Littinéraires viniques » 2017 » septembre

UNE CHATTE.

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La chatte revisitée de La De.

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Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Lalique est une chatte inquiétante et superbe

Ses yeux d’agate verte luisent même le jour

Personne ne l’entend quand elle glisse élégante,

Dans son regard absent se reflète l’eau des lacs

Les eaux de glace trouble qui jamais ne se rident.

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Quand les grands vents se lèvent en hiver en été

On voit comme un frisson balayer son échine

Qui court d’Egypte ancienne ou peut-être de Chine

Bastet l’énigmatique, Chuan le magnifique

Sont tous deux les ancêtres de la belle Lalique.

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Souvent la nuit tombée, elle se métamorphose

Et la chatte docile qui ronronne quand on ose

Effleurer son museau du bout d’un doigt léger

Les oreilles baissées, la queue au ras du sol

Silencieuse et terrible chasse le campagnol.

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La gueule rassasiée, les babines rougies

Les pupilles dilatées par le festin nocturne

Après avoir léché sa tunique souillée

Sur ses pattes de plumes, la queue vers le plafond

Se dandine insolente et d’un coup de rein souple

Se glisse sous le drap qui brille sous la lune

Blottit sa tête douce contre le corps tout chaud

De la belle endormie qui ronronne elle aussi.

Elle frémit de plaisir et rêve du paradis.

VENDETTA ET FROUFROUS.

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La vendeFrou de La De.

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Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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La danse, tourbillons, vendetta et froufrous

Valse, tournoie, gambille, bas de soie, émoi

Et toi ? Etincelle, crécelle, rire doux

La joue si rose, l’œil brillant, et moi et moi !

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Feuilles ouvertes, macaron cru, fraise tendre

La biguine, la coquine, la noix croquée

Vole et vire. Pleurs et cris. Crie à cœur fendre

A pierre  tant briser, à bûche tronçonner.

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Pastels fragiles, cœurs d’argile, regard d’encens

Fumerolles rousses, fous délices de sang

Mais que vaines sont vaines les amours d’antan

Toi qui sur les mers a bourlingué trop longtemps.

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Blanc noir, éclair cinglant, mots de perles fines

Les ondes légères vibrent sous le ban

Et la peau, sein damné, les eaux l’illumine

Brocarts et taffetas ont épousé le gland.

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Qu’as-tu dit, qu’as-tu fait, toi qui souffles en coulisses

Dans les espaces étroits, dans les conques marines

Dans les bois, dans les cuivres, dans le cœur des vouivres

A l’amour, aux braises, je lève mon verre et pisse.

DONDIVIN.

TANZANIA - FEBRUARY 08: Zamda, Albino girl in Mikindani, Tanzania on February 08, 2009. (Photo by Eric LAFFORGUE/Gamma-Rapho via Getty Images)

TANZANIA – FEBRUARY 08: Zamda, Albino girl in Mikindani, Tanzania on February 08, 2009. (Photo by Eric LAFFORGUE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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Un petit point perdu au cœur de l’Afrique, au centre du Congo, à égale distance de l’Océan Atlantique à l’ouest, de l’océan Indien à l’est. Situé à mi chemin entre Port Elisabeth au sud et Tripoli au nord. Un point minuscule qui marche plein est. Le grand aigle croix de plumes qui vole très haut ne le voit pas. L’imperceptible, lui, a levé les yeux et suit du regard la traînée blanche du grand oiseau silencieux. Elle s’effiloche, mangée par le bleu cru du ciel. Mille kilomètres séparent le petit homme du lac Victoria, le petit homme qui marche déjà depuis longtemps, d’un pas égal, lent et régulier.

Dondivin se protège du soleil furieux. Ses rayons enflamment les herbes sèches, brûlent les sols jusqu’à les faire craqueler. Le grand soleil tueur, lave jaune, plomb fondu. Sous ses lames acides les cuirs les plus épais cèdent. Les grands animaux, foudroyés par la mort ardente, parfois s’écroulent comme de grandes forteresses que l’on croyait invincibles. Alors l’œil de feu, si puissant qu’il a troué le ciel d’encre bleue, rissole les chairs, racornit les peaux. Les momies aux faciès déformés, aux pattes tordues par l’ultime souffrance, gisent ça et là, en pleine brousse comme au bord des pistes. La terre d’Afrique est rouge, elle est faite pour calciner les douleurs, boire et masquer les ruisseaux des sangs versés. Sa poussière collante donne aux hommes en sueur des visages de sorciers fous.

