans façon, qui s’incruste même dans l’émail de tes dents, dans les bubons de ta glotte de mec qui s’lave pas les dents. T’as la bouche comme un crachoir Chilien!!! Une autre bouchée de riz en feu pour voir? T’as un oeil qui clignote nerveusement. Mais foutre d’Archevêque pervers, le vin a d’la ressource. Le riz fond et les épices s’agenouillent.

Le miroir me renvoie le portrait d’un homard au regard chassieux, les antennes basses, la goutte au nez et le front moite!!! J’essaie de lui parler mais j’ai la voix des bermeilles…La finale, elle, continue à envoyer plein pot de la réglisse au chocolat poivré. C’est agréable et les tanins restent polis quand on leur cause.

Un vin à ne pas mettre sur toutes les tables. Evitez les guéridons Louis XV et préférez la table de ferme en chêne massif. Prévoyez des accoudoirs aux chaises parce que les 14°, ça secoue. Dernier petit conseil, visez roboratif et agrémentez sans modération, de piments oiseaux fourrés au Wasabi. Une sudisette là-dessus et c’est weight-watcher assuré.

Ah ben zut, j’ai oublié de vous causer des Merveilles…

Tant pire!!!

Encore que la Merveille des Merveilles… c’est d’être encore en vie.

*Alzheimer prépubère.

** « La bonne grosse teuf… »

*** Pour les grincheux-méfiants, toute ressemblance avec un ou des Fora existants serait pure coïncidence, cela va de soi.

PS : Pardonnez moi Mr Sénat, en fait j’aime bien vos vins. C’est seulement que le nom de celui-ci m’a emmené dans les profondeurs, toujours insondées, de mon imagination discutable… La dégustation est pure fiction, of course…

 

EMOTICONEETNIAISE.

FONROQUE L’ÉQUILIBRISTE…

 Bachelard. Fonroque

Fonroque. Salle de dégustation. Octobre 2010. 

—–

 Le tapis de vignes vertes que l’automne caresse à peine, comme une troupe d’enfants sages, s’étale de toutes ses feuilles autour de la maison ancienne, cossue sans plus, qu’en Bordelais on érige vite en Château…

En ce dix septième jour de ce mois d’Octobre 2010, le ciel est à la bouderie. Un ciel de winemakers, bas de plafond, humide, lourd de gros nuages gorgés d’eau comme éponges grises gavées. Il reprend la lumière de l’été, le feu est en veille. Les jours raccourcissent imperceptiblement, les énergies débordantes de la saison chaude refluent et s’en vont hiberner, lentement, – au contraire de l’homme perpétuellement agité comme une puce dérisoire – sous les terres, vers les magmas brûlants… Insensiblement les sols se taisent, la vie s’enterre pour mieux renaître.

  Alain Moueix, homme d’intérieur.

 D’entre les portes lie de vin du chai attenant aux pénates, un homme apparaît. Grand, mince, à son rythme intérieur, comme replié vers son essentiel. Sans le manteau gras qui enrobe ordinairement le succès matériel. Il sourit mesurément aux visiteur matinaux. Rien de moins, rien de trop, en phase me semble-t-il d’emblée, avec les énergies paisiblement actives de ce matin calme. Fugace, l’image intemporelle d’une être en prière profane, comme un éclair bref, me pique le cœur. Dans son regard bleu pâle qu’un soupçon d’ardoise adoucit, brille une lueur, douce comme un feu apaisé au terme d’une flambée; c’est la lumière argentée d’une conscience ouverte au monde mais étrangère à la surface des choses.

L’homme ne tourne pas le dos tandis qu’il remonte, l’arrière vers l’avant, le chemin crayeux qui fend la houle des vignes vers le haut du coteau. Doucement, clairement, méthodiquement, il nous présente les dix sept hectares de lambrusques auxquelles il a décidé de donner le majeur de lui même. Certes elles sont siennes ces pamprées, au sens que les hommes donnent à la propriété, mais il est à elles autant, au nom d’un pacte muet qu’ils ont signé en secret au nom de l’équilibre des rôles. L’homme a besoin de la nature mais elle peut aisément se passer de lui. Nous ne sommes maîtres de rien, pas même de nos illusions puériles. Certes il ne nous dit pas ça clairement, mais cela transpire de ses silences.

A la tête du domaine depuis 2000, tout en douceur – hurluberlu à tête sage – , unique dans cette région plutôt conservatrice, il remet posément, avec humilité cette nature accueillante à l’équilibre. Après un passage au biologique, il approfondit sa réflexion et perçoit la naturelle nécessité des eurythmies énergétiques. Pour recevoir le meilleur il commence par soigner. Dès lors, il met la biodynamie au service de la flore des lieux. Rassurez vous, je ne me prends ni pour un Rudolf Steiner de salon, encore moins pour un Bachelard miniature et surtout pas pour un Goethe d’opérette, et vous épargnerai les leçons de douzième main, chères aux petits maîtres qui pullulent comme oïdium par temps pluvieux sur les fils de la toile. En raccourci et sous toutes réserves, il s’agit «simplement» de redonner puis d’assurer la «santé du sol et des plantes», dans la «compréhension profonde des lois du vivant», acquise par «une vision qualitative et globale de la nature»… Sagesse ancienne, somme toute, que les apôtres du toujours plus fustigent au nom de la science pure et dure, mère de l’agriculture intensive et productiviste.

