Littinéraires viniques » 2014 » décembre

DANSE AVEC LA DINDE.

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La De en travaux d’aiguilles.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Parée de beaux habits de fête

Plumes arrachées le cul bien cru

La peau graissée cuisses replètes

On l’a bourrée tant qu’on a pu.

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Elle n’a rien dit n’a pas sourit

Les fesses serrées elle a morflé

La farce épaisse au fond du nid

Ne reste plus qu’à l’adorer.

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Couteaux pointus regards sanglants

La nuit venue ça va croquer

Moustaches velues regards huilés

On la dévore jusques au sang.

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Il est minuit l’enfant s’en vient

Les verres sont pleins, les bouches ouvertes

Les foies gorgés de bile verte

On est heureux les os aux chiens.

 

MATRINITIALE.

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La De en ordre de bataille douce.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Vous êtes là,

Et m’offrez votre corps,

D’organsin souple.

Yeux grands ouverts,

Vous regardez le fond des miens.

J’y vois la gravité,

La crainte et l’espoir.

Alors ma bouche,

Mange vos lèvres,

Qui enflent et me rendent,

Sauvages et douces.

Sous vos dents pointues,

Coule le sang.

Ma langue vous parcourt,

Et vous aimez qu’elles trouvent,

Les plis que vous cachez.

Que vous m’offrez,

Tandis que votre bouche,

Douce,

Et votre langue agile,

Engloutissent,

La preuve de mon désir.

Que de jeux sans fards,

Sans pudeur,

Et tendres,

Nous attendent.

Entre vos lèvres ouvertes,

Fragiles et ruisselantes,

Vous m’appelez.

Profondément nous sommes unis,

Et nous ne bougeons pas,

Un long moment délicieux.

Au fond de vous,

Ma vie s’agite,

Et votre rose furieuse,

Serre à tout va.

La tendresse est en nous,

Et la furie aussi,

Tandis que nos regards se fondent,

Et que nous coeurs palpitent,

Comme des oiseaux

Blessés.

Alors vous me dites,

Combien il est bon d’aimer.

Et moi de vous dire combien,

Vous m’êtes précieuse,

Tandis que nos reins,

Travaillent à l’unisson.

Lentement nous allons,

Le long des chemins fleuris,

Puis la violence aimante,

Se déchaîne,

Nos souffles se mêlent,

Tout autant que nos jambes.

Vos seins durcis,

Sous mon torse tendu,

Aiment à se blottir.

Ma semence d’albâtre,

Inonde votre ventre.

Vos doigts joueurs,

L’étale sur mes lèvres,

Qui vous prennent,

Un baiser.

L’âcre goût de nos ébats,

Embaume la couche.

Sur mon épaule offerte,

Vos cheveux s’étalent.

Je vous souris.

Votre regard s’éclaire.

Et le silence,

A disparu.

Nous sommes bien,

Et confiants.

Alors je vous dis,

Que je vous …

Et me le dites aussi.

Nos voix tremblent,

Car il n’est pas aisé,

D’être mis à nu ….

A votre source, heureux

Je suis, d’avoir bu.

A LA FRAISE ARRACHÉE …

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La fraise de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Sous la langue agile,

D’une ancienne nubile,

Aux seins abondants,

Turgescents

Et charmants,

Une fraise poivrée,

Au jardin arrachée,

Luisante de rosée,

Fraîche et pomponnée,

Se laisse caresser .

Sa chair fragile

A le goût

Des baies roses,

Des paupières closes,

Et des larmes salées…

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Elle soupire,

Et sa chair fragile,

Sous la langue attentive,

Frémit comme une grive,

Remerciant l’héliophile,

Sa bouche cantabile,

Ses dents de bédéphile,

Et ses lèvres si lisses.

Et la douce vampire

Qui gémit et transpire,

Sous sa jupe d’isopyre,

Écarte ses cuisses

De porphyre,

Et son bonbon

Juste laqué …

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Le petit jour se lève

Sous le soleil timide

Qui perce les volets,

Au jardin les jonquilles

Sourient au vent douillet

Qui berce la charmille.

