TENDRES GERVAISES …

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Y’a Prévert et y’a Kosma,

Y’a Aragon et y’a moi !

Ah, ah, ah, ah, bah,

Les beaux, les grands éléphants,

Les tonitruants, et y’a le gland,

Le bafouilleux, le baveux, le charmant,

Qui prend ses mots pour des beautés,

Quand il écrit, vomit, avec ses pieds.

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Sur la toile, glauque, il se répand,

Ego brouillon, plume mal taillée,

Rimes merdiques, cœur électrique,

Les chairs à vifs, l’oeil sanglant,

A chialer, brailler, comme un enfant

Perdu, paumé, trognon gâté,

Ciels étoilés, à coups de trique,

A vous faire chier, gerber, des soirs durant.

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Vous les voyageurs, vous les errants,

Quand vos regards, vos yeux gluants,

Vos doigts crispés, vos cils battants,

A moitié nazes, vos cœurs suants,

Vos vies de merde, vos chancres puants,

Qui vous tracassent, qui vous agacent,

Quand au hasard, aux étoiles, entre-fesses,

De Tombouctou jusques à Fès.

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Abrutis sur vos fragiles balancelles,

Vous découvrez, vous comme icelles,

Au cœur de vos nuits, ces mots qui chancellent,

Sous l’archet fou de mon lourd violoncelle,

Alors vous comprenez, là-bas, au loin,

Qu’à vous gorger de mes fadaises,

Vous ne risquez pas, tendres Gervaises,

Que je vous prenne pour des Bastiaises.

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Qu’à vous toucher, baiser, je m’emploie,

Du bout du cœur, des ongles, des doigts …

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Ombres portées, espoirs gelés.

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