Littinéraires viniques » POÈMES EXACERBÉS …

AND THE LAST ONE VENUS.

20141215_201504

The last one Picassa from La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

 —–

Et les mots de Venus ! Et le fouet de Mars !

Vient la pluie du printemps, le cuir entre les dents,

Les grandes déferlantes et les soupirs épars,

Les os écarquillés d’aciers étincelants !

—–

Les mots se sont pressés comme des oranges fades,

Les soleils empierrés leur ont tiré les sangs,

Tombent les âmes vagues égarées en tornades,

Dans le ciel d’un bleu dru les vents tonitruants !

—–

Enfouies, dévastées, gémissantes et navrées

Les mers aux lames lentes, les monstres déchaînés

Sous les caresses atroces des corps dilacérés,

Les âmes en partance vers d’autres embardées…

—–

Dans leurs regards hagards aux miroirs sans tain,

Leurs pupilles noircies dessinées au fusain

Sont durcies plus encore que l’amour au plus fort…

Dans le ciel blanc si vide le soleil est à l’or.

—–

Un matin de satin, une nuit d’organdi,

Quand personne ne sait si la lumière sera

Elles reviendront peut-être habillées par la nuit,

Avides de soupirs au fil de la Volga…

TES SENTES ODORANTES …

11041337_10203684995470909_1716945407_n

La De et sa pieuvre-fleur.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Je plonge dans l’onde,

Entre tes fesses

Exacerbées,

Le bout de ma sonde,

A demi pâmée…

 ———-

 Ta voix se tait,

Ton corps me dit,

Sans voix, conquis,

Qu’à être ainsi pénétré,

Combien il serait ravi …

———-

Et ton amande

A la coque éclatée,

Fendue comme une offrande,

Sans un mot me demande

D’être à jamais comblée …

———-

J’irai voguer

Toutes rames bandées,

De golfes en lagons

De ton cul extasié

Au profond de ton con …

———-

J’aspire, mon délice,

A vivre entre tes cuisses

De paisibles instants,

A bêtifier rieur,

Lourd et pantelant …

 ———-

Le vent souffle

A ta fenêtre,

Te caresse

Et te sèche,

Tu souris …

 ———-

L’ocre de la lune,

Éclaire ta couche,

Dore tes cheveux,

Entrouvre tes lèvres,

Perlées de rouge …

———-

Tes hanches ondulent,

Tu gémis et trémules,

Tes mains s’accrochent,

En notes et croches,

De plaisir …

———-

Sur la mer de mercure,

Frémis la brise impure,

En longues risées,

Sous ta peau d’organsin,

Tremblent tes seins …

 ———-

Cambrée, partie

Dans un lointain voyage,

Coeur battant et peau en nage,

Dauphin et pelage

En silence tu cries …

 ———-

Tes mains, crispées

Sur ton ventre mouillé,

Tournent et pétrissent

Tes lèvres lisses,

Qui se tordent à pleurer …

 ———-

Volcan de vanille,

Papillon vison,

Crabes, étrilles,

Sel marin, sucre candi,

Crèment ton lit …

———-

Dans la lumière grise

Palpitent tes rondeurs,

Les secondes et les heures,

Et les yeux de l’amour

Annoncent le petit jour …

———-

Ta langue de lait lape,

Entre tes yeux de chatte,

Que le plaisir allonge,

Tu me vois dans un songe,

Et tes bras alanguis …

 ———-

 Un jour viendra mon ange

Ma petite mésange,

Ma faisane musquée,

Mon papillon melon,

Tout au fond de ton con …

 ———-

Et je croque les pommes,

Pleure comme un homme,

De rêves me repais

Entre grèves et palais,

Je m’assoupis …

———-

Et de mes yeux aveugles

Que nulle chair ne tente,

M’en vais, au gré de ma plume,

Promener ma voix qui meugle,

Le long de tes sentes …

 ———-

 Odorantes.

LES BELLES PLANTUREUSES.

11084358_10203758392225782_1202447061_n

Les mappemondes de La De.

—-

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Les belles plantureuses amandes mappemondes

Elles vont partout sans peur les douces odalisques

Ballons ronds dans les airs volent les vagabondes

Et je suis Pharaon au pied de l’obélisque.

—–

J’irai défier les tigres, combattre les éléphants

Nulle hyène ne pourra même lécher leurs flancs

Je serai là tout près caché dans les roseaux

Les crocodiles domptés dédaigneront les os.

—–

J’ai beaucoup voyagé, comme un pur galactique

Des fées j’ai rencontrées même des extatiques

Mais la motte en pelote, dodue et délicate

Est une pure merveille à faire bander Hécate.

—–

Regardez les danser, leurs hanches balancelles

Si souples, elles ensorcellent, ondulent sous la lune

Au bûcher des plaisirs elles se gavent de brumes

Leurs cheveux étincellent moites sous leurs aisselles.

—–

Elles se braquent, elles grondent, les belles, les girondes

Quand patraque je flanche, elles haussent la cadence

Et je crie et je pleure et je pointe la lance

Doux Jésus sur ta croix, voilà que je succombe.