Conversation devant les marmites du Diable!

 C’est dans ces chaudrons «maléfiques» que sont chauffées, infusées, filtrées, dynamisées les eaux «homéopathiques» qui seront aspergées dans le respect du calendrier lunaire – des rythmes de la nature donc – sur les sols et les vignes.

Préparats de bouse de corne de vache.

Dans la malle aux trésors simples d’Alain Moueix, la bouse transfigurée après un hiver en corne de vache enfouie en sol, dans ces pots de terre remplis d’une substance légère, aérée, odorante, aux parfums d’humus, de sous bois et de champignons frais. Certes, ces quelques exemples ne sont qu’illustrations superficielles de la « méthode » Biodynamique et toutes critiques des «spécialistes» sont, par voie de conséquence, inutiles…

Mais le temps passe dans le sourire des vignes qui se préparent au repos. Nous passons au chai. La vendange 2010 à peine rentrée fermente, parcellisée, dans de petites cuves en béton. Les levures croquent les sucres. Les parfums ambiants célèbrent les fruits, et les jus fraîchement recueillis sont les élixirs crémeux de ces framboises juteuses et humides, oui ces tétons rouges qui fondaient sur la langue à l’aube tiède d’un jour de l’été dernier. Ça se goûte comme bonbons! Dans la pénombre de la salle de repos, les fûts font oeuvre d’élevage pendant dix huit mois. 2009 nous tend la pipette. La dégustation des vins à l’école du bois m’est d’ordinaire difficile, pour ne pas dire désagréable, tant les jus apparaissent destructurés, durs, dominés pas des tanins «genre» artichaut cru. Ce matin, rien de ces désagréments habituels. Du bas de la pente aux sols argileux-ferrugineux, au sommet de la côte – terre très peu épaisse sur roche calcaire – tout est bonheur en bouche et recracher n’est pour une fois pas urgent (d’ailleurs, j’oublie à plusieurs reprises…)! De la puissance en largeur des Merlots du bas des terres, à la verticalité tendue des vignes sur calcaire, tout se resserre et s’élance en douceur. Les Cabernets-francs (15 à 20% en moyenne) sont parfaitement tendres, onctueux et mûrs. En salle de dégustation le 2007 en bouteille, long et fruité est d’une parfaite pureté de nez et de bouche et d’une gourmandise avérée qui pousse à s’en délecter. Le millésime 2008, plus puissant, concentré, ne se donne qu’avec pudeur et ses parfums de framboise, de truffe et de zan, n’apparaissent qu’à la longue. Ces vins conjuguent nez pur et bouche précise. Élégance, tension, minéralité, matière conséquente et à terme race et distinction caractérisent, plus ou moins intensément selon les années, les vins de Fonroque. Mais toujours cette pureté, cette définition nette et cette précision d’horloger de la vigne, comme si les ceps en bonne santé donnaient leur meilleur en retour.

Dans le silence, le millésime 2009 s’accomplit…

Le temps a passé si vite que la faim nous a oubliés!

Nous quittons le Domaine, bouteilles au coffre. Alain nous accompagne sans un mot de trop, toujours juste et pondéré. Dans la voiture, au sortir de l’allée qui borde l’entrée, nous sourions calmement sans plus, comme si ces heures passées à Fonroque nous avaient appris la juste mesure – si rare – qui sied aux relations de qualité.

De part et d’autre du chemin, les vignes nous saluent imperceptiblement du bout de leurs bras ligneux. Un souffle de vent léger agitent leurs feuilles, fragiles comme des éventails délicats…

 

EAUMOPATIRACODISNE.

SUR LAPIERRE TOMBALE…

Le Tintoret. La Cène.

 

…de Marcel, je peine à imaginer une épitaphe pompeuse, alambiquée comme Gamay surproduit. Non rien, sinon fleurs sur herbes vertes et pampres tirebouchonnés.

Lapierre s’en est allée rouler ailleurs, sur les pentes douces et légères du Grand Mystère d’après. Au bout de ce tunnel que l’on dit si lumineux, si blanc, l’attendent peut-être, rieurs et transparents, débarrassés des lourdeurs ordinaires de nos petits tracas d’humains engoncés dans la matière épaisse, une foultitude de joyeux ex-lurons, hilares, extasiés. Humour céleste, il avalent à grande lampée, une liqueur immatérielle, rouge comme tous les astres d’avant départ, qui vibre et fait chanter les chœurs angéliques. Le monde diaphane, ce monde – si monde il y a – qui nous effraie nos vie durant, célèbre son arrivée… Cet âme, qui oeuvra, homme, se retourne sans doute encore, vers ceux tout en bas, qui furent les siens. Et nous, même ceux qui l’ont bu sans l’avoir jamais connu, savons qu’un homme qui fit de tels vins d’amitiés et de partages sincères, nous manquera, égoïstes que nous sommes.

