Littinéraires viniques » 2019 » janvier

MON DOUTE.

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Le doute par La De.

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Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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C’est un doute d’amadou

Pauvre doute ce bambou

Qui me tape sur la tête

Ce n’est pas toujours fête

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Oh le doute ce relou

Velours de hibou garou

Bien caché derrière mon rire

Il fait un bruit de tirelire

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Oui mon doute toi mon fou

Tu sonnes foutu biniou

Tu me glaces le cerveau

Quand je suis au caniveau

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Toi mon doute mon grisou

Mon enfant toi mon doudou

Tu te glisses sous ma peau

Quand je te joue du pipeau

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Mon miroir me met au doute

Il fait si noir dans la soute

Triste face que tu renvoies

Il est mort mon beau minois

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De mon doute je me fous

Je ne suis pas un marabout

Quand je tombe sur un clou

Il me griffe le genou

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Sur la route de mon doute

Quand je pleure et quand je goûte

Aux fruits rouges de mon vin

Je sens bien que vient ma fin

LES MOTS.

Les mots noyés de La De.

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Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Les mots on disparu, le verbe s’est noyé

Sous les glaces polaires des temps accumulés

Les saillies enfoncées dans l’oubli des nuits claires

Dans les rêves obscurs, dans les lumières éteintes

Au secret des jours creux, dans l’alcôve aux étreintes

Au long de ces années, au fil de la rapière.

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Les mots ont leur vie propre, ils font ce qu’il leur plaît

Ils viennent quand ils veulent, violents éjaculés,

Se rient du libre arbitre des conventions défuntes

Petits mots ou grands cris, les mots aux cœurs sans crainte

Déroulent leurs guirlandes et n’ont pas peur d’oser.

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Des penseurs débridés, des poètes abscons,

Aux discours lénifiants qui pendent aux balcons

En grappes de fruits blettes, en discours fanfarons

Les mots dans le secret sont comme des fanfares

Qui rugissent ou se taisent aux cordes des cithares.

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Parfois ils sont la lame, ils fendent les cœurs noirs

On ne les attend pas, c’est alors qu’ils déferlent

Étincèlent et rutilent en mille feux grégeois

Ils sont les perles rares qui brulent de savoir

Pourquoi la mort est tendre le soir au creux des bois.

TU CHANTES AVEC JULIETTE.

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Avec un choeur de La De.

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Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Au temps des herbes molles

Les vagues étaient si folles,

Écumes et alvéoles,

Que même Savonarole

Avait une auréole.

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Au temps des herbes bleues

Tous les canards boiteux

Se tenaient par la queue.

Et valsent les adieux

Amours en camaïeux.

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Dis-moi douce Héloïse,

Que du fond de ta mouise,

Ma douce, mon exquise,

Toutes tes herbes frisent.

Et brûle la banquise !

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Au temps des herbes rouges

Ça tangue, un pur baroud,

Et même, oui ! Ça bouge.

Le soir, dans le boudoir

Le chant grave de l’oud.

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Au temps des herbes lentes,

Mon âme, mon ondulante,

Ma radieuse, ma radiante,

Ta cambrure et tes sentes,

Tu embaumes et me hantes.

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Dis-moi enfantelette,

Qu’au pays des mirettes,

Coquillette, chenillette,

Quand pleure la muette,

Tu chantes avec Juliette.

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Au temps des herbes mortes

Le printemps à la porte

Et le vent nous emporte,

Ma plume, mon eau-forte.

Les amours en cohortes.

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Au matin des cerises,

Marquise, tu vocalises …