—–

J’enrage, doux mirage, noyé sous les orages

Tubéreuses sulfureuses, amours vertigineuses

Je me rends à vos armes, à vos larmes rêveuses

Aux secrets dévoilés, plus le temps d’être sage.

VENUS MUSQUÉE …

11026370_10203648229871792_1234148940_n

La Venus revisitée de La De.

—-

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Vos yeux me regardent,

Ardents, sauvages, tendres,

Et vous me dites des mots

De sang, crus et terribles.

Je me dresse et vous donne

Plus que vous ne voulez.

——

Au bout de la danse,

Vous criez miaulez,

Et vous allongez

Pour prendre ma bouche,

Longuement.

Nos salives mêlées

Ont goût de rose.

—–

Vos mains cherchent,

Prennent et épandent,

Sur nos corps pâmés,

Mon offrande,

Et votre jus

De sel poivré.

Dans l’espace clos

De nos ébats

Volent les parfums sauvages

De nos chairs

Odorantes.

—–

Je vous offre ces mots imparfaits

Jetés d’un trait

Poivré.

Venus musquée.

RITON, LE P’TIT RATON.

10967324_10203523574515486_978466251_o

La De grave distroy.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

C’était un p’tit raton, les yeux comme des boutons,

Il aimait les rognons, les pommes et les trognons

Se gavait de crème fraîche, le soir dans les poubelles,

L’avait pas l’air d’un rat,il était bien trop gras,

On l’appelait Riton, ses potes c’étaient des chats,

Avec eux il jouait à s’trouer la rondelle,

A la manif pour tous, s’est planqué sous une pelle.

—–

Ronron le chat mignon qui s’prend pour un raton,

Tout maigre tout efflanqué à bouffer des dentiers,

Le soir il a très peur et il trouve pas son beurre,

Les matous du quartier lui foutent des raclées,

Un soir Riton l’a vu qui pleurait tout du long,

Alors il a foncé, toutes canines plantées,

Sur les poilus galeux, à les faire tous pleurer.

—–

Ils ont fait des enfants, le chat était une chatte,

Riton le raton à grands coups de reins malins,

Les moustaches en sueur, les yeux au ras des fleurs,

A la tache voué, à la tringle, à la batte,

Tant au soir qu’au matin à crier comme un chien,

A se crever les yeux dans un style aérien.

—–

Madame, monsieur, vous, au sortir des salons,

Faites donc attention en posant vos petons,

Sous les portes cochères se planquent les tigrons.

SOUS VOS PAS.

11020298_10203675092783348_215493268_n

Avec La De la terre devient fleurs.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Où allez vous comme ça à petits pas chinois

Vos hanches se disloquent on ne sait pas pourquoi

Sur le détroit d’Ormuz les oiseaux en bouquets

Planent en flammes lentes, l’azur transfiguré.

—–

Où courez vous comme ça quand grincent les violons

Perchées sur vos échasses vos flancs en vibrations

Canal du Mozambique les dunes en vol-au-vent

Alanguies et torrides sous le soleil flambant.

—–

Que tenez vous comme ça entre vos doigts de lait

Vous souriez aux anges vos cheveux sont défaits

Au large de Panama les plaines sont figées

Les arbres calcinés les Temples désertés.

—–

Où marchez vous comme ça à longs pas indolents

Votre corps est voilé de grands nuages ardents

Les chutes du Zambèze déversent leurs torrents.

—–

Où est passé le temps il est passé par là

Et les fleurs ont séché, écrasées sous vos pas

Et la pivoine pleure quand vous êtes là-bas.

LA SORCIÈRE AUX CORNUES.

10933173_10203491698918616_219200679_n (2)

Le totem de La De.

—-

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Ton corps sage, ton corps nichons, ton corps billard,

Dans l’ombre, dans le corset des nuits de charbon,

A foison, corps vidé, coruscant, tout tremblant,

Même la lune s’est couchée, allongée dans les eaux

Qui caressent les déesses, les drôlesses, les papesses.

La diablesse blottie, et ses fesses d’ogresse,

Quand elle couine et rapine en caressant ma peau,

Comme les arbres en forêt se balancent. Et les glands

Des grands chênes parsèment le gazon.

Sur les cimes corrodées dérivent les busards.

—–

Puits de réglisse, gouffrée de zan, les amants

Crèvent les bulles majuscules, les opercules,

La pluie coule, rus en foules, tourneboulent,

Dagues brûlent, piquent et pleurent, le bonheur.

Suées grasses, rires complices. Les artistes,

Mousse de lys, hagards, émus, la valse triste

Déroule, et tonnent ses accords, douce houle.

Sous les soies, sous les draps, mains serrées des glaneurs,

Fleurs des champs, myosotis, buissons de farigoule,

Un monde se bouscule, vallées et monticules,

Dans le silence bleu scintillent les aimants.