Le soleil rose du petit matin, en cet automne bleu, caresse de ses rayons naissants, les croupes douce du pays Beaujolais, ce pays, beau des vins de Marcel et laid des vins fades du novembre à venir… Là-bas, à mi-pente, l’image tremblée d’une barbe de barde souriant, comme un mirage qui s’efface lentement, subsiste, un peu, encore, dans le foisonnement roux comme pubis Irlandais, des vignes qu’il a aimées et respectées…

Va ton chemin l’ami, tu laisses derrière toi les bouteilles pleines d’un bonheur naturel et désaltérant, qui mettront longtemps encore, en nos bouches de si peu d’amour en mots, les jus coulants et roulants de tous les soirs de joyeuses tendresses à venir.

Ce matin le naturel n’est pas vain, il est bon de pleurer…

 

ELAMOPIERRETIQUIROUCOLENE.

LA BARBUE ET LA TATIN…

 Le Dimanche est un un jour blanc, surtout quand l’Automne joue l’hiver.

Ça pèle et ça tombe. Les rues de ce matin de mi Octobre 2010 sont sinistres et désertes comme les espoirs déçus des militants les plus enthousiastes. C’est réservoir vide et démarreur grippé. Le bon vieux syndrome «le bonheur est sous la couette» est de retour. Mais bon la couette, à moins d’être un mutant bionique qui se goinfre au nucléaire, ça peut pas faire les six mois quand même!!! Alors il faut bien se trouver des virgules de plaisir.

Pour le bonheur, priez mes frères, il est au bout du chemin.

Ce terminus, cette fin que l’on n’atteint jamais, sauf à le confondre avec les spectacles du cirque des égos insatiables pour lesquels le superficiel et l’ultime se confondent.

La table sera le petit bonheur de ce Dimanche donc, pour le bipède que je suis.

Imaginez, une bonne Barbue, non, pas de ces barbus médiatiques qui foncent tout droit comme des boeufs aveugles dans le premier mur rouge qui se présente, mais ce poisson de choix à la chair subtile comme une Ministre de la Justice. Cuite à point, à four chaud sous ses épices, la peau craquante et l’arête rose, pâle comme un rêve de Socialiste.

Mais comment lui rendre hommage, l’accompagner, la rehausser, la magnifier, la sublimer, bref l’aider à donner son meilleur???

MEURSAULT!!! mais c’est bien sûr!!! J’m’en va péter une bonne année, une très bonne même, un Verget «Tillets» 1999!!!

Boosté par une imagination en délire, j’exulte, j’anticipe. Je bave déjà à l’idée presque tactile de ce mariage rêvé entre une chair parfumée et les caresses torride d’un vin tendre juste ce qu’il faut. Ces fruits jaunes et mûrs qui roulent entre les arêtes raidies, cette tension du vin que les fibres fondantes de la chair assouplissent, cette peau craquante que le gras ensorcèle…L’orgasme est d’abord dans la tête!!!

Tout est prêt, fin prêt même, assiettes chaudes et bouchon sain. «E va la nave», ça roule, les sens sont affutés comme des Laguioles, les mains tremblent et les papilles frétillent…

La première bouchée de Barbue, à nue, est un délice. Les épices craquantes enrobent une chair qui se rend, alanguie et complice. Hummm, je débouche à l’orée du jardin des délices. Vite que je m’abreuve aux eaux parfumées des ses fontaines délicates. Les yeux fermés et la narine palpitante je plonge dans mon verre, persuadé que le Paradis Terrestre est à moi…

Las, la grosse mère Tatin se substitue à la sylphide gracile qui devait m’emporter au Septième ciel, bien au dessus du couvercle gris de ce jour infâme. Elle me remplit les sinus des arômes vulgaires de sa pomme cuite et rassie, de ses relents de cire morte, de ses miasmes ordinaires de vernis de carnaval… Point de vergers ce jour chez Verget, mais un vin mort de chez Borgnole.

Je m’effondre.

 

EDEMOPROTIFONCODISNE.

PAS UNE MULE, ASSUREMENT…

Bartolomeo Veneto. Lucrèce Borgia.

 

Un Chateauneuf peu connu???

Ah les Papes! En ce temps là, ils étaient malins les bougres. Belle région, beaux produits locaux. En ce temps là donc, c’était le temps de la Papauté à burettes rabattues et non pas le temps actuel du Dogme à tout prix. Certes le Pape sortait couvert mais c’était sous une ombrelle, pour se protéger du soleil. Entre les deux l’équilibre reste à trouver.

Chateauneuf du Pape, Famille Bréchet, «Gabriel» 2004.