Dondivin est un paria, un nègre blanc malingre à la peau livide, dépigmentée, parsemée de quelques ilots délavés, quelques tâches informes de couleur orangée. Un casque de broussaille crépue, une chevelure de paille claire, couronne sa tête fine perchée sur un cou d’oiseau fragile. Dondivin n’a jamais connu ses parents. Recueilli par une petite tribu Bomitaba, il a vécu une enfance terrible. Sa peau blanche et ses yeux d’ambre gris pâle en ont fait un semi esclave craint et moqué à la fois par les femmes et les enfants, traité durement par les hommes. Dondivin a survécu, se nourrissant en disputant aux chiens faméliques les reliefs des repas. A se battre contre les bâtards pour subsister, son corps, maintes fois griffé, mordu, s’est couvert de cicatrices livides qui dessinent sur sa peau d’étranges arabesques roses.

Pour les sorciers Africains les albinos sont des proies de choix. Ils attribuent à leurs organes des pouvoirs magiques, un nègre blanc soigneusement débité se revend une fortune. Mais le sort a voulu qu’un grand Ancien révéré, respecté de tous, le prenne sous son aile et le protège des prédateurs humains. Dès son plus jeune âge, le vieux Bomitaba lui a enseigné l’art du camouflage. C’est pourquoi Dondivin disparaît sous une épaisse pâte de terre ocre qui masque sa peau blanche. Sur ses cheveux courts, il applique depuis toujours une mixture de terre noire mélangée à la cendre et à la graisse animale, une pommade grasse qui résiste à la pluie. Mais un matin au réveil, le grand Ancien gisait raide mort sur sa paillasse. C’est ainsi que Dondivin, de plus en plus convoité par le sorcier du clan, dut s’enfuir une nuit pour ne pas finir sous le tranchant avide d’une machette gourmande.

Dans son enfance, l’Ancien lui avait raconté l’histoire de ce guerrier qui avait quitté la tribu pour aller chercher fortune sur les rives du très grand lac, là-bas, très loin à l’est. Sous les flots de ce lac les poissons avaient peine à nager tant ils étaient nombreux. De l’aube au crépuscul, les eaux frémissaient, agitées comme si un grand vent soufflait. La nuit on pouvait entendre un clapotis incessant, les éclaboussures des poissons sauteurs qui retombaient dans l’eau scintillaient sous la lune. Comme les cailloux piquetés d’extraordinaires lumières d’étoiles que l’on trouvait parfois sous terre, quand il fallait creuser l’été, pour trouver à boire sous les écailles de bronze de la terre desséchée.

Dondivin doit avoir douze ans, guère plus. Cela fait trois semaines qu’il marche à cœur perdu; pieds percés, traversant ruisseaux, brousse, savane, forêt dense. Dans cette vaste zone particulière, à la confluence des ventricules et oreillettes du continent, les énergies affluent, la vie pullule, la violence, la fureur et la mort sont partout. Le ciel est d’une beauté effrayante à la mesure de la puissance des lieux. La vie y est exacerbée, comme si les énergies de la terre décuplées et concentrées à la fois émergeaient des profondeurs brulantes de magma. La chaleur est intense, le ciel s’y vide de ses eaux, la nature y trouve ses nécessités. Tout en cette région, climat, faune, flore, haine, amour, est disproportionné. Le centre de l’Afrique, berceau de l’humanité, est le laboratoire, funeste et glorieux de tous les dieux, du plus improbable au moins confirmé.

L’enfant couvert de terre séchée marche comme un métronome. La nuit il ne dort que d’une oreille au creux des arbres morts. Feulements, frôlements, frottements, cris étouffés, galopades soudaines, cris inarticulés des gorges déchirées, miaulements rageurs, silences terribles, Dondivin, terrorisé, recroquevillé, perché à mi hauteur dans le ventre sec des arbres invente plus qu’il ne devine les ombres argentées qui traversent, le temps d’un éclair, le paysage nocturne éclairé par l’œil écarquillé de la lune menaçante. Une nuit qu’il ne dormait pas, tremblant au milieu des fourmis que sa peau tendre, étonnamment n’intéresse pas, un grand python s’est glissé dans sa cache. Le reptile aux écailles lisses s’est doucement enroulé autour du corps de l’enfant, comme une liane souple il lui a fait un manteau de chair fraîche, il a posé sa tête triangulaire entre l’épaule et le cou du garçon et n’a plus bougé. Jamais ses anneaux qui auraient pu le broyer ne l’ont serré. Dondivin a entouré le corps du serpent de ses deux bras, pour la première fois depuis des nuits, étrangement apaisé il s’est endormi profondément. Au petit matin le soleil rose orangé s’est levé, la lumière éclatante a recouvert de velours tendre les cimes embrumées de la forêt proche, la chaleur est tombée comme un marteau de plomb fondu. Lentement le python royal a levé le museau, ses yeux couleur d’ambre foncé se sont éclaircis, il a longuement regardé Dondivin, sa tête s’est balancée un instant puis il a déroulé ses anneaux ocellés, a coulé le long du tronc mort pour disparaître dans les herbes hautes. Le regard dans le vague, l’enfant a souri.

