VIGNERONS DES TERRES SECRÈTES.

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Mâcon « Milly-Lamartine » 2010.

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme

Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?… »

 Âmes secrètes, qui prenez les chemins détournés que la raison ignore, buvez donc de ce vin de plaisir, il charmera vos ailes dépliées, quand par les espaces obscurs vous cherchez vos sœurs éparpillées.

Or donc Mâcon, terres de calcaires arides, que la chaleur des étés inonde, qui portent les raisins des vignes de Gamay. Terres de Milly, secrètes, que le poète à chantées. Lamartine que les anges n’effrayaient pas.

Et ce vin qui ondoie, pur rubis clair, brillant que moire le ciel qui s’y reflète, lâche au nez épaté qui s’y plonge, les fragrances mûres de la merise croquante, de la groseille fragile, et des épices douces. Comme la main aimée qui court sur mon bras. Ouvrez large vos gueuloirs, amants des jus de fraîcheur, qui aimez à vous désaltérer d’un vin coquin qui agace les papilles, dont la chair souple, comme la peau ductile de la belle éloignée, charme vos âmes recroquevillées.

Au Zénith, le soleil obscur des intuitions fatales brûle les scories d’un hiver finissant. Dans le verre qui me regarde, je vous offre les charmes purs de ce vin qui ne ment pas. Et le voilà qui joue, sous mes narines gourmandes, le plaisir qu’il s’apprête à me donner. Aux plaisirs simples, je m’adonne, quand il glisse et joue avec ma langue incurvée. Il roule et s’enroule comme un serpent charmant, s’ébroue, enfle puis éclate, inonde ma bouche de fruits humides, d’épices, juteux du bonheur espéré.

Alors, tandis qu’au loin la belle se pâme sous l’aiguillon souple de son courageux bien-aimé, solitaire je me repais des tannins enrobés, plus fins que les bas qui enserrent le haut des cuisses des nymphes énamourées. Dans ma bouche conquise, comme la caresse d’un organsin, le vin défunt qui réchauffe mes os, me parle de la craie qui l’a porté.

 Enfin je lève mon verre vide, plein des arômes subtils d’un matin au jardin, là-bas, très loin, proche des Hespérides. Au couchant les nymphes reposent, et je souris.

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