D’IMPROBABLES BLANCS LYS.

Le bonheur du grand noir par La De.

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©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

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Qu’as-tu fait de ta vie, cette vallée obscure,

Une étoile avortée avalée par l’espace,

Un battement de cils, une averse de glace ?

Dans le ciel lourd et noir, le vent dans les murmures.

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Alors en attendant que vienne le petit soir,

Ou la lumière lugubre d’un sinistre matin,

Dans les forêts rêvées, à la lisière du bois,

Un grand cerf a bramé dans un long cri sans fin.

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Tout au long de ton temps, derrière ton piano,

Le grand air de ta vie s’est enfuit sous tes doigts,

Entre trois fausses notes, un cri, quelques repos,

De rares fulgurances, un éclair, un éclat.

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Tu as raté le coche, perdu dans tes dénis,

Comme un ermite fou enfermé au désert,

Qui s’obstine et cultive d’improbables blancs lys,

En hurlant à tue-tête comme un loup éphémère.

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Et que verra ta mort après ton dernier râle,

Quand tu auras rejoint la touffeur du charnier,

Quand tes mauvaises humeurs pourront enfin couler

Se mêler à la terre, aux nuages, au ciel pâle ?

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Alors tu connaitras le bonheur du grand noir,

A moins qu’une tempête brodée de roses rouges,

Ne t’ouvre les portes d’or d’un nouvel abattoir,

Peuplé d’âmes légères aux yeux effarouchés.

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