Ce jour qui est le lendemain d’hier et donc de l’ouverture de la bouteille, le vin me remercie de ma patience. Il a pris le temps de se réveiller, de s’étirer dans tous les sens. Rien que de plus normal pour ce breuvage que l’on dit «vivant». La veille à l’ouverture, il faisait carrément la gueule et pour le faire bien comprendre, il ne se privait pas d’envoyer sous mon pauvre nez de vraies bouffées désagréables de vieux placard dans lequel un rat aurait été trop longtemps enfermé. Dans ce domaine, la «parenté» avec l’humain est patente…

Assurément du Grenache blanc dans la bouteille. Une petite recherche m’est nécessaire pour apprendre que s’y adjoignent 17% de Roussane et 3% de Picardan. J’avoue que Picardan ne me dit rien, mais à ma décharge je ne suis pas très familier des CDP en général et des blancs en particulier. Re-recherche donc qui m’apprend ainsi qu’à tous ceux qui ne le savaient pas, que ce cépage serait proche de l’Oeillade blanche, autrement nommée, Aragnan, Grosse Clairette, voire même Papadoux!!! Voilà qui me fait une belle jambe… Enfin ça tombe bien, maman coud pendant ce temps là. M’en vais pouvoir m’en régaler tranquilos. Tout bien réfléchi j’opte pour Picardan qui me plait bien par son côté «viril», «Pardaillan», «Picaresque». Encore qu’Aragnan, ça le fait pas mal non plus. Le Mousquetaire, ça a de l’allure et ça plait beaucoup aux filles. Un petit côté viril, piquant, qui dégaine pour un rien…En revanche, je laisse tomber la Grosse Clairette, ça fait vin mou et déjà que je ne suis pas trop en phase avec les gros machins baraqués de la région, cela risquerait d’outrer mes préjugés déjà sur-développés. Il faudra bien qu’un jour, ou plutôt une nuiiittt le Génie de la lampe éponyme m’initie aux subtilités des gros-qui-tâchent (c’est le cas de le dire), mais qui n’y arrivent pas toujours.

Une très discrète robe pâle, une robe de vin blanc en fait qu’agrémentent quelques reflets gris et qui accroche à merveille la lumière déclinante de ce jour presque échu…

Dans le genre «j’ai besoin d’air!!», ce CDP est l’un des vins les plus gourmands et les plus résistants, qu’il m’ait été donné de rencontrer. C’est le troisième jour qu’enfin le nez vibrillonne lorsqu’il se penche, une fois encore, sur le verre grand ouvert. Là, la bougresse se donne sans plus de retenue. Le premier jour elle s’était montrée prudente, hésitante, minaudant comme une rosière surprise au sortir de la sacristie. Quelques notes fugaces autour de la térébenthine fine, de l’encaustique de ma grand-mère et du pétrole plutôt raffiné, pas très «Golfe pas très clair». De quoi appâter le chaland. Le lendemain Margot entrebâille son corsage, pour donner un peu plus. Des fleurs surtout, plutôt Chèvrefeuille avec un soupçon de Jasmin. Alors là, qu’une femme, une rosière de surcroît, m’offre des fleurs, j’ai beaucoup apprécié. L’apothéose c’est «just now!» La rosière a pris de la bouteille et se dévoile. Jamais je n’eus pu croire, qu’elle eût eu tant d’expérience et de trésors cachés. C’est la totale. J’en prend plein le pif. Le bouquet, car il s’agit bien d’un bouquet artistiquement composé, vire au feu d’artifice olfactif. Au notes sus-citées se marient et s’enroulent des touches de violette, d’anis étoilé, de fruits blancs et d’abricot mûr. Le tout avec délicatesse et élégance.

En bouche la belle est douce mais sans mièvrerie. Sous les rondeurs de la chair, la fraîcheur est là qui tempère et équilibre le tout. Encore une fois la jouvencelle est riche de bien des attraits, mais jamais elle ne devient ostentatoire ou ne tombe dans la vulgarité. On sent derrière toute cette vitalité la qualité d’une bonne éducation. Tout ce que le nez pressentait la bouche le confirme. Fruits gourmands et épicés avec ce qu’il faut de gras pour que tout cela tienne harmonieusement et enchante le palais. La rosière qui eût aussi pu faire une aimable chaisière, tire une révérence qu’elle reproduit sans jamais se fatiguer, et laisse en bouche la trace prégnante, d’une réglisse délicate.

PS : Par souci de convenance je n’ai nulle part mentionné la présence d’une impression subjectivement minérale qui aurait œuvrée dans le sens d’une quelconque structuration du vin…

 

EGAMOBYTIGACOBYNE…

LE SILENCE ETERNEL DES ESPACES INFINIS, NE L’EFFRAIE PLUS…

 Image empruntée au site de l’Artiste.

 

Je ne sais pourquoi, ces nuits passées, le souvenir de Bashung plane dans la lumière absente. Que veut-il me dire pour descendre ainsi dans la matière lourde qui assourdit tant la brillance de nos âmes? Que veut-il me dire pour accepter ainsi d’engluer ses ailes dans ce monde glauque qui n’est plus le sien? Je ne sais, mais lui sait grand gré de ces instants de souffrance acceptée, à venir ainsi me visiter. Toutes les nuits grandes ouvertes sur mon regard aveugle, j’attends que sa plume m’inspire… Le requiem de Mozart, dans la magistrale interprétation de Karl Böhm, roule en vagues rutilantes et sonores tandis qu’il m’aspire dans sa ronde éternelle. Sans doute sourdent-elle en diamants sonores des plumes lisses du bel oiseau immatériel?

