Littinéraires viniques

A GÉMIR.

10272658_10201881063773744_8318839878437633014_o

D’après Charles Cros. Avenir.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Les très chauds ciboires et les jeunets fluets

Dans le coin crapuleux qui éblouit l’affable,

A se mettre au lit où mon glaïeul inénarrable

Et ma bégueule qui rit du sarment tourmenté,

–—

La cigarière où mon furoncle a tant giclé,

La foutraque déjantée sur le vit instable

M’éblouissent. Aussi sur ces flancs bien baisables

Mes paires vous éblouiront, vous qui n’êtes lassée.

–—

Mort je suis sur les dents. Souvent l’ancien s’en va

C’est à l’heure qu’il butine et beurre jusqu’au bas,

S’enfuit tout enivré, et la louve il chasse.

–—

Ô artilleurs à frémir, qui tirez les oies

Dans les champs, impalas et autres doux gibiers,

Vos bourres font pâlir, atroces canardiers.

LE SOLEIL S’EST LEVÉ A L’OUEST …

10271514_10201892586901815_4446521876777766544_n

La De fait l’ange.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Il est porté par quelque chose qui le dépasse,

Elle est la chose de la chose magnifique,

Cette chose est belle qui les pousse au-dessus d’eux.

Elle les porte aux nues plus haut que leurs étoiles,

Et rien n’y peut, ni eux, ni la pluie, ni le vent

Pas plus que les anges, les diables ou les gueux.

–—

La belle au bois, aux pierres, aux chênes si verts,

Mais où sont les dieux qui nous font tant souffrir ?

Allah, Ganesh, Buddah, Zoroastre et vous autres,

Vous qui ne rimez pas nos vies mais qui les détruisez,

Vos noms qu’ils brandissent pour mieux assassiner,

Les fleurs des champs coupées au ras des belles idées.

 —–

Faudra t-il que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest ?

Au cœur des mausolées, sur les temples d’Angkor,

Par-delà les trous noirs, au fin fond des enfers,

Quand le ciel verdira, quand Memphis renaîtra,

Ta main sera toujours là, posée sur mon bras.

RÂBLE AU DIVAN.

1973385_10201773602967291_7209592264611042528_o

D’après Jacques Prévert. “Sables mouvants”.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Tétons et corbeilles,

Blancs et veinés,

Au foin, le doigt, le pair, s’est envolé,

Elle boit,

Bonne madrague, tendrement balayée par le blanc

Dent d’érable à demi, tu as bu en bavant

Tétons et corbeilles

Blancs et veinés,

Au foin, le doigt, le pair, s’est envolé,

Lait blanc du vieux mousquetaire,

Dix huit bagues sont trempées

Tétons et corbeilles,

Blancs et veinés,

Dix huit bagues pour la mariée.

LES PETITS POIS QUI ROULENT …

1506970_10201891016022544_7020836027988533103_n

La De à la cuisine.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Il était une petite fois,

Une brassée de petits pois,

Gonflés, juteux, ah misère !

Aux regards verts plein de lumière,

Qui roulaient, rieurs, sous les doigts,

Comme des vers de terre joueurs, se tordaient,

Sautaient, tous fous de vous ma Lou, dans la cocotte,

Et ça tourne, ça soupire, ça crie, même tournicote.

C’est comme le bal flonflon au boudoir de Jacotte,

Ses doigts, à fourrager gras, sentent l’échalote,

La poiscaille, l’alcalin et le bout du vert chou.

—–

Il était, aussi vrai, oncques une fois,

Une botte de futées, bien tendres carottes,

Qui pleuraient, blessées, contrites, sous le couteau,

Chairs sucrées, mais que c’est bon ! Lavées sous l’eau,

Bulles, chatouilles! Ont souri, meurtries, aux petits rois

Verts, merci à eux ! Qui chantaient par là,

Carottes fessues, bourrues, fières boute-joies,

Petites rondes, fécondes, au fond de la marmite,

Où ça sent très bon l’oignon qui sue, et la bite.

—–

C’est ainsi que, bis repetita,

A la petite cuisine fumante, ma foi,

Jolies longues carottes et petits dodus pois,

Attendent, saisis, blottis, sans se presser,

Une belle averse, vivement citronnée,

Qui les fouettera, frissonnants, guillerets.

Dans la marmite étroite, ils se sont embrassés,

Beurrés, fondants, des heures durant.