Ce matin le mur vert sombre d’une forêt dense se dresse devant lui. Derrière lui la brousse chichement arborée qu’il ne verra plus. Hie, il a dû s’enkyster toute la journée dans un tronc pourri, de peur que les chasseurs apparus dès l’aube ne l’aperçoivent. L’albinos est un trophée de choix, une proie de grande valeur. Les braconniers grimés de couleurs vives, vêtus de pagnes à franges, le savent bien, un nègre blanc vaut plus que toute une saison d’ivoire. La prise est aisée, fragile, sans défense. Soigneusement débitée – la tête à elle seule vaut une fortune – elle leur apporterait à la fois richesse et notoriété. Aussi le garçon s’est fait bois mort et n’a pas bougé. A plusieurs reprises les chasseurs l’ont frôlé, mais occupés qu’ils étaient, têtes baissées, à relever les traces des grandes oreilles, ils ne l’ont pas vu, ni même senti. Ils se sont éloignés un temps, mais Dondivin les entendait crier de rage, tourner en rond, invoquer les anciens et l’égrégore des éléphants. Mais en vain. Bredouilles, ils se sont installés le soir autour de l’arbre mort, ont allumé un feu, mangé quelques baies, une bestiole rôtie, et palabré jusqu’au matin. Le lendemain il a plu des trombes d’eau, un de ces murs blancs qui efface les reliefs, dissout les couleurs, on croirait que le monde a disparu, qu’il s’est écroulé, a fondu, que le sol l’a mangé. Tout le jour le ciel a noyé la terre. Bien à l’abri des eaux, incapable de reprendre son chemin sous ce déluge le garçon n’a pas bougé de tout le jour terne. Le soir les chasseurs sont revenus, ils ont bu des breuvages fermentés, crié, hurlé, maudit les âmes des éléphants morts, dévoré à moitié cru, tant le bois était mouillé, une gazelle naine aux grands yeux de soie noire. La nuit a été rude. Le regard éteint de la gazelle, sa robe ocre pâle, son ventre blanc et ses petites cornes torsadées, entraperçus par une des fentes du tronc vermoulu, ont fait pleurer l’enfant. Pas une larme n’a coulé. Trop d’eau. Il n’a pas même reniflé.

Quelque part, hors de vue dans l’obscurité de la forêt proche, un potamochère roux grommelle en regardant l’enfant entrer dans la forêt. La végétation est très dense, humide, le sol détrempé. Dans ce royaume vert tout est exubérant, généreux, surnaturel, la progression est lente, difficile, hasardeuse. Malgré sa petite taille et sa corpulence de sauterelle Dondivin avance péniblement, il s’enfonce à mi cheville dans le sol spongieux. Sur son passage les grandes feuilles des plantes bien plus hautes que lui balancent, déversant leurs eaux sur sa tête. Bientôt, la masse végétale couronnée par de grands arbres aux troncs volumineux dressés au milieu des lianes en guirlandes complexes qui dessinent à contre jour des toiles gigantesques, des ponts et des embrouillaminis inextricables, se dresse comme un épais mur vert. Dans ce monde mystérieux, des myriades d’insectes crissant, des serpents de couleur céladon, orange, émeraude, noir, gris, jaune, aux livrées éclatantes, des reptiles tantôt striés, annelés, tachetés, des rampants de toutes tailles, endormis dans les branches ou se glissant sans bruit d’une liane à l’autre, pullulent. Plus haut, des singes hurlent, crient ou avertissent, des singes invisibles, perchés dans les hautes branches, sautant d’arbre en arbre dans un froissement de feuilles verdoyantes, retombant en pluie lente comme une averse sèche tout autour du garçon. Epuisé, haletant, Dondivin s’est arrêté, prisonnier des plantes rampantes qui ont fini par l’immobiliser. Soudain à cinquante centimètres de son visage, un grand cobra des forêts s’est dressé et le regarde, se penche à droite, puis à gauche, comme s’il dansait sur le rythme entêtant d’une mélopée inaudible. Puis il se penche vers l’enfant, sa tête à la collerette écartée s’immobilise à quelques centimètres de son nez. Ses yeux de mercure en fusion, d’une opacité insondable, le fixent, sa langue bifide jaillit de sa gueule entrouverte pour lui frôler le front. Hypnotisé par ce diable noir et blanc Dondivin ne bronche plus, respire à peine à petites goulées prudentes. Aux alentours les singes ont déserté la canopée, les oiseaux assourdissants se sont tus, les serpents ont quitté les lianes. Un Bunaea Alcinoe géant, tête et antennes rousses, ailes de velours crème, ocre, sable et marron, est apparu, a voleté autour de l’enfant, a parcouru quelques mètres, s’est posé comme s’il l’attendait, le naja a rampé puis s’est dressé non loin du papillon. Alors Dondivin a compris et s’est mit à les suivre docilement.

