Littinéraires viniques » POÈMES EXACERBÉS …

SOUS LA LANGUE …

13170647_10206121919752493_1542954566_o

La fleur concoctée de La De.

—-

Compulsif,

Ébouriffant,

Concomitant,

Va la cruche à l’eau,

Converse,

Perverse,

Conspuer,

Parfois,

Concupiscent,

La totale,

Convergent,

Droit au but,

Conclusif,

Plein les tifs,

Conacry,

De plaisir,

Connivence,

A Saint Paul,

Concrétiser,

Crépitant,

Condescendant,

Organe blessé,

Comprimer,

Distingué,

Compresser,

Perd son jus,

Conclure,

Et revenir,

Combatif,

Olé,

Comateux,

Dort d’un œil,

Combine,

Au jardin,

Comburant,

A bourrer,

Condor,

Pine en berne,

Conciliabule

Gland dû,

Congrès

Bonne soirée,

Concerné,

C’est gagné,

Confluent,

Lit trempé,

Confrère,

Incestueux,

Compère,

De couilles,

Consoeur,

Non monsieur !

Congénère,

Ce qu’il peut,

Confrérie,

C’est la fête,

Compote,

Entre amis,

Congruent,

Pâteux,

Concierge,

Solitude,

Confort,

Forteresse,

Condé,

Jamais n’abolit,

Contrefort,

Imprenable,

Contrepoint,

Ça bagarre,

Contrebalance,

Bon poids,

Contraste,

Lumineux,

Congelé,

Mensonge,

Combattu,

Tout rouge,

Mais heureux …

TORQUEMADA IVRE.

Le Torquemada torturé de La De.

—-

©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

—-

Sur les terres infestées, le soleil effrayé,

L’œil crevé du Cyclope désolé a sombré.

Torquemada ivre, les goupillons sanglants

Ont hurlé au ciel pâle le nom sali d’un dieu

Sourd comme une roche dans le profond des cieux.

Les corps blancs éventrés, éviscérés, béants,

La terre brune a rougi, le soleil délavé

A juré sur sa vie de ne plus se lever.

—-

Sur les eaux rugissantes le soleil est tombé,

Dans les cœurs la folie s’est emparée des âmes

Ivres de joie noire des hommes aux cœurs infames,

Dans les déserts brulants où régnait Abraham,

Comme le vent aux yeux vairs la mort s’est engouffrée.

Le silence implacable comme une lame forte

La vie a disparu, les eaux de la mer morte

Ont glacé le soleil, sa lumière a fané.

—-

Le ciel bleu d’azur pur s’est chargé de vautours,

Des nuages de feu, comme des culs de four

Ont embrasé les anges qui volaient alentour,

Des dragons en furie ont surgi des enfers,

De leurs gueules écarlates les laves des volcans,

Mêlées aux pluies acides, aux tempêtes de sang,

Ont dévasté les airs, le ciel devenu blanc

A déserté la terre et le soleil mourant.

A L’EXTASE, PEUT-ÊTRE …

Sous le regard ombré d’une sirène, par La De.

—–

©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

—–

Très noires sont les eaux quand il s’y glisse et les fend.
Parfait, ligne pure à la proue effilée, il navigue, silencieux au-delà des profondeurs.
Une lame, la pointe,
D’une lance,
Au profond qu’il pénètre.

 L’émeraude s’est faite lapis, puis cobalt, puis encre insondable,
La lumière a fondu,
Sous les flots épais.
Trace ta route, tout sonar éveillé.
Dans tes flancs évasés,
Tu caches la mort
Aiguë, glacée
Inhumaine,
Adorée.

 Sous marin de la haine qui rôde en silence sous les strates empilées des vies

Depuis l’aube des temps effroyables, quand la vie balbutiait au sein des étoiles expansées.

Énergies brutes,
Puissantes,
Mortelles.

 Chairs éparpillées en instance de souffle qui gonflaient au silence des espaces sidérants.
Nul n’était.
Les vents terribles soufflaient.
L’avenir à venir lui même ne savait pas ce qu’il serait.
Je, tu ,il,
Imaginés, possibles,
Ni qui, ni quoi,
Pas même rien,
Qu’un silence,
A rompre les tympans.

 Les tempêtes extrêmes des matières pulsées par le souffle fantastique  de quelque volonté ?
Le hasard des éléments propulsés dans ce vide si long à se combler.
Les failles, les crêtes,
Les jets coruscants,
Aveuglants, terribles,
Les éclairs surpuissants,
Des folies,
A venir.