—–

La madame, regard perdu, elle n’a rien vu,

Elle touille, farfouille, du bout de son doigt nu,

La tambouille fumante, presque dorée,

Goûte, gourmande, à la sauce, ensorcelée

Sans jamais, bien trop pure, même se douter,

Que dans petite bouche avide elle a versé,

Jus de carotte cuite, turgide, toute trempée,

Les petits jolis pois verts, eux, sont bien fripés.

—–

A trop cuire, et recuire grand feu, ils ont craqué …

 

A CORPS ET À CRU …

J.C Prêtre. Ce que Suzanne voit en son miroir.

L’hiver pointe déjà par instant le bout de ses aiguilles, sidérantes comme les crocs effilés de la goule qui rôde par delà les espaces humains. Insensiblement, il glace les énergies et fait exploser en mille fragments acérés les cœurs prudents.

Dans sa bulle, Théodule hulule comme un rapace blessé.

C’est alors que…

Plus brutalement qu’une mort subite…

Le voici – à sa surprise générale, lui qui n’en croit mais – plongé au puits profond de sa Mongolie Intérieure … !

Le vieux Chaman (« Comme un Papillon ») est revenu, à l’insu de son plein gré. Au gré de son gré à lui. Il a surgit du fin fond de ses âges reptiliens, empilés comme flacons poussiéreux au noir d’une crypte barbare. Sur l’aile ronde de son capteur de rêves, emporté il l’a, dissolvant d’un battement de plume au zéphyr, ses lourdes réalités ordinaires. Ce n’est pas qu’il lui parle, non, rien de surnaturel! Ni voix d’outre temps des tombes, ni Jeanne à Orléans, ni manifestations en quadriphonie. Simplement, il est là, aux commandes, et descendent dans sa conscience bornée, sensations, idées, désirs, nécessités, qu’il lui serait impossible de combattre, tant elles sont sa chair et sa pensée, par le sorcier des âmes, magnifiées.

Le vent souffle, doux et continu en ce printemps frais, sur les larges steppes herbeuses de l’Asie Centrale. Vertes et jaunes comme un infini bout d’infini. Derrière les yeux dorés d’un aigle blanc, Bashung en balade éternelle au long des contre allées électriques et vibrantes, le croise, hiératique et diaphane. Malraux le toise, regard perçant, en chuintant sous son bec crochu de Grand Duc, rémiges dorées et crête ardente. Dans la longue courbe ascendante d’une ellipse sans fin qui le met hors d’air, Maat, Ibis blanc hiératique, lui perce l’œil vivement d’un de ses plus fins duvets… Dans le corps chaud du Cirrus Pygargus au sein duquel il s’est fondu, la tectrice de Maat, flèche de feu des sagesse coruscantes, transmute jusqu’au plus profond de son être épais. Il traverse œuvre au noir, au rouge, au blanc à l’accéléré, se rétracte et s’épand dans une danse enfiévrée, tournoyant et montant vers les espaces infinis de la création des mondes. Bientôt il se fond dans l’origine et meurt à son ego.

Ma plume de plumitif besogneux n’est plus que le blanc de la page, l’inter espace, l’inexistence oeuvrante, le courant subtil qui relie les possibles, un temps qui dure une seconde inexhaustible, comme la fin d’un commencement et son contraire. A la roulette des expériences, j’explose en mille gouttelettes de vies, en milliards d’atomes de possibles …

