ENTRE LES RIRES VOILÉS.

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La farandole de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Vos noms sont des romans jolis contes d’enfants

Qui courent dans les chants comme de beaux amants

Au secret des palais en dentelles de voyelles,

Des perles aux eaux pures, enchâssées, très belles,

Hérissées de secrets, de silences, de consonnes.

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A Venise sont morts les fils de Visconti,

Chevelures de corbeaux sous la morgue discrète,

Plein été, il fait chaud, les longues redingotes,

Âcre la sueur coule à défaire les plis,

On s’évente aux bars blancs des hôtels alanguis

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Derrière les portes closes de leurs paupières poudrées,

Au fond des lacs obscurs de leur iris dorées,

Dans le silence bruissant des jupes, des taffetas,

Entre les rires voilés, les volières et les chats,

A l’heure blanche qui meurt quand le soir va tomber.

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Le soleil d’or est fou dans le ciel de cobalt,

Dans les vieilles demeures les fauves meurtris,

Se déchirent sans un mot. De leurs tailles cambrées

Ils dominent la plèbe mais personne n’entend

Les cris étouffés qui sourdent de leurs rangs.

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Vos beaux noms, belles femmes en bottes zibelines,

Rendent fous les oiseaux, ils en perdent leurs plumes,

Et les chevaux renâclent, escaladant les dunes,

Ils se cabrent, croupes dures à croquer vos pralines,

Sous vos atours charmants, les frissons de la lune.

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Et je rêve le soir comme un vieux tamanoir,

Langue si folle qui affole les fourmis,

Tandis que dans le noir de vos roses boudoirs,

Cachées sous l’édredon, sous vos draps, dans vos lits,

Au silence vous êtes et je suis en sursis.

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