Dans la pénombre, fébrile,

La fraise éclatée,

Laisse son jus couler.

Sur les lèvres écarquillées,

Roses et gonflées.

Le souffle parfumé,

De la fille languide,

Dépose un doux baiser,

Berce le fruit éclaté

Qui tortille, pâmé,

Au fond de son gosier …

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Viennent les jours heureux,

Et les petits matins brumeux,

Les tendresses gobées,

Les plaisirs partagés …

LA LOUVE AUX DÉLICES.

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La belle de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Elle est tombée d’en haut, un météore de miel,

De piment, paprika, herbes folles, coin de ciel,

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Ma Louve en pelisse sang de feu.

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J’étais au fond des temps, et j’attendais la mort,

Mais elle m’a prit la main qu’elle a serrée si fort,

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Ma Louve en pelisse sang pal bleu.

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Mais loin, si loin, quand l’amour au-dessus des nues,

Crève les nuages, le corps, l’âme, elle a paru,

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Ma Louve en pelisse sans adieu.

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Gémis pauvre maudit, ton cœur, pierre qui pleure,

Et tes yeux, les lagons saignent, au loin elle demeure,

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Ma Louve en pelisse sang de peu.

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Ta peau, oripeau, chien galeux, craque et brûle,

Dans le canyon, loin du Colorado, elle hurle,

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Ma Louve en pelisse sang des cieux.

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Crocs plantés, regards, cris dans le noir, et l’espoir,

Je rêve de coulis, ventre dur, et la boire,

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Ma Louve en pelisse sang soyeux.

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Dieu de feu, tout là-haut, tu ris dans les nuages,

Quand je pleure, ô malheur, le chant du coquillage,

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Ma Louve en pelisse sang de Dieu !

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Les anges en nage, les mésanges en extase,

Nul ne peut m’arracher que chevauche Pégase,

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Ma Louve en pelisse à deux.

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Elle a bu toutes les lies, croqué à pleine vie,

Bourlingué, vogué, tenu à deux mains les ris,

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Ma Louve en pelisse d’adieux.

——

Il ne faut pas lui dire ce qu’il faut qu’elle soupire,

La Louve est une farce qui a vécu le pire,

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Ma Louve en pelisse camaïeu.

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Sur la mer si lisse, qu’une aile la caresse,

Nous irons naviguer au profond des détresses,

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Ma louve en pelisse aux délices …

ENTRE LES RIRES VOILÉS.

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La farandole de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Vos noms sont des romans jolis contes d’enfants

Qui courent dans les chants comme de beaux amants

Au secret des palais en dentelles de voyelles,

Des perles aux eaux pures, enchâssées, très belles,

Hérissées de secrets, de silences, de consonnes.

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A Venise sont morts les fils de Visconti,

Chevelures de corbeaux sous la morgue discrète,

Plein été, il fait chaud, les longues redingotes,

Âcre la sueur coule à défaire les plis,

On s’évente aux bars blancs des hôtels alanguis

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Derrière les portes closes de leurs paupières poudrées,

Au fond des lacs obscurs de leur iris dorées,

Dans le silence bruissant des jupes, des taffetas,

Entre les rires voilés, les volières et les chats,

A l’heure blanche qui meurt quand le soir va tomber.

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Le soleil d’or est fou dans le ciel de cobalt,

Dans les vieilles demeures les fauves meurtris,

Se déchirent sans un mot. De leurs tailles cambrées

Ils dominent la plèbe mais personne n’entend

Les cris étouffés qui sourdent de leurs rangs.

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Vos beaux noms, belles femmes en bottes zibelines,

Rendent fous les oiseaux, ils en perdent leurs plumes,

Et les chevaux renâclent, escaladant les dunes,

Ils se cabrent, croupes dures à croquer vos pralines,

Sous vos atours charmants, les frissons de la lune.

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Et je rêve le soir comme un vieux tamanoir,

Langue si folle qui affole les fourmis,

Tandis que dans le noir de vos roses boudoirs,

Cachées sous l’édredon, sous vos draps, dans vos lits,

Au silence vous êtes et je suis en sursis.