JE MARCHE COMME UNE OMBRE.

Sous le couvercle du sarcophage par La De.

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©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

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Le vent cet enragé balaie le ciel figé

Comme le sang bleu perdu des siècles oubliés,

Les cyprès effilés, agités se balancent,

Indolents et muets, rythmant le temps qui danse.

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Dans les allées en croix du cimetière éteint,

Groupés en rangs serrés les tombeaux des anciens.

Sous la terre gelée, on entend grelotter

Les crânes et les os des corps abandonnés.

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Mais que sont devenus les cercles enchantés,

Ils y parlaient jadis la langue échevelée,

Le jabot prétentieux, le visage poudré

Entre leurs doigts crochus le monde gémissait.

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En ce jour de frimas, sous les dalles de marbre,

On entend le silence de leurs âmes éplorées.

Je marche comme une ombre vers le feu des enfers,

La dépouille sans vie va partir en fumée.

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Tous ceux qui vont mourir, autour du sarcophage

Exposé à la foule. Dans le bois qui l’étouffe,

Il crie sans qu’on l’entende. Le bel aréopage

Sait que la mort est là qui se rit de l’esbroufe.

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