Alors en ce jour qui n’est pas l’anniversaire de son envol, j’exhume ce texte à sa mémoire, et maladroitement tente de prendre mon essor.

L’aigle efflanqué, à l’œil doux et à la bouche tendre est parti pour la «Tournée des Grands Espaces». Dans ses serres de soie il emporte mes larmes de levantine. Mais ce n’est pas sa dernière croisière.

Il la connait cette Tournée pour l’avoir prophétiquement anticipée de «son vivant». Pour l’avoir explorée déjà au temps d’autre vies expirées, souvent. Lui, la vieille âme qui poursuit son chemin de Sagesse. Chacune est la même, chacune est différente. Cantique des Cantiques…

La figure hiératique de ses derniers instants…

La vie a lissé les boucles de sa jeunesse et le laisse, diamant, dépouillé de la graisse des apparences. L’Arpenteur des contre-allées a troqué ses santiags de cuir dur pour les ailes fluides d’un Mercure diaphane. Les chairs de la jeunesse ont fondu tout au long de ses années hypnotiques. Il a brulé sa bougie follement, butinant comme «l’abeille» qu’il a chantée. Il a ralenti son vol, au fur et à mesure qu’il nous entrainait dans les espaces subtils de nos mondes intérieurs. Il a frôlé les tentations des vanités insanes, sans jamais y tomber…

La mort l’a sculpté jusqu’à l’os jusqu’à que ce la soupe humaine, chair émouvante de la jeunesse, fonde pour ne laisser à la vue de nos yeux grossiers que l’épure translucide d’une âme fragile et vibrante.

Lentement la mort l’a préparé, presque tendrement, comme si pour une fois elle regrettait d’avoir à nous priver trop brutalement de la chaleur dont il nous enveloppait. Elle l’a vêtu de draps noirs et de lunettes de jais, sûre qu’elle était, que son chant et la tendresse de son regard, traverseraient encore un moment l’opacité de ces temps. Pour qu’il nous donne, encore, comme jamais et jusqu’au bout de ses forces, toute l’humanité poétique qui l’habitait.

Ne te retourne pas bel oiseau, nous te suivons tantôt. Dans le silence labile de mes nuits écarquillées, ton vol lourd mais fluide, m’accompagne souvent.

 

MADAMEMOTICONEREVE.

T’ES ENCORE LA, LAYLA ?

  

Celui qui n’activera pas le lien ci-dessus se privera, à mon humble sens et très partial avis, d’un des sommets de la musique rock-chichon-devenu-beuh des vieilles années qu’elle est pas moins bonne – hein Simone!!! – , que tout ce que vos oreilles engourdies par le chant des sirènes en carton-pâte subissent à longueur matraquante de médias, soumises au joug fade et doré des profits immédiats.

Le Clapton est toujours là, inoxydable et racorni.

Ce type est une géniale éponge… Parce qu’il ne s’est «privé» de rien. Parce qu’il a tout essayé, tout lampé, tout sucé, tout avalé, comme le jeune chien fou qu’il était dans les vieilles années. Ces années-crazy, ces années ou la jeunesse de «naguère» aspirait autant au bonheur qu’aux pipes opiacées improbables. Tous ces illuminés aux yeux écarquillés, explosés par les substances, mais qui croyaient en un idéal naïf, souvent vague certes comme leurs réveils, mais généreux.

Ce type est une géniale éponge qui a survécu à toutes les doses, à tous les échecs, qu’aucune désillusion n’a dilué. Tout ce qu’il a croisé l’a nourri, il a tout transmuté à sa mode à lui, indémodable, définitive, faite pour traverser les âges comme les très grands vieux flacons. Dans les mystères intimes de sa guitare se mêlent, s’enroulent, s’enculent et se reproduisent comme autant de véroles lumineuses, les inspirations géniales, les éjaculations électriques les plus acides, les cris les plus rauques, les sons les plus saturés, les désespoirs les plus extrêmes. Comme ces soies sauvages qui ne volent pas sur les corps fragiles de nos déesses chichiteuses et tellement glamours! Sûr que les riffs exacerbés de «Crossroads» illustrent mes propos; cette basse serpentine, tenace, qui colle aux soli comme l’avidité aux regards, cette guitare mi-rauque, mi-sucre qui arrache tout ce qu’elle touche, qui déshabille, qui dépouille, qui vous «cream» le boyau, qui vous emporte au-delà de vos limites, qui explose le mur du çon, qui indispose les cons, les figés, les momifiés.

 

Faut vous dire monsieur que «Cocaïne», c’est pas sérieux. Clapton, ça lui aère les cordes. Ça crame les narines, ça crispe les neurones. De la politique, de la finance, comme du show-biz mais c’est pas une raison. «Faut dire que chez ces gens-là, on ne vit pas monsieur, on compte…» tout court ou sur vous pour mieux vous oublier.