 Pas même Zemon, en ces temps d‘avant le temps, n’aurait pu imaginer,
Tant il n’était pas même,
L’espoir d’une palpitation, l‘atome d’un trognon,
L’ébauche d’un projet,
Encore moins une idée,
Qu’un jour,
Dans sa coque noire,
Parfaitement huilée,
Il me ravagerait.

 Quartz rose,
Améthyste mauve,
Brillez,
De tous vos feux
A l’extase
Crue,
Échappés.

What do you want to do ?

New mail

What do you want to do ?

New mail

What do you want to do ?

New mail

What do you want to do ?

New mail

AVEZ VOUS VU PASSER ?

Les Colombines enlacées de La De.

—-

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

—-

Elle avait de beaux seins, à déchirer les chiens.

Du ciel tombant sur terre, des coupes de melons frais,

De fleurs dévergondées, de fraises déployées,

Abreuvent vos désirs, vos âmes assoiffées.

Sous la soie vacillante d’une blouse échancrée,

Regardez les qui dansent les deux lucifériens.

Les yeux écarquillés, les rondeurs dévoilées,

Les voici, deux qui valsent, dévalent et tournoient

Dans les salons huppés, les plus grands opéras,

Dans les plaines Tartares, aux confins de l’Oural,

Sous les yourtes de cuir, à pied ou à cheval,

Dans les petites joies de nos appartements,

Entre les mains fébriles de leurs plus beaux amants

Aux jardins des malheurs, aux portes du bonheur,

Repus comme des moines un soir de chandeleur,

Ils s’ébattent joyeux sous vos yeux décillés,

Sur la mer, enlacés, dans les flots bleus noyés.

—–

Elle avait de blancs seins à dévorer tous nus

A damner tous les saints, à tuer des vertus,

A mentir, à voler, à croquer, à mendier,

A prier éplorés, aux cierges accrochés,

Au pied des cathédrales, dans les sacristies noires,

A croquer des hosties, à briser l’encensoir,

Pendant, que balançant sous leurs voiles dévoilant

Ils obligent les prêtres à mourir à l’instant.

Dans la pénombre grise des matins épuisés,

Dolents ou révulsés, leurs veines éclatées,

Chauds comme des agneaux sous les draps de lin fin,

Opulentes collines, aux flancs de kaolin,

Découverts et brûlants, leurs pointes d’orange amère,

Dures, pures et saillantes aréoles des archères,

Leurs pulpes vanillées tendrement duvetées,

Aux chairs de lait caillé, aux peaux énamourées,

Tressaillent en soupirant et murmurent en priant

Des mélopées anciennes aux accents lancinants,

Ils disent leur tristesse sous le soleil de feu.

—–

Avez vous vu frémir les jumeaux aux yeux bleus ?

L’ORCHIDÉE DISSOLUE.

 

Le bijou d’azur et d’or de La De.

____

©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

____

Dans les nuages pleine nuit, elle est une île

En cape de palmes bercées. Sous la brise,

L’éventail déployé ondoie, scintille, rutile,

Longues tiges souples, feuilles frémissantes,

De beaux fruits rouges aux coques fragiles luisent

Et se balancent, indolents, charnus, innocents.

 

Dans le jour qui se lève, la mangrove s’agite,

La lagune aux émeraudes pilées palpite,

Sous le flot lumineux le bénitier en chaire

S’entrouvre et se referme, au gré de la marée,

Si faible que la lune en extase rechigne

A se cacher sous les sables d’ivoire fin.

 

Une île de beauté aux parfums enivrants,

Sur le rivage pâle de sa peau, en bouquets

Les gousses parfumées des vanilles bien mûres,

Le santal, la réglisse, le citron et le miel,

Au bord du ruisseau qui sourd entre les roches,

Curcuma, hibiscus, bouton de poivre rouge.

 

Je me suis allongé dans un hamac de chanvre,

Au levant le soleil pure bulle rose fraîche

Caresse l’île belle de ses langues oranges

Et ses parfums marins sous ses cheveux étals,

Et ça sent l’hippocampe au galop sous les eaux

Et les algues dansantes et l’huître ruisselante.

 

Dans ses lagons paisibles bleus en gueules d’or,

Aux volcans de ses seins, les aréoles s’étalent,

Au creux de ses aisselles, des fumèches d’encens,

A l’ombre des vallées, j’entends sonner la corne,

Au pied des orangers pleure le cacao,

Je passerais dix vies à enjôler son dos.

 

Mais la pluie a frappé ma fenêtre embuée,

Le vétiver est mort, la coriandre est fanée,

Sous ma joue écrasée, l’orchidée dissolue,

Dans les plis de mes draps le songe a disparu,

L’île, la belle ronde, comme un dauphin perdu.

À TROP DÉCAPITER

La trilogie de La De.