Blanc aveuglant, noir sidéral …

Le soleil néguentropique de cette fin d’automne s’efforce de briller de son mieux. La ville est calme comme un dimanche, l’air immobile est doux. Absent au monde, vortex tourbillonnant de vibrations subtiles, le vieux chaman le guide qui psalmodie de sombres incantations. Il « biloque » à souhait, sa volonté et ses désirs abolissent le temps. Dans un square de quartier, un enfant rieur aux boucles sauvages qu’il observe, attentif, hurle sur un chien, tandis qu’au cœur d’un parc ombragé, à l’autre bout de la ville, il suit avec intérêt une fille en leggings et tee-shirt moulants, qui peine à suivre un grand échalas monté sur pattes de héron. Les fesses rondes de la belle, comme de petites pastèques, tressautent sans trembler. Pas de ces amas gélatino-graisseux qui valsent en tous sens. Que nenni ! De jolis muscles dodus que l’effort tend et relâche à chaque foulée, sur des cuisses fines et longues à honorer un pantalon étroit. Ses mollets fins et dessinés, rebondissent en cadence sur ses chevilles souples et déliées. Il s’attache à son dos, comme le chien à son maître, et se régale de sa chevelure luisante qui ondule ses reflets autour d’elle. Bientôt il oublie l’enfant du square, et se laisse caresser par ses cheveux humides, qui sentent la garrigue odorante après l’orage. Il entre en elle et la devient. Furtif et trop diaphane pour qu’elle le perçoive, il se confond aux battements de son cœur, il devient le sang qui court dans ses veines, l’air qui frôle ses lèvres, la sueur qui lui chatouille l’aine, la chair de ses seins fermes que le plaisir de vivre réveille … La musique de sa respiration le berce, il est sa gelée, sa substance. Il la suit ou est en elle, à sa guise. La tentation de Dieu le guette, mais le chaman veille et le renvoie au paléo-mammalien. Alors, incompréhensible phénomène pour l’esprit humain trop grossier, dans la matière sub-gazeuse du tourbillon d’infimes particules qu’il est devenu, l’idée d’une érection chaste le traverse. Qui enfle doucement pour lui serrer les sens ! Le temps a passé qu’il ne connaît plus. La sylphe aérienne boit au goulot l’eau fraîche d’une bouteille, sous les graines de lumière qui percent la fenêtre entrouverte. La sueur, sur son long cou lisse, glisse en gouttes de diamants odorants. Son corps embaume l’essence de ses sens, exacerbés par l’effort. Elle soupire en lâchant le goulot de la bouteille dans un bruit de succion humide. Au coin de ses lèvres entrouvertes, le cristal d’une goutte flamboie, que le bout framboise de sa langue agile assèche vivement. Mort à la matière épaisse, atomes lâches devenu, Théodule n’est plus qu’onde invisible et hypersensible. La beauté l’émeut, tant la chair tendre le retient à sa vie. Dépouillé de sa défroque carnée, il est à fleur de sens, ébloui par la fragilité, la candeur attendrissante de cette gracieuse femmelette. Sa respiration, qu’il n’a plus, par habitude, il la retient. Illusion d’éternité.

Dans le creux de son oreille absente le chaman lui dit qu’il peut…

Alors il se dissout dans les murs, les bois et les parquets, se tricote dans les fils de ses cotons, se glisse dans le tain de ses miroirs, les cicatrices de ses blessures et les eaux de sa bouche.

L’eau ruisselle, embue la douche étroite. Dans la main de l’amante qui l’ignore, il est le jet qui rougit sa peau pâle piquée d’étoiles figées, de galaxies miniatures qui tournent dans son dos, au hasard de ses courbes, à l’ombre de ses creux. De ses cheveux en mèches brunes coulent des rivières tièdes qui serpentent sur sa peau, entre vals et collines, au plus court chemin vers la céramique blanche. De la goutte qui pend à sa lèvre, il voit briller les éclats de corail sur le bout de ses pieds ivoirins. Entre ses babines roses, il est l’onde tépide qui caresse sa langue, qui dévale la pente de son cou, glisse sur son sein, remonte son tétin que la chaleur cloque comme baie d’églantine, roule sur sa hanche de bombassin, s’enfonce entre les orbes charnus de ses fesses morfondues, s’étale sur la mousse spumeuse de sa toison courte, file sur la soie suave d’entre ses cuisses, pour se blottir enfin, comme ruisselet énamouré, entre les doigts écarts de ses pieds, crispés. A ce point d’évanescence il communie avec la beauté émouvante, sans que plus de désir ne le trouble. Il est un, hors temps, avec qui lui plaît.

Prescient, il se mêle au blanc du drap de bain moelleux qui roule sur la soie de sa mie, avant même qu’elle ne tende la main. Le coton la frôle et l’éponge. Elle s’étonne à peine de la chaleur délicieuse qui ondoie sous sa peau, et fait naître en son âme l’étrange langueur d’une mystérieuse absence ancienne. Surprise, elle se pique la lèvre d’un bref éclair de canine. Une minuscule goutte de sang jaillit de la chair fragile qui se referme aussitôt, pour éclabousser, à peine, sa hanche. Sous la tache carmine, mûrit à l’instant une éphélide fragile, qu’entoure aussitôt un petit pentagramme bleu, historié d’une courte queue filante … Comme un tattoo qu’elle croira sien et qu’elle s’inventera…