A lui, à sa guitare féline, je dédie «Les Amoureuses» de Groffier qui honorent mon verre en ce jour de toutes les souvenances et du départ irrémédiable à venir.. 1999 est dans les limbes quand 2010 m’est un enfer qui m’y envoie…

Mutines, elles agacent le nez de leurs fragrances florales pour mieux vous préparer les papilles. Aériennes, élancées, élégantes, sensuelles, elles s’enroulent en bouche comme autant d’odalisques souples, grasses juste ce qu’il faut, pleines et juteuses, craquantes et croquantes, graves et espiègles à la fois. Ça balance en riffs exacerbés, graves, mortels, sous les aigus poivrés du diable. Sous le nez la pivoine, rose sauvage à peine éclose, ondule. En bouche, dense et charnue, la matière riche de la pauvreté du sol (comme quoi…), se donne et s’échappe tout à tour comme la plus déroutante des amantes. Elle est fraîche et rouée la bougresse, elle charme et envoûte, elle susurre et explose au même instant. Ses grâces raffinées de sylphide diaphane mais infatigable se devinent sous la soie transparente et changeante de sa robe écarlate, comme transfusée…

Belle Amoureuse que je ne connaitrai plus, Belles Amoureuses qui ne m’attendent plus guère quand ma vie s’en va au long des chemins hasardeux et attendus de l’après, je vous offre les plaisirs conjoints…de la musique et du vin que je ne boirai un jour plus.

Sur la mer calmée, les rides imperceptibles des sanglots salés s’éteignent.

«Coelum, non animum mutant qui trans mare currunt…»*
 

  Allez! Cadeau à toutes et tous, pour finir en beauté….

 

* Horace.

 

EHODIEMOMIHITICRASCOTIBINE…

LA CHAPELLE TRAPPISTE DE GEVREY…

L’enlumineur.

—-

La voix, délicieusement rauque de Lisa Ekdahl dissout subtilement les brumes sombres, lesquelles sans que l’on sache toujours pourquoi, enténèbrent parfois l’esprit et nous plongent dans un spleen poisseux, voire pisseux…

En Bourgogne, je n’aime rien tant que les millésimes réputés «froids», moyens, qui ne déchaînent pas les dithyrambes médiatiques. Le temps souvent les révèle. Ils affichent alors la Bourgogne «classique», le pinot au meilleur de son expression. Je suis certes de parti pris. Tant pis, j’assume. Inutile donc de me titiller là-dessus. Quand le Septentrion s’affirme, bravant modes et tendances, discret mais pugnace, ma vieille âme rebelle se réjouit…

La pluie, qui n’en finissait pas d’abreuver les terres assoiffées, a cessé ce matin. Le ciel se déchire enfin. Sous les nuages, l’azur patiemment attendait. Que souffle le vent de la délivrance. Débarrassé de son frac de grisaille, il brille, lavé, régénéré, propre comme l’orange bleue d’Eluard… Les nuages, épais comme l’esprit du plus subtil de nos jeunes politiques se délitent sous l’effet des hautes pressions. Le baromètre est la hausse. Mon cœur aussi. L’envie de chanter une chanson simple, authentique comme un regard sans calcul, un air qui swingue note de rien, me démange. Je n’y céderai pas, ce serait pitié, même pour les esgourdes du plus inculte des suceurs de guimauves en vogue.

Alors je chante à l’intérieur, secrètement. Les chants les plus beaux, comme les actes discrètement gratuits, sont les plus silencieux. Et je pisse à la raie de tous les courtisans fades de la terre.

Soucieux de gagner mon paradis, je tente une incursion spirituelle au pied d’une belle anciennement achetée, mais à laquelle je ne pourrais plus avoir accès, tant les temps et les prix s’envolent.

A genoux dans «La Chapelle»…

Comme un rubis rutilant que rogne insidieusement un orangé ardent, telle est la robe de ce Premier Cru de Gevrey-Chambertin que n’aurait pas renié le plus talentueux des Maitres Enlumineurs.

Les quelques notes de poil du lièvre effrayé par la pluie, se sont échappées peu après l’ouverture du flacon sobrement étiqueté. Les terres puissantes de Gevrey, sombres et viriles planent au dessus du verre. La (Petite) Chapelle 2001, qui ne l’est assurément pas, plonge ses fondations dans l’argile (?). Le soleil conquérant joue gracieusement avec les plis colorés du liquide chatoyant, ajoutant un contre point visuel chaleureux à la puissance terrienne du nez. Ombre et lumière mêlés comme les mystères de l’âme humaine, annoncent déjà le vin complet, prêt à l’élégance, à l’équilibre, à la tentation de tutoyer la perfection. Un pinot magnifié par la générosité de la terre et la subtilité de l’obstétricien de service, pointe déjà le bout de sa grappe quintessenciée…

Les parfums des forêts automnales s’enroulent en volutes odorantes autour des fruits encore sous la rosée. La framboise n’a point perdu (de sa robe pourprée…), de son jus fraîchement écrasé. Le cuir neuf pointe le bout de sa selle grasse. Cèpe et cèdre légers agrémentent les fruits. L’humus humide et le lichen aussi. Miracle de la vie en bascule, le temps mêle les âges du vin en une subtile complexité gourmande. C’est un enchantement olfactif, tout en élégance et en puissance conjuguées. Ça swingue sous le nez! Comme un amour qui s’épanouit en totale confiance.

