Littinéraires viniques » POÈMES EXACERBÉS …

NAPALM …

T’es où, Lou ?

Lou te descend,

Pendue à la corde

A noeud,

Qu’elle pétrit,

Pleines mains,

Et ses seins

Qui roulent,

Sur ta bosse,

Dure,

Haleine chaude.

La maraude,

Tout du long

De mon tronc

Souple liane,

Toi ma came,

Je m’enflamme.

Sous la mangue,

Sarabangue,

Mon cœur tangue,

Écarlate.

Manganate

Dis moi Lou,

Sous ta jupe,

Légère,

Espère,

Qu’en lisière,

La mer,

Bat tes flancs,

Blancs.

Calcaire

Qui croque,

Sous la dent.

 Lou, y es-tu ?

accroché,

A ton cul,

Ça tangue,

Comme à Danang,

Et ça brûle,

La peau

De mon coeur,

Comme napalm,

Dingo.

 Ventricule,

Ta virgule

Glisse,

Sur ma peau,

Elle s’écrase.

Ventouse,

Engloutis,

Moi,

Qui suit beau,

Dans ton rêve,

Bercé.

Sur la grève,

Le vent

Se lève,

La soie

Grège

De ta robe

M’enrobe.

Je gémis,

Dans mon lit.

Pauvre gros

Cachalot.

Je m’enlise

Ta salive

Colle

Ma peau.

De chagrin,

Le chafouin,

Baisse la tête,

Et vomit

Sur ta peau

L’espoir.

Mon exquise …

Je tuerai,

Qui m’empêche,

De plonger,

Dans tes eaux …

Intense,

Constance,

Arrache mes yeux,

Bleus

De rouille.

Napalm,

Tu m’enflammes,

Tue moi …

COMME UN PUITS …

Mon bout de sucre,

Candi,

A fondu,

Sous ma langue.

 

 Il m’a graissé

Les reins,

Comme une offrande,

De miel.

 

 Et de seins,

Gonflés,

Tendus,

Pointés.

 

 A se rompre.

 

 Je m’y suis,

Noyé,

Sans jamais,

Fermer les yeux.

 

 Puis il m’a pris,

Happé,

Tué,

Désossé.

 

 Englouti,

Comme un puits,

Qui gémit …

SEULEMENT …

A l’abricot fondant,

Qui sur sa table,

Pantelant, écartelé,

Suinte,

et se morfond,

Je croque,

En pensée.

Seulement.

 

Sa liqueur d’amour,

Grasse mes lèvres,

Brûle ma langue,

Qui s’affaire,

En pensée.

Seulement.

 

Dans la vallée,

Humide,

Qui le fend,

Un autre

Se régale,

De ces jus

De piment.

J’y aspire.

Seulement.

 

Et je meurs,

Fol amant.

L’OBSIDIENNE S’EST BRISÉE …

Sans titre 2

 Noires coquilles,

Que la marée écarte,

Au flux,

Comme au reflux.

Entre vos lèvres

De jais,

S’entrouvrent,

Satinées,

D’autres chairs,

Agglutinées.

—–

Au soleil couchant,

Rouge des chaleurs,

irradiées,

Le flot suinte,

Et ses eaux sucrées,

Que le poivre exhausse,

S’en vient baigner,

Les pétales tendres

Et roses,

Qui palpitent

Et bégaient,

Espérant

L’eau salée.

—–

La moule extasiée,

Les soirs de pleine lune,

N’est jamais rassasiée.

Le passant aveugle,

Accroché,

Aux mirages,

De l’ego boursouflé,

Ne la voit pas pleurer.

—–

L’obsidienne

S’est brisée.

—–

L’onyx

A balbutié

Le chant funèbre

Des espoirs

Désagrégés.

—–

Un cri

Dans la nuit,

Rauque,

Sauvage

Et doux,

Fulgore.

—–

La lune a roussi,

Quand il a retenti.

—–

Aux flots opulents

Qui larmoient

Au couchant,

Des pleurs

Se sont mêlés ….

EXSANGUE …

Oleg_Dou_44

Oleg Dou.

 

Nuit de chine,

De ravine,

Sur ma nine,

Emmanchée,

A chanter …

Nuit si blanche,

Ça balance,

C’est ta danse,

De pervenche

Affolée…

— 

Dans le noir,

Mon braquemart,

Comme un dard,

Broie ton fard

De soie …

Nuit de lapis,

Quand tu glisses,

L’ oiseau pleure,

Mirage

Blessé …

Nuit de râles,

D’opale,

Translucide,

Et turbide,

Je penche …

Aube blanche,

Coeur qui flanche,

Lèvre franche,

Sur ta hanche

Si pâle …

Aux balançoires,

Des sens,

La rime,

Terrible,

S’est pendue …

Coeur de jais,

Nuit soupente,

Souffles ténus,

La moelle

Brûlante …

Ombre portée,

Purée de fruits,

Crus …

Exsangue

La mangue.

A pleuré …

LE BLANC SILENCE …

Murée dans le blanc silence,

Que le plaisir ardent balance,

Quand enfin vous dites,

Votre plaisir cru.

Que des mots de violence,

Se bousculent à vos lèvres,

Toutes muettes,

Ouvertes, pourtant.

Qu’entre vos cuisses,

Votre doigt presse,

Le bouton turgescent,

Que la rosée inonde.

Je me repais,

De vous voir,

Chanter,

Pour moi,

La complainte,

Qui redresse la vie,

Fouaille mes reins

Et me met le cœur

Entre les dents …

SOUFFREZ QUE …

Souffrez que je vous baise,

Vous baise

Et vous re baise,

Que sur la peau fragile,

De votre aine qui palpite,

Je dépose la goutte,

Qui perle,

Sur mon gland.

CRISSE LA LAME …

Schiele. Jeune femme.

Schiele. Jeune femme.

Elle déjeune,

Se douche,

Dors encore,

Elle … ?

N’est pas là.

Il tire la langue.

Elle n’est pas là.

Intouchable,

Injoignable,

Sous la vitre

Transparente.

La menthe.

 Crisse la lame.

Comme un âne,

Il braie,

Pas gai,

Gris,

Broyé,

Inclassable.

Friable.

Il croit,

Que croire,

Que dire,

Que faire,

S’enterre.

Suaire.

Quand l’enfant

S’écroule,

Explose

Comme une fleur

Au vent ?

Ersatz.

Quartz.

Se taire,

Fuir ?

Se nourrir.

Amertume

Qui fume.

Charbon.

Pierre

Qui fond.

Boue

Qui suinte,

Putride,

Et le souille.

Gargouille.

Tête de veau,

Sauce gribiche,

Pâle, livide,

Langue rose,

Regard déchu.

Opale.

Bien le bonjour

Madame Michu.

Sangsue.

 

RAGE DE VELOURS …

S Mémo_22La nuit rouge.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

Loin comme toujours,

Intouchable velours,

Mon amour ….

Mirage au désert,

Mon coeur se serre …

Alors j’enrage,

Quand m’échappe l’outrage.

Je suis à l’orage …

D’UN REGARD ÉTRANGE …

10686487_10202671239607646_1075923554_oL’oeil sous l’oeil  de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

 D’un regard étrange.

Un sourire aussi,

De carnassier aux dents aiguës.

Dans son cou de tourterelle,

J’irai planter mes dents,

De sa bouche entrouverte,

Je frôlerai la langue.

Mes mains écrasées,

Sur ses seins fous.

Entre ses cuisses bavardes,

J’irai me réfugier,

Après que mon souffle,

A déplissé ses pétales ….