—–

Les cordons se dénouent, elle du corps, ce corps fou,

Tombent les cordonnets, corps de lait, don du corps,

Offrandes fragiles, ce corps sage à l’outrage,

Rêves de tison, corps ogives, si rond ce corps

Au fond des corridors, réveille toi en nage,

Cornique tu parles, oiseau pâle de Corfou,

Le corps se tait sous la cornette corsetée,

Beau corps, sous le bec des corbeaux, le corps râle,

D’âge pleure, serre les cordages en correction,

Érection fatale, le corps rôde, coeur à létal.

—–

La sorcière aux cornues, à tirer au cordeau.

MA LOVE ME TOO …

7520325-0

Les flamboyances de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Ma louve ma Lou,

C’est si charmant, si doux,

Quand tu fais ta Love me too,

Et tu serres fort tes genoux,

Pour masquer ton buisson de houx.

—–

Je te regarde et suis tout fou.

—–

Allez, ma too, viens t-en voir,

Et boire, avide, à l’abreuvoir,

De mes yeux sableux. A te voir,

Les curés noirs, les encensoirs,

S’agitent comme des braquemarts.

—–

Je suis tombé sans te voir.

—–

Dis donc, gironde, ma ronde,

J’aime quand tu me grondes,

Blanche comme une vagabonde,

Il faudra bien que tu m’émondes

Ma fronde bandée, me refondes.

—–

Comme je te hais ma furibonde.

—–

Plus épicée qu’un cachou,

Derrière tes lunettes de hibou,

Oui mets toi donc à genoux,

Je deviens bleu comme un bantou,

Quand je me roule sur ton chou.

—–

Je t’emmène à Ouagadougou.

—–

Love me too, love me tender,

A l’aube de tous les millénaires,

Accrochés, juste fous, à nos aiguières,

Nous voguons aux confins des cimetières

Voiles éclatées, chairs sucrières.

—–

Et j’arrache tes jarretières.

DANS L’ANIS ROUGE …

1527000_10201287489654762_214100064_n

Avec le talent de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

——-

Dans ta timide combe charnue, en l’air,

J’enfonce, poignard bouillant, mon annulaire.

Dans l’anis rouge et poivré qui t’étoile,

Je meurs et je pleure en levant la voile,

Et dans le secret noir de ton cœur qui bat,

Nous dansons, hanches de fous, le cha-cha-cha,

Putain, coule le rhum, le bois bandé, et la rumba.

—–

Il t’en cuira de réveiller le serpent cru,

Oeil fendu, chemin tordu, langue fourchue,

Serpent, ma plume qui s’abreuve à ta lune,

Te guide, languide, turgide, vers ton but.

Et la biche qui flagelle, aux timides aisselles,

Pattes raidies, sveltes comme des radicelles.

Cruel, il s’insinue. Le crotale a mordu.

—–

Lit de fleurs pressées, beignet de miel doré,

Chairs concassées, éclairs stroboscopés,

Flots de purée grasse aux épices dédiées,

Tête levée, à hurler, sur ton bassin lové,

Écailles percées, à l’extase monté, le serpent a versé,

Sur l’ivoire de ton regard, des larmes de ciel tourbé.

Sirius, Orion, embrassés, enlacés, corps figés.

—–

L’Ouroboros, aux étoiles glacées, s’est enflammé,

A l’ombilic céleste, comme un fou, accroché,

Et les fleurs et les fruits, et mon corps et ton cœur,

Isis, et Osiris dépecé, aux membres éparpillés,

Ont perdu la mémoire, oublié les rancoeurs,

Sous l’amphisbène, les sonnettes, à mourir, ont vibré,

Acides soies des voilures, parures épuisées.

—–

Et tes yeux ont perlé, le serpent s’est ployé,

Et nous avons pleuré tout au fond de nos peurs,

Au dessus de nos vies. Quelque chose a tremblé.

LES LILAS SONT EN FLEURS.

10933253_10203423429051912_45820370_n (2)

Vanité de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Ah, la place Vendôme en ce petit matin d’été, déserte, ses arcades et son doigt de granit dressé !

Oh le dôme, il étincelle, là, quelque part devant l’histoire mille fois brûlée !

Sur l’esplanade le bruit gourmand des fers émoussés qui frappent le pavé,

et les plumes chamarrées,

et les plastrons dorés, les éperons cinglants, les moustaches taillées,

gommées à se tendre,

à montrer le ciel ciré des espaces d’ailleurs et d’avant, comme l’obélisque des amours si durs,

des amours de velours,

de masque de fer,

et de voilettes baissées,

les petits pas claquants, mille jupons chantants en diagonale,

la reine est au fou,

le poison dans la fiole cachée, perdue dans les cents plis

des traînes et des traînées.

Voilà que le temps bascule, la terre se fend, tout s’écroule quand tout

remonte du profond

des laves des coeurs éteints.

Vanités étalées comme de précieuses dentelles effilochées par les dents aiguës

du temps implacable,

du temps qui fait le mort,

le temps qui est la mort,

la seule qui vaille, vaille que vaille, enfers et entrailles, cercueils perdus des histoires de peu, de pieux, d’organdi et de lit des grands empanachés.

—–

La brise tiède a soufflé, les lilas sont en fleurs.