—-

©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

—-

C’est un gentil bourreau et sa jolie bourrelle,

Bras dessus, bras dessous, tendrement enlacés,

Qui se promènent sous un ciel rouge de sang.

Le bourreau, amoureux de la belle jouvencelle,

En oublie de couper la tête des parents.

—-

Au bord de la rivière un pêcheur endormi,

Ecroulé sur son banc, ronfle comme un sonneur,

Sa canne sonne, sonne, mais il ne l’entend pas.

Il rêve de bourrelle, le poisson se débat

C’est qu’il se meurt sans elle, mais la belle ne veut pas

—-

Debout sur l’échafaud, le bourreau est perplexe,

Il se gratte le dos à se casser les ongles,

Puis il saisit sa hache et dura lex sed lex,

À la rivière calme, il trouve le grison,

Et d’un grand tour de bras il l’envoie ad patres.

—-

Les chiens ont accouru, toutes langues dehors,

L’odeur de sang tout frais les incite à hurler,

La bourrelle est en pleurs, penchée sur le pêcheur

Elle serre entre ses bras sa tête décollée,

Le bourreau effondré est blanc comme un tout mort.

—-

Sous le soleil ardent, le tranchant de la hache,

Taché de sang séché, éventre la bourrelle.

—-

A trop décapiter, on devient meurtrier.

LES FORÊTS SOMBRES.

Les gnomes hallucinés de La De.

—–

©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

—–

Le manteau cru des forêts sombres s’étale sur les courbes opulentes

des terres de partout,

comme le poil dru sur les bras épais des bûcherons en sueur.

On n’y voit pas le jour filtrer, tant sont denses les mensonges des feuilles caduques

sur les tapis d’aiguilles parfumées des érables paisibles

au côté des sapins orgueilleux.

Ils se dressent, obélisques tendues, à vouloir piquer le ciel, et faire, la nuit,

jouir les étoiles, accueillantes femelles aux branche hallucinées,

qui rêvent de sève de pin dégoulinant en fontaines de joie odorantes

sur leurs branches

luminescentes.

Dans les ténèbres les forêts grondent

elles craquent de plaisir et sèment la terreur

dans les esprits humains obsédés par la mort.

Les gnomes priapiques s’ébattent entre les troncs, plus rugueux

que les lourdes armures aiguës

des Tatous caparaçonnés d’écailles d’acier brut.

On entend le bruit sourd de leurs chibres épais qui taraudent

les flancs laiteux des fées énamourées.

Les rires fusent sur la mousse.

Et leurs cris aigus déchirent la nuit noire.

Le Grand Duc, statue de plumes lissées, tourne la tête

d’un air inquiet, comme une toupie folle.

Les souris tressaillent.

Que de meurtres consentis dans la totale impunité des encres étalées.

Le plaisir coule à flot.

Les hommes effrayés n’osent pas s’y risquer.

Dans leurs mornes cabanes ils attendent le jour.

A L’AUTRE BOUT DU MONDE.

A l’autre bout du coeur par La De.

—-

©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

—-

Ciel de torture, plafond bas, lourd, noir, oppressant

Enclume d’azur mort, dissoute par les eaux

Averses froides pleurées sur les sols sidérés

Mottes dures figées dans les champs désolés

Dans les herbes glacées quelques oiseaux gelés.

—-

Mais de l’autre côté sous le soleil violent

Les terres craquelées des espaces assoiffés

Entre les plaques gercées des savanes brulées

Les sols de boue durcie ouvrent leurs gueules crispées

Dans les herbes roussies quelques oiseaux séchés

—-

Le soleil blanc se mire au miroir des pôles

S’amuse et minaude sur la glace polie

Transparente et si dure quand est tombée la nuit

La lumière est si forte que les ours en sourient

Sur les collines chauves quelques manchots bandits.

—-

A l’autre bout du monde sur les récifs en flammes

Des gorgones maudites balancent lentement

Les clowns se faufilent entre les bras vivants

Des anémones molles aux longs bras flamboyants

Sur les îles turquoise quelques oiseaux bruyants.

—-

Les fauves sont tombés, leurs âmes desséchées

Pendent aux murs chaulés, improbables trophées

Et l’ivoire de leurs dents aux arêtes brisées

Ne mord que l’air ardent des regrets oubliés

Leurs yeux de porcelaine aux regards inviolés

Et la vie a quitté leurs pupilles de jais.

—-

A l’autre bout du monde, les terres disparues

Sous les neiges mortelles. Les corps décortiqués

Des momies enfouies au profond des glaciers

Immobiles et sereines, leurs âmes apaisées

Parlent aux oiseaux au dessus des nuées.

A L’ENVERS DES SAISONS.

