MATRINITIALE.

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La De en ordre de bataille douce.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Vous êtes là,

Et m’offrez votre corps,

D’organsin souple.

Yeux grands ouverts,

Vous regardez le fond des miens.

J’y vois la gravité,

La crainte et l’espoir.

Alors ma bouche,

Mange vos lèvres,

Qui enflent et me rendent,

Sauvages et douces.

Sous vos dents pointues,

Coule le sang.

Ma langue vous parcourt,

Et vous aimez qu’elles trouvent,

Les plis que vous cachez.

Que vous m’offrez,

Tandis que votre bouche,

Douce,

Et votre langue agile,

Engloutissent,

La preuve de mon désir.

Que de jeux sans fards,

Sans pudeur,

Et tendres,

Nous attendent.

Entre vos lèvres ouvertes,

Fragiles et ruisselantes,

Vous m’appelez.

Profondément nous sommes unis,

Et nous ne bougeons pas,

Un long moment délicieux.

Au fond de vous,

Ma vie s’agite,

Et votre rose furieuse,

Serre à tout va.

La tendresse est en nous,

Et la furie aussi,

Tandis que nos regards se fondent,

Et que nous coeurs palpitent,

Comme des oiseaux

Blessés.

Alors vous me dites,

Combien il est bon d’aimer.

Et moi de vous dire combien,

Vous m’êtes précieuse,

Tandis que nos reins,

Travaillent à l’unisson.

Lentement nous allons,

Le long des chemins fleuris,

Puis la violence aimante,

Se déchaîne,

Nos souffles se mêlent,

Tout autant que nos jambes.

Vos seins durcis,

Sous mon torse tendu,

Aiment à se blottir.

Ma semence d’albâtre,

Inonde votre ventre.

Vos doigts joueurs,

L’étale sur mes lèvres,

Qui vous prennent,

Un baiser.

L’âcre goût de nos ébats,

Embaume la couche.

Sur mon épaule offerte,

Vos cheveux s’étalent.

Je vous souris.

Votre regard s’éclaire.

Et le silence,

A disparu.

Nous sommes bien,

Et confiants.

Alors je vous dis,

Que je vous …

Et me le dites aussi.

Nos voix tremblent,

Car il n’est pas aisé,

D’être mis à nu ….

A votre source, heureux

Je suis, d’avoir bu.

Commentaires
  • Pier Andrea dit :

    Surtout ne rien dire après ça.

  • Pierre-Marie dit :

    Matrice, le commencement, la fin, le tout. A vos sources, heureux, je suis de boire.

  • Paul dit :

    L’intense vérité qui sourd de ce texte lui donne une chair qu’auncun autre n’a eu jusqu’à présent. Se taire est le plus bel hommage que l’on puisse lui rendre.

  • Paul dit :

    Kaléidoscope génial et très émouvant permettant de prendre la mesure du travail et du talent qui nous sont offerts depuis des mois. Ecrit que je peine à qualifier de “poème” tant il atteint une autre dimension, celle de la vérité qui écrase tout.

  • Antoine dit :

    Ces mots, ils ne viennent pas de la tête, ils n’ont rien à voir avec le talent ou l’art de marier les mots. Ils viennent d’ailleurs et j’en suis presque dérangé. J’ai la gorge serrée, c’est la première fois en te lisant Christian.

  • Xavier dit :

    C’est magnifique. Indéniablement. C’est dérangeant. Indéniablement. C’est du talent et de la vérité. Indéniablement. Mais c’est surtout une porte qui s’ouvre sur l’absolu.

  • Giuseppe-Maria dit :

    Un murmure d’immensité, montré. Il faut faire le silence face à ça.

  • Maryam dit :

    Pour une fois j’ose déposer un commentaire 🙂 Un poème sur le thème de l’Amour comme je n’en ai jamais lu auparavant. Un Amour touché par l’évidence et la vérité, voilà en quoi ce poème est autre. Une simplicité comme un aveu, une déclaration jaillie de l’intérieur. Je voudrais également mettre en avant les talents de l’illustratrice de l’ombre, je déplore que son nom n’apparaisse pas en grand, partout, ce qu’elle fait est si riche et si beau …

  • très beau …j’aime beaucoup

  • Claudia dit :

    Il faut toujours un début, “un inizzio” comme on dit en italien. Ce matrinitial est une gangue fragile dans laquelle la force a grandi. J’ai bon espoir qu’elle aille encore plus loin. 🙂

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