Mais il est temps que la bouche goûte à la plénitude puisque le cœur ne le peut plus. L’attaque est fruitée, à peine sucrée et délicatement acide. La matière s’installe et roule agréablement au palais, toute en puissance progressive. Longuement rétro-olfacté le jus souple explose. Bien qu’encore sous tension, il enchante la bouche de sa réglisse épicée à souhait. La vraie puissance, droite et sans artifice dévoile une minéralité (ben oui!!!) pure, «straight ahead», sans concession aux modes éphémères (pléonasme volontaire…). Un vin franc qui dit vrai sans chercher à masquer sa longueur par une largeur de circonstance. Les tanins d’une finesse exemplaire me font irrésistiblement penser, toutes comparaison d’origines mises à part, aux plus beaux Volnay du «Charlot» de J.Voillot. Fins, à peine crayeux mais têtus, il sont la marque discrète du devenir radieux du vin. Le verre vide ne faiblit pas…

Merci à ce Jean Louis Trap(p)e(is)t(e) que je ne connaîtrai pas, d’avoir accouché sa vigne de ce liquide précieux.

Dans mon cœur fragilisé, la rivière de Lisa pleure de joie…

 

EDEOMOGRATITIASCONE.

À LA GARDE NOIRE…

La Garde Noire.

 Une Maison d’Alsace Jean Baptiste ADAM comme il y en a tant d’autres en Bourgogne ou ailleurs… Un vin le Riesling Kaefferkopf Grand Cru 2007.

Mais ADAM, je ne sais pourquoi, à peine lu, je me retrouve apnéïque en réa – qui n’est pas paradis! Un corps d’ébène qui fut puissant, vieilli, immobile. Seul le bruit cliquetant des robots crève le silence sépulcral de cette salle High-Tech. Depuis deux lustres et demi, Jean Pierre Adams survit. Coma abyssal dont il n’est jamais sorti. Karma-Coma? Ah, la Garde Noire… La gigantesque, l’infranchissable, une ligne qui n’était pas Maginot. Pas de ces boursouflés richissimes qui traînent leurs fatuités incultes, oreilles bouchées et regards vides, sur les vertes pelouses des paradis de pacotille. Les idées auraient elles leurs vies propres, leurs associations intimes, à l’insu, secrètes et qui renvoient notre sentiment de liberté pleine et entière au rayon des illusions pas perdues pour tout le monde? Trésor-Adam(s), comme si le premier homme gagnait au Loto!!! Ça se bouscule, ça s’entrechoque dans l’espace-temps. Oui c’est bizarre les neurones, ça peut occulter le quart d’heure passé et vous aspirer dans le plus profond des comas dépassés du passé…Sans doute pas des jumeaux le J.B et le J.P, ou alors une grand mère volage, séduite au coin d’une grange, au cours de je ne sais plus trop quelle guerre du siècle dernier, au temps où les les colonies et les DOM-TOM n’étaient pas avares de chair à canon bon marché… Depuis on leur sert une solde de misère… Ah la République, qu’est si généreuse avec avec les tatas et les tontons qu’en ont pourtant tant, l’est pas toujours ben glorieuse la bougrasse!!!

Parenthèse 1.

«Ô temps, suspends ton vol! et vous, heures propices,

Suspendez votre cours!

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours!

Assez de malheureux ici-bas vous implorent;

Coulez, coulez pour eux;

Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent;

Oubliez les heureux.

Mais je demande en vain quelques moments encore,

Le temps m’échappe et fuit;

Je dis à cette nuit: «Sois plus lente»; et l’aurore

Va dissiper la nuit.

Aimons donc, aimons donc! de l’heure fugitive,

Hâtons-nous, jouissons!

L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive;

Il coule, et nous passons!»

Alphonse de Lamartine.

Jean Baptiste… Hérode, Salomé, de quoi s’attendre à une tête de cuvée!

Un vin issu d’une sélection des parcelles les mieux exposées du Kaefferkopf, comme il se doit donc… Les terres granitiques et marno-calcaires, l’année favorable ont porté et façonné ce vin que je regarde tandis qu’il roule jaune à reflets verts, au long des flancs rebondis du verre qu’illuminent à peine les lueurs plombées d’un ciel menaçant. Les cieux sont obstinément ténébreux ces temps-ci et gardent en cet automne triste, le cœur éteint et fade d’un hiver opiniâtre qui aurait sauté l’été. Seules les robes pâles des vins qui m’égaient, parsèment mes jours de soleils anciens que le verre des bouteilles exacerbe. Un peu, le temps que l’illusion d’éternité, qui me berce et nous bercent malgré nous, encore et toujours, s’atténue…

Parenthèse 2.

«Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu’il m’en souvienne

La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure.

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l’onde si lasse.

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure.

L’amour s’en va comme cette eau courante

L’amour s’en va

Comme la vie est lente

Et comme l’Espérance est violente.

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure.

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine.

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure.»

Guillaume Apollinaire.

Non, le Nirvãna n’est pas l’absurde «Paradis» auquel accèdent les justes, il en est même l’antithèse puisqu’il n’est pas un lieu mais plutôt un état de paix intérieure totale et permanente, la fin de la croyance en un Ego autonome et tout puissant. Ah mais!!! Le voilà qui déraille encore, qui nous emmêle et nous perd dans ses errements abscons et hors de propos. A force de dérailler, il va se retrouver planté, debout sur les pédales, hors de souffle, les mollets saillants et la tête… peut-être enfin au Nirvãna?

Ce vin me conduira t-il au détachement?

Le soleil timide pousse un rayon peureux entre les ouates grises d’un ciel gonflé de pleurs en attente. Le vin flamboie un instant et brasille d’un jaune vert-gris limpide. Je baisse la tête vers la surface du disque qu’irise mon souffle paisible et attentif. Les effluves simples mais franches d’un citron qui aurait quelque peu confit me caressent les cellules olfactives. Patient et concentré je cherche d’autres fragrances. Quelque chose de fruité, plutôt blanc, me parvient. Puis quelques notes diluées, justes miellées, tendres et mûres. En point d’orgue une touche tout juste anisée. Le tout, harmonieux et frais.

Trois mille papilles prennent le relais. C’est du sérieux la bouche, y’a du monde à l’ouvrage. Le toucher est doux, à peine gras. Puis comme souvent sur les Alsace que je fréquente ces temps-ci, le fruit apparaît. De la pêche blanche qu’adoucit un soupçon de miel. Très vide l’acidité perce et tend le vin, l’élève et le gonfle. Sur la rétro, des épices empierrées. Ça finit long et très frais. J’en ai la langue qui bande.

A Brahmâ, Vishnu, Shiva.

 

EMOTICAUUUMMM…

LE TEMPS DES MONOCHROMES…

Monochromes en bande?

 

Mutin, taquin, badin, le printemps cette année!!!

«Si par hasard,

Sur l’Pont des Arts,

Tu croises le vent, le vent fripon,

Prudence, prends garde à ton jupon…»

Il nous la fait facétieuse, à la Brassens, l’espiègle!!!

Au détour d’une rue déserte ce matin, le volant d’une jupe sous le vent.

Entr’aperçue…

Et c’est le branle-bas sous le chapeau. De ce coin de tissu qui claque, virevoltant, nait au creux secret de mon imagination avide la silhouette gracieuse d’une fille gracile, trop légèrement habillée par ce temps clair, frais et passablement venteux. Sur la place écrasée de lumière le vent a nettoyé les façades blanches creusées par le Torula compniacensis. Les couleurs pètent, intenses. Les contrastes sont violents et dessinent au couteau les angles des pierres. Je ferme les yeux malgré la protection avérée de mes lunettes de biker Californien. Le jour n’est pas aux nuances… Las Bashung est mort, définitivement. Pourtant il chante encore de sa voix tendre dans ma tête absente, ses mélopées incandescentes. Sa raucité caressante n’en finit pas de me bercer.

Fidèle…

Sur la place le cliquetis sec des branches des Ginkos bilobés me ramène à la réalité. La sève monte le long des ramures de l’arbre aux quarante écus. Sous la bourre des bulbilles encore frêles et pâles, les queues de baleine se gavent du jus gras de la terre en émoi. La vie multiple, est à l’œuvre. Rien de nouveau sous le soleil. Que du neuf.

Tout ça pour dire quoi au fait ???

Simplement que j’ai sous le nez un verre de «Villa Fidélia» 2004. Vinifié, winemaké, c’est le terme, par Sportoletti en Ombrie, Italie. Rien à voir avec le vent dans les voiles. Rien à voir non plus avec Brassens, ni avec la lumière crue du printemps, ni avec les branches tremblantes sous les poussées lentes du sang de la Terre. Pourtant ce vin est lisse, juteux, gourmand, superbement fait. Pas de tannins qui cachent sous leurs aspérités croquantes les promesses incertaines d’une maturité en attente. Non!!! Rien ne dépasse certes, mais rien n’enchante, rien ne fouette les espoirs du dégustateur à l’affût. Beau, il est parfait, bon, odorant, fruité, boisé ce qu’il faut, désespérant comme une fille trop belle. Oui ce vin est muet, il n’a rien à dire, à susurrer au coin des papilles. Il n’inquiète pas. Un vin sans espoirs qui jamais ne me fera pleurer…

Je ne l’aurais pas ouvert pour Bashung.

EGLAMOCIATILECONE.