Des jours durant il a marché sur les traces du papillon et du cobra, les nuits il a dormi à même les grandes feuilles arrachées, le naja tournait non loin à la recherche de proies faciles. Il s’est nourrit de fruits étranges aux chairs multicolores que le papillon lui désignait en s’y posant ailes battantes un instant. Il a croqué avec délice des larves blanches volées à l’écorce des arbres abattus, grasses, grosses, et sucrées. Il a bu l’eau fraîche tombée du ciel. Souvent, quand la muraille verte était trop épaisse un éléphant des forêts apparaissait pour tracer le chemin. Le chemin devint sa vie, le temps semblait aboli. Un matin qu’il ne pleuvait plus, le papillon, le cobra et l’enfant ont débouché dans une clairière immense. Au centre une grande mare aux eaux noires reflétait les cumulus tourmentés qui galopaient dans le ciel. Le blanc du ciel tempérait un peu l’inquiétante impression qu’elle dégageait. Des okapis, des antilopes, des singes, des phacochères, toute la faune tropicale s’y désaltérait. Près de l’eau se dressait une grossière cabane de bois brut et d’écorces. Accroupi sur le sol près d’un tas de cendres mortes, entouré de centaines de serpents entremêlés, un vieil homme nu, au corps bariolé, couvert d’amulettes hétéroclites, se tenait immobile. Le naja glissa vers lui avant de se redresser à ses pieds, la collerette tournée vers l’enfant. Le papillon se posa sur la tête du sorcier aux yeux aveugles qui souriait.

Dondivin s’est arrêté à un mètre du vieillard. Des serpents se sont enroulés autour de ses jambes, de sa taille, de ses bras, de sa gorge. Son corps blanc délavé par la marche et les pluies a disparu sous ce manteau de fête, rouge, jaune, vert, émeraude, marron, noir et gris. Le Bunaea Alcinoe s’est posé sur sa main. On eût dit un Prince innocent en habit paré pour ses noces.

Le sorcier a tiré une machette à lame courte cachée sous son pagne crasseux. Tous les serpents ont mordu en même temps. A la lisière de la forêt les oiseaux ont jacassé, les singes ont hurlé à la mort qui tombe. Au bord de la mare les animaux se sont enfuis comme des flèches de feu sous le soleil couchant.

Dondivin jamais n’atteindra le paradis rêvé des grands lacs, il ne pêchera jamais les grands poissons aux écailles d’argent. Le gros œil rond de la lune blanche éternelle se mire dans les eaux immobiles de la mare noire endormie.

UN MOUSTIQUE.

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Mosquito des Enfers par La De.

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Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

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On croirait une sciotte qui vole dans les airs,

Quand la nuit est tombée le moustique surgit

De nulle part ou d’ailleurs, comme une flèche d’ombre.

Personne ne s’en doute, mais Mosquito rugit

Comme un griffon ailé. Il nait de la pénombre

Des marais infestés où règnent les mystères.

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C’est un insecte hargneux, ils se rue sur les chairs

Des êtres dénudés, des enfants aux yeux clairs

Arrachés au sommeil par le vampire ailé.

Il se gorge de sang, un sang gras et salé,

Alors il devient fou, gagné par l’arrogance

Il rugit plus encore, en brandissant sa lance.

Ainsi telle la grenouille qui se prend pour un bœuf,

Mosquito alourdi, par sa soute lesté,

Se pose contre un mur au soleil réchauffé,

Sa digestion est lente, c’est qu’il n’est plus très neuf,

Mais il repart bientôt, ne sachant plus attendre,

 Mosquito le goret sent sa panse se distendre.

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Quand il a fait le plein, au bord de la syncope,

Ses ailes ne portent plus le diptère glouton,

Accroché par les pattes à l’écorce d’un tronc,

Le stryge ridicule a perdu sa superbe

Il meurt en éclatant, sous la langue d’un Serbe.

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Un Gecko des Balkans l’attendait patiemment.