En ce début d’automne, l’heure nocturne, volée à la clepsydre divine, est finissante. Le monde, figé comme gélatine molle, reprend le cours des temps, aux cadrans grossiers des illusions humaines. Théodule défaille, fibrille et retourne à sa vie, quand le chaman l’entraîne à rebours. Les épaisseurs vulgaires le regagnent, il meurt à la mort pour retrouver sa vie de galeux incarné. A l’instant précis ou la deuxième heure devient trois, il s’ébroue pour lire sur l’écran blanc qui l’éblouit, l’histoire qu’il n’a pas écrite…

Sous le cône blafard de sa lampe de bureau, comme un calice de cristal, brille la robe cerise de ce vin au repos, qu’il ne souvient pas avoir versé aux flancs ovoïdes de ce verre splendide … qu’il n’a jamais vu. Le chaman lui dit à l’instant, au fossé de sa petite conscience étroite retrouvée, qu’il ne la verra jamais non plus, la belle de nuit, qui l’a marqué au fer funeste de cet étrange vague à l’âme qui le submerge… Il se met à tourner, virer, chercher, le flacon de ce vin qui lui donne le vertige. Mais ne le trouve point !

A l’aveugle ce sera donc !

Vraiment. Puisqu’il ne saura jamais quel est ce sang nocturne qui roule dans son verre, arrachant à la lampe la nitescence ambrée qui lui donne relief. Théodule rassemble ses esprits dispersés, et se penche au ras du buvant. Le disque rouge lui mange les yeux, comme un soleil couchant au bout de sa lumière, lui noyant la rétine de ses derniers rayons. Le jus distille en volutes ordonnées, fragrances de pivoine et caresses d’aubépine, griottes à l’eau de vie, cuir et noyau, cassis croquant, eucalyptus et épices douces, comme le nez d’un vin à l’équilibre entre deux de ses âges… Comme un élixir ancien encore lourd de jeunesse… Quelques langues orangées qui moirent la périphérie, mêlées aux reflets fuchsia d’une rose fanée, avouent… qu’il aime à se déployer, après quelques lustres au carcan de verre sombre de sa bouteille.

Théodule baise du bout des lèvres le bord du verre. Doucement, il relève le poignet. Un ru étroit lui bise la langue pour remplir sa langue creusée, puis jusqu’à effleurer son palais. Le vin, immobile, entre en conversation. Sa fraîcheur tout d’abord se donne, puis il bedonne et fait son dense de velours, pour enfin danser quand il le roule, donnant à palper ses muscles fruités, et sa chair conséquente. L’air inspiré lui donne volume et complexité tandis qu’apparaissent de fins tannins, polis par le temps, qui le relancent. Qui s’allongent intensément après qu’avalés, pour laisser au palais, réglisse, épices douces et pierres tièdes, plus longtemps que le plus langoureux des suçons …

Là-bas au loin, au fond, dans la mort de son sommeil, la belle fait la chatte, s’étire, soupire et se lèche les lèvres en souriant … comme un « Enfant Jésus » à Beaune, dans « La Vigne » de Bouchard … et du Père et … du Fils !

Et le chaman de souffler à Théodule, aux yeux clos… 1978 ?

EDUMOSAINTTIESPCORITNE.

ELLE ÉTAIT DÉNUDÉE …

10014959_10201647645098423_628286844_o

D’après V. Hugo : Elle était déchaussée.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

 Elle était dénudée, elle était allongée ;

Exquise, les seins drus, promise, la lige, le faon ;

Moi qui rodais là-bas, son rut me fit effet

Et dit mon vit : Veux-tu sentir l’odeur du gland ?

—–

Elle me déballa, ses yeux sentaient la crème

Qui coule à satiété quand nous la dégustons

Je poursuivis : Sens-tu c’est le mât de mitaine

Aime-tu être empalée même au fond du fion ?

—–

Elle se frotta gênée, superbe et pensive

Elle me jaugea pour éprouver mon doigt

Et l’aisselle comme l’âtre alors devinrent lascifs.

Oh ! Comme le bardeau pleurait au fond, sa loi !

—–

Baume, mots, recouvraient lentement son visage !

Je fis rugir le bois, dans ses beaux yeux ouverts,

Icelle cille charmeuse, effrayée et volage,

Ses aveux sont nerveux, et bruyants plus qu’hier.

