ODE A PAULI PIETRO …

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Le Pauli de La De.

—–

Il est grand, il est beau, elles tombent par jonchées,

Brisées comme des poupées, toutes pâmées à ses pieds.

Sous sa carcasse gigantesque, regard frisé,

Brûle, feu de grand chêne, petit cœur de cousette,

Mais le Pietro beau, pas une raclure de braguette,

Il aime trop le vent pour draguer les minettes,

A trop croquer la vie, il oublie les doucettes.

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Perdu là-bas, loin de son île bleue de beauté,

Il rumine, seul dans son château délabré,

Concocte, peaufine, un plan très désespéré,

C’est un battant au cœur violent, bouche de sang,

Pauli ourdit, crayon de mine, départ ardent,

Vers les confins, patin couffin, comme un enfant,

Voler plus loin, ronger son frein, manger le temps.

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Adieu bouchons, quenelles, saucisses, vive le son,

Le grand tromblon, bandé, il tire le canon,

Pleines bordées, virées vers le large horizon,

Va s’envoler, poches lestées, Indes galantes,

Les poings serrés, les yeux fermés, espoir, je tente,

Il veut, il va, vienne le temps des tremblantes,

Alors mon cœur, serrez les dents, filles dolentes.

—–

Pauli, fils des ris, cloue sa tente à Bombay,

Dans les ruées, les nans, les encens, les fumets,

Saris dorés, couleurs, odeurs, il s’est posé,

Ailes ouvertes, bec acéré, regard verdet,

Dans ses pupilles, éclats brisés, il a osé,

Larguer amarres ; sonnez fanfares, Pietro l’épée,

Tire des bords, du sud au nord, parti flingué.

—–

Bali, balo, Pauli Paulo est un taureau,

Petit Pauli, je ne suis lui, et je pâlis.

—–

Vole donc mon frère, vers les rivages, mords les mirages,

Où est le temps jadis où nous étions en lice …

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