QUAND LA MORT MORD MA PLUME …

Дима Ребус.

Elle s’est montrée à visage masqué, comme toujours.

Et m’a dit que je me trompais. « Je suis la VIE, ignorant que tu es, qui te laisses berner par tous les truismes, les approximations qui circulent sur mon compte dans tous les esprits bornés, sur cette terre peuplée d’ignorants ! Je t’ai prêté la vie pour un temps, elle ne t’appartient pas, petit propriétaire orgueilleux ! Dans le ventre de ta mère, je t’ai animé, un beau jour que tu n’étais qu’embryon inerte. Dans l’obscurité diaphane de ton enveloppe imparfaite, j’ai glissé ce souffle que tu crois tien. J’étais là, lumineuse et aimante, te préparant à mieux me revenir, plein du goût délicieux des tes amours, de tes joies, de tes douleurs, du voyage de vie qui t’es offert, piège mortel, en te laissant croire aux fadaises du hasard, au réconfort fallacieux des croyances. Mais il n’y a que moi qui t’engraisse du début à ta fin qui est mienne !».

Non la mort ne parle pas, sa voix n’est pas d’outre-tombe, elle est souffle qui murmure dans la tête et porte à la conscience sa présence toute puissante. Quand elle le veut. Elle est la mère de toutes les tristesses douces, le voile qui alourdit ma plume et me met au cœur ces eaux froides qui ne veulent pas couler …

J’ai perçu son indicible sourire dans le regard de mon ami, j’ai vu la soie grise de sa présence ténue filtrer doucement la lumière, auparavant si vive, de ses yeux ; je l’ai vue, la patiente, défaisant, prenant son temps, les fils qu’elle avait tissés bien des années avant qu’elle ne se laissât contempler à visage presque découvert. C’est quand elle grise la peau, décharne les chairs à sa guise, c’est là qu’elle se montre, non pas à celui qu’elle possède imperceptiblement, mais à « l’autre » ; Au bougre éberlué qui la découvre œuvrant, elle choisit de se dévoiler en partie. A moi impuissant et plein de rage qui la fixe, sans ciller, droit dans le profond de ses escarbilles mortelles. Elle commence toujours par envahir les yeux des autres. La mort est un piano qui égrène, comme des gouttes de verre, liquides et tremblantes, « Les Nocturnes » de Chopin, a qui elle s’est longuement donnée. Car la mort, le plus souvent prend son temps à défaire ce qu’elle avait construit. Y prend t-elle plaisir ? Elle ne me l’a pas dit. Non, elle se contente de se montrer un peu, à moi, et de voler l’encre de ma plume … Ou alors peut-être veut-elle me rabattre le caquet en me prévenant de sa visite prochaine ?

C’est pourquoi je te le dis, belle épouvantable, maîtresse ultime, je ne crains pas tes caresses ! Je te volerai ta victoire, échapperai à tes charmes et déciderai de mon sort, je mourrai à mon heure en te faisant des grimaces, en t’embrassant à pleine bouche, te baisant mieux que tu ne l’as jamais été, en te privant de ta puissance, pourvu que tu t’envoles, vaques à d’autres taches et laisse à mon ami très cher quelque temps encore. Pense au plaisir intense que tu éprouveras à tenter de me prendre contre mon gré, à l’orgasme rare qui te portera jusqu’au ciel si tu parviens à empêcher mon geste, à me contraindre à subir tes caprices, à me priver de ma dernière liberté. Tu peux bien m’accorder cette grâce, toi qui complice cruelle me souris, te dénudes et coules de ma plume. Envole toi, quitte la peau de mon frère en amitié, ce n’est pas encore un bel amant pour toi, il ne te mérite pas. Patiente, toi, épouvantable salope, qui a l’embarras du choix !

Va donc te glisser sous la peau de Bachar,

Au goût délicieux,

Aux parfums d’infâmies,

De meurtres,

Et de génocide.

Je sais qu’il t’attend,

Et prend le lentement,

Qu’il te sente bien,

Longtemps l’empaler.

EENMORATIGÉECONE.


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