LE DÉLIRE HÉROÏQUE.

702466_10201713085574394_1947243486_n

D’après A. Artaud, Le navire mystique.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Il se sera mordu, à jouir dichroïque

Aux chairs, où boiront bon mes lèvres distendues ;

Et ses outrances lasses se seront dissolues

Danses blafardes des fiels horribles, des héroïques.

 —–

Un vers de soie, mais ronde sa trique énergique

Insolemment soumise au marbre de son cul

Et la lyre de son sein sacré sera tendue

La lampe près du phare aux fruits mosaïques.

 —–

 Affolé par les deux, palabres solitaires.

Il se complaît au pieu, et enfin, à la paire

Il démarre sans cahots, heureux au fond du nid.

—–

Le bambou bien beurré songe dans le cratère.

Si ointe jusqu’au bas qui semble bien enduit

Par le gland métrique, dur, à la moelle lunaire.

CHIP AND CHEAP …

960155_10201767496654637_8839650403573987359_n

La De a vu ça …

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Les femmes en hystérie oestrogénique,

Hurlent et trépignent pour qu’on les nique,

Sainte Nitouche, Lolita, et grosse bique,

Se jettent, connasses voraces, sur les triques.

—–

Les vaches folles en farandole.

—–

Les cons dansants, l’oeil vague, le soir venant,

Se trémoussent et gloussent comme des flans,

Huilés, fardés, pommadés, les beaux poulets,

Super sapés, tringlés, jusques aux pieds.

—–

Les bœufs baveux font leurs gommeux

—–

Les sexes glabres, en poche le gode, tous à la mode,

Et ça pleure, et ça beurre, sous les commodes,

Ça house, ça rappe, balance, même ça tangode,

De Ibiza à Ankara, jusqu’aux Pagodes.

—–

L’âme moderne des calcifs.

—–

La zik à fond, les culs rasés tous ronds,

Ça sent le suint, la chienne et le melon,

Cyrano de Vezon, Roxane de Vierzon,

Les billets glissent, poisseux, dans les caleçons.

—–

La poésie du fonds des pieux.

—–

Les femmes à la folie, qui rient, en techno transe,

Les cums graissés, poutrés, comme des phalanges,

Ensemble s’agitent, mystiques étranges,

Pendant c’temps la, Marcel à la boulange.

—–

Femmes de peu, mâles de pneu …

GUÊTRES A VERNIR.

1911132_10201718082619317_712002017_o

D’après “Poètes à venir” de W. Whitman.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Guêtres à vernir ! Glandeurs, ferrailleurs, patriciens en délires !

Je ne sais ce que fuis à brailler et déchirer la nuit,

Laids poux, cervelles à masturbation, dure nuisance sacerdotale,

Jus qui bande, sacré lulu, Osez tout ! Partout donnez à crever.

Coi, je ne crie pauvre charlot chétif pour saillir ;

Droit, je lance à tout vent et tout le temps, lourd passé à vomir derrière le chant funèbre.

Je ris des hommes qui chantant au fond des reins éberlués, enfournent leurs dards blafards, vers mous, et crient puis enfournent.

Vous tuant de loin à ruminer et si peu rire,

En enfilant tout mou le général.

LE DERBITE TOURNEUR …

1982046_10201648157111223_253597302_n

Dessin aérien de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—–

Il danse à poil ou à vapeur,

Selon le temps, le vent ou l’heure,

C’est un rêveur, suceur de pleurs,

Quand il vire comme à Izmeur.

—–

L’oiseau blanc toutes fleurs …

—–

Il psalmodie, chante et prie,

Engoncé dans ses organdis,

Il saute parfois sur son lit,

Autour de lui, luisent les vits.

—–

Le Derbite d’amour en folie …

—–

Toutes les femmes alentour,

Se pâment, graissées d’amour,

Et roulent leurs billes de velours,

Leurs chairs sont folles sous leurs atours.

—–

En bas, en haut et à rebours …

—–

Elles crient son nom comme on prie,

Quand il a yeux et âme pour Ali,

Il aime aussi, jolis, les érudits,

Et les roses fendues, l’oubli.

—–

Tendre Derbite au cœur meurtri …

—–

Alors il pleure, il ne sait plus,

Fesses tendues, ou seins velus,

Quand il tourne comme un fondu,

Il sait qu’un soir, mourra pendu.

—–

Derbite mon frère bien trop têtu …