Le deux en un de La De.

—-

©Brigitte de Lanfranchi – Christian Bétourné. Tous droits réservés.

—-

Fantasme, les belles poires aux bouts arrondis

Sur le dos frôle le vent tiède, douce haleine

Senteurs de pain cuit aux deltas embrumés

A tous les temps maudits aux ailleurs jadis

Les silences perdus, souris ma folle reine

Les festins disparus sans toi là-bas. Crié.

—–

Ô temps reprend la vie, à rebours la flèche

A l’envers des saisons, tous les hivers enfuis

Et les étés plus vieux que le plus beau printemps

J’ai couru sur les braises, la bouche toute sèche

Aux longs cous des  biches je me suis alangui

Quant tu courais là-bas le mors à pleines dents.

—–

La camarde a hurlé tout au bout de l’allée

Les anges se sont tus, dans la nuit tu as ri

Le clocher est tombé et la cloche a sonné

Jamais ne reviendront les heures d’avant l’oubli.

What do you want to do ?

New mail

ET J’AIME MICHEL SERRES …

1394191_10200780026088490_1965904590_nIllustration de La De.

Illustration Brigitte de Lanfranchi, texte Christian Bétourné  – ©Tous droits réservés.

 /////

 J’ai beaucoup aimé ce soir mon amour

Et tellement regretté aussi que nous ne puissions

Mon amour roucouler d’amour mon amour d’amour

Baver comme des cons heureux de l’être

Nous perdre dans nos yeux de merlans pas frais

Nous prendre à bras le corps dans une lutte à mort

Imbriqués collés unis les dents serrées à ne plus décoller

Simplement là à deux en un à un en deux heureux

Le temps que la vie voudrait bien nous donner

Avant de basculer têtes bêches à pleurer

Refuser de mourir partir finir

Et nous mettre à fleurir en fleurs urticantes

Qui piquent la vie et font briller les oeufs

Les yeux et les papilles des amoureux perdus

A enculer les peurs Descartes et la

Raison …

———-

Allons donc voir si la rose fâchée s’est raccommodée,

Si les trous du cul ne pètent plus dans la rue,

Ont-ils fermé leurs gueules qui puent le manque d’amour

Leurs yeux glauques aux regards éteints comme de vieux poètes

Perclus ne regardent que les écus sonnants qui brillent dans leurs

Quinquets vairs et pairs et les vulves baillantes des désirs tarifés

Tous les vers s’agitent dans les bouillons amers des impossibles

Quand passent les regrets des espoirs insensés

Les vies de lumières ardentes rejetées sans un mot

Dans les égouts qui courent invisibles sous les villes

Si fières modernes et rutilantes

Aux aciers luisants sous les pluies de larmes de ceux

Qui vont mourir de n’avoir pas osé aimer

Comme des bêtes enragées à oublier le bleu

Des yeux et le rouge gras du sang

Pulsé …

———-

Allons donc en cœur et en furie déchirer les masques

En riant comme les enfants qui arrachent les ailes

Des mouches à merde qui planent dans les cieux désossés

De nos cœurs barricadés sous les os épais des indifférences

Raisonnées planifiées aux couleurs de tourterelles

Explosées dans leurs tripes sous les roues gigantesques

Des haines accumulées au fil des trahisons cultivées

A briser les chaînes des reflets glauques

Qui ne reflètent plus que les avidités vulgaires.

Délaissons les terres broyées les eaux usées

Les puanteurs ordinaires les compromis jamais donnés

Les âmes frelatées aux ailes atrophiées

Les culs peu ragoutants et leurs odeurs de chiottes

Engorgés …

———-

Gorgeons nous au contraire des parfums rares

Des aisselles lumineuses cachées sous les haillons

Des hanches de pur lait en perles fragiles,

Des rondeurs extasiées volées aux yeux aveugles

Énucléons les cons de pacotille rasés et leurs fadeurs

Tartinés beurrés comme de vulgaires figues vertes

Qui pullulent en rangs anémiés sur les pages

Exsangues des magazines glacés figés aux sourires

Béats aux yeux de tunnels morts aux hanches de verre

Pilés pillés brisés parjurés lisses comme les

Vies argentées des winners trop cons pour aimer les chairs

Ductiles des loutres en pelisse qui nagent et glissent

Dans les eaux pures des amours trop rares pour être

Vécues …

———-

Et je hurle à la vie

Je vomis les virgules

Les connes et les cons …

Petit patapon …

———-

Et j’aime Michel Serres

Qui aime la raison et les lumières

Des vents frais sur la Garonne

Et les âmes qui tonnent

Et vibrant je résonne

Quand ses tambours raisonnent jusqu’aux

Cieux …